‹ Traite de chimie generale elementaireChapitre 155 sur 172 · AB · texte numérisé non relu

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( x étant un nombre entier toujours fort simple), l'expérience démontre qu'on peut former avec ce corps simple et les divers radicaux alcooliques des composés à différents états de saturation. Tant que le nombre de molécules du radical alcoolique qui entre dans la combinaison est inférieur à xy le nouveau composé pourra s'unir à l'oxygène, au chlore, à l'iode, etc., s'il est de plus susceptible de se séparer intact de ces combinaisons, sous l'influence d'agents doués d'affinités prépondérantes pour ces corps simples, il se comportera comme un véritable radical, celui-ci pouvant absorber un nombre d'atomes d'oxygène ou de chlore d'autant plus grand, que le nombre d'équivalents d'éthyle qu'il contient sera plus faible.

Les radicaux composés qui renferment des métaux moyennement oxydables, tels que l'étain, le plomb, le mercure, produisent des oxydes, chlorures, iodures, etc., entièrement comparables à ceux des métaux simples qu'ils renferment. Bien que dépourvus de l'apparence métallique, ce sont, de tous les radicaux, ceux qui par leurs caractères chimiques se rapprochent le plus des véritables métaux.

Quant à ceux qui contiennent des- corps beaucoup plus électronégatifs, tels que le phosphore et l'arsenic, ils ont une tendance particulière à former des combinaisons acides à la manière des corps simples qu'ils renferment : tels sont le cacodyle et l'arsenmonométhyle; néanmoins ces curieux produits peuvent engendrer à volonté des acides ou des bases suivant la .proportion d'oxygène à laquelle ils s'uuissent.

L'expérience nous apprend en outre qu'à mesure que le nombre des équivalents du radical alcoolique qui s'accouple à A va en aug-

mentant sans atteindre la saturation, le composé qui en résulte est doué d'affinités de plus en plus énergiques pour l'oxygène, le chlore, etc.; les composés oxygénés, d'acides ou de neutres qu'ils étaient primitivement, marchent vers l'alcalinité de la manière la plus prononcée.

L'arsenic nous offre à cet égard un exemple des plus frappants et des plus instructifs. Ce corps tend en effet à former les deux groupements principaux

As, Xa

et

As,X&,

le dernier présentant le terme à saturation.

Nous pourrons donc former avec l'arsenic et le méthyle, en maximum, cinq composés définis, le dernier étant incapable d'engendrer de nouvelles combinaisons, puisqu'il est à saturation. Or, les expériences de M. Bunsen, de M. Landolt, de M. Baeyer, les miennes propres, démontrent qu'on peut réaliser avec l'arsenic et le méthyle les quatre composés

. AsMe, AsMe*, As Me3, AsMe*.

Si nous mettons ces divers composés en présence d'un excès d'oxygène, de façon à obtenir des combinaisons à saturation, nous aurons :

AsMe 0*, AsMe'O*, AsMe3Oa, AsMe40,

qui forment avec l'eau les composés suivants :

AsMe 0* a HO, acide bibasique, AsMe* 0*H0, acide monobasique, AsMe'O* corps indifférent,

As Me4 0 HO, base puissante, comparable à la potasse et à la soude.

La combinaison oxygénée qui forme le terme supérieur présentant les caractères d'un acide très-énergique, on voit que le dernier possède une alcalinité telle, qu'il peut rivaliser avec les bases les plus puissantes. *

§ 1507. Nous venons de voir que parmi les corps simples il en est un certain nombre qui sont susceptibles de former avec le méthyle, l'éthyle, etc., des combinaisons correspondantes aux oxydes, «hlorures, etc., dans lesquelles l'oxygène ou le chlore seraient remplacés par des quantités équivalentes des groupements précédents. Les recherches si remarquables entreprises par M. Franckland dans le but d'isoler les radicaux alcooliques nous ont fait connaître deux curieux composés, le méthylure et Pélhylure de zinc, appartenant au groupement

ZnX,

qui sont devenus la source de réactions pleines d'intérêt. Les travaux plus récents de M. Vanklyn nous ont appris pareillement que les métaux alcalins pouvaient former des combinaisons analogues; seulement ces dernières présentent une instabilité telle, que jusqu'à présent on n'a pu les dégager du composé qu elles forment avec le méthylure ou l'éthylure de zinc.

Abandonnés au contact de l'oxygène, ces produits absorbent ce iraz avec une extrême avidité. Ce dernier, loin de s'unir au ctoupement ternaire, amène, ainsi qu'on pouvait le prévoir, la destruction complète de la molécule en brûlant les éléments qui la composent, de là l'inflammation de la substance. Mis en présence de l'eau, ces produits en opèrent la décomposition immédiate, en produisant des oxydes métalliques et des hydrures de méthyle ou d'éthyle, résultat facile à comprendre si l'on songe que ces divers produits représentent des composés à saturation renfermant des éléments doués d'affinités énergiques pour les principes constituants de ce liquide et par conséquent fort aptes à en amener la destruction tout en se décomposant eux-mêmes. L'éthylure de zinc, pas plus que les éthylures alcalins, ne sauraient donc fonctionner comme des radicaux, puisqu'ils représentent le groupement le plus stable que ces métaux soient susceptibles de former.

Lorsqu'on remplace le zinc par les métaux des diverses sections, on obtient dans quelques cas des réactions entièrement analogues.

Dans certaines circonstances il se forme des éthylures libres, tel est le cas du magnésium; dans d'autres, et notamment avrc l'étain, on obtient des iodures parfaitement définis.

ZINC-ÉTHYLK.

Un examen approfondi de ces produits intéressants, l'étude île leurs métamorphoses, les circonstances de leur production m'ont conduit à considérer tous ceux qui fonctionnent à la manière des corps simples comme n'ayant pas atteint la limite de la saturation. C'est ce que je me propose de vous démontrer maintenant, en abandonnant le domaine de l'hypothèse pour rentrer dans celui des faits.

§ 4508. En traitant de l'éther iodhydrique (§4420), je vous ai dit que le zinc en agissant sur ce produit engendrait à la fois des gaz, un liquide volatil et de l'iodure de zinc. Ce liquide, doué de propriétés on ne peut plus remarquables, dont on doit la découverte à M. Franckland, peut s'obtenir facilement en grande proportion en introduisant le zinc métallique et l'iodure d'éthyle dans des tubes de verre à parois épaisses et d'un petit diamètre, qu'on dispose dans un vase cylindrique en fer forgé très-épais, ainsi que le représente la fig, '270.

L'appareil étant chauffé pendant quinze à dix-huit heures à une température de 120 à i3o degrés, l'action est complète, il ne reste plus alors que des traces d'iodure d'éthyle inattaqué.

quatre endroits et s'adaptent l'un à l'autre à l'aide de quatre boulons à vis. La pression de ces vis s'exerce sur un cercle en plomb qui s'engage dan* la dépression circulaire du rebord, ce qui déter-

ZINC-ÉTHYLE.

Kig. tf?0

Son ouverture est garnie d'un rebord BB dont la surface supérieure est parfaitemeut dressée; le bord interne de cette surface légèrement creusé présente une dépression annulaire.

C'est sur ce rebord que s'ajuste le couvercle CC percé de deux ouvertures. A l'une d'elles s'adapte un tube en fonte ddy fermé à la partie inférieure et destiné à y recevoir du mercure pour y plonger un thermomètre ; 1 autre, garnie de laiton, sert à recevoir la soupape /. Le rebord du cylindre et son couvercle sont percés en

566 2INC-ÉÎHYLE.

mine une fermeture parfaitement hermétique. Pour se servir de ce digesteur, on le remplit d'eau dans laquelle on plonge les tubes contenant le mélange de zinc et d'iodure d'éthyle. Lorsque la température s'élève, les tubes sont soumis non-seulement à la pression que développe la tension des liquides qu'ils renferment, mais encore à celle de la vapeur extérieure qui s'exerce en sens contraire, ce qui les place dans des conditions de résistance les plus favorables. ,

Lorsque l'expérience est terminée, l'appareil est retiré du feu, puis, après refroidissement complet, on brise la pointe effilée des tubes pour permettre aux gaz qui se sont développés dans leur intérieur de se dégager. On distille alors le résultat de cette action dans une cornue au milieu d'un courant d'acide carbonique; le liquide commence à bouillir à 60 degrés, mais le thermomètre s'élève graduellement jusqu'à 118 degrés. Parvenu à ce terme, il se fixe complètement et le zinc-éthyle passe tout entier.

C'est un liquide incolore, très-mobile, très-réfringent, bouillant à 118 degrés, dont la densité de vapeur est de 4/259. Ce qui" correspond à a volumes pour la formule

C*H&Zn.

Àu contact de l'oxygène ou de l'air, il s'enflamme instantanément et brûle avec une belle flamme bleue bordée de vert, en répandant une épaisse fumée blanche.

L'action lente de l'oxygène sur le zinc-éthyle détermine la formation d'un produit cristallisé bien défini, dont la composition est exprimée par la formule

C'H'ZnO',

et qu'il faudrait bien se garder de considérer comme un oxyde de zinc-éthyle. Ce composé n'est autre en effet que l'éthylate de zinc, dont l'eau détermine immédiatement le dédoublement en régénérant de l'alcool et en formant de l'oxyde, de zinc, qui se précipite.

Le brome èt l'iode agissent énergiquement sur le zinc-éthyle en produisant du bromure et de l'iodure de zinc, en môme temps que du bromure et de l'iodure d'éthyle.

Le soufre disparaît peu à peu lorsqu'on le chauffe avec le zinc-

ZINC-ÉTHYLE. 567

éthyle; on obtient du sulfure de zinc et du sulfure d'éthyle, mais le produit principal de cette réaction est le mercaptide de zinc.

On voit que dans aucun cas le corps simple mis en présence du zinc-éthyle ne s'y unit, il y a toujours dislocation de la molécule et formation de deux nouveaux composés. Le zinc-éthyle ne saurait donc jouer le rôle d'un radical, puisqu'il représente une combinaison dans laquelle la saturation se trouve satisfaite.

L'action de l'eau sur le zinc-éthyle est des plus nettes, elle le décompose instantanément à la manière du potassium avec formation d'oxyde de zinc et d'hydrure d'éthyle.

La composition du zinc-éthyle doit être représentée par la formule

rm , \ C4H5 ) t . Zn )C*HM = 4vo1"

si l'on veut mettre son équivalent en harmonie avec celui de tous les corps bien définis.

Le zinc-éthyle est un réactif précieux qui permet d'introduire de l'éthyle dans les combinaisons au moyen d'un simple phénomène de double décomposition. Qu'on fasse en effet agir un chlorure sur ce produit, l'affinité du chlore pour le zinc déterminera l'union de ces deux corps , tandis que le radical du chlorure formera par sa combinaison avec l'éthyle un composé correspondant.

C'est en faisant usage de cette méthode que nous nous sommes procuré, M. Hofmanti et moi, d'une manière si nette et dans un état de pureté si parfait, la triéthylphosphine et la triéthylarsine.

En effet, on a

Ph Cl3 + 3 ( C4H> Zn ) = 3 Cl Zn + Ph ( C4 H* )\

Terchlorore Triéthylphosphlae.

de phosphine.

AsCl8 •+- 3 ( C4 H5 Zn ) = 3 Cl Zn 4- As ( C4 H5 )3.

Terchlorore TricthjIarBioo.

d'arsenic.

On obtiendrait pareillement à l'aide de semblables réactions beaucoup d'autres produits analogues.

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