CHAPITRE SOIXANTE-SEPTIÈME
MATIÈRES ANIMALES
Principes immédiats azotés du sang, de l'œuf, du lait, des graines, etc.
— Fibrine, albumine, vitelline, caséine, glu line, légumine, amandine. = Produits extraits des tissus, des cartilages, des os, etc. -~ Chondrine, gélatine. — Dérivés de la gélatine et des composés protéiques. — Glycocolle, leucine. = Principes immédiats de la bile. — Acide taurocholique. — Acide cholique. — Acide hyocholique. — Acide cholalique. — Acide choloïdique. — Taurine. — Cholestérine. Acide lilhofellique. = Principes immédiats de l'urine. — Acide
. hippurique. — Acide urique. — Allantoïne. — Dérivés de l'acide urique. — Alloxane. — Alloxantine. — Acide thionurique. — Murexane. — Murexide. — Acide mésoxalique. = Principes immédiats de la chair des animaux. — Créatine. — Créatinine. — Sarcosine.
— Acide inosique.
MATIÈRES ANIMALES
§ 1537. Je terminerai ce Cours en vous exposant d'une manière sommaire l'histoire des principaux produits azotés de l'économie des animaux et des végétaux, soit qu'ils jouent un rôle plus ou moins important dans l'accomplissement des phénomènes de la vie, soit qu'élqborés sous l'influence de la force vitale, ils soient rejetés au dehors comme produits d'excrétion.
Jusqu'à présent, il ne nous a été permis de reproduire artificiellement que ces derniers; quant aux substances organisées proprement dites, telles que les matériaux do la chair, du sang, de la séve, etc., il no nous a été possible d'en refaire aucune, résultat qui se comprend aisément, si l'on songe à l'énorme différence que présentent nos procédés de laboratoire et ceux que la nature met en œuvre. En effet, les modifications que la matière éprouve au sein de l'économie vivante ont lieu dans des appareils spéciaux, qu'on ne saurait séparer de l'être organisé pour étudier les réactions qui s'y accomplissent, sans changer complètement les conditions m. 5i
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où elles se produisent dans l'être vivant. Enfin, tandis que les réactions de nos laboratoires s'accomplissent dans des vases inattaquables qui n'interviennent pas dans le phénomène, dans les êtres organisés les réactions s'effectuent dans des appareils dont la matière influe le plus souvent dans la production de ces phénomènes, et vient ainsi leur donner un caractère tout spécial.
Ce serait donc s'abandonner à de pures illusions que d'espérer reproduire en dehors de l'être vivant, et par des moyens si dissemblables de ceux qu'emploie cette force inconnue, qu'on désigne sous le nom de force vitale, ces produits si complexes, et par suite si mobiles, que les forces dont le chimiste dispose tendent à détruire pour les ramener vers ces formes simples qui les rapprochent de plus en plus des composés de la nature minérale.
Ne pouvant donc rien vous apprendre relativement à la formation de' ces substances, mon rôle se bornera tout simplement à vous tracer l'histoire des produits azotés les plus importants et les* mieux connus que nous offrent le règne végétal et le règne animal, me contentant de vous décrire leurs propriétés les mieux définies.
Ces substances, qui appartiennent à l'organisation, qui sont as-* similables, et par conséquent nutritives, sont neutres et incristallisables. Extraites des plantes ou des animaux, elles présentent une identité parfaite.
Ces matières sont peu nombreuses et offrent, en raison du rôle ' qu'elles jouent dans l'économie, plus d'intérêt au point de vue physiologique qu'au point de vue chimique.
Le poids de leur molécule est très-élevé; par suite, elles sont très-altérables et susceptibles d'éprouver des modifications sans nombre.
Chauffées fortement au contact de l'air, elles s'enllamment et répandent une odeur fort désagréable qui rappelle celle de la corne bi-ûlée. A la distillation, elles fournissent des huiles douées de propriétés basiques, du carbonate d'ammoniaque en abondance, et laissent pour résidu un charbon caverneux et brillant.
Exposées à l'action simultanée de l'air et de l'eau, ces matières s'altèrent profondément et se réduisent en dés composés plus simples; il se développe, en outre, une odeur infecte : de là le nom de fermentation putride donné à cette décomposition.
PRINCIPES AZOTÉS DU SANG, ETC. Go3
Les acides et les alcalis réagissent sur ces différents composés et les transforment en des produits beaucoup plus simples dont la plupart voas sont connus.
L'acide chlorhydrique concentré les dissout à l'aide d'une douce chaleur, en prenant une coloration bleue- violacée tout à fait caractéristique.
Sous l'influence du mélange d'acide sulfurique et de bichromate, de potasse, les matières animales se dédoublent en donnant naissance à de l'acide cyanhydrique, à divers nitryles et à une série d'aldéhydes appartenant aux groupes formique et benzoïque.
M. Mulder, en se fondant sur l'action que la potasse et la soude en dissolution exercent sur elles, fut conduit à les considérer comme formées d'un radical commun auquel il donna le nom de protéine. Ce dernier, en sassociant à des sels et à des proportions variables de soufre et de phosphore, constituerait Y albumine, la fibrine, la caséine. Tous les chimistes sont loin d'être d'accord sur cette manière de voir.