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FIBRINE

§ 1539. C est l'un des principes les plus importants du sang et celui qui détermine sa coagulation.

A l'état de pureté, la fibrine est d'un blanc légèrement grisâtre, lorsqu'elle est humide ; à l'état sec, elle est jaunâtre, cornée, dure, . diaphane, tantôt jaune ou grisâtre, et se réduit facilement en poudre par la trituration.

Chauffée à l'air, elle s'enflamme. Distillée en vases clos, elle se détruit complètement.

La fibrine est insoluble dans l'eau froide ou chaude. Mise en contact' avec de l'eau froide, elle se gonfle et reprend son élasticité première. Par une ébullition prolongée avec ce liquide, la fibrine se dissout partiellement; l'eau entraînée à l'état de vapeur retient de l'ammoniaque.

La fibrine décompose rapidement l'eau oxygénée ; la caséine et l'albumine ne produisent pas cet effet.

L'acide sulfurique étendu, mis en contact avec la fibrine fraîche, s'y unit; il la dissout à l'aide de Tébullition; la liqueur évaporée laisse un produit gommeux renfermant une forte proportion d'azote.

L'acide azotique à froid s'unit pareillement à la fibrine. Si l'on fait intervenir la chaleur, la fibrine est décomposée. Le produit principal de cette réaction est une matière jaune, désignée sous le nom acide xanthoprotéifjiœ, qu'on pourrait encore produire en soumettant au même traitement la caséine ou l'albumine.

L'acide acétique concentré, mis en contact avec la fibrine, la gonfle et la convertit en une gelée qui se dissout assez bien dans l'eau chaude.

L'acide chlorhydrique concentré gonfle également la fibrine à froid, puis la dissout en prenant une couleur d'un bleu violet foncé.

L'eau contenant d'acide chlorhydrique gonfle encore la fibrine et la transforme en une sorte de gelée qui présente un volume beaucoup plus considérable que celui de la fibrine employée.

L'eau acidulée par de l'acide bromhydrique produit le même effel.

Remplace-t-on les acides précédents par une petite quantité d'acide acétique, on obtient un résultat semblable, seulement l'action est beaucoup plus lente.

Ajoute-t-on enfin à ces mélanges une proportion excessivement

FIBRINK. (kv>

minime de gasterase, sulœtancc azotée qu'on rencontre- dans le sue gastrique et qui se comporte à la manière des ferments, la fibrine disparait promptement. Cette expérience permet de se rendre compte de la dissolution des matières fibrineuses dans l'acte de la digestion.

La fibrine se dissout dans une solution très-étendue de potasse; l'acide acétique la précipite douée de sa composition primitive.

A une température de 36 à 4° degrés, 3oo parties de fibrine fraîche se dissolvent facilement dans une liqueur composée de

Nitrate de potasse 5o

• Soude caustique. 3

Eau.. 3oo

On obtient de ia sorte un liquide coagulable par la chaleur et reproduisant les principales propriétés de l'albumine.

Le tannin s'unit à la fibrine en formant une masse imputrescible qui devient très-dure par la dessiccation. La solution de la fibrine dans la potasse est précipitée par le sublimé corrosif, le sulfate de cuivre et l'acétate de plomb.

La formule qui représente le mieux la composition de la fibrine est la suivante :

C"rPAz60'«.

Pour préparer cette matière, il suffit d'agiter du sang avec un petit balai au moment ou il vient d'être tiré de la veine d'un animal ; la fibrine s'y attache bientôt sous la forme de longs filaments, qu'on lave ensuite à plusieurs reprises avec de l'eau distillée, afin d'enlever complètement la matière colorante. Par des traitements réitérés à l'aide de l'alcool et de l'éther, on parvient à la débarrasser complètement de la matière grasse qui l'accompagne.

La fibrine se trouve non-seulement dans le sang, mais encore dans la chair des animaux. On la trouve également dans les graines des céréales et dans les sucs retirés de certaines plantes.

À côté de la fibrine on rencontre dans le caillot une matière globuleuse désignée sous le nom de globulinc, qu'on isole au moyen , d'une dissolution de sulfate de soude qui ne la dissout pas, et dans laquelle elle se conserve intarte.

ALBUMINE

ALBUMINE

§ 1540. Cette matière existe sous deux formes distinctes : liquide, telle qu'on la rencontre dans les fluides de l'économie animale; solide et insoluble, comme dans le blanc d'œuf cuit.

L'albumine se trouve à l'état de dissolution dans le sang, peutêtre combinée avec la soude ; néanmoins, en ajoutant de l'acide acétique au sérum pour saturer l'alcali, il ne se précipite pas d'albumine.

L'albumine existe encore dans le blanc d'œuf, mais elle paraît différente de celle qui est contenue dans le sérum ; et, en effet, tandis que cette dernière n'est coagulée ni par Péther ni par l'essence de térébenthine, la première l'est complètement.

On la rencontre également dans le chyle, dans la lymphe, dans la liqueur amniotique, etc., et généralement dans les différents liquides de l'économie.

Évaporées dans Je vide les dissolutions d'albumine abandonnent cette substance sous la forme d'une masse transparente, amorphe, fendillée, légèrement jaunAtre et dépourvue de saveur.

L'albumine liquide commence à se coaguler vers 65 degrés, à 75 degrés la coagulation est complète; si la dissolution est trèsétendue, elle ne se prend pas en une masse cohérente : il se sépare seulement des flocons qui viennent se rassembler à la surface sous forme d'écume. Cette propriété rend suffisamment compte du rôle que joue l'albumine dans la clarification des liquides de nature organique.

L'alcool coagule l'albumine à la manière de la chaleur.

L'albumine coagulée, chauffée au milieu de l'eau à i5o degrés environ, dans des tubes fermés, se dissout complètement en formant un liquide qui ne possède plus la propriété de se coaguler.

Soumise à la distillation sèche, l'albumine donne de l'eau, du carbonate, du sulfhydrate et du cyanhydrate d'ammoniaque, une huile d'une odeur infecte qui renferme des bases ammoniacales; on obtient, en outre, un abondant dépôt d'un charbon caverneux et brillant pour résidu.

Abandonnée à elle-même, l'albumine se décompose spontané-

• ALBUMINE. 607

ment on donnant des produits nombreux; il se manifeste, en outre, cette odeur repoussante qu'on observe dans la fermentation des substances animales.

Quelques acides forment avec l'albumine des* combinaisons entièrement insolubles. Exemples : acides métaphosphorique, azotique, sulfurique.

L'acide chlorhydrique concentré dissout l'albumine en développant cette couleur bleue-violette si caractéristique.

Une solution concentrée de potasse ou de soude forme avec l'albumine une combinaison qui présente l'aspect d'une gelée, et se dissout complètement dans l'eau pure. Chauffée avec une dissolution de ces alcalis, il se dégage de l'ammoniaque, et il se produit des composés acides qui restent unis à la matière alcaline.

Par l'addition d'une petite quantité de substances alcalines, l'albumine acquiert les caractères de la caséine.

La baryte, la strontiane et la chaux forment avec cette matière des composés insolubles qui, par la dessiccation, acquièrent une dureté comparable à celle de la pierre.

Lorsqu'on fait agir la pile sur le blanc d'œuf qui contient une quantité notable de sel marin, ce dernier se décompose. Il en résulte de l'acide chlorhydrique qui se réunit au pôle positif, et de la soude qui forme au pôle négatif, avec l'albumine, une combinaison gélatineuse analogue au mucus.

Lorsqu'on mêle l'albumine avec certains sels métalliques et qu'on ajoute ensuite une quantité de potasse supérieure à celle qui serait nécessaire pour décomposer le sel, l'oxyde forme une combinaison soluble avec l'albumine. Exemple : sels de fer ou de cuivre avec albumine et potasse.

L'albumine forme avec le bichlorure de mercure une combinaison complètement insoluble. Aussi cette substance est-elle le meilleur antidote qu'on puisse employer dans les cas d'empoisonnement par le sublimé corrosif.

Le prussiate jaune de potasse précipite immédiatement en blanc la solution de l'albumine dans les liqueurs acides; si la liqueur est alcaline, le précipité n'apparaît qu'après la neutralisation.

L'infusion de noix de galle précipite abondamment l'albumine de sa dissolution aqueuse.

L'albumine évaporée dans le vjde et amenée à l'état sec peut

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être maintenue quelque temps à 100 degrés ol se dissoudre ensuite complètement dans l'eau.

Lorsque l'albumine alcaline est abandonnée à elle-même, elle se décompose, répand 'une odeur fétide, et bientôt il se développe au milieu de la masse une multitude d'animalcules. Si Ton acidulé légèrement la liqueur, on y voit apparaître des corpuscules arrondis qui constituent les premiers rudiments d'un végétal connu sous le nom de Pénicillium glaucum.

L'albumine coagulée et l'albumine soluble possèdent exactement la même composition ; c'est probablement une modification isomérique. L'albumine possède en outre sensiblement la même composition que la fibrine, et peut, comme elle, être représentée par la formule

C48HMÀz60,6.

L'albumine se rencontre non-seulement dans les animaux, mais encore dans les plantes. Sa composition et ses propriétés sont identiques à celles de l'albumine animale.

On peut se procurer de l'albumine pure en triturant le blanc d'œuf dans un mortier avec de l'eau et filtrant la dissolution ; on sépare ainsi l'albumine des membranes qui l'accompagnent; la liqueur filtrée est précipitée par l'alcool; on fait digérer ensuite le dépôt dans l'éther, qui enlève la matière grasse.

VITELLINE.

§ 1541. C'est la matière azotée contenue dans le jaune d'œuf. On l'en extrait facilement en traitant le jaune d'œuf cuit débarrassé de ses membranes et grossièrement pulvérisé par l'éther, qui le dépouille de sa matière grasse. Après épuisement complet, il reste une substance d'un beau blanc facile à réduire en poudre. Pour l'obtenir à l'état soluble, il suffit de délayer dans beaucoup d'eau du jaune d'œuf frais et d'attendre que la liqueur se soit éclaircie. La liqueur surnageante se coagule entre 70 et y5 degrés, à la manière de l'albumine ordinaire.

Cette matière, qui diffère de l'albumine par quelques propriétés, en possède exactement la composition.

MM* Fremy et Vaîenciennes ont trouvé dans le jaune d'œuf des poissons cartilagineux une substance différente de la viteliine au

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