GLYCOCOLLE, OU SUCRE DE GÉLATINE
M. Strecker s'est également procuré le glycocolle par te dédoublement de fun des principes immédiats de la, bile, l'acide cho- Hque, sous l'influence des alcalis. En effet, on a
CsaH15 AzO" 4- aHO = C* Hs Az O4 4- C" H40O".
Ar. choUque. Glycocolle. Àc. cholaliqne.
§ 1551. Quelle que soit la méthode qu'on ait employée peur sa préparation, le glycocolle affecte la forme, de prismes aplatis ou de tables groupées énsemble, qui présentent souvent un assez grand volume. Leur saveur est sucrée, ils sont peu solubles dans l'eau froide, et la dissolution ne fermente pas au contact de la levure de bière. Il est insoluble dans l'éther, ainsi que dans l'alcool absolu.
Soumis à l'action de la chaleur, le glycocolle fond, puis brunit, dégage des gaz, des produits ammoniacaux, ainsi qu'un sublimé cristallin, et laisse un résidu de charbon. Fondu avec de l'hydrate de potasse, il laisse dégager beaucoup d'hydrogène et d'ammoniaque; le résidu contient du cyanure et de l'oxalate.
Les acides se combinent avec le glycocolle et donnent des produits nettement cristallisés; par une ébullition prolongée, ils le détruisent.
Un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèsé le décompose rapidement à la température de Fébullition; il se dégage de l'acide carbonique et de l'acide cyanhydrique, ainsi que l'indique l'équation
C* H* Az O4 4- 4 0 = i CO' + C2 Az H -4- 4 HO.
Le glycocolle forme avec les bases des combinaisons qui s'obtiennent avec la plus grande facilité par Fébullition de sa dissolution avec les différents oxydes métalliques. Leur composition est représentée par la formule générale
C*H4MAzO\
Le glycocolle se combine également avec un grand nombre de sels. !
La composition du glycocolle est exprimée par la formule
C'H'AzO4.
Si l'on connaissait l'aldéhyde méthylique, on la convertirait faci-
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lement en glycocolle en employant un procédé calqué sur celui qui sert à produire Falanine, et qui consiste à faire réagir sur l'aldéhyde vinique Tacide cyanhydrique et Féau sous l'influence de l'acide chlorhydrique. On aurait, en effet,
C2Ha0a4-CaAzH-j-2H0 = C*HsAzO\ LEUCINE.
§ 4552. À côté du glycocolle vient se placer un produit homologue qui dérive des matières albumineuses, de la même manière que le glycocolle dérive de la gélatine.
Nous avons vu précédemment que lorsqu'on abandonne la caséine à l'action de l'air et de l'eau, cette substance entre en fermentation, dégage une odeur très-fétide et donne une substance particulière, cristallisable, observée d'abord par Proust, et que Braconnot, qui plus tard en reprit l'étude, désigna sous le nom $ aposépédine .
Lorsqu'on fait bouillir de la fibrine avec de l'acide sulfurique étendu, ou bien qu'on fait agir la potasse caustique sur la fibrine, l'albumine ou la caséine, on obtient une matière cristallisable désignée sous le nom de ieiicine. L'analyse et l'examen des propriétés de ces deux corps ont démontré qu'il existe entre eux l'identité la plus complète.
La leucine, produite soit par la putréfaction des matières animales, soit par l'action des acides et des alcalis sur les mêmes substances, peut s'obtenir par d'autres réactions beaucoup plus simples qui vont nous éclairer sur sa véritable nature et nous démontrer qu'elle est homologue du glycocolle et de Falanine.
La leucine peut, en effet, se produire à la manière de cette dernière substance par l'action de l'acide cyanhydrique sur l'aldéhyde valérique; en effet, on a
CioH,o034„caAzH4 2HO = c.aH.-Az04
A Fétat de pureté, la leucine se présente, sous la forme de paillettes nacrées, douces au toucher, plus légères que l'eau, présentant la plus grande ressemblance avec la cholestérine. Peu soluble dans l'eau froide, elle se dissout aisément dans l'eau bouillante;
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peu soluble dans l'alcool ordinaire, elle Test moins encore dans l'alcool absolu ; elle est insoluble dans l'éther.
Elle se sublime à 170 degrés, sans fondre et en donnant des flocons qui présentent l'aspect de la neige; elle se dissout dans les acides et forme des combinaisons cristallisables ; elle se combine également avec les bases et les sels à la manière du glycocolle.
Maintenue en fusion avec son poids de potasse caustique, jusqu'à ce que l'ammoniaque qu'elle dégage soit mêlée d'hydrogène libre, . la leucine se transforme en valérate de potasse. .
Lorsqu'on la fait bouillir avec un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, elle se dédouble en donnant du valéronitryle, de l'acide carbonique et de l'eau. £'est ce qu'indique l'équation suivante :
C J H' 5 Az O4 -h 4 0 = C 0 Hs Az -h a CO5 -h 4 HO.
L'acine nitreux la décompose à la manière du glycocolle. La composition de la leucine est exprimée par la formule
C'IFAzO4.
Nous connaissons donc jusqu'à présent une série de corps homologues doués de fonctions chimiques toutes semblables dont le premier terme est encore inconnu ; cette série peut se représenter par les formules
Ç'H'AzO*?
Glycocolle..' G4 Hs AzO\
Alanine G6 H7 AzO\
C* H9 AzO4?
C,0HMAzO*?
Leucine C"H,3AzO\
Il est probable qu'à chaque aldéhyde correspond un composé de cette forme.
§ 1553. Le glycocolle et ses homologues, qui prennent ainsi naissance par l'accouplement des aldéhydes, de l'acide cyanhydrique et de l'eau, peuvent s'obtenir par une autre méthode qui conduit à les considérer comme de véritables acides amidés d'une nature particulière, dérivant de l'acide normal par la substitution de 1 molécule d'amidogène à 1 molécule d'hydrogène.
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L'hydrogène, à l'égard duquel la substitution s'est opérée, n'étant pas celui que les métaux peuvent déplacer, les nouveaux composés possèdent encore la propriété de s'unir aux bases; mais le remplacement de l'hydrogène par l'amidogène imprimant à ces composés des propriétés basiques, ils forment avec les acides des sels bien définis. De là les caractères mixtes que nous présentent ces composés qui sont à ia fois susceptibles de se comporter comme des acides et de jouer le rôle de véritables alcaloïdes.
Tels sont les résultats que j'ai mis en lumière dans un travail que j'ai publié sur les acides amidés, et dans lequel j'ai fait voir que- la réaction de l'acide monpchloracétique sur l'ammoniaque engendrait un produit entièrement identique au glycocolle ; c'est ce qu'exprime l'équation
C4H3C104-+-2AzH3==ClH, AzH3+eHs(AzHJ)04.
Acide Acide acétamlque
moDOcbloracétiqae. ( glycocolle ).
Les différents acides monochlorés de cette série donnent naissance à des composés analogues :
C^H^-'ClO' + aÀzH^ClH, ÀzH3-4-C2'wH2fl'-, (AzHî)04.
Les acides monochlorés du groupe benzoïque, traités par l'ammoniaque ou les acides mononitrés de cette série, réduits par l'acide sulfhydrique, donnent naissance à des acides amidés, dont la constitution est analogue à celle des précédents, et qui présentent un ensemble de propriétés entièrement comparables à celles que nous offre le glycocolle. C'est ainsi que l'acide benzamique et ses homologues, qui se combinent avec les bases et forment des sels bien définis, s'unissent aux divers acides en donnant naissance à des combinaisons cristalljsables. Ces exemples, qui nous démontrent la possibilité d'obtenir une même substance par des méthodes très-diverses, nous prouvent bien évidemment qu'il est impossible (('établir de formule rationnelle à l'égard de ces com^ posés.
6ao ACIDE TAUROCHOLIQUE.