INCLINE
§ 1057. Les topinambours, les tubercules de dahlia, les racines de chicorée, de pirèthre, et particulièrement la racine d'aunée, renferment une substance sensiblement insoluble dans l'eau froide comme l'amidon, mais soluble dans l'eau bouillante sans donner d'empois et sans bleuir par l'addition d'une solution aqueuse d'iode ; on donne à ce produit le nom d'inutine. On l'extrait des plantes fraîches qui la renferment à la manière de l'amidon.
On peut également l'extraire des plantes sèches, en épuisant ces dernières par l'eau bouillante, filtrant la décoction aussi rapidement que possible, et évaporant à consistance dé sirop; l'inuline se sépare par le refroidissement.
C'est une poudre blanche et fine entièrement semblable à l'a-
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midon. Elle est dépourvue d'odeur et de saveur. Peu soluble dans l'eau froide, elle se dissout en forte proportion dans l'eau bouillante. L'alcool ne la dissout pas. L'analyse lui assigne la même composition qu'à l'amidon.
L'eau, par une ébullition prolongée, la convertit en un sucre incristallisable et fermentescible ; les acides dilués opèrent plus rapidement cette transformation.
Chauffée un peu au-dessus de 100 degrés, l'inuline fond et se transforme en une matière poisseuse dont la saveur est douceâtre ; cette dernière se dissout facilement dans l'eau froide.
L'eau de chaux, le chlorure d'étain, l'acétate de plomb, les sels de mercure et d'argent, le tannin ne précipitent pas la dissolution d'inuline; on obtient un précipité blanc volumineux en ajoutant au mélange d'inuline et d'acétate de plomb de l'ammoniaque.
L'acide azotique la convertit à l'ébullition en acide oxalique, sans trace d'acide mucique.
DEXTRINE. Éq.= 2025,o ou 16a.
§ 1058. Nous avons vu précédemment sous quelles influences diverses l'amidon se transforme en dextrine. Parmi les agents qu'on peut faire intervenir pour opérer cette transformation, deux surtout sont mis à profit pour obtenir cette substance d'une manière véritablement commerciale : ce sont, soit la chaleur seule, soit . « la chaleur aidée de quelques millièmes d'acide azotique ou d'acide chlorhydrique.
Le premier procédé présente d'assez grandes difficultés, en ce que là fécule exige, pour se transformer en dextrine, une température d'autant plus élevée qu'elle est plus sèche et que, par suite, la coloration augmente d'intensité avec la température. Afin d'obtenir la matière la moins colorée possible, il importe donc d'opérer avec de la fécule qui ne soit pas trop desséchée, et d'accomplir simultanément la réaction sur toute la masse.
Le second procédé, découvert par M. Payen, consiste à imprégner d'abord la fécule de 0,002 d'acide azotique à 40 degrés, et pour le répartir d'une manière uniforme dans toute la masse, on l'étend d'une proportion d'eau telle, que la fécule puisse absorber tout le liquide.
DEXTRINE. 07
Suivant M. Payen, l'acide azotique peut être remplacé d une manière avantageuse par l'acide chlqrhydrique : la transformation s'effectue dans les mêmes circonstances. L'acide sulfurique pourrait.ètre employé pareillement, mais il fournit de moins bons résultats.
Après avoir été égrenée, la matière est desséchée dans un courant d'air, puis chauffée dans une étuve à une température de 100 à 1 10 degrés.
La dextrine obtenue par cette méthode est à peine colorée; elle convient très-bien, par suite, pour les apprêts des étoffes blanches ou teintes en nuances claires.
Elle possède exactement la même composition que la fécule ; elle en diffère complètement en ce qu'elle est soluble dans l'eau à chaud et à froid. , .
Pure, cette substance est incolore et non colorable par l'iode.
L'acide azotique du commerce la convertit par l'ébullition en acide oxalique.
L'alcool étendu la dissout ; anhydre, il ne la dissout pas. 90pid
On peut également l'obtenir par l'action de la diastase, substance azotée qui se développe dans le grain d'orge pendant l'acte de la germination.
À cet effet, on porte à la température de j5 degrés un mélange d'eau et d'orge germée moulue, puis on y verse la fécule petit à petit. Dès que la matière primitivement gélatineuse est devenue complètement liquide, on porte la température à 100 degrés pour arrêter l'action de la diastase qui transformerait la dextrine en glucose. La liqueur soumise à l'action du filtre est concentrée dans une chaudière à vapeur munie d'un agitateur mécanique et amenée à consistance sirupeuse.
La dextrine est employée dans la fabrication de la bière, pour édulcorer les tisanes et dans diverses préparations alimentaires, notamtnent pour la préparation du pain de luxe.
On s'en sert dans les apprêts des indiennes et des diverses étoffes de coton, encollages, applications de mordants. Enfin on l'emploie, depuis un certain nombre d'années, à la confection de bandes propres à maintenir les fractures. Elle remplace parfaitement la gomme, dont elle possède à la fois la composition et la plupart des propriétés.
§ 1059. On donne le nom de gommes à des produits naturels qui découlent spontanément de certains arbres sous forme de liquides visqueux se solidifiant graduellement au contact de l'atmosphère. Ces substances, qui, par certains caractères extérieurs ef par leur mode de formation, se rapprochent des matières résineuses, s'en distinguent nettement par la propriété qu'elles ont de former avec l'eau froide un liquide épais et mucilagineux. Ces corps, qui diffèrent sous plusieurs rapports, jouissent de (a propriété commune d'être insolubles dans l'alcool et de se transformer en acide mucique sous l'influence de l'acide azotique.
On a constaté dans les diverses gommes l'existence de trois principes immédiats particuliers qui présentent la même composition que la cellulose, l'amidon et la dextrine, auxquels on a donné les noms iïarabine, de cvrasine et de bassorihe.
§ 1060. Varobinc forme la presque totalité de la gomme arabique et de la gomme de Sénégal. Elle se dissout très-facilement dans l'eau; la dissolution, épaisse, visqueuse, insipide et inodore, laisse par l'évaporation un vernis brillant. Lorsque la dissolution renferme 18 pour 100 d'arabine, elle perd la propriété de passer à travers les filtres. Elle est insoluble dans l'alcool et se transforme en glucose par une ébullition prolongée avec de l'acide sulfurîqae affaibli.
L'acétate neutre de plomb n'exerce aucune action sur l'arabine.
Le sous-acétate la précipite complètement de sa dissolution aqueuse. Une dissolution très-étendue de sesquichlorure de fer devient jaune quand on y ajoute une solution de gomme, et donne, au bout de quelques heures, un précipité que l'acide azotique ne redissout pas. Une dissolution concentrée d'arabine se prend en une masse gélatineuse, quand on la broie avec le quart de son poids de borax.
L'acide azotique la transforme, à l'aide de la chaleur, en acide mucique.
L'arabine s'extrait de la gomme arabique, qui en est presque exclusivement formée, par des lavages à l'eau, jusqu'à complet épuisement.
L'acide sulfurique concentré transforme l'arabine en une sub-
slance insoluble dans l'eau froide ou bouillante, qui peut à son tour repasser à l'état d'arabioe lorsqu'on la chauffe avec des traces de bases telles que la' potasse, la soude, la baryte ou la chaux. Pour déterminer cette curieuse modification, dont on doit la découverte à M. Fremy, on verse une dissolution de gomme présentant un<> grande viscosité dans un cristallisoir à fond plat renfermant de l'acide sulfurique concentré. Le sirop recouvre alors l'acide sans s'y mêler et se transforme complètement, dans l'espace de quelques heures, en une sorte de membrane que l'eau, même bouillante, est incapable de dissoudre.
Ce produit, qui ne présente aucune réaction acide après des lavages multipliés, n'éprouve aucune modification de la part de l'eau lorsqu'on le chauffe au milieu de ce liquide, même sous des pressions supérieures à celle de l'atmosphère. Mais lorsqu'on ajoute à la liqueur une quantité même très-minime d'une base alcaline, il se change immédiatement en une substance soluble qui reste en combinaison avec la base employée.
M. Fremy désigne sous le nom d'acide méfagummique la membrane insoluble, et réserve celui d'acide gain mi que à la modification soluble.
La gomme, à la manière des composés pectiques que nous étudierons plus bas, dériverait ainsi d'une substance insoluble. Ce n'est donc pas un principe immédiat neutre, çomme on l'avait admis pendant longtemps, mais bien un véritable sel neutre résultant de la combinaison de la chaux avec un acide très-faible, l'acide gummique.
Ce dernier, à son tour, se transformerait en une modification isomérique, l'acide métagummique, soit par l'action de la chaleur, soit sous l'inûuence de l'acide sulfurique concentré, pour repasser à l'état d'acide gummique par le contact des bases.
Ces expériences toutes récentes, qu'on doit à M. Fremy, jettent un jour tout nouveau sur ces produits de sécrétion et nous expliquent comment les divers échantillons de gomme laissent par la calcination un résidu de 3 à 4 centièmes de chaux caustique.
§ 106i . Lorsqu'on épuise par l'eau froide les gommes qui ex- # sudent généralement des arbres de nos pays, tels que pruniers, abricotiers, cerisiers, etc., on leur enlève une forte proportion d'un produit soluble qui n'est autre que l'arabine, tandis qu'on
obtient un résidu plus ou moins abondant, présentant la même composition que cette substance, mais en différant complètement par son insolubilité dans Veau froide. Ce dernier, auquel on donne le nom de cérasine, se transforme entièrement en arabine par Tébullition avec l'eau.
Cette transformation s'effectue bien plus rapidement lorsqu'on ajoute à l'eau de petites quantités d'un carbonate alcalin; on observe dans ce cas la formation d'un carbonate calcaire et de gommes entièrement comparables à celles qu'on obtient directement par l'action des bases sur l'acide métagummique.
La cérasine n'est donc pas plus que l'arabine un principe immédiat neutre, elle doit être considérée comme une combinaison de chaux avec l'acide métagummique.
Cette substance est parfaitement identique au produit insoluble obtenu par M. Gélis en chauffant la gomme à i5o degrés; ces deux corps reproduisent la gomme arabique dans les mêmes circonstances. On la rencontre dans le tissu ligneux et dans le péricarpe de quelques fruits; sa modification peut rendre compte de la production des gommes solubles.
§ 1062. Enfin la bassorine, qu'on rencontre dans la gomme adragante et dans la gomme de Bassora, se gonfle au contact de l'eau sans s'y dissoudre. On prétend que par une longue ébullition elle se convertit én arabine. La bassorine et la cérasine, de même que l'arabine, se convertissent en glucose sous l'influence de l'acide sulfurique affaibli et en acide mucique par l'action de l'acide azotique.
Quant à cette dernière substance, elle peut, sous l'influence des bases alcalines ou alcalino-terreuses, se transformer en de véritables matières gommeuses solubles, incristallisables, insolubles dans l'alcool comme l'arabine, mais s'en distinguant nettement par la propriété d'être précipitées par l'acétate neutre de plomb, tandis que ce réactif n'exerce, comme on sait, aucune action sur la gomme ordinaire.
11 résulte donc des faits précédents que les parties gélatineuses contenues dans les gommes peuvent se transformer en de véritables substances gommeuses solubles, sous l'influence des bases ou de l'eau bouillante, celles-ci toutefois ne possédant pas toujours des propriétés identiques.
. Quant aux gommes solubles, qui sont de véritables composés calcaires, elles paraissent évidemment dériver de produits gélatineux différents et constituer plusieurs termes d'une même série organique.
§ 1063. On rencontre dans un grand nombre de racines et dans lapulpe des fruits verts une matière insoluble comme la cellulose, qui se transforme, dans l'acte de la maturation, en un produit trèssoluble dans l'eau, susceptible de se changer, par l'ébullition avec ce liquide, en une substance qui se prend en gelée par le refroidissement. La matière insoluble est désignée sous le nom de pcetosc; le produit soluble auquel il donne spontanément naissance a reçu le nom de pectine. On comprend, d'après ce que nous venons de dire, que s'il est facile d'extraire la pectine contenue dans un végétal; la séparation de la pectose doit, au contraire, présenter des difficultés insurmontables. En effet la pectose, de même que la cellulose dans laquelle elle est contenue, ne se dissolvant dans aucun réactif neutre (eau, alcool, éther, etc.), et de plus éprouvant de la part des réactifs acides et basiques des modifications rapides et profondes ne saurait être isolée. La propriété caractéristique de la pectose est de se transformer en pectine par une courte ébullition avec des acides très-étendus; par là elle se sépare complètement de la cellulose qu$ placée dans les mêmes circonstances, présente une* résistance bien plus considérable et donne des produits tout à fait distincts.
La pectine existant dans les fruits parvenus à leur maturité peut donc s'extraire de ces derniers; on peut également la retirer des fruits verts, à la condition d'ajouter à l'eau dans laquelle on fait bouillir la pulpe une ]>etite quantité d'acide sulfurique.
§ 1064. Pour l'extraire des fruits mûrs, on en fait écouler par la pression la plus grande quantité de jus possible qu'on clarifie, puis, par des additions successives d'acide oxalique et de tannin, on précipite la chaux et la matière raucilagineuse qui y existent en proportions plus ou moins notables, après quoi l'on verse dans la liqueur éclaircie, soit' par la décantation, soit par le filtre, un tvees d'alcool qui précipite la pectine sous la forme de longs fila-