COMBINAISONS DU SUCRE AVEC LES BASES
§ 1070. La chaux, insoluble dans l'eau pure, se dissout facilement dans l'eau sucrée. Il en est de même de la baryte, de la strontiane, de l'oxyde de plomb. Il se forme ici de véritables combinaisons du sucre avec les bases, auxquelles on a donné le nom de sucrâtes.
Ces différentes combinaisons sont représentées par les formules suivantes :
CH^O», CaO, C"H!,0'\ BaO, C'IT'O", aPbO.
Or ces composés, convenablement chauffés, perdant tous i équivalent d'eau, les nouveaux produits peuvent être représentés de
COMBINAISONS DU SUCRE AVEC LES BASES. ;i la manière suivante :
C,aHaO\ (CaO, HO), C"H*0\ (BaO, HO), C,2HaO*t aPbO,
ce qui ferait du sucre un acide bibasique. Dans les sucrâtes de chaux et de baryte, i seul équivalent d'eau serait remplacé par i équivalent de base minérale, tandis que, dans le gucrate de plomb, les a équivalents d'oxyde métallique remplaceraient les % équivalents ol'eau.
Le sucre ne forme pas de combinaison avec la potasse ou soude, il est décomposé par ces bases. H se forme une matière noire qu'on appelle acide kalisaccluiriquc '.
Le sucre de canne se combine avec le sel marin, et forme unt3 combinaison cristallisée représentée par
xC'H'O*, NaCl + 3HO.
Si l'on convenait de représenter la molécule du sucre par
C7lH,*0,l,4-4HO,
les combinaisons précédentes devraient être formulées ainsi : C"H'*0'*, (aCaO, 2HO),. . ., C2tH180", 4PbO.
Le sucre deviendrait alors un acide quadribasique, et le chlorure de sodium se substituerait à 1 équivalent de base.
Le sucre forme avec les chlorures de potassium et d'ammonium des composés qui correspondent au précédent. Ces produits sont tres-solubles, cristallisent difficilement, et restent dans les eaux mères ou mélasses obtenues dans la fabrication du sucre. On peut s'expliquer ainsi les pertes considérables qu'on obtient lorsqu'on traite des betteraves qui ont végété dans un terrain riche en chlorure de sodium, comme cela arrive dans le voisinage de la mer.
Lorsque le sucre existe dans une liqueur avec des oxydes métalliques tels que ceux de fer ou de cuivre, il empêche ces derniers d'être précipités par la potasse ou la soude, ce qui tient à la propriété dont jouit le sucre de former, avec la potasse et les oxydes, des sels doubles solublesque les alcalis sont incapables de décomposer.
Diaitized
7i COMBINAISONS DU SUÇKE AVKC LES BASES.
A la température de l'ébullition, le sucre réduit plusieurs oxydes métalliques ou les ramène à un moindre degré d'oxydation.
§ 1071. Le sucre s'extrait de la canne et de la betterave par des procédés très-longs que nous ne ferons qu'esquisser ici, les détails techniques de ces procédés appartenant tout naturellement au Cours de chimie appliquée.
Supposons qu'il s'agisse de l'extraire de la canne, sorte de roseau connu sous le nom ù'Arundo saccliarifcra, qui, d'après les analyses de M. Peligot, renfermerait en moyenne 18 pour 100 de sucre cristallisable. On commence par écraser ces cannes entre des cylindres de pierre ou de fonte, on extrait de la sorte en maximum 65 à 66 pour 100 de jus, et l'on obtient un résidu, la basasse y qui retient encore une proportion notable de sucre. Comme on ne saurait extraire ce sucre d'une manière économique, on emploie cette bagasse comme combustible, de sorte qu'on peut dire qu'on consomme une certaine quantité du sucre de la canne pour en extraire une autre portion. Il y aurait peut-être de l'intérêt à remplacer la bagasse par tout autre combustible et à transformer en alcool le sucre qui y est contenu ; c'est à l'expérience à nous éclairer à cet égard.
Le jus ainsi recueilli, qu'on nomme vesou, renfermant des matières albumineuses qui feraient promptement fermenter le sucre ou qui pourraient déterminer la formation d'acides susceptibles de l'altérer, il est nécessaire de le traiter le plus rapidement possible; à cet effet, on le fait passer successivement dans plusieurs chaudières, dont l'ensemble porte le nom d'équipage.
La première et la plus éloignée du fourneau, qu'on appelle la grande, sert à la défécation, opération dont le but est de saturer les acides que peut contenir le jus et de s'unir aux matières albuminoïdes» On emploie à cet effet une quantité de chaux qui s'élève à 2 ou 3 millièmes du poids du jus à traiter; on chauffe jusqu'à l'ébullition et I on enlève rapidement les écumes. De cette pre- • mière chaudière le jus déféqué passe dans une seconde appelée la propre où commence l'évaporation. Il se forme incessamment de nouvelles écumes que l'on enlève et qu'on ramène dans la chaudière à déféquer. Dans la troisième et la quatrième chaudière de plus petite dimension, auxquelles on donne les noms de flambeau et de sirop, le jus est concentré jusqu'à ce qu'il marque 3o de-