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LACTOSE OU SUCRE DE LAIT

On peut également le préparer en faisant réagir l'acide sulfurique sur le ligneux.

L'urine des diabétiques peut encore fournir une matière identique au sucre de raisin.

LACTOSE OU SUCRE DE LAIT. Éq. = 45oo on 36o.

§ 1080. Cette substance se rencontre à l'état de dissolution dans le lait de tous les mammifères; on l'en extrait en versant dans du lait bouillant quelques gouttes de vinaigre ou d'acide sulfurique affaibli ; la caséine et le beurre se séparent immédiatement sous la forme de gros flocons, et l'on obtient un liquide clair désigné sous le nom de petit-lait. Ce dernier fournit par l'évaporation une matière blanche translucide, croquant sous la dent, qui constitue le lactose brut. En traitant ce produit par du charbon animal et lui faisant subir une ou deux cristallisations, on l'obtient dans un état de pureté parfaite. Cette matière se prépare sur une très-grande échelle en Suisse, où f'on met à profit les liqueurs qui restent après la séparation du beurre et de la caséine dans la préparation du fromage de Gruyère. Le lactose cristallise de ses dissolutions aqueuses sous la forme de prismes à quatre pans terminés par des pyramides quadrangulaires. Sa saveur est douce ; c'est à sa présence dans le lait que ce liquide doit son goût sucré.

Le lactose possède la composition suivante :

Carbone 4o,4°

Oxygène 53, 00

ce qui conduit à la formule

C'«H24024 = C*H,aO,£\ 5110.

Tels sont les résultats auxquels conduit l'analyse de la combinaison que forme ce produit avec l'oxyde de plomb. Il est, comme on voit, isomérique avec le glucose anhydre.

Le lactose est inaltérable à l'air; il se dissout dans 6 parties d'eau froide et dans a parties d'eau bouillante. Il est insoluble dans l'alcool et l'éther. Les acides minéraux étendus, et notam-

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ment l'acide sulfurique, le convertissent en glucose à l'aide de l'ébullition.

L'acide azotique le transforme à chaud en un mélange d'acides oxalique et mucique.

Les oxydes métalliques facilement réductibles le convertissent en acide formique ; il en est de même d'un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganèse.

Sa présence dans les dissolutions métalliques empêche, de même que le sucre de canne, la précipitation de plusieurs oxydes métalliques par les alcalis.

Sous l'influence de la levûre de bière, le lactose se transforme en alcool et en acide carbonique. La caséine pure le change en acide lactique par un simple jeu d'isomérie. Enfin, cette même caséîne, dans un certain état de décomposition, peut lui faire éprouver la fermentation butyrique.

DEUXIÈME GROUPE

SORBINE. Éq.= m5o ou 180.

§ 1081 . Le suc des baies du sorbier étant abandonné à lui-même pendant plusieurs mois, se trouble graduellement et laisse déposer différentes substances; il se forme en même temps à sa surface des végétations telles qu'on en observe constamment dans la décomposition spontanée des liquides de nature organique. Si l'on évapore jusqu'à consistance de sirop la liqueur qui s'est éclaircie d'elle-même, on voit s'y former des cristaux brunâtres, que des traitements par le noir animal décolorent complètement. Ces cristaux, qui possèdent une saveur douce et sucrée, constituent un principe immédiat particulier auquel M. Pelouze, à qui l'on en doit la découverte, a donné le nom de sorbine.

A l'état de pureté, la sorbine est incolore et douée d'une saveur franchement sucrée. Ses cristaux, d'une transparence parfaite, durs, et croquant sous la dent, sont des octaèdres rectangulaires appartenant au système du prisme rectangulaire droit. L'eau en dissout à peu près le double de son poids. L'alcool, même bouillant, n'en dissout qu'une très-petite quantité, qu'il abandonne complètement sous forme de cristaux par le refroidissement.

SORBINE. 85

La dissolution de sorbine ne fermente pas par un contact de plusieurs mois avec la levûre de bière à une température de 20 à 3o degrés. L'acide sulfurique dilué ne la convertit pas en glucose par une ébullition de plusieurs heures; du moins, le liquide saturé par la craie ne fermente pas en présence de la levûre, et l'évaporation de la liqueur permet d'en retirer la sorbine parfaitement intacte.

L'acide azotique de* concentration moyenne l'attaque énergiquement, dégage d'abondantes vapeurs rutilantes et la transforme en acide oxalique.

Les dissolutions alcalines, même étendues, colorent fortement la sorbine en jaune en exhalant une odeur de caramel.

La dissolution de sorbine dans l'eau pure n'est pas précipitée par le sous-acétate de plomb ; l'addition de quelques gouttes d'ammoniaque détermine dans le mélange la formation d'un précipité blanc.

La sorbine dissout l'hydrate de protoxyde de cuivre. La dissolution, d'un bleu très-riche et très-foncé, laisse déposer graduellement de l'oxydule de cuivre en cristaux rouges. Le tartrate de enivre et de potasse est également réduit par la sorbine, soit à froid, soit à chaux, à la manière du glucose.

Maintenue pendant quelque temps entre i5o et 180 degrés, la sorbine laisse dégager des vapeurs d'eau faiblement acides donnant un résidu volumineux d'un rouge foncé, ne présentant aucun indice de cristallisation, jouant le rôle d'un acide faible auquel M. Pelouze a donné le nom $ acide sorbinique.

L'analyse de la sorbine conduit à la composition centésimale

suivante :

Carbone 4o,oo

Hydrogène 6,66

Oxygène 53,34

L'analyse de la combinaison de cette matière avec l'oxyde de plomb conduit à représenter l'équivalent de la sorbine par la formule

C'*H909, 3HO = C,2HnO'2,

qui en ferait un isomère du glucose anhydre. Ce produit, bien

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