‹ Traite de chimie generale elementaireChapitre 29 sur 172 · MANNITE · texte numérisé non relu

MANNITE

L'eau la dissout en forte proportion. Peu soluble à froid dans l'alcool, elle se dissout en abondance dans ce liquide bouillant.

L'acide azotique la convertit en acides saccharique et oxalique.

Lorsqu'on délaye une partie de mannite réduite en poudre fine dans 4 y parties d'acide azotique fumant et 10 j parties d'acide sulfurique concentré, on obtient une bouillie, qui, égouttée sur un corps poreux, se dissout aisément dans l'alcool bouillant et s'en sépare* par le refroidissement.

La substance qui se forme dans cette circonstance, à laquelle nous donnerons.le nom de nitromannite, se présente sous la forme de fines aiguilles blanches qui sont comme feutrées et présentent un éclat soyeux. Une dissolution étendue de potasse n'agit pas sur la nit roman ni te; une dissolution concentrée la dissout à la température de l'ébullition en se colorant en brun foncé.

Lorsqu'on la chauffe aveç précaution dans un petit tube, elle fond en dégageant des traces de vapeurs rouges et se prend par le refroidissement en une masse cristalline. Si l'on chauffe plus fort, la matière détone, mais l'explosion n'est pas assez forte pour briser le tube.

La nitromannite détone avec violence lorsqu'on la frappe sur une enclume avec un marteau. Lorsqu'on traite sa dissolution par le sulfhydrate d'ammoniaque très-concentré, de l'ammoniaque se dégage en même temps que du soufre se dépose et qu'il se régénère de la mannite.

La composition de la mannite normale est exprimée par la formule

C,2Hu012,

celle de la nitromannite l'est par la formule

C'IHAzO'yO12.

Les acides, par leur contact avec la mannite, donnent naissance à des composés qui présentent la plus grande ressemblance avec les corps gras. Ces produits se forment par l'union directe des principes qui concourent à leur formation avec élimination d'eau ; dès lors les propriétés de l'acide et celles de la mannite deviennent complètement latentes, et l'on observe dans leur production des phénomènes entièrement semblables à ceux que je vous décrirai prochainement dans la formation des éthers.

88 DULCOSE OU DULC1TE.

Chauffés avec de l'eau pure, ces composés en fixent lentement les éléments, et reproduisent l'acide et la mannite qui les ont engendrés. Ce dédoublement comme avec les éthers s'effectue bien plus rapidement lorsqu'on fait intervenir les acides et les alcalis hydratés.

La nitromannite, dont nous avons parlé plus haut, serait une sorte d'éther correspondant à la glycérine trinitrique, dont je vous entretiendrai plus tard.

DULCOSE OU DULCITE. Êq.= 2275 on 182.

§ 1083. Ce produit, importé de Madagascar, se présente sous la forme de rognons plus ou moins arrondis, cristallisés dans toute leur masse et recouverts extérieurement de particules terreuses. On purifie facilement cette substance en la dissolvant dans l'eau, puis abandonnant la liqueur à Pévapûration. On obtient ainsi des cristaux prismatiques qui croquent sous la dent et présentent une saveur sucrée semblable à celle de la mannite. Ce produit fond à 180 degrés et cristallise par le refroidissement. Chauffé au-dessus de 275 degrés, il se décompose en donnant de l'oxyde de carbone, de l'acétone, de l'acide acétique et d'autres produits qui n'ont pas été suffisamment examinés. Il est peu soluble dans l'alcool bouillant. Sa solution aqueuse ne fermente pas au contact de la levûre de bière.

Le dulcose, abandonné pendant quelques semaines à 40 degrés avec de l'eau, de la craie et de la caséine, donne de l'alcool, de l'acide lactique et de l'acide butyrique.

La potasse en dissolution étendue et bouillante n'altère pas le dulcose. Une dissolution concentrée paraît l'altérer au contraire. L'hydrate de potasse l'attaque à une température élevée avec formation de butyrate et d'oxalate, on observe en même temps un dégagement d'hydrogène.

L'acide sulfurique concentré dissout lentement le dulcose et donne un acide particulier formant avec la baryte un sel soluble qui se sépare par l'évaporation sous la forme d'une matière gommeuse. L'acide azotique convertit le dulcose en acide mucique.

La composition de cette substance est représentée par la formule

C,2HuO,:!.

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PHYCITE. 89

Le produit, qui présente l'isomérie la plus complète avec la mannite, peut abandonner, à la manière de ce composé, 1 équivalents d'eau sous l'influence d'une température de 200 degrés, et se transformer en un produit isomère de la mannitane, que nous désignerons sous le nom de dulcitane.

Les acides dans leur contact avec le dulcose donnent naissance à des phénomènes analogues à ceux que fournit la mannite; on obtient une série de produits entièrement comparables aux corps gras, avec séparation d un certain nombre d'équivalents d'eau.

PHYCITE. Éq. = 2275 ou 18a.

§ 1084. Cette substance se rencontre dans une espèce d'algue désignée sous le nom de Protococciis vulgaris.

Lorsqu'on épuise la plante par l'alcool rectifié, on obtient une liqueur d'un vert foncé très-riche dont la couleur s'exalte par l'exposition à l'air.

Cette liqueur, concentrée au bain-marie, laisse déposer des cristaux grenus, empâtés dans une masse gélatineuse colorée. En Altran t cette masse, on obtient une substance cristallisée douée de propriétés acides, tandis qu'il passe à travers le filtre un liquide » qui se sépare sous l'influence de la chaleur en deux parties égales : lune surnageante, qui est la matière colorante impure; l'autre assez peu colorée et qui présente une saveur douce peu prononcée. Celle dernière, abandonnée à une évapora tion lente, dnnne naissance à des cristaux prismatiques empâtés dans une sorte de mélasse d'un vert noirâtre. Par la compression entre des doubles de toile ou de papier absorbant, on débarrasse les cristaux du sirop qui les baigne. Enfin quelques lavages avec une petite quantité d'eau froide, puis deux ou trois cristallisations dans ce liquide, donnent finalement des cristaux parfaitement incolores et transparents d'une matière sucrée qu'on désigne sous le nom de phycite. Cette dernière, par sa composition et la plupart de ses propriétés, se rapproche de la mannite.

La phycite cristallise avec la plus grande facilité en prismes très-volumineux à base rectangle, tronqués sur les angles des sommets, de telle sorte que souvent l'extension des facettes modifiée donne lieu à de véritables octaèdres.

9o QUERC1TE.

Elle est très-soluble dans l'eau, même à froid, et très-peu soluble au contraire dans l'alcool absolu. Ce liquide l'abandonne par l'évaporation en petits octaèdres rhomboïdaux. Sa saveur est sucrée, très-franche et très-fraîche.

Elle fond vers 112 degrés en un liquide incolore, sans abandonner d'eau. Vers 160 degrés elle entre en ébulli lion sans éprouver d'altération bien sensible; il se manifeste alors une odeur caractéristique que ne répandent ni la mannite ni les autres matières sucrés. Si l'on élève davantage la température, la substance finit par se décomposer graduellement, mais sans boursouflement.

La phycite est sans action sur la lumière polarisée; elle ne fermente pas. Elle est sans action sur les couleurs végétales et ne forme pas de précipité lorsqu'on ajoute à sa dissolution du sousacétate de plomb, mais elle précipite par le sous-acétate ammoniacal.

Les bases ne l'altèrent que très-difficilement, même à la ten> pérature de l'ébullition.

L'acide sulfurique concentré la dissout et paraît produire un acide copulé. L'acide azotique l'altère rapidement sous l'influence de la chaleur et la convertit en acide oxalique.

La phycite est isomère avec le dulcose et la mannite; sa composition est représentée par la formule

QUERC1TE. Êq. = ao5o ou 164.

§ 4085. Ce composé, qu'on retire des glands du chêne, possède les propriétés suivantes : C'est une substance solide, cristallisable en petits prismes, inaltérable à l'air, dure, croquant sous la dent, d'une saveur sucrée et terreuse; les cristaux se dissolvent dans l'eau et l'alcool. Il se sépare de ce dernier dissolvant sous la forme de prismes parfaitement transparents.

Chauffée à 210 degrés, la quercite ne perd rien de son poids ; à 235 degrés elle fond et émet une vapeur qui se condense sur les parois froides du vase en un léger sublimé cristallin.

Mêlée à la levûre de bière, la quercite n'éprouve pas de fermentation alcoolique. Sa dissolution ne s'altère pas non plus lors-

PINITE. 91

qu'aux températures de l'été on la mélange avec du fromage pourri.

L'acide sulfurique concentré la dissout à froid sans se colorer et forme un acide copulé. L'acide azotique ordinaire l'attaque à l'aide de la chaleur et donne de l'acide oxalique sans mélange d'acide mucique.

Un mélange d'acide sulfurique et d'acide azotique fumant transforme la quercite en une matière insoluble dans l'eau, d'aspect résineux, incristallisabie, soluble dans l'alcool et détonant violemment par une élévation convenable de température.

Une dissolution aqueuse de quercite ne s'altère pas, alors même qu'on la fait bouillir quelque temps avec de la potasse caustique ; elle ne se colore pas et ne dégage aucune odeur de caramel. Une dissolution aqueuse de quercite dissout très bien la baryte, avec laquelle elle forme une combinaison incristallisabie d'apparence gommeuse.

Cette substance ne réduit ni l'acétate de cuivre ni le mélange de sulfate de cuivre et de potasse. La composition de la quercite est exprimée par la formule

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