C'ITO
Cet acide se dissout en faible proportion dans Teau froide et en grande quantité dans Teau bouillante. L'alcool et l'éther le dissolvent avec facilité. Ses dissolutions l'abandonnent soit par un refroidissement lent, soit par évaporation spontanée, sous la forme de larmes ou d'aiguilles d'un grand éclat. Fusible à 134°, 5, il distille sans altération à une température un peu supérieure.
Son éther, qui présente la plus grande ressemblance avec ceux des acides précédents, est liquide; il bout à ig5 degrés.
Le perchlorure de phosphore l'attaque avec violence et fournit le chlorure de sorbyle
CrPClO*.
Distillé sur de la baryte ou de la chaux caustique, il se dédouble en acide carbonique qui se fixe sur la base et en un hydrocarbure
C,0Ii\
Par l'ensemble de ses propriétés, l'acide sorbique vient se placer, ainsi que nous le voyons, entre les acides du groupe acétique et du groupe benzoïque dont nous allons tracer l'histoire.
Par sa composition, il occupe une position intermédiaire entre les acides caproïque et benzoïque qui appartiennent à ces deux séries.
QUATRIÈME GROUPE
Acides de la forme C^H^O*.
Dérivés des alcools. C^IP^O2.
§ 1261 . A côté des acides précédents v iennent s'en placer d'autres qui, présentant avec eux d'incontestables analogies, en diffèrent néanmoins dans leurs allures. Ces acides, auxquels M. Hofmann propose de donner le nom $ acides aromatiques, pour rappeler leur origine, et dont l'acide benzoïque peut être considéré comme le "type, sont liés entre eux par des relations toutes semblables à
ACIDE BENZOIQUE. a93
celles qui unissent les acides du groupe formique, c'est-à-dire que chaque terme diffère du précédent par l'addition de C3U3; en un mot, ce sont des acides homologues.
Ces acides, contrairement à ceux du groupe formique, possèdent une grande tendance à échanger i ou a molécules d'hydrogène contre i ou 2 molécules de vapeur nitreuse. Sous l'influence de la baryte ou de la chaux, ils se changent en carbonate et en un carbure d'hydrogène correspondant; cette réaction s'accomplit avec une netteté pai faite : il ne se forme pas, comme avec les acides précédents, une série de carbures d'hydrogène polymériques. En représentant ces acides par la formule générale
C'"HflOV
on a toujours
C* H"0* + 2 BaO = 2 (COJ, Ba O ) -h C" H""'.
Les sels alcalins anhydres formés par ces acides se transforment par |a distillation en composés analogues à ceux que fournissent les acétates, en laissant du carbonate pour résidu.
ACIDE BENZOÎQUE. Éq. = 1 5*5 ou 12*.
§ 1262. L'acide benzoïque se rencontre tout formé dans un grand nombre de produits naturels, et notamment dans les baumes, particulièrement dans le baume de Tolu et dans le benjoin ; c'est de là qu'il tire scn nom. Il se forme dans un grand nombre de réactions.
Lorsqu'on soumet à l'action de la chaleur l'acide hippurique qu'on rencontre dans les urines de tous les animaux herbivores, il se sublime de l'acide benzoïque.
Les matières animales, telles que la caséine et la gélatine, donnent une petite quantité d'acide benzoïque quand on les soumet à l'action oxydante de l'acide chromique ou d'un mélange d'acide sulfurique et de peroxyde de manganè&e.
L'amygdaline, substance cristallisée qu'on rencontre dans les amandes amères, se transforme également en acide benzoïque sous 1 influence de l'acide azotique.
Eufin l'essence d'amandes amères peut se transformer entièrement en acide benzoïque par simple exposition au contact de l'air.
aQ4 ACIDE BENZOÏQUE.
En effet, l'essence d'amandes amères pure a pour formule »
C,4H605 = CuHsOî-hH.
On a pendant longtemps considéré cette essence comme l'hydrure d'un radical ternaire, auquel on donnait le nom de benznïlc. Bien que ce radical n'ait pu être isolé, on regarda néanmoins son existence comme très-probable, ce qui permit d'expliquer un grand nombre de faits. Nous verrons plus tard que les résultats obtenus dans ces derniers temps ont forcé d'abandonner cetu? hypothèse.
Si l'on traite cet hydrure par le chlore, on obtient le composé
CM1P0\ Cl,
qui, traité par l'eau, donne de l'acide chlorhydrique et de l'acide benzoïque. En effet, on a \ ■
C'MPO5, Cl-h2lIO = ClH + C,iII503, HÔ.
Exposée au contact de l'air, l'huile d'amandes amères se coaverlit pareillement en acide benzoïque
C'H'O* H + îO^C'^OM-HO.
L'acide benzoïque se prépare ordinairement en soumettant à une douce chaleur du benjoin concassé, et placé dans une terrine surmontée d'un long cône en carton percé d'un trou à son sommet. L'acide benzoïque se sublime et se condense sous forme d'aiguilles très-légères sur les parois du cône. On le purifie>au moyen d'une seconde sublimation.
On peut encore le préparer au moyen des urines des mammifères herbivores, évaporant celles-ci, précipitant l'acide hippurique au moyen de l'acide chlorhydrique, et chauffant l'acide hippurique impur avec do l'acide sulfurique. Dans ce cas il présente toujours une légère odeur urineuse, qu'on fait disparaître en le sublimant avec un peu de benjoin.
§ 4263. L'acide benzoïque cristallise en aiguilles hexagonales ou en lames flexibles blanches, diaphanes et nacrées. Pur, il est inodore ; chauffé, il acquiert une odeur piquante. Sa saveur est chaude. Il rougit faiblement le tournesol. Il fond à 120 degrés, et bout à 245 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 4,27. L'eau en
ACfDE BENZOÏQUE. ^5
dissout iç de son poids à 100 degrés, et seulement à la température ordinaire.
L'acide suifurique concentré se combine avec l'acide benzoïque. Le chlore donne naissance à divers produits de substitution.
Un seul est bien connu, c'est l'acide monnchlnrobenzoïque.
L'acide monochlorobenzoïque, à l'état de pureté, se présente sous la forme de petites aiguilles incolores, solubles dans l'eau chaude, l'alcool et l ether.
L acide azotique fumant le dissout lentement; si l'on verse au bout de quelques heures de l'eau dans la liqueur acide, on obtient un précipité tï acide mtromonochlorobenunque,
C'H'fAzO'JClO1,
qui cristallise en grandes tables incolores.
Le perchlorure de phosphore le convertit à laide d'une douce chaleur en chlorure de cldorobenzoïle,
L'acide azotique concentré réagit sur l'acide benzoïque à l'aide 'i'une douce chaleur, et forme, suivant la durée du contact, deux acides azotés représentés par les formules
/AzO*\
Acide nitrobenzoïque CM ^ jO\ HO
et
r( AzO* y\
Acide binitrobenzoïque CM v ^ JO3, 110.
L acide benzoïque est employé quelquefois en médecine comme stimulant. Introduit dans l'économie, il se transforme en acide hippurique.
§ 1264. Les benzoates alcalins sont employés dans l'analyse pour séparer le peroxyde de fer du protoxyde.
Dans les benzoates neutres, l'oxygène de l'acide est triple de celui de la base.
il existe des benzoates acides et des benzoates basiques. Les benzoates solubles donnent, par l'addition d'un acide minéral, un précipité d'acide benzoïque.
Soumis à l'action de la chaleur, tous les benzoates se décom-
•296 ACIDE BENZOÏQUE.
posent en donnant des produits variables, suivant la nature» de la base du sel.
Si l'on distille du benzoatede baryte ou de chaux, par exemple, avec un excès de chaux, il reste du carbonate de chaux, et il distille une huile brune qui renferme tout à la fois de la benzone, du benzène et un isomère de la naphtaline, résultats faciles à expliquer. On a
CMH604, 2CaO=*(C03, CaO)-r-Cl,H<l
Benzène.
CMH50\ CaO^CO', Ca04-C,3H,00,
Benzone.
3((^Hi0)-hCa0 = C03, CaO-hC2iH\
Benzone. Hydrocarbure.
Le benzoate <V ammoniaque soumis à la distillation fournit de l'eau et un produit azoté liquide et volatil qu'on désigne sous le nom de bvnzonitryie. On a
C,4H503, AzH3, HO = 4H0 4-GMH5Az.
Ce dernier produit, qu'on peut considérer comme le cyanure de /j/iénrie, régénère, sous l'influence des alcalis et de l'eau, de l'acide benzoïque et de l'ammoniaque.
Le benzoate d'ammoniaque, en perdant seulement a équivalents d'eau, se change en une amide, la benzamide, dont la composition est représentée par la formule
C,4ir02, Azll\
Ce composé peut s'obtenir avec facilité, soit en traitant le chlorure de benzoïle par le gaz ammoniac sec, soit en faisant agir une dissolution aqueuse d'ammoniaque sur I ether benzoïque.
Sous l'influence des acides et des bases, cette substance peut s'unir à l'eau pour régénérer le benzoate d'ammoniaque.
Mis en présence de l'acide sullhydrique, le benzonitryle fixe 2 équivalents et se transforme en une substance crislallisable en fines aiguilles jaunes qui ne diffère de la benzamide qu'en ce que les 1 équivalents d'oxygène y sont remplacés par 2 équivalents de soufre. C'est la benzamide sulfurée.
ACIDE BINITROBENZOIQUE. 297
ACIDE NITROBENZOÏQUE. Éq. = 2087,5 ou 167.
§ 1265. Lorsqu'on traite l'acide benzoïque par un excès d'acide nitrique fumant, a la température de Tébullition il se produit un abondant dégagement de vapeurs rutilantes. Si, lorsque ce dégagement vient à cesser, on laisse refroidir la liqueur^ il se dépose graduellement des cristaux d'acide nitrobenzoïque, qu'on purifie par de nouvelles cristallisations dans l'eau bouillante.
Cet acide s'obtient également par l'action prolongée de l'acide azotique du commerce sur plusieurs substances, et notamment sur l'acide cinnamique et l'essence de cannelle.
L'acide nitrobenzoïque se dissout aisément dans l'eau bouillante; si la quantité d'eau qu'on emploie pour le dissoudre est insuffisante, l'acide fond en une huile pesante et se dépose, par le refroidissement, sous la forme de petits cristaux incolores. A la température ordinaire, l'eau ne le dissout qu'en très-faible proportion ; l'alcool et Téther le dissolvent aisément.
Les cristaux desséchés fondent à 127 degrés; maintenus à cette température, ils se subliment sans altération. Leur vapeur excite fortement la toux.
Lorsqu'on le distille, il s'en décompose toujours une certaine portion qui donne des produits pyreumatiques.
Les acides azotique et chlorhydrique bouillants le dissolvent sans l'altérer.
Le sulfhydrate d'ammoniaque attaque l'acide nitrobenzoïque; il se dépose du soufre, et l'on obtient un acide amidé, Y avide bcnzamiquc.
Lorsqu'on introduit dans l'économie de l'acide nitrobenzoïque, celui-ci se transforme en acide nitrohippurique, résultat analogue a celui que fournit l'acide benzoïque.
CMi^AzO^O^CMPAzO*.
ACIDE B1N1TRORENZOÏQUE. Éq. = 265o ou 212.
§ 1266. Pour.obtenir cet acide, on chauffe un mélange à parties égales d'acide azotique fumant et d'acide sulfurique au maximum de concentration, puis on y projette, par petits fragments, de l'a-
*98 ACIDE TOLUIQUE.
cide benzoïque fondu. Quand la dissolution de l'acide benzoïque est complète, on chauffe doucement, jusqu'à ce que la liqueur acide 6e trouble fortement; on laisse alors refroidir, puis on ajoute de l'eau : bientôt il se sépare des flocons jaunâtres qui deviennent blancs par le lavage. Lorsque les eaux de lavage cessent de présenter une réaction acide, on dessèche le produit en le comprimant entre des doubles de papier buvard, puis on le dissout dans l'alcool, et l'on abandonne la dissolution à lévaporation spontanée.
Ainsi préparé, l'acide binitrobenzoïque affecte la forme de prismes raccourcis, incolores et très-brillants. Il fond à une température peu élevée. Lorsqu'on le chauffe avec précaution, il se sublime tout entier en aiguilles déliées; l'eau n'en dissout que des traces à froid, elle en dissout beaucoup plus à chaud. Par le refroidissement, elle laisse déposer l'acide sous la forme d'aiguilles déliées. L'alcool et l'éther le dissolvent en plus fortes proportions, surtout à chaud.
L'acide azotique du commerce le dissout très-bien à chaud sans l'altérer.; par le refroidissement, il le laisse déposer sous la forme de cristaux nets et brillants.
L'acide sulfurique concentré le dissout sans altération à une douce chaleur; si l'on élève davantage la température, il en opère la décomposition.
La composition de l'acide binitrobenzoïque est représentée par la formule
\ C,^H*(AzOi)304 = C,4H4Az20,^
ACIDE TOLUIQUE. Éq. = 1700 ou i3G.
§ 1267. Ce composé s'obtient par l'action des agents oxydante sur le cymène, huile hydrocarbonée qu'on rencontre dans l'essence de cumin.
Pour le préparer, on fait réagir de l'acide azotique très-étendu sur cet hydrocarbure. Si l'acide était plus concentré, l'oxydation serait trop violente et la réaction difficile à conduire. On reconnaît que l'opération est terminée, lorsqu'il ne nage plus d'huile à la surface de l'eau du récipient, mais bien des cristaux blancs trèslégers. Si l'on arrête la distillation à ce moment, on voit la cornue
ACIDE TOLUIQUE. 299
se remplir de cristaux par le refroidissement. Plus l'acide azotique est étendu, plus la réaction est lente, mais aussi plus le produit obtenu est pur.
Si I on faisait usage d'un acide azotique plus concentré, on obtiendrait une grande quantité d'un acide nitrogéné.
L'acide toluique se présente sous la forme de fines aiguilles lorsqu'il se sépare, par le refroidissement, d'une dissolution aqueuse bouillante. Il se dissout presque en toutes proportions dans l'e9pritde-bois, l'alcool et l'éther.
Il fond par la chaleur et se sublime en belles aiguilles; lorsqu'il est pur, il est entièrement dépourvu de saveur et d'odeur; impur, il possède une odeur qui rappelle celle des amandes amères.
L'acide azotique concentré le convertit en acide ni tro toluique. Distillé avec de la chaux ou de la baryte, il se transforme en tfide carbonique et en toluène, ainsi que l'exprime l'équation suivante :