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ACIDES SE RATTACHANT AUX GLYCOLS

Acide lactique; préparation, propriétés. — Acjdes çlycollique et homolactique. — Acide butyl-iactique. — Acide salicylique. — Acide phlorétique. — Acide oxalique. — Acide succiuique. — Acide adipique. — Acide piraélique. — Acide subérique. — Acide sébacique. = Acides se rattachant aux acides aromatiques. — Acides phtalique et insolinique.

§ 4295. Aux acides du groupe formique viennent s'en rattacher quelques autres qui n'en diffèrent que par i molécules d'oxygène en plus; un seul de ces produits a, jusqu'à présent, été l'objet de rechérehes considérables : c'est X acide lactique. Nous étudierons en conséquence d'une manière toute spéciale ce composé, qui jouit il une importance réelle, tant au poiut de vue de ses réactions intéressantes, qu'à celui de sa facile production par la métamorphose des matières sucrées. On connaît déjà plusieurs produits analogues qui se relient aux différentes aldéhydes homologues de l'aldéhyde vinique, de la même manière que l'acide lactique se rattache à cette dernière, ainsi que l'a prouvé récemment M. Strecker dans un travail fort remarquable. Ce chimiste a fait voir, en effet, que dans l'action réciproque de l'acide nitreux et de Xala/Une, cette substance se convertissait entièrement en acide lactique. En faisant agir l'acide nitreux §ur la leucine, j'ai moi-même observé la production d'un acide liquide qui présente des liens étroits avec l'aldéhyde valérique.

Ces produits importants peuvent également dériver des glycols, à l'aide de phénomènes d'oxydation exactement semblables à ceux qui servent à transformer l'alcool en acide acétique, et ses divers homologues en composés correspondants.

Enfin, lorsqu'on fait agir la potasse ou l'oxyde d'argent avec le concours de l'eau sur l'acide monochloracétique et ses divers homologues, la molécule de chlore est éliminée sous la forme de

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chlorure métallique, tandis que le résidu HO2 prend sa place pour engendrer la série des acides que nous allons examiner. C'est ce # qu'expriment les équations

C4 II3 Cl O4 + K HO2 = K Cl 4- C4 II4 O6,

Acide mono- Acide chloracétique. glycollique.

C6 H* ClO^-hK HO2 = K Cl 4- C6 H6 0%

Ac. monochloro- Acide propionique. lactique.

Ces acides paraissent jouir de la propriété curieuse de se transformer, sous I influence de la chaleur, en une substance neutre en perdant i équivalents d'eau. Cette dernière, en fixant de nouveau ces 'X équivalents d'eau, régénère à son tour l'acide primitif.

Il existe donc entre ces corps neutres et l'acide d'où ils dérivent les mêmes relations que celles qu'on observe entre l'oxyde de carbone et l'acide formique. Ainsi, de même que

C20? en fixant -iHO donne C2H204,

de même

C6H404 en fixant aHO donne CH'O*.

Tout porte à croire qu'une étude comparée de ces deux groupes doit conduire à des résultats intéressants; quoi qu'il en soit, je n'insisterai pas davantage sur ces rapprochements purement spéculatif, et je me bornerai simplement à vous décrire les propriétés de ces différentes substances.

PREMIER GROUPE

Acides de la forme C2mIl2mO<;,

Dérivés des glycols de la forme. . . C2mH2WH204.

ACIDE LACTIQUE. Éq. = 11 25 ou 90.

§ 1296. Ce composé, découvert par Scheele dans le lait aigri, ut retrouvé plus lard par Berzelius dans la chair des animaux récemment tués. Braconnot la rencontré dans l'eau sûre des amidonniers, dans le jus de bettiMave fermenté, dans les pois et les haricots cuits. M. Liebig en a constaté l'existence dans la chou-

| ACIDE LACTIQUE. 3ag

croûte, qui le. renferme en assez grande abondance. Plus récemment, M. Strecker a fait voir dans d intéressantes recherches îme l'acide lactique se rattache à l'aldéhyde, d'où on peut le faire dériver à l'aide de réactions fort ingénieuses. Il résulte des travaux récents de M. Wurtz sur les glycols que ce produit prend encore naissance dans l'oxydation lente du propylglycol. Enfin, toutes les fois que du ôucre ou des matières amylacées se trouvent en présence de certains ferments, ces substances se transforment en acide lactique.

Si l'on introduit, par exemple, dans un vase, de l'orge germée fortement humectée d'eau, l'amidon contenu dans le grain se change d'abord en sucre sous l'influence de la diastase qui y est contenue, puis cette dernière, se modifiant graduellement par son exposition à l'air7-se convertit finalement en un ferment capable de changer à son tour le sucre en acide lactique.

Les membranes animales, convenablement modifiées par leur exposition à l'air, peuvent également, d'après les observations de M. Fremy, transformer, d'une manière complète, une dissolution de sucre en acide lactique.

Enfin la méthode suivante, due à MM. Boutron et Fremy, permet d'obtenir cet acide en quantité considérable. Elle est fondée sur l'action exercée par la caséine soit sur le lactose contenu dans le lait, soit sur le glucose ou le sucre cristallisable. • A cei effet, on introduit dans un flacon de 6 à 7 litres de capacité 3 à 4 litres de lait auxquels on ajoute 200 à 3oo grammes de lactose ou de glucose, et Ton abandonne les matières à l'air à la température d'environ 10 degrés. Au bout de quelques jours, la liqueur ayant acquis une réaction fortement acide, on la sature par du bicarbonate de soude, de manière à la neutraliser complètement. Cette précaution est importante, car, sans cela, la caséine se coagulant sons l'influence de l'acide lactique formé, deviendrait inactive. Au bout d'un certain temps, la liqueur manifestant une réaction acide, on la sature comme précédemment, et l'on répète ces traitements jusqua la conversion complète du sucre en acide lactique. Une fois que la transformation est entièrement opérée, qii fait bouillir le hit afin de coaguler la caséine, on filtre et l'on évapore avec précaution; on obtient de la sorte une matière sirupeuse fortement acide qu'on reprend par de l'alcool bouillant qui ne dissout que

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le lactate de soude. On verse alors dans cette liqueur une quantité convenable d'acide sulfurique, qui forme avec la soude un précipité, tandis que l'acide lactique demeure en dissolution. Afin de l'obtenir plus pur, on le sature par de la craie, on fait cristalliser le lactate de chaux, on le dissout dans l'eau, puis on décompose la dissolution par une quantité calculée d'acide oxalique.

Il est important, dans la préparation de l'acide lactique au moyen de la fermentation du sucre, de ne pas abandonner le mélange à l'air pendant un temps trop considérable, sans quoi l'acide lactique se décomposerait, à son tour pour donner naissance à de l'acide butyrique.

§ 1297. L'acide }actique bien pur est incolore et dépourvu d'odeur; sa saveur est fortement acide. Il se dissout en toutes proportions dans l'eau et l'alcool, il est peu soluble dans l'éther.

Dans son plus grand état de concentration il est sirupeux; sa densité est égale à i ,21 5.

L'acide azotique concentré le transforme en acide oxalique. Il coagule sur-le-champ le lait bouillant. Il dissout avec une extrême facilité le phosphate do chaux des os. Peut-être faut-il rapporter à sa production anormale dans l'économie les causes du rachitisme.

Quand on le fait bouillir avec de l'acétate de potasse, il en dégage de l'acide acétique. Il ne forme aucun trouble dans les eaux de chaux, de baryte et de strontiane. Lorsqu'on chauffe l'acide lactique avec de l'acide sulfurique concentré, de l'oxyde de carbone pur se dégage sans trace d'acide carbonique. Verse-t-on de l'eau dans la dissolution qui est fortement colorée en brun, alors que le gaz a cessé de se dégager, il se sépare une matière noire.

Lorsqu'on soumet à la distillation l'acide lactique sirupeux, il perd vers i5o degrés son équivalent d'eau de constitution et se transforme en acide lactique anhydre

Vers 200 degrés, un nouvel équivalent d'eau se sépare encore, et l'on voit se condenser, sur les parois froides de la cornue et du récipient qui y est adapté, un corps cristallisé, qu'on purifie en le comprimant entre des doubles de papier buvard et le dissolvant dans l'alcool. Cette substance, dont la composition est exprimée

ACIDE#LACTIQUE. 33t

par la formule

cristallise par le refroidissement de la dissolution alcoolique en larges tables rhomboïdales, incolores et transparentes.

Ce produit, qu'on désigne sous le nom de lactide, est insoluble dans l'eau. Mis en présence de ce liquide, il l'absorbe graduellement et se change d'abord en acide lactique anhydre, puis en acide lactique hydraté. Cette transformation se produit plus rapidement à la température de l'ébullition ; elle est plus prompte encore lorsqu'on fait intervenir une base. C'est le premier exemple «jui ait été signalé d'un corps neutre se changeant par un simple phénomène d'hydratation en un acide énergique; il est entièrement comparable à celui de la conversion de l'oxyde de carbone en acide formique.

Dans la distillation de l'acide lactique il se forme, outre le lactide et l'acide lactique anhydre, une substance liquide, d'une odeur forte et pénétrante, qui présente à l'égard de l'acide lactique une relation analogue à celle qu'on observe entre l'acétone et l'acide acétique. Ce produit, qu'on désigne pour cette raison sous le nom de lactune, possède une composition représentée par la formule

11 se produit également une certaine quantité d'aldéhyde.

Le lactide absorbe le gaz ammoniac sec et forme un produit nistallisable, qui n'est autre chose que la lactamide; ce môme produit prend encore naissance dans l'action réciproque du gaz ammoniac sec et de l'acide lactique anhydre; dans ce cas, il y a élimination d'eau. La lactamide, en fixant *2 équivalents d'eau, régénère du lactate d'ammoniaque.

8 1298. Le perchlorure de phosphore agit très-vivement sur l acide lactique, et mieux sur le lactate de chaux desséché. A peine k mélange est-il chauffé, qu'il se dégage d'abondantes vapeurs qui se condensent en un liquide incolore consistant en un mélange Je chlorure de luctyle et de chloroxyde de phosphore. La plus grande volatilité de ce dernier produit permet de lo séparer au moyen de rectifications ménagées.

Le chlorure de lactyle, liquide parfaitement incolore au mo-

ment de sa préparation, noircit bientôt en dégageant de l'acide chlorhydrique. Il bout un peu au-dessus de 140 degrés et se décompose partiellement. Ce corps est plus pesant que l'eau, dans laquelle il finit par se dissoudre, en formant de l'acide chlorhydrique et de l'acide chloropropionique, ainsi que l'exprime l'équation

C6 H* CP O2 4- 2 HO = H Cl -h e 1 ls Ci O4 .

Chlorure Acide chloro-

de lactyle. propiouique.

Lorsqu'on sature la liqueur acide avec précaution par de l'oxyde d'argent, en ajoutant celui-ci par petites portions et chauffant' doucement jusqu'à ce qu'une nouvelle dose ajoutée ne se transforme plus en chlorure, la liqueur renferme du lactate d'argent régénéré. Ce résultat est facile à comprendre, lorsqu'on songe que l'acide monochloropropionique se change, soit au contact de l'oxyde d'argent, soit au contact de la potasse, en chlorure et lactate. En effet, on a

C'WClOM-AgO, H0 = AgCl4-C*li60B.

Acide ohloro- Acide propionique. lactique.

Il existe entre l'acide lactique et l'acide propionique une relation des plus étroites, et les expériences récentes de M. Lautemann prouvent qu'on peut changer, avec la plus grande facilité, l'acide lactique en acide propionique par l'action de l'acide iodliydrique en vases clos à la température de i3o à 140 degrés. Il * sépare une grande quantité d'iode. La réaction, extrêmement simple, peut s'exprimer au moyen de l'équation

e \v ou + 2 ni = o \r o* -t- 2 1 2 ho.

Ac. ludique. Ac. propionique.

Celle-ci, du reste, n'est pas particulière à l'acide lactique, et, de même que les acides du groupe acétique, peuvent, en fixant 2 équi- | valents d'oxygène, se transformer en des produits qui appartiennent à la série lactique, de même aussi les acides du groupe lactique peuvent, au moyen d'une réduction partielle opérée sous rintlueiue de l'acide iodhydrique, repasser dans le groupe acétique.

$ Lorsqu'on maintient un mélange d'acide benzoïque et j

d'acide lactique à 200 degrés, jusqu'à ce qu'il cesse de déragerj

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