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ACIDE GLYC0LL1QUE

des vapeurs aqueuses, on obtient un résidu qui se prend par le refroidissement en une masse cristalline. Cette masse est formée par un mélange d'acide benzoïque et d'un nouvel acide désigné sous le nom d'acide bcnzolactujue. En traitant ce mélange par une quantité de carbonate de soude insuffisante pour produire la saturation, on dissout l'acide benzolactique seul. La formation de ce produit s'explique au moyen de l'équation

2 CM W O1 -f- O 3 H' 2 CV 2 = G<0 H- 0' 6 + 4 HO.

Celui-ci se présente sous la forme de cristaux incolores, tantôt aplatis, tantôt allongés, présentant une analogie manifeste avec ceux de l'acide benzoïque. \

Les homologues de l'acide benzoïque engendreraient sans nul doute des composés semblables.

La composition de l'acide lactique est exprimée par la formule

C6Hs06.

ACIDE GLYCOLLIQUE. Éq. = 95o ou 76.

§1300. Ce composé, qu'on peut considérer -comme un homologue de l'acide lactique, s'obtient en faisant passer de l'acide nitreux dans une dissolution aqueuse de glycocolle; il se dégage de l'azote, et si Ton traite la liqueur pâr l'éther, celui-ci se charge de l'aride glycollique qu'il abandonne par l'évaporation sous la forme d'un sirop.

La formation de ce produit s'explique au moyen de l'équation C IP Az 0* + Az 0' = O IV Ob -f - HO + a Az.

L'acide glycollique, ainsi préparé, présente à son maximum de concentration l'aspect d'un sirop épais qui ressemble beaucoup à l'acide lactique. Il se dissout en toute proportion dans l'eau, l'alcool et l'éther. Sa saveur est fort acide, il ne précipite pas les sels métalliques, il donne naissance à des sels cristallisablcs, mais qui forment difficilement des cristaux parfaitement nets.

La composition de l'acide glycollique est exprimée par la formule

§ 1301. L'acide glycollique s'obtient très-facilement au moyen

334 ACIDÊ BUTYL-LACTIOUÈ.

de l'oxydation lente du slvcol. Cette transformation, entièrement comparable à celle de l'alcool en acide acétique, peut s'exprimer au moyen de l'équation

C4ll6Ot+40 = 2HO + C4H406.

Glycol. Ac. glycollique.

Enfin, suivant MM. Hofmann et Kékulé, l'acide glycollique prend naissance soit lorsqu'on chauffe une dissolution de monochloracétate de potasse, soit lorsqu'on fait bouillir une solution d'acide monochloracétique avec de l'oxyde d'argent. La réaction s'explique au moyen des équations

C H'KCIO4-!- 1 HO = KQ H- C4 H3 KO«,

Monochloracétale Glyeollate de potasse. de potasse.

C'H'ClON-AgO, HO-AgCH-C'ITO6.

Acide monochlor- Acide acétique glycollique.

§ 1302. M. Cloëz a signalé dans les eaux mères do la fabrication du fulminate de mercure, l'existence d'un acide auquel il donne le nom d'acide homolactique, dont la composition est identique à cello de l'acide glycollique. *

C'est un liquide incolore, inodore et sirupeux. Il est très-avide d'eau, dans laquelle il se dissout en toute proportion; lalcool et l'éther le dissolvent en quantité considérable. Sa saveur est fortement acide, il coagule le lait à la manière de l'acide lactique. Chauffé au-dessus do 200 degrés, il se décompose en donnant des vapeurs blanches qui se condensent en un corps blanc, solide, analogue au lactide; on obtient en même temps un abondant résidu charbonneux. L'acide homolactique forme avec la baryte et l'oxyde d'argent des sels très-nettement cristallisés.

ACIDE BUTYL-LACTIQUE. Éq. = i3oo ou 104.

§ 1303. L'oxydation lente de l'amylglycol, au moyen de l'acide azotique affaibli, détermine la formation d'un homologue de l'acide lactique, ne différant de l'acide butyrique que .par 1 équivalents d'oxygène en plus. M. Wurtz, à qui l'on en doit la découverte, désigne ce produit sous le nom d'avide butyUactiquc .

ACIDE SALICYLIQUE. 335

Sa composition est exprimée par la formule

Ses propriétés sont entièrement analogues à celles de l'acide lactique.

DEUXIÈME GROUPE

* Acides de la forme C2"'H2'"-8Ofi.

Dérivés des glycols de la forme. . . C2mH2'"-'îOi.

ACIDE SALICYLIQUE. Éq. = i7*5 ou i38.

§ 1304. A côté de l'acide benzoïque vient se placer un acide qui présente la plus grande ressemblance avec lui par ses caractères extérieurs, et qui s'en rapproche singulièrement par sa composition.

En effet, l'acide salicylique est représenté par la formule

CuH80*.

Il existe donc entre cet acide et l'acide benzoïque la mémo relation qu'entre l'acide azotique et l'acide azoteux. Par l'ensemble de ses caractères, ce composé se rapproche de l'acide lactique; c'est pour cette raison que nous l'étudierons dans un groupe spécial à la suite des composés lactiques.

L'acide salicylique peut s'obtenir soit par la réaction de la potasse sur Xhydrare de salieylc, soit par la réaction de la même base sur X huile de gaultheria. Cette dernière méthode est préférable, en ce qu'elle permet d'obtenir, avec une très-grande facilité et en abondance, l'acide en question.

La réaction s'explique facilement dans les deux cas :

C'IPO4, H-t-KO, HO = C"HsO\ KO-f-alI,

Hydr. do salicyle. A«*ido salicylique

CuH50&, C2H30-hKO, HO = C'4H50\ KO -f-C'IPO'.

Huile de gaullberia Acide salicylique. Esprit-de-bois.

On peut également l'obtenir en faisant agir l'hydrate de potasse 6ur la coumarine ou sur l'indigo, sous l'influence d'une température supérieure à 200 degrés.

§ Î305. Préparé par l'un ou l'autre de ces procédés, l'acide sa-

336 ACIDE SAL1CVLÎQUË.

licylique se présente sous la forme de prismes assez volumineux lorsqu'on le fait cristalliser dans l'alcool. Il est inodore. Sous l'influence d'une température un peu supérieure à 100 degrés, il fond et se sublime en aiguilles déliées très-brillantes.

Il est peu soluble dans l'eau froide; il se dissout beaucoup plus facilement dans l'eau bouillante, et se dépose par le refroidisse ment sous forme d'aiguilles très-brillantes. Il se dissout facilement dans l'alcool. L'éther le dissout également bien. La dissolution aqueuse de cet acide donne, avec les sels de peroxyde de fer, une coloration violette très-intense et très-riche, tout à fait caractéristique.

L'acide salieylique, mis en présence du chlore, donne des produits cristallisés dérivés par substitution. 11 en est de môme du brome.

Ces composés sont représentés par les formules

CuHiC10,t C'WBrO6,

Acide mono- Acide mono-

cblorosalicylique. bromosulicy lique.

C'H'CFO8, CuH<Br20\

Acide bichloro- Acide bibromo-

salicylique. salieylique.

L'acide azotique le transforme successivement en acide indigotique, puis en acide picrique.

L'acide salieylique forme avec les bases des sels cristallisés et9 bien définis. Les salicvlates alcalins soumis à la distillation donnent un résidu de carbonate, et laissent dégager une matière huileuse connue sous le nom $ hydrate de phénylc. On a

C 4 W Ofi + i KO = % ( C2 O2, KO)4-ClaHB0\

Acide Hydrate salieylique. de phenyle.

La composition de l'acide salieylique est représentée par la formule

- . C,lH60*.

§ 4306. Lorsqu'on fait agir le chloroxyde de phosphore sur le salicylate de soude sec, on obtient de l'acide salieylique anhydre,

ACIDE PHLORÊTIQCE. 33;

ainsi qu'un produit visqueux incrislallisable qui no diffère de l'aride normal que par 'i molécules d'eau de moins, présentant avec recomposé les relations qu'on observe entre le lactide et l'acide lactique.

Ce dernier produit, dont la composition est représentée par la Wmule

so présente sous la forme d'un corps blanc, amorphe, inattaquable par l'eau chaude, et très-peu soluble dans l'alcool bouillant. Une solution de carbonate de soude ne l'attaque pas même à l'ébullilion, mais une lessive de potasse le transforme rapidement en silicylate alcalin. La formation de l'acide salicylique anhydre et ua salicylide, dans la réaction précédente, peut facilement s'ex- [ iiquer au moyen de l'équation

4 ( C'WNaO") + Ph CPO* = C28 H10 6'° 4- C*< H8 0* + Na Cl

H-aHCH-PhO4, 3XaO.

L'existence du salicylide établit un lien étroit entre les acides lactique et salicylique, ce qui justifie la place que nous lui faisons occuper.

ACIDE PHLORÉTIQUE.

§ 1307. Cet acide, homologue de l'acide salicylique, dont on doit la découverte à M. Hlasiwetz, s'obtient en faisant bouillir la phlorétine avec une dissolution de potasse d'une densité de i ,x5, <*t évaporant jusqu'à consistance d'un sirop épais. Après avoir dissous ce résidu dans la moindre quantité d'eau possible, on fait passer jusqu'à refus un courant d'acide carbonique, on évapore à et l'on reprend par l'alcool bouillant qui dissout le sel du nouvel acide et n'exerce aucune action sur le carbonate alcalin. La dissolution alcoolique étant évaporée, puis reprise par l'eau, lisse déposer un précipité cristallin lorsqu'on la traite par un ^\rès d'acide chlorhydrique.

Les cristaux exprimés dans du papier buvard sont purifiés par plusieurs cristallisations dans l'eau.

L'acide phlorétique forme de longs prismes friables qui présentent beaucoup de ressemblance avec l'acide salicylique. Il se dis-

338 ACIDE PHLORÉTIQUE.

sout facilement dans l'eau, l'alcool et l'éther. Ses sels cristallisent très-bien.

Sa composition est exprimée par la formule

L'éther phlorétique et l'éther phlorétamylique se présentent sous la forme de liquides épais. Le premier bout à ^65 degrés et le second à 290.

Le chlore, le brome et l'acide azotique se comportent à l'égard de ces composés de la môme manière qu'avec les éthers formés par l'acide salicylique.

Lorsqu'on traite l'éther phlorétique par l'ammoniaque, il s'y dissout graduellement en se décomposant. On obtient dans ces circonstances un acide amidé qui n'est autre que l'acide phlorétyla inique

* C,8HnAzO\

Distillé sur do la baryte ou de la chaux caustiques, l'acide phlorétique se dédouble, à la manière de l'acide salicylique, en acide carbonique et en un homologue de l'hydrate de phényle bouillant à 110 degrés dont la composition est représentée par la formule

Sa formation peut s'exprimer au moyen de l'équation C,sH,0O6+2BaO = 2(CO5, BaO)-f-C,flH,0O2.

§ 4308. Les acides dont nous allons tracer l'histoire se rattachent, comme les précédents, aux glycols dont on peut les faire dériver par une oxydation plus énergique. Ceux-ci sont non:seulemcnt diatomiques comme les précédents, c'est-à-dire susceptibles d'.échanger 2 équivalents d'hydrogène contre un radical électropositif et un radical électronégatif, mais ils sont de plus bibasiques. Ces acides, qui forment un groupe nombreux dont les plus importants sont les acides oxalique et succinique, présentent entre eux des relations parfaitement semblables à celles qu'on observe entre les acides du groupe formique.

Ces deux séries ont entre elles les liens les plus étroits, et l'ex-

périence de M. Dessaignes, relativement à la conversion de l'acide butyrique en acide succinique, prouve d'uno manière assez évidente avec quelle facilité on peut passer de Tune à l'autre. Le tableau suivant fait d'ailleurs parfaitement ressortir les analogies que nous venons de signaler entre ces deux séries :

p\ iii r\$

succinique. .

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