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ACIDE TARTRIQUE ANHYDRE

§ 1330. L'acide tartrique anhydre s'obtient, suivant M. Fremy, en chauffant i5 à 10 grammes au plus d'acide tartrique en poudre dans une petite capsule à l'aide de quelques charbons. La matière commence par fondre, et se convertit bientôt en une masse blanche, boursouflée. On la lave à l'eau froide, on l'exprime entre des doubles de papier buvard, puis on la dessèche dans le vide.

Cette substance est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther. Abandonné pendant quelque temps au contact de l'eau, l'acide tartrique anhydre s'unit lentement à ce liquide, et finit par se convertir en acide tartrique ordinaire; cette transformation est beaucoup plus rapide à la température de l'ébullition.

La composition de l'acide tartrique anhydre est exprimée parla formule

CIVO'0.

ACIDE PYROTARTRIQUE.

§ 1331. Lorsqu'on soumet l'acide tartrique à la distillation au bain d'huile, on observe un dégagement d'acide carbonique, en même temps qu'il se condense dans le récipient de l'eau et des acides, dont la nature varie avec la température à laquelle on expose l'acide. Le produit principal de la distillation de l'acide tartrique est de l'acide pyruvique, l'acide pyrotartrique ne s'y rencontre qu'en quantité très-faible; celui-ci se forme, au contraire, en abondance par la distillation du tartre.

A cet effet, on remplit de tartre, jusqu'au deux tiers, une cornue de verre au col de laquelle on adapte un récipient bitubulé; on chauffe d'abord lentement, puis graduellement on active la distillation. Il se dégage d'abord de l'eau, de l'acide acétique et dos carbures d'hydrogène; bientôt après il se condense dans le récipient un liquide brun, acide, accompagné d'une huile de môme couleur. On continue la distillation tant qu'il se dégage du liquide. Aussitôt que celui-ci cesse de paraître, on évapore la liqueur aqueuse au bain-marie jusqu'à consistance sirupeuse, puis on l'abandonne à elle-même. Au. bout de quelque temps, il se dépose de l'acide pyrotartrique en grains cristallins de couleur brune, qu'on purifie par plusieurs cristallisations.

364 ACIDE PYRUVIQUE.

§4332. A l'état de pureté, l'acide pyrotartrique se présente sous la forme de prismes obliques à base rhombe, tronqués sur les arêtes latérales; il se dissout en grande quantité dans l'eau, l'alcool et l'éther. Il fond à 10 degrés, bout vers 190 degrés, et se volatilise en se transformant partiellement en acide anhydre.

Une dissolution, même concentrée, de cet acide ne trouble ni les dissolutions de chaux, de baryte et de strontiane, ni les dissolutions d'acétate neutre et d'azotate de plomb.

La composition de l'acide pyrotartrique est représentée par la formule

c,oirofi, 2 ho.

Sa formation au moyen de l'acide tartrique s'explique à l aide de l'équation

stC'H'O'0, 2HO) = C,0H6O6, 2H0-f-6C0'-f 4 HO.

ACIDE PYRUVIQUE.

§ 1333. Cet acide s'obtient en soumettant l'acide tartrique à la distillation au bain d'huile et ayant soin de ne pas dépasser la température de 21 5 à 220 degrés. On recueille dans le récipient adapté à la cornue un liquide dont l'odeur, analogue à celle du vinaigre, est légèrement empyreumatique. Ce liquide, de couleur jaune, possède une saveur acide et brûlante et la consistance de l'acide sulfurique. Pour en retirer l'acide pyruvique, on le sature par du carbonate de plomb récemment précipité. Celui-ci se dissout d'abord sans résidu, mais bientôt la liqueur se trouble et laisse déposer de petits cristaux grenus qui finissent par la remplir entièrement. On continue l'addition du carbonate jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique, et Ton abandonne la masse pendant vingt-quatre heures dans un lieu froid; on jette alors le précipité sur un filtre, et on le lave avec une petite quantité d'eau froide dans laquelle il se dissout en faible proportion. L'eau mère étant évaporée dans le vide ou sur de l'acide sulfurique, laisse un résidu incolore, d'apparence gommeuse, de pyruvate de plomb. Ce dernier étant décomposé par l'acide sulfhydrique, donne de l'acide pyruvique pur par l'évaporation.

§ 1334. L'acide pyruvique pur est un liquide sirupeux, incris-

ACIDE PARATARTRIQUE OU RACÉMIQUE. 365

tallisable, sans odeur à froid, présentant une odeur acide et piquante à chaud. Sa saveur àcre et acide laisse un arrière-goût d'amertume. L'eau, l'alcool et Téther le djssolvent en toutes proportions.

La composition de l'acide pyruvique est représentée par la formule

C,3H6Ol°, u HO.

Sa formation au moyen de l'acide tartrique peut s'expliquer par l'équation •

2(C'H40,D, aHO).=:C,JHfiO'0, 2HOH-4COa-h4 HO.

ACIDE PARATARTRIQUE OU RACÉMIQUE.

§ 1335. Ce compose, découvert par M. Kestner, se rencontre en petite quantité dans les tartres bruts d'Autriche, de Hongrie, et principalement dans ceux d'Italie. .

Cet acide, qui présente la même composition que l'acide tartrique, et qui forme des sels de composition parfaitement identique à celle des tartrates, se présente sous la forme de gros cristaux parfaitement limpides. Il diffère de l'acide tartrique par la solubilité; c'est ainsi qu'un même poids d'acide para tartrique exige plus d'eau et d'alcool que l'acide tartrique pour se dissoudre. Il cristallise avec 2 équivalents d'eau, qu'il perd à 100 degrés, tandis que l'acidé tartrique se sépare de sa dissolution sous la forme de cristaux complètement anhydres. La solution de l'acide paratartrique précipite les dissolutions d'azotate de chaux,, de sulfate de chaux et de chlorure de calcium ; l'acide tartrique ne précipite aucune de ces dissolutions.

Sous l'influence de la chaleur, l'acide paratartrique se comporte exactement de la même manière que facide tartrique.

• La solution de l'acide paratartrique, contrairement à celle de l'acide tartrique, n'exerce aucune action sur la lumière polarisée. Enfin la forme cristalline de l'acide paratartrique est essentiellement différente de celle de l'acide tartrique.

L'acide paratartrique et ses sels ne présentent pas le caractère d'hérniédrie que nous offrent l'acide tartrique et les tartrates. On l'obtient par la combinaison directe de l'acide tartrique droit

avec l'acide tartrique gauche : on le dédouble de nouveau en ces deux acides en l'unissant tout à la fois à la soude et à l'ammo-

niaque, ou mieux à certains alcalis organiques, et plus particulièrement à la cinchonrne.

Quant aux modifications chimiques de l'acide paratartrique, elles sont exactement les mêmes que celles de l'acide tartrique.

Lorsqu'on sème dans une liqueur renfermant du paratartrate d'ammoniaque très-pur quelques spores de Pénicillium glaucum, celles-ci se développent, et à mesure que la plante grandit, l'acide tartrique droit dispgraît suivant les observations de M. Pasteurr tandis que l'acide tartrique gauche reste parfaitement intact dans la liqueur, d'où il est facile de l'isoler.

La composition de l'acide paratartrique est représentée par la formule

§ 1336. L'acide citrique, découvert par Scheele, en 1784, dans le jus de citron, se rencontre à l'état libre dans les. groseilles, les framboises, les cerises, les oranges, et dans les baies de beaucoup d'autres végétaux ; c'est ordinairement du jus de citron qu'on l'extrait. A cet effet, on exprime le suc de ces fruits, et on l'abandonne à lui-même jusqu'à ce qu'il éprouve un commencement de fermentation; on le débarrasse ainsi de la. matière mucilagineuse qu'il tient en suspension, et l'on obtient finalement un liquide clair. On sature ce dernier par de la craie, et l'on achève la saturation par de la chaux vive : on obtient de la sorte un sel calcaire insoluble, qu'on purifie par des lavages à l'eau ; on le décompose ensuite par une quantité convenable d'acide sulfurique qu'on a soin d'employer en léger excès; on sépare enfin au moyen du filtre une dissolution d'acide citrique que l'on concentre par l'évaporation pour obtenir des cristaux.

On peut également retirer une grande quantité d'acide citrique des groseilles à maquereau; il est avantageux pour cela de les cueillir avant leur maturité. On en exprime le suc que Ton fait fermenter comme précédemment et qu'on traite successivement par la chaux, puis par l'acide sulfurique.

Cent parties de groseilles fournissent ainsi 10 parties d'alcool d'une densité de 0,928 et 1 partie d'acide citrique cristallisé.

§ 1337. L'acide citrique cristallise en prismes rhomboïdaux; sa saveur fortement acide est plus agréable que celle de l'acide tartrique : on le distingue facilement de ce dernier en ce qu'il ne précipite pas la potasse et qu'il ne forme de précipité dans l'eau de chaux que lorsqu'on fait bouillir la liqueur.

Il est très-solubie dans l'eau. Suivant qu'on le fait cristalliser à froid et par évaporation spontanée, ou par ébullition et refroidissement, il affecte des formes différentes. L'alcool le dissout en forte proportion, surtout à chaud. L'éther ne le dissout pas sensiblement.

Une dissolution d'acide citrique abandonnée pendant longtemps à l'air se couvre de moisissures. La dissolution d'acide tartrique présente les mêmes altérations lorsqu'on le place dans des conditions identiques.

Lorsqu'on chauffe l'acide citrique cristallisé dans une cornue, ce corps commence par éprouver la fusion aqueuse, il entre ensuite en ébullition et abandonne de l'eau sensiblement pure. Bientôt après il se manifeste des nuages blancs, ainsi qu'une odeur vive et spiritueuse, due à la présence de l'acétone; il se dégage en même temps une grande quantité d'oxyde de carbone. Si l'on arrête la décomposition à cette époque, on trouve dans la cornue un produit qui présente l'identité la plus parfaite avec un acide extrait de X Aconitum napellus, auquel on a pour cette raison donné le nom d'acide aconiticjuc. Si Ton élève davantage encore la température, on voit apparaître des vapeurs épaisses qui se condensent en stries huileuses sur les parois du récipient et se concrètent bientôt en une matière cristalline; cette seconde phase se caractérise par un dégagement d'acide carbonique. Il se forme, dans cette circonstance, un nouvel acide auquel on donne le nom à" acide itaconique. Ce dernier étant redistillé à plusieurs reprises, laisse dégager de l'eau ainsi qu'un liquide huileux, qui constitue l'acide citraco/iiquc anhydre.

L'acétone et l'oxyde de carbone, dont nous avons signalé -la formation, ne se produisent qu'en quantité très-faible.

La formation de ces différents produits peut s'expliquer au moyen

des équations suivantes :

C"H»ou

= 2H0-f-C,îH«0,5î

Ac. citrique dewécho.

Acide aconitiqu ».

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