CHAPITRE CINQUANTE-QUATRIÈME
Étnde des diUférento eongénères de l*«1eool vintqiié.- — Esprit^de-boie, ou alcool méthylique et ses divers dérivés. — Aleool propylique. — Alcool' butylique. — Alcool amylique. — Alcool caprylique. — Éthsly ou alcool cétiqne. — Aloool cérylique. — Alcool mélissique. — CoDsidérations générales sur les alcools précédents. — Alcools d*un nouveau groupe. — Aloool acrylique et ses dérivés.
£SPHiT-D£-BGIS, OU ALCOOL MÉTUYUQUB. Éq. = 400 ou 3a.
§ 1155. A coté de l'alcool, dont nous avons fait une étude détaillée dans le chapitre précédent, viennent se placer des corps qui présentent avec lui des analogies tout aussi manifestes que celles que nous avons constatées entre le chlore et le brome, le phosphore et l'arsenic, le potassium et le sodium. Cest en raison de ces analogies qu'on a donné le nom d*aicoois à ces composés intéressants, et c'est pour faciliter leur étude et la rendre plus philosophi(|ue que nous en tracerons l'histoire immédiatement après celle de l'alcool vinique.
Le plus simple de ces composés, le plus important, celui qui forme la tôte de cette curieuse série, se rencontre parmi les produits nombreux de la distillation du bois, et c'est pour rappeler tout à la fois son origine et sa ressemblance avec l'alcool qu'on Ta déssigné sous le. nom d'esprit-de-^is ou di alcool méthylique. C'est par lui que nous commencerons l'histoire des homologues de l'alcool, à laquelle nous consacrerons ce chapitre tout entier.
§ 1456. Ce corps, entrevu parTaylor dans Tacide pyroligneux, n'est bien connu que depuis l'important travail de MM. Dumas ^t Peligot.
Pour l'obtenir, on soumet k la distillation l'acide pyroligneux
ESPRIT-DE-BÔIS, OU ALCOOL MÉTHYLIQUE. 177
brut en ne recueillant que le premier cinquième. On distille ensuite ce produit en mettant de côté le premier quart, qu'on soumet à de nouvelles distillations sur de la chaux vive. Ainsi préparé, l*espritrde-bois est très-impur.: pour le séparer
des matières étrangères qu'il renferme, on le ftiit digérer pendant quelque temps avec du chlorure de calcium,- j)uis on distille une •seconde fois au bain-marie. L'esprit-de-bois reste en combinaison avec le chlorure de calcium, tandis que les produits qui raccompagnent passent à la distillation en raison de leur volatilité. Verse-t-on maintenant de l'eau sur ce résidu, Tesprit-de-bois se sépare; on peut l'obtenir anhydre en le soumettant à des rectifications ménagées, puis en le distillant une dernière fois sur de la chaux vive à la manière de l'alcool.
Néanmoins par cette méthode, quoique très-longue, on ne réussit jamais à le séparer entièrement d'une petite quantité d'huiles empyreumatiques dont le point d'ébullition est très-rapproché du sien. Pour y parvenir, il faut* employer un procédé fort simple imaginé par M. Demondésir, qui consiste à agiter Fesprit-de-bois avec le quart ou le cinquième de son volume d*huile d'olive, cette dernière s'emparant des matières huileuses et ne dissolvant pas sensiblement d'esprit-de-bois.
Mais de tous les procédés dont on peut faire usage, celui qui fournit Tesprit-de-bois dans l'état de pureté le plus absolu, consiste à le transformer en éther oxalométhylique ou citrométhylique, substances qu'on peut faire cristalliser avec la plus grande iacilité, puis à les décomposer par la potasse caustique.
§ il57. A l'état de pureté, c'est un liquide incolore^ d'une odeur toute particulière, qui rappelle un peu celle de l'éther acétique. H est complètement neutre aux papiers réactifs. Il bout à 66 degrés. Sa densité est égale à 0,978 à la température de 10 degrés; la densité de sa vapeur est égale à i ,120. Il se mêle eu toute proportion à l'eau sans se troubler, n'est pas coloré à froid par l'acide sulfurique concentré, et ne forme pas de précipité noir avec les sels d'oxydule de mercure, nhénomènes qu'il nrésente .toujours lorsqu'il n'est pas entièremenfpur. H est très- MammiÔEile et brûle avec une flamme bleue plus pèle que celle de l'alcool.
L'esprit-de-bois dissout une petite quantité de soufre et de