CH'O
BOBATES ET SILICATES DE MÉTHYLE.
§ 1171 . On connaît deux combinaisons éthérées correspondantes
aux deux éthers boriques. La première s'obtient en faisant passer jusqu'à refus du chlorure de bure (hiiis (Uî Tesprit-de-bois anhydre; le },'az est vivement absorbé, tandis qu'il se dégage de l'acido chlorhydrique en abondance.
Le liquide se sépare bientôt en deux couches; on recueille la supérieure, puis on la rectifie au bain-marie.
Ce produit constitue une huile très-limpide, d'une densité de 0,955. La densité de sa vapeur est égale à 3,66. H bout à 72 dogl^. Son odeur pénétrante rappelle celle de l'esprit-de-bois.
Sa composition, analoj^ue à celle de l'éther borique, est repré-
CYAiNÀTË D£ JMIËTUYLË. 191 senlée i>ar la formule
BoO*, 3C'H»0.
Lorsqu'on chauffe dans une cornue parties égalçs en poids d'esprit-de-bois anhydre et d'acide borique vitreux, le mélange s*échauffé d- nue manière notablè et laisse un résidu solide qui diffère coDsidérableroent du précédent et par les propriétés et par la composition. Purifiée par des dissolutions' dans î'éfher et par Tévaporation, c'est une matière molle susceptible d*étre étirée en fils; Venu la décompose rapidement en régénérant de lesprit-dcbois et de l'acide borique.
Sa composition est exprimée par la formule
aBoO», C«H»0.
§ iM^. Vi\r la réaction du cblcmire de silicium sur resprit-debois anhydre, il se produit des combinaisons étbérées qui correspondent aux éthers siliciques que nous avons décrits avec détails dans le chapitre précédent.
CYAxNATE DE MÉTHYLE. Éq. = 712,5 ou 5;.
§ 1173. Le èyanate deméihyle, analogue au cyanate étliylique, se prépare en distallant le cyanate de potasse avec un méthylsul-
• fate alcalin. Comme il se produit en même temps du cyanurato, on recourt à la distillation qui sépare le cyanate, celui-ci possédant une volatilité beaucoup plus grande.
Le cyanate de méthyle est un liquide très-volatil, dont l'odeur est irritante* L'ammoniaque le transforme immédiatement en mé"
. Cyanate Métbylurèe.
d« Béihyla.
I/eau le dédouble instantanémeut eu diméthjlurcc et acide carl)onique. '
'1 ( C Ak 0-' ) -h a HO = H» Az^ 0^ H- (:0^
l>raii«to 4« i«éUi7lé. Dlmélbytnrée.
Sa composition est représentée par la formule
CH'AzO' = G'AzO, C41'0.
ACÉTATE DE METHVLE.
CYANURATE DE MÉTUYLE. Éq. = aiS? ,5 ou 171.
§ H 74. Le cyanurate de méthyle s'obtient par le même procédé que l'éther cyanurique, en remplaçant le sulfovinale de potasse par le méthylsulfate de la mémo base. Il se présente sous la forme de petits prismes incolores fusibles vers 140 degrés, qui se volatilisent sans éprouver d'altération à 295 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 6,98.
La composition du cyanurate de méthyle est exprimée , par la formule
FORMIATE VfE MÉTHYLE. Ëq. = 760 ou 60.
§ 1175. Ce composé s'obtient en distillant un mélange de formiate de soude bien sec et de sulfàte de méthyle; il reste pour • résidu du sulfate de soude ; le formiate de méthyle Vient se oon-
denser dans un récipient refroidi.
On le purifie en le séchant sur du chlorure de calcium, puis le rectifiant au bain-maric.
Le formiate de méthyle est un liquide incolore, très-fluide, plus léger que l'eau et très-volatil; il possède une odeur éthérée trèsagréable, et bout vers 36 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 2,084. Les lessives alcalines le convertissent rapidement, à la température de l'ébullition, en formiate et esprit-de-bois.
Le chlore, en agissant sur ce composé, donne naissance à des produits variables suivant qu'on opère à la lumière diffuse ou sous l'influence de la radiation solaire directe. Dans ce dernier cas, le formiate de méthyle perd tout son hydrogène, qu'il échange contre une quantité de chlore équivalente.
La composition du formiate de méthyle est exprimée par la formule
eHO», C»H»0 = 4 vol. vap.
ACÉTATE DE MÉTHYLE. Éq. = gaS ou 74.
§ 117G. Ce composé s'obtient facilement en distillant a parties d*esprit-de-bois avec i partie d'acide- acétique eristallisable et I partie d'acide suUîirique concentré. Le produit condensé dans le
BUTYRATE DE MÉTHVLK. i<)3
récipient est mis en digestion sur du chlorure de calcium fondu, réduit en poudre; en agitant à plusieurs reprises le mélange, il se forme deux couches dont la supérieure est de l'acétate de méthyle Impur. Pour le purifier, on le distille d'abord sur de U chaux vive pour le dépouiller de l'acide sulfureux qoHl renferme toujours, puis sur du chlorure de calciuui fondu pour le priver entièrement d'esprit-de-bois. Ce produit se rencontre quelquefois en quantité notable dans l'esprit-de-bois du commerce.
Cest un liquide incolore doué d'une odeur qui rappelle celle de l'éther acétique. Sa densité est de 0)919. La densité de sa vapeur est de 2,570. Les acides le décomposent rapidement^ il en est de même des ^ssolutions alcalines, surtout à la température de l'ébullition ; il se Tonne un acétate et de l'esprit-de-bois. L'ammoniaque le change en acétamide. Le chlore, sous l'influence de la lumière, le transforme en une série do produits dérivés par substitution et donne fmalemeut un composé parfaitement identique à celui (jui prend naissance lorsqu'on épuise l'action du chlore au soleil sur son isomère, l'éther formique. Traité par l'ammoniaque, l'acétate de méthyle perehloré donne de la Moracétamide,
La composition de Tacétate de méthyle est représentée par la formule
CH^O», C*H»0 = 4 vol. vap.
11 présente Ti^mérie la plus complète avec le formiate d'éthyle.
BUTYRATE D£ MÊTUYLE. Éq. » 1275 ou 102.
§ 1177. Ce composé s'obtient en soumettant à la distillation un mélange de 2 parties d'acide butyrique, i partie d'esprit-de-bois, et i partie d'acide sulfurique concentré. Le mélange s'échauffe fortement,^ et bientôt il se sépare deux couches dont la supérieure constitue Te butyrate de méthyle impur. Pour le purifier, on le lave avec une dissolution de carbonate de soude, on le dessèche • sur du chlorure de calcium, puis on le distille.
Le butyrate de méthyle est un liquide incolore, très-fluide, inflammable, dont l'odeur aromatique rappelle celle des pommes de reinette; l'eau le dissout en très-£aible proportion; l'alcool, l'éther et l'esprit-de-bois le dissolvent en quantités considérables. Il bout à 102 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 3,52. ^ III. 17
194 CAPUYLATE DE MÈTHYLE.
La compQsilion du butyrate de métbyle est exprimée par la
. C« H' OS C 0 == 4 vol. vap.
YÂLËRÂT£ DE MÉIHYLE. Éq. = i45o ou ii6.
g H78. Ce composé s'obtient en soumettant à la distillation un mélange de 4 parties de valérate de soude avec -4 parties d'espritde-bois et 3 parties d'acide sulfunque concentré ; le produit de la distillation est agité avec un lait de chaux; on le fait digérer sur du chlorure de calcium, puis on le distille en recueillant à part ce qui distille entre 1 1 4 et i iG degrés.
Le valérate de méthylc est une huile incolore, d'une densité de 0,887 à 1.5 dei^rt's, dont l'odeur forte rappelle à la fois celle de Tesprit-de-bois et de la valériane.
Sa composition est exprimée par la formule '
C'»H'0% C'H='0 = 4 voL vap,
CAPROÂTE DE MÊTHYLE. Éq. = i6ï&5 ou i3o.
§ 1179. Si Ton dissout 1 parties d'acide caproïque dans 2 parties d'esprit-de-bois, qif'oii igoute au mélange i jpartie d'acide sulfurique concentré, puis qu'on chauff& légèrement, il se sépare une matière huileuse qui constitue le caproate de méttiyle impur. Pour
le purifier, on le lave à Teau, on le sèche sur du chlorure de caU cium, puis on le distille.
Le caproate de méthyle est une huile incolore, dont la densité est de o, 898 à 1 8 degrés; la densité de sa vapeur est égale à 4} 6^3. Il bout à i5o degrés»
Sa composi tion est exprimée par la formule
C'^H" 0 » CH'O = 4 vol. vap.
CâPRYUTE^DE méthyle. Éq.= 1975 ou i58.
§ il 80. Ce composé se prépare en dissolvant % parties d acide capryliquedans a parties d'esprit^e-boisi y ajoutant 1 partie d'acide sulfuriquè concentré et chauffant légèrement; bientét le ca- [)r\ late de méthyle se sépare sous la forme d'un liquide huileux
BEKZÔATE DE MATHTLE. 195
(lu on lave avec de Teau légeiement alcalisée; on le sèche en.suilo sur du chlorure de calcium, puis on le distille.
C'est une huile incolore et très-limpide, douée d'une odeur aromatique agréable. Sadensiic à Télat liquide est de 0,88:2; àl'étai de vapeur,' elle est de 5,4^- U bout vers 19G degrés.
Sa compositioii est exprimée par la formule
C*H''aSeil^0=4 vol. vap.
§ 1181. Les différents acides du groupe fonniquo placés dans les mêmes circonstances que les précédents donnent une série de com- ^sés qui présentent avec eux les ressemblances les plus parfaites et dont il seràit superflu de doniner ici la description.
BENZOATE DE MÉTilVLE. Éq. ^ 1700 ou i3G.
§ 1182. Ce composé s'obtient en distillant un mélange de 2 parties d'acide benzoïque, 2 parties d'acide sulfnrique et i partie
d'esprit-de-bois. Le produit recueilli dans le réci[)ieiiL est' traité par de Teau légèrement alcalisée, séché sur du chlorure de calcium, puis soumis à la rectitication. On peut l'obtenir également en distillant un mélange de sulfate de méthyle avec un bcnzoalo alcalin.. On le prépare enfin en faisant réagir du chlorure de benzoïlo sur Talcool méthylique.
A Tétat de pureté, c'est un liquide incolore, mobile, doué d'une odeur aromatique agréable. Insoluble dans l'eau, il se dissout avec facilité dans ralcool, l'esprit-de-bois et l'éther. Il bout à 198 degrés. Sa densité est de i , 10 à la température de 17 degrés. La deiisité de sa vapeur est égale à 4>7'-^- H absorbe le chlore, surtout à l'aide de la clialour, en donnant une forte proportion de chlorure de benzoïle.
Sa vapeur se décompose au rouge sombre en présence de la chaux vive; il se forme différents produits, au nombre de^iquels figure la benzine.
Une dissolution concentrée de potasse ou de soude l'altère rapidement à la tem[)érature de Tébullition; il se dégage de l'espritde-bois, tandis qu'on obtient un benzoate alcalin pour résidu.
L'ammoniaque le transforme en benzamide avec régénération desprit-de-bois.
196 SALICYLATË DE MÉTHYLE.
* La composition du benzoate de méthyle est exprimée par la
formule
C"H'0* = C"H*0'eH*0=4 vol. vap.
SALICYLATË DE BIÉTHYLE. Èq. = 1900 ou i5a.
§ ii83. Cet éther forme la plus grande partie d'une huile essentielle, désignée dans le commerce sous le nom dHiuile de Wintergr^en, qu'on retire, par la distillation avec de Teau, des fleurs d'une bruyère qui croit en abondance à la Nouvelle-Jersey, le Gaulteria pmenmhem. Cette essence renférme un carbure d'hydrogène huileux, isomère de l'essence de térébenthine, qu'on en sépare facilement par la rectification. A cet elîet, on distille l'huile brute du commerce jusqu'à ce que son point d'ébuUition se. fixe à 11% degrés.
On peut obtenir artificiellement le salicylate de métbyle en distillant un mélange de 2 parties d'acide salicylique cristallisé, a parties d'esprit-de-bois et i partie d'acide sulfurique concentré, ou bien encore en faisant agir le chlorure de salicyle sur l'esprit-
de-bois anhydre.
Le salicylate de méthyle naturel ou artificiel jouit de propriétés identiques : c'est un liquide incolore, d'une odeur forte et suave tout k la fois. Sa densité est de 1,18 à 10 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 5,4a. Il bout à 222 degrés. Peu soluble dans i'eauj il se dissout en toutes proportions dans l'alcool et l'éther.
Sa solution aqueuse prend une teinte violette très-riche par l'addition d'un sel de sesquioxyde de fer.
Agité à froid avec une lessive concentrée de potasse ou de soude, il se prend en une masse cristallisée que l'eau dissout facilement; un acide minéral ajouté à la liqueur en précipite le salicylate de méthyle intact, à moins que la température ne se soit élevée, ce. qui ne manque pas d'arriver si Ton opère à la fois sur de trop grandes quantités de matière. Si l'on fait bouillir le salicylate de méthyle avec la dissolution alcaline, il se dédouble immédiatement e^ alcool et en acide salicylique.
Distillé avec un excès de baryte tinl^ydre, il se dédouble en acide carbonique et en phénate de méthyle ou anisol, composé qu'on obtient en plaçant dans les mêmes circonstances l'acide anisique, isomère du salicylate de méthyle et qui dérive de l'esseBce d'anis
OXALATB DE MËTHYLE. 197
par l'action de substances oxydantes. Cette réaction s'exprime au moyen de 1 équation
C"H»0»4-aBaO = a(CO», BaO)-|-C»H«Oî».
Le chlore et le brome agissent avec énergie sur le salicylate de méthyle et donnent naissance à de beaux produits cristallisés dérivés par substitution. L*iode se dis6put dans le salicylate de méthyle sans réagir sur lui.
L'acide nitrique fumant le convertit en nitrosalicylate de méthyle. Employé en excès et à chaud, Tacide azotique le convertit en acide picrique.
Le perchlorure de phosphore l'attaque vivement en donnant de l'acide chlorhydrique, du chlorure de méthyle, de l'oxychlorure de pbosphore et du chlorure de râlicyle.
Une dissolution aqueuse d'ammoniaque le dissout à la longue et le transforme en alcool et en salirylamide,
La composition du salicylate do méthyle est représentée par la
C"4i"0''=: 4 vol. vap.
Ce composé présente risomérie la plus parfaite avec l'acide
anisique, produit obtenu par l'action de Tacide azotique affaibli sur l'essence d'anis.
Nous avons en effet ici deux corps possédant non-seulement la même composition, mais un équivalent identique, doués de propriétés essentiellement différentes présentant une constitution molétculaire entièrement différente et se transformant, sous Tinfluence d'un même réactif, en un produit unique.
OXÂLATE DE MËTHYLE. Éq.= 1476 ou iiS.
§ il 84. Ce composé s'obtient en distillant un mélange à parties égales d'adde sulfùrique concentré, d'esprit^le-bois et d'acide oxalique cristallisé. Le produit, qui se eondenle dans le récipient, se prend en une masse de cristaux blancs, qu'on purifie en les exprimant entre des doubles de papier buvard et les distillant ensuite.
Cet éther, qui se présente sous la forme de magnifiques cristaux blancs, lorsqu'on l'obtient par l'évaporation spontanée d'une dissolution alcooli<pie, fond à 5i degrés et bout à 161 .
198 t:HIi)ROCARBONATE DE MÊTHYLB.
L'eau, l'alcool, l'espriUle-bois et Téther le dissolvent facilement. Le premier de ces liquides l'altère lentement à froid, rapidement â la température do l'ébuUilion; il se régénère, par la fixation de a molécules d'eau, de l'acide oxalique et de l'alcool inéthy-
Uque. '
Il absorbe le gaz ammooiac sec en abondance et se traiisforine en une belle matière blanche cristallisée, qui correspond à rétber
oxamique formé dans les méiiiés circonstances par l'action réciproque de l'éther oxalique et du ^âi ammoniac : c'est VéiJter tué-
thylojoain i^juc.
Uue dissolution alcoolique d'ammoniaqui; se comporte de la même manière. Avec l'ammoniaque aqueuse ou obtient de l'esphUie-bois et de l'oxamide.
La composition de Toxalate de méthyle est représenlée par la
formule
CULOUOGARBONATE DE MÉTHYLL. Éq. ^ i i8i ou 94,^.
§ il85. Cet éther se produit dans des circonstances analogues à celles que nous avons décrites dans la production du composé
correspondant dans la série alcoolique. En ettét, l'esprit-de-bois et le liaz chl.orocarbonique réagissent éneri^iquement l'un &ur l'autre. Eu reprenant le produit de la réaction par l'eau, il se sépare un liquide huileux, pesant, que l'on purifie par des lavages à l'eau, une digestion feur le chlorure do calcium et la rectification sur du massicot. C'est un liquide incolore d'une odeur suffocante. Une dissolution aquéuse d'ammomaque le décompose en donnant de l'esprit-de-bois et une matière cristallisée déliquescente qui n'est autre chose que Véther tnéthjrlcarftatmtjue ou uréthjriatte^
La composition du chlorocarbonaie de méthyle est exprimée par la formule ^
C'est/ comme on voit, du formiate de méthyle, dans lequel l'hydrogène de l'acide formique aurait été remplacé par du chlore,
1186. L'histoire des compoto méthyiiques, que je ne poursuivrai pas plus loin, établit, je crois, a'une manière Suffisante, les liens de parenté qui rattachent ce t ori>s à l'alcool.
ALCOOL PKOPVLigUH:.
Je vais passer maintenaot ea revue; mais très-sommairement cette fois, les Uitiërents termes qui constituent ce groupe impor- ' tant.
AX.COOX. PaOPm^UE. Éq. =; 7JO ou 6b.
§ 1187. On rencontre dans les résidus des esprits de mare une substance volatile, soliible tlaiis Wvdu. très-limpide, et douée d'une odeur agréable de fruits. Cette substance donne, ainsi que l'a constaté M. Cbancel, à qui l'on en doit la découverte, par son contact avec les réactifs, des produits qui sont entièrement semblables à ceux qui dérivent de Talcool ordinaire. Comme on ne peut se procurer coproduit qu'en quantités très-faibles, on no connaît jusqu*à présent qu'un très-petit nombre d'éthers appartenant à cette série ; on a néanmoins obtenu des résultats assez nets pour admettre son 'existence comme composé distinct; c'est ainsi qu'en le traitant par l'acide sulfuriquo concentré, on a pu en dégainer un gaz analogue au gaz oléûant et qui jouit de toutes les propriétés du propylène. Ce même acide sulfurique s'échautle lorsqu'on le mêle avec ce liquide, engendrant ainsi par simple mélange.un produit entiè- Tement comparable & l'acide sulfovjnique.
M. Berthelota reproduit récemment l'alcool propylique à l'aidé du propylène, en dirigeant un courant de ce gaz à travers de l'acide sulfuricpie cum entré. Le prupylène est absorbé d'une manière rapide avec dégagement de clialeur; étend-on l'acide d'eau, puis distille-t-on la liqueur avec du carbonate de potasse, ou obtient un liquide doué d'une odeur spiritueuse et de toutes les propriétés que M' Cbancel signale dans le produit retiré des eausL-de-vie de marc.
Chauffé avec de l'acide sulfurique et du sable, il se décompose en donnant du propylène en abondance ; distillé avec un mélange d'acide sulfurique et d'acides acétique, butyrique ou bènzoïqué, il donne naissance à des acétate, butyrale et bcnzoate de propyle. Traité j)ar l'acide clilorliydrique, il donne, à la manière de l'alcool, du chlorure de prup}le.
Le liquide retiré des résidus de Teau-de-vie de marc et celui qu'on obtient directemwit à l'aide du propylène, qui se confondent par toutes leurs propriétés, possèdent donc tous les caractères d'un alcool homologue dè l'alcool ordinaire; cW pour cette raison qu'on l'a désigné sous le nom û*(ilco(fi jj/ojjj/ifjite.
«oo ALCOOL BUTYLIOCE.
Sa composition est exprimée par la formule
C*H"0«=::4 vol. vap.
Lee diflérents éthers dérivés de icetie série peuvent se représenter eu moyen des formules suivantes : Chlorure de propylc C* H' Cl ,
Acétate de propyle C^H'O, C'H'O*, *
Butyrate de propyle C'H'O, C''H'0\
Benzoate de propylc CirO, C'♦H'0^
Acide sulfbpropylique CirO, aSO'HO,
Sulfopropylate de baryte C*H' 0, « SO^ BaO + a HO,
Adde propionique. CH^O*, HO.
ALCOOIi BUXmQUE. Éq. = 925 ou 74.
§ 1188. Cet alcool, dont Texistence a été si^alée par M. Wurtz, se rencontre en quantité plus ou moins notable dans les alcools bruts provenant de la fermentation des mélasses de betterave. En rectifiant cet alcool, on obtient, Vers la fin de la distillation, des huiles qui forment l'une des sources les plus abondantes de l'alcool amylique. Lorsqu'on soumet Thuile brute à la rectification, on observe que pour la plupart des échantillons, lorsque le point d'ébullition a dépassé 100 degrés, il s'élève assez uniformément jusqu'à i32 degrés; pour d'autres, au contraire, on remarque qu'il reste quelque temps stationnaire entre 108 et 1 14 degrés. Toutes les fois qu'une de ces huiles brutes présente la particularité que nous venons de signaler, on peut être assuré qu'elle renferme une certaine quantité d'alcool butylique.
Pour isoler l'alcool butylique, on soumet l'huile brute à des distillations fractionnées, en mettant à part tout ce qui distille entre io5 et ii5 degrés. Pour purifier ce produit, on commence par le faire bouillir pendant au moins quarante-huit heures avec une solution concentrée de potasse caustique.
Au bout de ce temps, on distille le mélange et l'on recueille de Talcool butylique impur. On le met alors en contact avec la moitié de son poids de chaux vive qui le déshydrate ; on le distille enfin et on le soumet à de nouvelles rectifications dans lesquelles on ne recueille que ce qui passe de loS à i lo degrés.
ALCOOL BUT VUQUE. aoi
A rétat de pureté, l'alcool bntylique est un liquide incolore et très-fluide.' S(m odeur nifypelle celle de l'alcool amylique, cependant elle est moins pénétrante et plus vineuse. Il bout à 109 degrés; sa densité estdeo,8o3à 18 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 2,565.
L*alcool butylique s'enflamme à l'approche d'un corps en ignition et brûle avec une Hamme très-éclairanie. il se dissout dans environ dix fois son poids d*eau à la température ordinaire. Lorsqu'on ajoute à cette solution du chlorure de cdcium, du sel marin ou toute autre substance soluble dans l'eau, l'alcool s'en sépare de nouveau et forme à la surface du liquide une couche huileuse. Il dissout le chlorure de calcium et forme avec ce sel une combinaison cristalîisable.
Le potassium et le sodium agissent vivement sur l'alcool butylique à l'aide d'une douce chaleur ; de l'hydrogène se dégage en abondance, et l'on obtient des produits cristallisés qui ne différent de l'alcool butylique que par la substitution de i équivalent de potassium ou de sodium à i équivalent d'hydrogène. La formation de ces produits peut s'expliquer au moyen des équations suivantes :
CH'-O'-hK =H-1-CH"K0', C*H"0»4-Na = H-heH»NaO*.
La chaux potassée, chauffée à i5o degrés avec de l'alcool butylique, produit un dégagement abondant d'hydrogène ; il se forme en même temps une quantité proportionnelle de butyrate de potasse. Cette réaction est analogue à celle que fournissent les alcools vinique et méthylique, ainsi que les alcools d'un degré supérieur à l'alcool butylique.
L'acide sulfurique réagit très-vivement sur l'alcool butylique; si l'on ajoute l'acide par petites portions, en ayant soin d'éviter réchauffement de la liqueur, on obtient un composé qui correspond par sa composition et par ses propriétés à l'acide sulfovinique, et que, pour cette raison, nous désignerons sous le nom û'acide sitlfobutylique. Ce composé forme avec les bases des sels cristallisables qui présentent les analogies les plus frappantes avec les solfovi* nates.
Si Ton n'a pas opéré lo mélange d'acide sulfurique et d'alcool butylique avec les précautions que nous venons d'indiquer, le mé-
lo'à ALCOOL BUTyLlQUK.
lange s'échauffe beaucoup, bo colore, et la chaleur produite pat* la réaction est assez intense pour qu*il se dégage de Tacide sulfureux et qu'il se forme des hydrogènes cart^onés pàr la déshydratation
complète de l'alcool butyliiiuo. Ces carbures d'hydrogène forment, au bout do quelque temps, une couche incolore et limpide à la surface du liquide visqueux et coloré.
11 est facile de les recueillir avec une pipette; l'analyse démontre qu'ils renferment le cbarix>n et l'hydrogène dans les rap* ports d'équivalent à équivalent; ce sont probablement, des polymères du butène G* U*.
Le chlorure de zinc se dissout en proportions considérables dans . l'alcool butylique en donnant une liqueur sirupeuse. Si l'on* chauffe cet alcool en présence d'un excès de chlorure, il se dégage des produits i^azeux et liquides : les gaz sont uu mélange de butène et d'hydrurc de butyle; les produits liquides consliti^enl diticreats hydrogènes carbonés. .
§ li89. Le perchlorure de phosphore agit très-énergiquement sur l'alcool butylique; il se dégage tout à la fols du chloroxydede phosphore et du chlorure de butyle« Le produit brut étant soumis à une nouvelle rectification, en né recueillant que ce qui passe au-dessous de loo degrés et lavant ce dernier produit avec de l'eau, on obtient un litjuide doué d'une odeur éthéréc tjui constitue le chlorure de butyle. Ce mémo produit peut également s'obtenir par l'action (\e l'acide chlorhydrique sur l'alcool butylique.
Le bromure et l'iodure de phosphore se comportent à l'égard de l'alcool butylique de ki même manière que le chlorure; on obtient ainsi du bromure et de l'iodure de butyle.
Le chlorure de butyle, en réagissant sur des dissolutions alcoo- . liques de monosulfure de potiissium et do sulfhydrale de sulfure, donne dans le premier cas du chlorure de potassium et du sti/fiav (le hut ylcj et dans le second du chlorure de potassium et du mvrcajjUm hutyliquc,
g 1190. Au moyen de l'action de l'iodure de butyle sur les sels d'argent, M. Wurlz, à qui l'on doit la découverte de ces intéres-^ sants produits, s'est procuré un très-grand nombre d'éthers composés dont nous ne décrirons ici ni la préparation Ai les propriétés, et que nous nous contenterons de résumer sous forme de tableau.
L'iodure de but\ le agit rapidement à iui> degrés sur une dissolu-
HUILE DE POMMES DE TEKKE. 2o3 lion alcoolique d'ammoniaque en opérant en vdse clos. De même
qu*avec Tiodure d'éthyJe
on obtient une série-
d'ammoniaques
composées.
Les dilTérenCs éthers nppartenaïit è cette série
peuvent se re-
présenter au moyen des formules suivantes :
i vol. van.
à vol. van.
Chlorure de buty]e. . . .
CWCl =
4 vol. vap.
Bromure de butyle. . . .
4 vol. vap.
cnri -
4 \0i. vap.
Cvanuro de hutvle.
4 vol. vap;
Acétate de butvle
, eiro, c'H'O' =
4 vol. va}).
Butyrate de butyle. . . .
4 vol. vap.
Acide sulfobutylique. • ,
. r/H»0, aSO», HO
Hma m pomos sb TBaas» ou aimoi.
JkamiQIJB. Éq. 1 100 oa 86.
§ 1191. Dans la fermentation du sucre opérée sur une grande échelle, il se forme différentes substances jouissant de propriétés analogues à .l'alcool du vin,, parmi lesquelles figure plus particulièrement un liquide oléagineux auqpel on donne le nom éi alcool
a m y li que.
Ce composé s extrait priiu ipaloment des eaux-de-vie de pommes de terre, de betteraves ou do nuire de raisin, en soumettant ces produits à la disiillalioa et recueillant à part les dernières por* tions alors qu'elles commencent à passer laiteuses. Dans ce cas, Talcool amylique est encore très^mpur, il renferme de Teau et de Talcool ordinaire^ ett dans certaines circonstances, d'autres alcools de composition plus simple dont nous avons parlé précédemment* Pour Ton débarrasser, on ra^îite à plusieurs re|)rises avec de Teau, on décante l'huile surnageante^ on la dessèche sur du chlorure do calcium, puis on la rectilie en ne recueillant le produit que lors»» que le thermomètre marque i32 degrés.
§ 1192* Ainsi purifié, l'alcool amylique est une huile volatile incolove, très-fluide, d'une saveur âcre et brûlante et d'une odeur particulière tout à fait caractéristique^ qui provoque fortement la tome. Ses vapeurs agissent plus vivement encore sur les organes
uo4 HOlLK DE POMMES DE TERHE.
respiratoires. Il s enflamme par l'approche d un corps en ignition et brûle avec une flamme d'un bleu irèa-por. Sa densité est de o,8i8 à i5 degrés; la densité de sa vapeur est égale à 3,i47- li bout régulièrement à la température de i3a degrés.
Lorsqu^on fait passer sa vapeur à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge, celle^i se décompose en donnant divers carbures d hydrogène au nombre desquels figure l'amylène.
Conservé dans* des flacons mal bouchés, il en attire lentement Foxygene et se change graduellement en acide valérianique. Cette transformation beaucoup plus rapide lorsqu'on fait intervenir le noir de platine est entièrement comparable. à celle de l'alcool en acide acétique.
Le chlore attaque vivement Falcool amylique en donnant naissance à des produits qui ont été peu étudiés ; il en est de même
du brome.
Le perchlorure de phosphore agit très-énergiquement sur l'alcool amylique, il se produit du chlorure (Vamylc et du cbloroxyde de phosphore, ainsi que l'exprime Téquation suivante :
PhCl* ^ e* H'»0» = PhCP 0^ 4- Cl H -h C* H" Cl.
Le protochlorure de phosphore, en agissant sur ce produit, donne du phosphite d*amyle, du chlorure d'amyle et de l*acide
chlorhydrique.
Le chlorure d'amyle prend également naissance dans l'action réciproque de l'acide chlorhydrique et de l'alcool amylique. C'est un liquide incolore, doué d'une odeur aromatique. Insoluble dans l'eau, ce produit se dissout facilement dans l'alcool et Téther. Il bout à la température de loa degrés.
Le bromure et Tiodure de phosphore se coipportent d'une manière analogue et donnent du bromure et de Tiodure d'amyle. Ld premier bout à la température de lao degrés, le second à la température de i4^> degrés.
L'acide suliurique concentré dissout aisément l'alcool amylique en développant de la chaleur et se colorant en rouge brun. Si les matières sont employées en proportions convenables, l'addition de l'eau ne sépare de la liqueur aucune matière huileuse ; celle-ci, saturée par du carbonate de baryte^ donne un sel qui cristallise sous la forme d'écaillés nacrées dont la composition est analogue à
HUILE DE POMMES UE TEKKE. 2o5
celle du sulfoviaiile de baryte, et qu'on désigne pour cette raison sous le nom de sulfamylate de baryte. Ce sel, décomposé par une quantité ooavrâiable dVîde sulfurique, met en liberté Yacitie suifamjiique, qui, par son union avec les bases, forme des sels déinis et crîstallisables, 4iont la composition est exprimée par la formule générale
aSO», C'«H"0,MO.
Si Ton fait agir à chaud Tacido sulfurique concentré sur Talcool amylique, il se dégage de l'acide sulfuieux, en même temps qu'il parâé à la distillatioii une huile très^omplexe renfermant de Toxyde d'amyle, de Tamylène et différents autres carbures d'hydrogène polymériques.
L'acide phosphorique anhydre donne naissance, par sa réaction sur l'alçool amylique, à des produits analogues.
L'acide chlorhydrique concentré dissout l'alcool amylique et le transforme, sous Tinfluence de la chaleur, en chlorure d'amyle.
L'acide azotique, suivant sa concentration et la température du mélange, donne des substances de nature très-variable; c'est aiosi qu'on obtient du nitrito ou du nitrate d'amyle, de l'acide valéria-* nique, du valérîanate d'amyle, de l'hydrure de valérile, etc.
Les acides oxaKque, tartrique, citrique, chauffés en vase clos avec de l'alcool amylique, s'éthérifient.
Chauffé avec de la chaux potassée à une température de 220 degrés, ralcool amylique se convertit tout entier en acide valérianique; il se dégage en même temps de l'hydrogène. C'est ce dont il est facile de se rendre compte au moyen de l'équation suivante :
C'*H"0'-hKO, H0 = C":H^0', K0-h4H.
Le potassium réagit vivement sur l'alcool amylique & l'aide d'une
douce chaleur; il se dégage de l'hydrogène, et l'on obtient une combinaison cristallisée qui ne ditlère de l'alcool amylique luimèmef qu'en ce que i équivalent d'hydrogène se trouve remplacé par 1 équivalent de potassium. Le sodium se comporte exactement de la même manière.
La réaction s'explique au moyen de l'équation
Un mélange d'adde sulfurique, d'alcool amylique et d'acétate, de tll. iS
•2o(J IIUILK DE POMMES DE TERRE.
butyralc, de benzoatc de potasse, fournit à la distillatioii des acétate, butyrate, benzoate d'amyle, qu'on purifie par des procédés analogues à ceux que nous avons indiqués pour leurs homologues de la série viniqae.
§ ii^. On voit que par Taction des différents réactifs sur Tal- • cool amylique on peut se procurer une série de composés- présentant les analogies les pins manifestes avec ceux qui résultent do l'action réciproque des mômes substances et de l'alcool ordinaire. Nous n'entrerons ici dans aucun détail relativement au mode de préparation et à la description des propriétés de ces différents - produits, car nous n*aurions qu'à répéter en quelque sorte ce que nous avons dit à Tégard des nombièux dérivés de l'alcool et de Tesprit-de-bois; je mécontenterai derésunierdans le tableau suivant les principaux dérivés de la série amylique que nous avons décrits, M. Balard et moi, dans des Mémoires spéciaux, en mettant en regard les formules qui eu représentent la composition :
Equivalent.
rotnt dl^bsUtt.
4 vol.vap.à i32<^
4vo1. vap. à 176**'
C^H'^Cl
4 vol. vap. à loo*
C"H"Br
4 vol. vap. à I9.0**
4 vol. vap. à 140"
4 vol. vap. à '21 G"
Mercaptan amylique. • .
4 vol, vap. à 125**
4 vol. vap. à ga**
Cm" 0, AzO*
4 vol. vap. à 148®
3C**H"0, BoO'
4 vol. vap. à 272®
4 vol. vap. à 128®
4 vol. vap. à inO"
Valéralo d ann lo
4 vnK vap. à H)()"
('.aproate d'amylc. . . . «*
C'"H"0, C'Mr'O^
4 vol. vap* à .Al r
Oxalate d'amyle »
4 voU vap. % 260'*
Acide sulfaroyli<|u^. * . «
e»H"0, aSO'MO
Ac. amylphosphorcux..
(C"H"0, aHOlPha»
C»»H"0, îCS*, HO
Acide xantamylique» . .
c'"H"o, 'ics'm
ALCOOL CAPHVLiyUE. ^ lo-j
AMOOZi CAPRYXaZQUE. É(|. = iGij uu il^o.
§ 4^9-4. Cette substance, doM on doit la découverte à ^L Bouis, se piipeluit par raction d'iino lessive concentrée de potasse sur l'huile de riciji; elle résulte de la déconi[)0>ition de Tacide ricinoléique, qui, combiné avec la glycérine, constitue la partie principale de cette huile.
Lorsqu'on soumet le mélange à l'action de la chaleur dans une cornue de verre; il se dégage un gaz qui est de l'hydrogène pur; il se condenâe dans le récipient une huile volatile qui est Valcoot caprylique, tandis ciu'il reste pour résidu dans la cornue du sébate dépotasse. L'équation sui\aiile rend parfaiLenient comptode cette réaction;
Acide * Sébttlu (lu poidMO. AUuul
rlciooléiqud. rapr|li(|ue.
Si la. température s'élève davantage, il se dégage une plus forte proportion d'hydrogène, et l'on obtient dans ce cas de TaldéhyUc caprylique : c'est ce qui explique les divergences obtenues par les divers expérimentateurs, relativement à' la composition et aux pi'opriétés de cette substance.
A l'état de pureté, l'alcoool caprylique est un liquide incolore, oléai^ineux, présentant les caractères des huiles essentielles, in.^oluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et l'éther. Son odeur est aromatique et agréable; sa densité est de 0,8^3 à 19 degrés; la densité de sa vapeur est égale à 4,60. Il bout régulièrement à 184 degrés; il brûle avec une flamme blanche très-édairante. L'alcool caprylique jaunit par son exposition à l'air et s'acidifie; la présence du noir de platine rend cotte oxydation plus active.
Le chlorure de calcium se dissout dans l'alcool capryli(iu(', et fournit de très-beaux cristaux que la chaleur ou 1 eau décompobcnl en régénérant le chlorure de calcium et l'alcool.
Le chlorure de zinc fondu se dissout en grande abondance dans l'alcAoi caprylique à l'aide d'une douce chaleur. Sous l'inQuence d'une plus forte température, il se dégage une huile volatile trèslimpide, formée presque exclusivement de caprylène. .L'acide sulfurique concentré dissout à froid l'alcool capryli(iuo
ao8 ^ ÉTHAL, OU ALCOOL CÉTIQUB.
en se colorant en rouge. Il se produit dans cette circonstance un acide correspondant à Tacide sulfovmlque. Celui-ci, neutralisé par tes carbonates de chaux, de baryte' ou de plomb, donne naissance à des. composés qui cristallisent avec la plus grande facilité.
Lorsqu'on applique la chaleur au mélange d'acide sulfurique et d'alcool caprylique, il se produit une grande quantité de caprylène.
L'acide azotique exerce une action variable sur l'alcool capry- . lique suivant son degré de concentration. Très-étendu, il le transforme entièrement en acide capryliqùe; plus concentré, il donne naissance à toute cette série d'acides qui se forment par Taction réciproque de Tacidé azotiqué et des corps gras.
La chaux potassée le transforme sous rinfiuence d'une température convenable en acide caprylique. Enfin les' acides, parleur réaction sur l'alcool caprylique, donnent naissance à une série de produits qui correspondent aux éthers composés formés par l'action réciproque de ces mêmes acides et de l'alcool.
La composition de Talcool caprylique est exprimée par la formule *
C"H"0' = 4 voL vap.
ÉTHAIi, OU AX.COOI. ÇÉTZÇUE. Éq. = 3o25 ou 342.
g 4495. Ce produit s'obtient par la saponification du blanc de
baleine, substance qu'on rencontre dans le cerveau du cachalot et de plusieurs autres cétacés. Ce blanc de baleine n'est, en effet, autre chose qu'un éther composé de la série qui nous occupe, capable de se dédoubler sous rinûuence des bases par la fixation de
équivalents d'eau en alcool cétique et un acide gras qui s*unit à la matière alcaline.
La saponification du blanc de baleine se làit rapidement, soit en traitant cette substance^ Taide de la chaleur, par de la potasse solide humectée d'un peu d'eau, soit par une dissolution alcoolique de cette base. Lorsque la saponification est terminée, on traite la matière par l'eau, puis par l'acide chlorhydrique en léi^er excès. L'éthal et les acides gras devenus libres viennent former à la surface une couche huileuse qu'on sépare par décantation.
On fait alors bouillir ce produit brut avec un mélange de chaux ou de baryte et d*eau; on obtient de la sorte un mélange de sel barytique ou calcaire et d'éthal, qui sont complètement insolubles
ALCOOL CÊRYLIOUE. 209
dans l'oau. Ce mélange, ayant été |)urilié par des lavap:es répétés à l'aide de ce liquide, est repris par de l'alcool bouillant, qui dissout facilement l'éthal et qui ne touche pas au savon lerreux ; on évapore la dissolution alcoolique à siccité, on la reprend par Téther, on filtre, puis on abandonne la dissolution éthérée à Tévaporation; on obtient ainsi de l'éthal parfaiteméint pur.
Ainsi préparé, l'éthal est une masse blanche solide et cristalline, qui fond vers 49 de.qrés et qui distille à une très-liaute température. Par un refroidissement lent, il cristallise en lamelles brillantes. Une dissolution alcoolique bouillante l'abandonne par le refroidissement sous forme cristalline. Insoluble dans Teau, il se dissout facilement dm Talcool et l'éther, surtout à Taide do la chaleur. Il est dépourvu de saveur et d'odeur. Chauffé avec de ia chaux polass^ à une température de aoo à 220 degrés, il dégage de Thydrogéne et se ti^nsforme en acide éthalique.
L'acide sulfurique le dissout à l'aide d'une douce chaleur, et donne naissance à un composé solubie dans l'eau, susceptible de former avec les bases des sels définis et cristallisables, qu'on désigne sous lo nom de sulfocctatcs.
Le perchlorure de phosphore réagit vivement sur Téthal; il se forme tout à la fois du cUoroxyde de phosphore et du chlorure de cétyle; il se dégage en même tempe de l'acide chlorbydrique. La réaction peut s'exprimer au moyen de l'équation
G" H^* 0^4- Ph Cl* = PhCm' + C'^'^a + Cl H.
L'acide phosphorique anhydre dédouble l'éthal, sous l'influence
de la chaleur, en cétènc et en eau, ainsi que l'exprime Téquation
C"H"0'4-PbO*= PhO*-f-aHO-l-C=»^H".
La composition de l'éthal est représentée par la formule
C»»H»*0» = 4voL vap.
ATiOOaT. «É&mçlIB. Éq.=495o ou 396.
§ li96. Lorsqu'on fait fondre la cire de Chine avec de la polijsse caustique, celle-ci se scinde en deux produits à la manière du blanc de baleine; il se forme une combinaison de potasse avec un acide gras particulier, auquel on donue le nom iïaculr cêm-
tique, tandis qu'il se sépare une matière neutre qui constitue l'al-
-aïo ALCOOL MËLISSiQUE.
cool cérylique; on dccomiiose le siivon par un acide minéral, on lave la matière L^russe, puis on la l'ait bouillir avec de la baryte; on obtient de la sorte un mélan^^e de cérotaLe barytique et d'alcool cérv lique. En épuisant eu dermer par l'alcool ou l'éther, on isole l'alcool céryliqueà l'état de pureté. -
Purifié par plusieurs criâlaliisalioiiB> ce produit présente Taspect de la cire et fond à 97 degrés.
Chauffé aunieiisus de apo degrés avec de la chaux pbtassée, il se transforme en cérolale alcalin avec dégagement d'hydrogène.
L'acide sulfurique concentré le dissout en produisant de VacUlc suijoct'rylitjiu' .
Distillé avec de Tacide phoâp|ioriqutt anhydre» il se dédouble ou eau et en cérotène.
La composition de l'alcool céry lique est représentée par la formule
AliOOOIi MÉUWXQUS. Éq. = 5476 ou 438.
§ H97. Ce com[)osé s'obtient par l'action de la potasse fondante sur la myricine, ce produit présentant avec l'alcool mélissique les mômes relations que le blanc de baleine à l'égard de réttval. On décompose le savon formé par l'acide chloruydrique, et l'on fait bouillir la matière surnageante avec de la baryte et de la chaux ; on obtient de la sorte un mélange d'atcool mélissique et du savon calcaire ou barytique ; on lave ce mélange, on le dessèche, puis on l'épuisé par l'éther ou l'alcool bouillant. La dissolution alcoolique ou éthérée abandonne 1 alcool mélissique par i'évaporation.
A rétat de pureté, c'est une substance cristalline d'un éclat ' soyeux. Elle fond à 86 degrés. Soumise à la dissolution sôcbe, la majeure partie passe inaltérée; une portion se décompose en eau et en un hydrocarbure solide.
Chauffé avec de la chaux potassée, l'alcool mélissique se transforme en mélissate alcalin avec dé^a^ement d'hydrogène, ainsi que l'exprime l'équation suivante ;
C«H««0«-hKO, liO ^ C~H*»0»K0+4H.
àlciwl in«>Uii8i4ue. UéiiMâlw de iHiUMe.
GÉNÉUALlTr:S SUR LKS ALCOOLS.
Il 1
L'acide suifurique, en réagissant sur Talcool mélissique, donne naissance k un produit analogue à l'acide sulfovinique.
L'acide phosphorique anhydre le décompose en eau et en une série d'hydrocarbures polymères du gaz défiant.
La composition de l'alcool mélissique se représente par la formule
§ 1198. Si l'on jette un coup d'œil sur l'alcool et ses homologues, esprit-de-bois, huile de pommes de terre, etc., on observe ce fait fort remarquable qu'en partant de i'alcool le plus simple et s'élevant jusqu'au plus complexé, les' points d'ébullition de ces produits sont sensiblement équidîstants et diffèrent entre eux d'environ 18 degrés, de telle sorte qu'on pourra déduire avec la plus graiule facilité du point d'ébullition de l'alcool vinique celui d'un des termes humologues de la série, en ajoutant à ce pdint d'ébullition le nombre constant 18 multiplié ])ar le nombre représentant l'intervalle qui sépare cet alcool de l'alcool ordinaire. En effet, l'expérience a démontré que les alcools butyrique, amylique, caprylique, bouillent à 112, et 184 degrés; or, en partant de l'alcool dont le point d'ébullition' est à 78 d^rés, oA devrait avoir.
Pour le 1^' 78-+- 2x18=784- 36 =114,
Pour le 78-hi8x 3=784- 54 = i3-jt,
Pour le 3« ^g-i-igx 6 = 78 + 108=: 186,
nombres qui, connue on le voit, se confondent sensiblement avec ceux que fournit l'expérience directe.
Cette différence de 18 degrés dans le point d'ébullition, qu on observe en passant d'un terme quelconque au suivant, se retrouve éij;alement lorsque l'on compare les éthers composés appartenant à deux séries homologues; c'est ainsi ([ue, tandis que l'acétate de méthyle bout vers 57 à :38 degrés, l'acétate d'éthyle bout a 74: que tandis que le butyrato de méthyle bout à 10*2, le butyrate d'éthyle bout à 1 19 : il semble donc résulter de là que i'inlrodu( tion d'une molécule du carbure d'hydrogène C apporte une élévation de température d'environ 18 degrés. Nous verrons dans un prochain chapitre, où nous étudierons les acides dérivés des dif-
ail GÉNÉRALITÉS SUR LBS ALCOOLS.
férentà alcools que nous avons examinés précédemment, qu'il existe entre ces composés une équidistance à peu près semblable*
Le point d'ébuUition de chaque terme de cette série diffère, en effet, de ao degrés; il diflère de 44 à 45 degrés de celui de Téther formé par l'alcool vinique et de 6a à 63 degrés de Téther correspondant dans la série méthylique. v
ihk observe également entre un étber composé G^If^O* et son acide isomère une ditférence de 8o à 82 dejjrés; c'est ainsi que 1 éther acétique
(?H»0»= C*H*0», eH*0= 4 vol. vap.
bouillant à 74 degrés, son isomère, Tacide butyrique
eiro*=r 4 vol. vap.,
bout à iGo degrés.
M. Hermann Kopp, à qui Ton doit ces curieuses observations, a pareillement signalé des relations fort intéressantes relative* ment aux densités des éthers à l'état liquide. D'après ce savant, le volume atomique d*un addé organique est à peu près de 534 unités plus pètit que le volume atomique de Téther dérivant de l'action de cet acide sur l'alcool vinique. Il suit de là qu'on peut, à l'aide de cette loi, calculer la densité d'un éther lors^jue l'on connaît celle de l'acide correspondant, et réciproquement. Quant aux éthers dérivés de l'alcool méthylique, le volume atomique serait d'environ 3oo unités moindre que celui de l'éther correspondant dans la série vinique. D'où il résulte que le volume atomique de tout éther dérivé de l'alcool est supérieur de a34 unités à celui de la combinaison méthylique correspondante.
ALCOOL ACÉTYLIQUË.