CH«OS
correspond le composé représenté par la formule
eH*o*.
Les acides de celte série sont peu nombreux ; on n'en connaît dans l'état actuel que cinq ou six; nous n'en décrirons que trois, les propriétés des autres se trouvant entièrement calquées sur celle des précédents.
Nous aUons donner sous forme de tableau la composition de ces différents acides :
Acide acrylique H* 0* = 4 vol. vap.,
Acide angélique C'H" 0*= 4 vol. vap.,
Acide damalurique ... C" H" 0' ?
Acide campholique. . » H'"" 0^ =e 4 vol. vap.
Acide mèringique. . . . C?*W*Q^.
Acide oléique CH^'O*.
Acide érucique...... (?*H*»0».
28G ACIDE ACUVLiglK.
Cas acideB, dont les caractères généraux sont moins bien cojinus que ceux des acides du groupe formique, jouissent tous de cetle propriété commune de se dédoubler, sous Tinfluence de Fhydrate de potasse et d*une température de abo degrés, en acide acétique et en un autre acide homologue de ce dernier renfermant une quantité de carbone complémentaire; de telle sorte qu'en représentant la composition générale de ces acides par la formule
C«H"'-^0*=4vol.vap.,
on a . ,
On repasse de cette façon de ces acides à ceux du groupe précédent.
AQDË ACRYUQUË. Ëq. = 900 ou 72.
§ ISrJfi. Ce composé se forme par l'oxydation do l'arroléine. La proportion d'acide formé dépend essentiellement de l'agent employé pour en opérer Toxydalion. Fait^on intervenir un mélange d'acide sulfurique et de bictiromate de potasse, l'action est tellement énergique, qu'on n*obtient que de l'acide acétique. N'emploie-t-on que le peroxyde de manganèse seul ou le peroxyde de plomb, il ne se produit pas d'action sensible. L'agent qu'il est préférable d'employ(M^ pour déterminer l'oxydation de Tac roléine et sa conversion en acide acvliijiu^ est l'oxyde d'argent. A peine ces deux corps sont-ils en contact, qu'une action tres-vwe se manifeste; il se dégage beaucoup de chaleur en même temps que l'odeur irritante de Tacroléine disparaît; de Pargent se dépose à Vétat métallique, tandis que Teau retient en dissolution de racylâte .d'argent. Une fois qu'on s'est procuré ce sel à l'état sec, on peut obtenir l'acide acrylique au maximum de concentration en l'introduisant dans un tube à travers lequel on dirige un courant d'acide sulfli} di icpio desséché. L'action est tellenicni énergique, (jue, loin de chautTer le mélange, il faut, an commencement do l'opération, refroidir le vase qui le contient et n'élever la température qu'à la fin pour terminer la distillation de l'acide acrylique. On achève de le purifier en lui faisant subir une nouvelle rectification.
Ainsi préparé, l'acide acrylique est un liquide incolore, très-
ACIDË ANGÉLIQUE. 287
limpide, d'une odeur acide agréable qui rappelle celle du vinaigre. Befroidi jusqu'à o degré, il ne se solidiflè pas. Sa saveur est fran-
ch(Mii(M)t^ acide; l'eau le dissout en toute pro[)orlion; son point d'éhullition paraît intermédiaire entre celui de l'acide formique et celui de l'acide acéliipie. La distillation ne lui fait subir aucune altération. L'acide sulfurique et l'acide clilorhydrique étendus ne le décomposent pas même à chaud, mais l'acide azotique et tous les corps qui peuvent abandonner facilement de l'oygène lé dédoublent facilement en acides acétique et formique.
L*équation suivante rend parfaitement compte de cette transfoi-malion : * '
eH*0^4-aHO-HaO = C'H»0*-4-eH*0*.
Les alcalis hydratés^ potasse et soude, produisent une «iction analogue.
La composition de l'acide acrylique est représentée par la lormule
eH'U*=4voLvap.
AQDE ANGÉLIQUE. £q.= laSo ou 100.
§ 1257. Cet acide se rencontre dans la racine de plusieurs espèces d'angélique; on l'obtient facilement par l'action réciproque de Tessence de camomille et de l'hydrate de potasse sous l'influence de la chaleur. La première méthode ne donne qaune faible quantité de produits; la seconde permet, -au contraire, de l'obtenir en quantité considérable; nous ne décrirons que cette dernière.
Lorsqu'on" traite Tessence de camomille par l'hydrate de potasse solide à une douce chaleur, on obtient une masse î^élalineuse; celle-ci, lorsqu'on continiie à chauffer, déixaize, à une certaine époque, une grande quanlilcde gaz hydrogène. Si l'on retire alors la matière du feu, la réacli(»n continue et s'achève d'elle-même, une portion d'un carbure d'hydrogène contenu dans l'huile brute se volatilise,* et Ton obtient un résidu formé d*angélate de potasse et de l'excès de potasse employée. On dissout ce résidu dans Feau, on Vagite fortement;, puis on l'abandonne au repos; de cette façon l'huile hydrocarburée, qui n'a pas été modifiée par la potasse, vient se rassembler à la surface du liquide. On décante la liqueur
m ACIDE OLÉIQUE.
aqueuse à l'aide d'une pipette, puis on la sursature avec de Tacide sulfurique étendu ; bientôt il se sépare une matière huileuse qui se rassemble à la surface et ne tarde pas à se concréter : on la purifie en Texprimant entre des doubles de papier buvard et la* soumet*
tant à la distillation.
L'acide angéIi(}uo cristallise en prismes volumineux, longs, striés, incolores et sans eau de cristallisation. 11 possède ime saveur acide, piquante, et une odeur aromatique particulière, il fond à 45 degrés, bout à 190 degrés et distille sans altération. .
Peu soluble dans Teau froide, il se dissout en assez forte proportion dans Teau bouillante. L'alcool, l'éther, les huiles grasses et volatiles le dissolvent en quantité notable. Sous Tinfluence d'agents oxydants, l'acide anççélique se transforme en acides acétique et })rqpioni(pie. On peut réaliser cette transformation soit en faisant intervenir 1 acide azotique, soit par l'action de Thydrate de potasse.
Dans le premier cas, on a
C'»H« 0* H- aHO 4- '2 0 = C H« 0' -h C- 11*= 0* ;
dans le second, on a
C'*H» 0» -h 4 HO = C* H* 0* -H eH« 0* -h 4 H.
La composition de l'acide angélique est représentée par la formule
C'»H"0*=4 vol. vap.
AQDE OLËIQUE. Ëq.^ 35a5 ou Ï1S2.
§ 1258. Cet acide s'obtient par la saponification des huiles végétales non siccatives et des graisses animales, c'est l'un des produits accessoires de la fabrication des bougies stéariques. Pour
obtenir l'acide oléi(jue pur au moyen de l'acide brut fourni par les fabriques de bougies, on fait digérer ce dernier, pendant quehpies heures, avec la moitié de son j)oids de massicot en pou(he line; il se forme alors un mélange d'oléate et de margarate île plomb. Si Ton agite ce mélange avec deux fois son volume d*éther, puis qu*on l'abandonne au repos pendant vingt-quatre heures, l'oléate de plomb se dissout seul, tandis que le margarate demeure indis-
ACIDE OLÉTOtE. 5»:)
SOUP. La dissolution étliérée de roléate de plomb étant traitée par de l'acide chlorhydri(|ue étendu, l'acide oléique se dissout dans , rétherà mesure qu'il se sépare, et vient se rendre à la surface du mélange. Cette dissolution, évaporée lentement, laisse déposer Tacide qu'on reprend par de la potasse, et l'on ajoute une dissolution saturée de sel marin pour séparer le savon sous forme de grumeaux. Ge dernier étant purifié par expression et redîssous de nouveau, puis décomposé par l'acide tartrique, fournit dé l'acide oléique pur qu'on prive de l'eau qu'il avait entraînée par une dessiccation au bain-niarie.
L'acide oléique pur est un liquide incolore et limpide, de consistance huileuse, dépourvu d'odeur et de saveur. Jl c^t plus léger que l'eau; il ne rougit pas la teinture de tournesol. 11 se concrète vers 4 degrés, en formant une masse cristalline trés-dure; lors* qu'on refroidit fortement sa dissolution alcoolique saturée, celle-ci laisse déposer de fines aiguilles. La distillation l'altère en fournissant des gaz carburés, de l'acide carbonique, de l'acide acétique, des acides caprylique et rapri<jue, ainsi qu'une huile hydrocarbonée chargée d'acide sébncit|ue.
Exposé au contact de l air, l'acide oléique sous forme solide ne s!allére pas sensiblement; Tacide liquide, au contraire, s'altère d'une manière rapide, rancit et perd la propriété de se solidifier lorsqu'on l'expose au froid.
Lorsque l'acide oléique est pur, il fournit, à la distillation sèche, beaucoup d'acides sébacique, ca[)rique et caprylique. Lorsqu'il a été modifié par exposition au contact de l'air, il ne donne plus sensiblement de ces produits. I.'acide nitrcux convertit l'acide oléique on un acide isomère, s(^lide à la tempéraliire ordinaire, auquel on donne le nom acide éiaïdif/uc. L'aride azotique concentré attaque vivement l'acide oléique à l'aide de la chaleur, dégage d'abondantes vapeurs rutilantes et donne naissance à un grand nombre d'acides qui appartiennent à la série formique et à la série oxaljquç. L'acide sulfurique concentré le dissout et donne naissance à un composé désigné sous le nom Pacifie sttJffholéiffucy que l'eau décompose; selon que celte décomposition se lait a froid ou à chaud, il se forme, suivant M. Fremy, deux acides distincts : il donne à celui qui se forme dans le premier cas le nom
acide métoroléiffue ^ il désire le second sous le nom d'avide
IH. 9â
ago ACIDE ÊLAÏDIQUË.
hydroléique, L'hydratQ de potasse, sous Finfluence d*uiie tempéra- * tnre de 220 degrés, transforme l'acide oléique en un mélange
d'acide acétique ôt d'acide palmitique, ainsi que l'explique l'équation suivante :
La composition de Tacide oléique est représentée par la formule
AQDE ÉLAlDiQUE. Ëq. = SSaS ou 282.
§ 1250. Cet aride s'obtient t-n faisant réagir l'azotale d'oxydule de mercure ou la vapeur nitreuse sur l'acide oléique. On peut remplacer les vapeurs nilreu>es par une petite quantité d'acide azotique fumant, saturé de ce produit. La conversion de l'acide oléique en acide élaïdique s'opère sans que la matière change de coipposition ni de poids : peut-être cette transformation est-elle le résultat de Faction de Facide nitreux sur quelques traces de matière organique, d'une altération facile; on a constaté du moins dans cette transformation la production d'une petite quantité d'azotate d'ammoniaque, ainsi que celle d'un corps huileux et indifférent.
L^acide élaïdique fond vers 45 degrés. Insoluble dans l'eau, il se dissout en forte proportion dans l'alcool et se sépare d'une dissolution concentrée, sous la forme de belles lames nacrées qui ressemblent à Facide benzoïque. L*éther le dissout moins bien que • Fatcooh Lorsqu^on maintient pendant un certain temps Facide élaïdique fondu au contact deFair, il absorbe une forte proportion d'oxygène, rancit, et ne peut plus se solidifier par l'acide nitreux. Sous des inlUiences oxydantes, et notamment sous riiilluence de Fhydratc de potiisse, il se convertit en un mélange d'acide acétique et palmitique avec dégagement d'hydrogène, de la môme manière que Facide oléique.
La composition de Facide élaïdique, de même que celle de f*acide oléique, est représentée par la formule
On rencontre dans l'huile de moutarde, ain^i que dans l'huile de
ACIDES SOHBIQUE ET PARASORBIQUE. 291
colza, un acide liquide désigné sons le nom d'acide brasso!éi(fucy qui jouit de la propriété de se transformer en un acide solide îgomérique sous Tinfluence des vapeurs nitreuses; il en est de même de l'acide dftégUque, acide gras liquide extrait de Thuile de dauphin. Peut-être les acides angélique et camjpholique sont-ils les homologues de l'acide élaïdique ; dans ce cas, il resterait à trouver les acides liquides isomères homologue^de Tacide oléique. *
T&oxsziuazs G&OtiFfi.
Acides de la forme ; *• • v * i^H'^-^O»»
Dérivés des alcools de la forme. . . w • (?"H**-*0*.
AQDES SORBIQUE ET PARASORBIQUÈ. Éq.= io5o ou ta4.
§ 1260. Lorsqu'on soumet à la dislillaiio'ri tes eaux mères des
baies du sorbier employées à la préparation de Tacide malique, on obtient une hiiilo volatile (jui, d'après les recherches de M. Hofmann, est un acide bien detini qu'il désigne sous I9 nom é acide parasorbif/ue.
A rétat de pureté, c'est un liquide incolore, transparent, trèslimpide et dont rôdeur aromatique est fort pénétrante* Sa densité est de 1,068. Il bout i 221 degrés.
Sensiblement soluble dans Teau, cet acide se dissout en toutes
proportions dans l'alcool et dans l'éttier. Ses solutions sont fért
acides.
Sa composition est exprimée par la formule
Celle de ses combinaisons salines par
Exposé pendant quelques heures avec de Thydrate de potassé
solide à la température de 100 degrés, l'acide parasorbique se change en un sel de potasse d'un acide magnifiquement crislallisé • qui présente la i)lus grande ressemblance avec l'acide benzoïque^ La même transformation se produit lorsqu'on fait bouillir l'acide parasorbique avec l'acide chlorhydrique concentré. L'acide liquide se 'change dans ces circonstances en un acide
29^ ÂC1D£S SOHBigUË bl FÂK AS0HB1UU£.
'solide |Nir une simple transposition moléculaire. En effet, la composition du produit cristallisé que M. Hofmann désigne sous le
nom acide sorbique esl représeiilée jmr la formule
C'HfO».
Cet acide se fiissout en faible proportion dans l'eau froide et en 'g;rande quantité dans Teau bouillante. L'alcool et Téther le dissolvent avec facilité. Ses dissolutions l'abandonnent soit par an re* froidissement lent, soit par évaporation spontanée, soqs la forme de lames ou d*aigull1es d'un grand' éclat. Fusible à't34°,5, il distille sans altération à une température un peu su(>érieure. •
Son élher, qui présente la pins grande ressemblance avec ceux des acides précédents, est liquide; il bout à igS dei^rés.
Le perchiorure de phosphore l'attaque avec violence et fournit le chlorure de sorbyle
Distillé sur de la baryte ou de la chaux caustique, il se dédouble en acide carbonique qui se iixe sur la base el eu un hydrocarbure
Par l'ensemble de ses propriétés, Tacide sorbique vient se placer, ainsi que nous le voyons, entre les acides du groupe acétique et du groupe benzoYque dont nous allons tracer l'histoire.
Par sa composition, il occupe une position intermédiaire enlre les acides capruïque et benzoïque qui apparlienueut à ces deux séries.
çvAnudim o&oupb.
Acides de la forme C*"H**-»0«,
Dérivés des alcools C*" H*"-*0'.
§ 4!261 . A côté des acides précédents vieiment s'en placer d autres * qui, préitonlant avec eux d'inconiefetables analogies, en diffèrent néanmoins dans leurs allures. Ces acides, auxquels M. Hofmann propose de donner le nom à* acides aromatiques^ pour rappeler leur origine, et dont l'acide benzoïque peut Mre considéré comme le type, sont liés entre eux par des relations toutes bemblables à
ACIDE BENZUiQUE. ' 293
celles qai unissenl lès acides du groupe formique, c'est-à-dire que chaque terme diffère du précédent par l'addition de C^U^; en un mot, ce sont des acides homologues.
Ces acides, contrairement à ceiix du groupe formique, possèdent nne grande tendance à échanger i ou ik molécules d'Iiydrogène contre 1 ou 2 molécules de vapeur nitreuse. Sous l'inlluence de la baryte ou de la chaux, ils se cliani^ent en carbonate et en un carbure d'li\ tiroL^ène correspondant; celte réaction s'accomplit avec une netteté pai faite : il ne se forme pas^ comme avec les acides . précédents, une série de carbures d'iiydrogène polymériques. £n représentant ces acides par la formule générale
ou a toujours
C'U'O'-i-uBaO = 2^C0', liaOj -^C'ii" ^
Les sels alcalins anhydres formés par ces acides se tninsfonnent par la distillation en composés analogues à ceux que fournissent les acétates, en laissant du carbonate pour résidu.
ACIDE BENZOÏQUE. Éq. ï5ij ou 122.
§ 1262. L*acide benznïque se rencontre tout formé dans un grand nombre de produits naturels, et notamment dans les baumes, par-
tîculièrement dans le baume do Tolu et dans le benjoin ; c'est de là qu'il tire s<.n nom. Il se forme dans un grand nond)re de réacliuns.
Lorsqu'on soumet à l'action de la chaleur l'acide hippuiicpio qu'on rencontre dans les urines de tous les animaux herbivores, il se sublime de l'acide benzoïque.
Les matières animales, telles que la caséine et la gélatine, donnent une petite quantité d*acide benzoïque quand on les soumet à Taction oxydante de l'acide chromique ou d*un mélange d'acide sulfunque et de peroxyde de manganè&e.
L'amygdaliiie, substance cristallisée qu'on rencontre dans les amandes nmeres, se liansforme également eu acide benzoïque sous I intluence de l aciile az-oiique.
Eniin l'essence d'amandes amères peut se transformer entièrement en acide benzoïque par simple exposition au contact de l'air*
En effet, Tessence d'amandes amères pure.a pour formule
On a pendant lungt(Mii[)S considéré cette essencç comme l'hy- (Inire d'un radical ternaire, auquel on douTiait le nom de /.'cv/r/v/^». Bien que ce radical n'ait pu être isolé, on rej^arda néanmoins son existence comme très-|)robable, ce qui permit d'expliquer un grand nombre de faits. Nous verrons plus tard que les résultats obtenus dans ces derniers temps ont forcé d'abandonner cette hypothèse.
Si Ton traite cet hydrure par le chlore, on obtient le composé
C'4P0% Cl,
qui, traité par l eau, donne de Tacide chlorh^drique et de l'acide benzoïque. £n eiiel, on a .
C'^H*0», Cl4-4H0 = ClH-hC'*H*0», HO. ,
Exposée au contact de l'air, Thuile d*amandes amères çe convertit pareillement en acide benzoïque
Ù*WO\ H-|-î0 = C'*H^0^4-H0.
L'acide l)enzoï(pie se pré[)are ordinairement en soumettant à une douce chaleur du benjoin concassé, et placé dans une terrine surmontée d'un long cone en carton percé d'un trou à son soramet. L'acide benzoïque se sublime et se condense sous forme d*ai* guilles très-légères sur les parois du cône. On le puriûe au moyen d*une seconde sublimation.
On peut encore le préparer au moyen des urines des mammifères herbivores, évaporant celles-ci, précipitant Tacide hippu- • rique au moyen de l'acide chlorhydrique, et chautîant l'acide hippuri(pie im[)ur avec de l'acide sulfuri(pu\ Dans ce cas il présente / toujours une légère odeur urineuse, qu'on fait disparaître en le " sublimant avec un peu de benjoin.
§ 1263. L'acide benzo'ique cristallise en aiguilles hexagonales ou en lames flexibles blanches, diaphanes et nacrées. Pur, il est inodore; chauffé, il acquiert une odeur piquante. Sa saveur est chaude, n rougit faiblement le tournesol. Il fond à lao degrés, et bout à 245 degrés. La densité de sa vapeur est égale à 4,27. L*eau en
ACIDE BËNZOÏQUB. . 2195
dissont -^ç de son poids à 100 degrés, et seulemeat à la tem-
pératiuc ordinaire.
L'af'idc siilfiiriijue concentré se combine avec l'acide IxMizoïque. Le chlore donne naissance à divers produits de subsLitiition.
Un seul est bien connu, c'est l'acide mnnoclihrobenzoïque,
L'acide monochlorobenzoïque, à l'état de pureté, se présente sous la forme de petites aiguilles incolorés, solubles dans Teau chaude, Talcoi^ et Péther.
L*acide azotique fumant le dissout lentement; si Ton verse au bout de quelques heures de l eau dans la liqueur acide, on obtient un précipité d'mùic /iitromo/ioc/iioraùcuz^HquCj
C'»H»(AzO*)aOS
qui cristallise en ^ndes tables incolores.
Le perchlorùre de phosphore le convertit à laide d*une dou(re chaleur en chlorure de chlorobenzoïle.
L'acide azotique concentré réagit sur Tacide benzoïque à l'aide , d'une doucH chaleur, et forme, suivant la durée du contact, deux acides azotés représentés par les formules
Acide nitrobenzoïque. . .... ^^^P^ 0*. "0
et
Acide binitrobenzoïque.... C'*j^^^^ ^ Jo-, H0#
L'acide ben/.oïque est employé quelquefois en médecine comme slimulant. Introduit dans l'économie, il se transforme en acide hippurique.
§ 4264. Les benzoates alcalins sont employés dans l'analyse pour séparer le peroxyde de fer du protoxyde.
Dans les benzoates neutres, Toxygène de l'acide est triple de celui de la base.
Il existe des benzoates acides et des benzoates basiques. Les benzoates solubles donnent, par Taddition d'un acide minéral, un précipité d'acide benzoïque.
Soumis à l action de la chaleur, tous les benzoates se décom-
296 ACIDE BENZOIQUE.
;)osent en donnant des produits variables, suivant la nature de la base du sel.
Si l'on distille du benzoatede baryte ou de chaux, par exemple, avec un excès de chaux, il reste du carbonate de chaux, et il distille une huile brune qui renferme tout à la fois de .la benzone, du benzène et un isomère de la naphtaline, résultats faciles à expliquer. On a
C'»ti«0*, aCaO = a(ÇOS CaO)4-Ç^U%
Bensèn«.
C'\H*0', CaO = a)%'U04-C"U"'0,
3(C^HH))-|-CaO = CO^ CaO+C''H\
Beuone. Bjdrocarbar».
Le henznate d\tnwionin(iuc soumis à la distillation fournit do Teau et un produit azoté liquide et volatil quon désii^ne sous le nom de bvtmmitryuî. On a
C'^H^O\ AzlP, H0 = 4H0-hG'*H^Az.
Ce dernier prdduit, qu'on peut considérer comnie le vynnwre de phényie^ régénère, sous Tinfluence^ des alcalis et de Teau, de Tacide benzoïque et de Vammoniaque.
Le benzoate d*ammoniaqut% en perdant seulement % équivalents
d'eau, se change en une amide, la benzamide, dont la composition
est représentée par la loiuiuie
C'*H*0*, AzH».
Ce composé peut s obtenir avec facilité, soit en traitant le clilonire de bepzoïle par le ^az ammoniac sec, soit en faisant agir une dissolution aqueuse d*ammoniaque' sur 1 étlier benzoïque.
Sous l'influence des acides et des bases, cette substance peut s'unir à leau pour régénérer le benzoate d'ammoniaque.
Mis en prés<îHce de Tacide sullliydrique, le benzonitryle fixe a équivalents et se Iransforiue t'ii une suhstaFice crislallisable en fines aiguilles jaunes qui no diiîere de la benzamide qu'en ce que les % équivalents d'oxygène y sont remplacés i>ar 'x équivalents de soufre. C'e&t la benmmiUc stdjurèe.
ACIDË BiNlTHOBËNZOiQU£.
ACiD£ MTKOBËNZOIQUË. £q. = !io87,5 ou 167.
,^ lifiri. Lors(|iron tiiiito l'acide benzcïqiio, par un excès d'acide nitrique lunianl, à la tein[)éi ature de rébullition il se produit un cibondant dégagement de vapeurs rutilantes. Si, lorscjue ce dégagement vient à cesser, OQ laisse refroidir la liqueur, ^il se dépose graduellement des cristaux diacide nitrobenzoïque, qu*Ott purifie par de nouvelles critrtallisa lions dans l'eau bouillante. • Cet acide s'obUent également par l'action prolongée de l'acide azotique du commerce sur plusieurs substances, et notaipment sur Tacide cinnamique et l'essence de cannelle.
L'acide nitrobenzoïque se dissout aisément dans l'eau bouillante; si la quantité d'eau qu'on em[>loie pour le di^>()utire est insulTisante, l'acide fond en une huile pesante et se dé|)0se, par le refroidissement, sous la forme de petits cristaux incolores. A la température ordinaire, l'eau ne le dissout qu'en .trés-£aiblo proportion i l'alcooi et l'éther le dissolvent aisément.
Les cristaux desséchés fondent à 127 degrés; maintenus à cette température, ils se subliment sans altération. Leur vapeur excite fortement la toux.
Lorsqu'on le distille, il s'en décom})ose toujours une ceiluiue portion qui donne des produits pyreunialiques.
Les acides azotique et ciiloibydhque bouillants le dissolvent sans l'altérer.
Le sulfhydrate d'ammoniaque attaque 4'acide nitrobenzoïque; il . se dépose du soufre, et Ion obtient un acide amidé, Vackie henzamique»
Lorsqu'on introduit dans l'économie de l'&cide nitrobenzoïque,
celui-ci se transforme en acide nilrohippurique, résultat analogue à celui que fournil l'acide benzoujue.
Sa compodiliou est exprimée par la formule
C»ll* (AzO«)0»= C^tt'AzO».
AUDË Bl^naOB£NZOÏQU£. Éq.^ 2660 ou n%.
§ 1266. Pour obtenir cet acide, on chaufle un mélange à parties égales d'acide azotique fumant et d'acide sulfurique au maximum
de concentration, puis on y projette, par petits fragments, de i u-
298 ACrDE TOLUIQUE.
cidc benzoïque fondu. Quand la dissolution de l'acide benzoïqiie est romplèle, on chauffe doucement, jusqu'à ce que la liijueur acide se trouble fortcmcnl ; on laisse alors refroidir, puis on ajoute de l'eau : bientôt il se sépare des flocons jaunâtres qui deviennent blancs par le lavage. Lorsque les eaux de lavage cessent de présenter une réaction acide, on dessèche le produit en Je comprimant entre des doubles de papier buvard, puis on le dissout . dans Talcool, et l*on abandonne la dissolution k révaporation spontanée.
Ainsi préparé, Tacidebinitrobenzoïque affecte la forme de prismes raccourcis, incolores et très-brillants. 11 fond à une température peu élevcç. Lorsqu'on le chauffe avec précaution, il se sublime tout entier en aiguilles déliées ; l'eau n'en dissout que des traces à froid, elle en dissout beaucoup plus à chaud. Par le refroidissement, elle laisse déposer Tacide sous la forme d*aiguilles déliées. L*alcool et Téther le dissolvent en plus fortes proportions, surtout à chaud^i
L'acide azotique du commerce le dissout très-bien à chaud sans raltcrer; par le refroidissement, il le laisse déposer sous la forme de cristaux nets et bi illants.
L'acide sulfurique concentré le dissout sans altération à une douce chaleur; si l'on élève davantage la température, il en opère la décomposition.
L9 composition de Tacide binitrobenzoïque est représentée par la formule
C*H* (Az(>»)«0» = C"H*Az?0»\
ACIDE TOLUIQUË. Éq. = 1700 ou i3i>.
§ 1267. Ce composé s'obtient par l'action des agents oxydants sur le cymène, huile hydrocarbonée qu'on rencontre dans l'essence de cumin.
Pour le préparer, on fait réagir de Tacide azotique très-étendti sur cet hydrocarbure. Si ràcide était plus concentré, roxydation serait trop violente et la réaction difficile à conduire. On reconnaît
que l'opération est terminée, lorsqu'il ne nage plus d'huile à la surface de l'eau du récipient, mais bien des cristaux blancs trèslégers. Si l'on arrête la distillation à ce moment, on voit la cornue
ACIDË TOLUiQUE. 299
se remplir de cristaux par le refroidissement. Plus Vacide azotique
est étendu, plus la réaction est lente, mais aussi plus le produit obtenu est pur.
Si l'on taisait usage d'un acide azotique plus concentré, on obtiendrait une grande quantité d'un acide nitrogéné.
L'acide toluique se présente sous la forme de fines aiguilles lorsqu'il se ^pare^'par le refroidissement, d'une dissolution aqueuse bouillante. Il se dissout presque en toutes pi oportions dans Tespritr de-bois, l'alcool et l'éther.
Il fond par la chaleur et se su])liine en belles aiguilles; lorsqu'il est pur, il est entièrement (Icjiourvu de s.iveur et d'odeur ; impur, il possède une odeur qui rapp<'lle celle des amandes amères.
L'acide azotique concentré le ( (nn ertit en acide ni tro toluique. Distillé avec de la chaux ou de la baryte, il se transforme en acide carbonique- et en toluène, ainsi que l'exprime l'équation suivante :
C'«H*(y = aC0»4-C"H*, La composition de Fadde toluique est représentée par la formule
- Sa génération au moyen du cymène peut s'expliquer au moyen de l'équation
(?»H"-h 16O = C H«0«-(-C»ffO*-|-4HO.
Cjmèoe. ■ Acide Acide
oxalique. toloique.
On peut l'obtenir pareillement en faisant bouillir avec de la potasse hydratée le cyanure de bqpzyle. En effet, on a
e*H', C'AzH-K0-h3H0 = AzH^-|-C'*H'0*, KO.
Cyanure de beozï le. Toliiâle de polaase.
§ iUBè. Lorsqu'on fait bouillir l'acide vulpique avec une solution saturée à chaud d'hydrate de baryte, il se dédouble en acide
oxalique qui forme avec la base un précipité blanc, en une liqueur spirilueuse qui n'est autre que de l'esprit-de-bois, ot en un acide qui forme avec la baryte un sel soluble. Cet £|dde, qu'on peut séparer du sel par une addition d'acide
3no ArîOR rnMÎNîOTîK.
rlilorliydriqin', p«it un isoirién» (io. Taride tolniqiio. Nous lo désignerons avec MM. Slrecker et Mœlier.soiis le nom (Xacide alplm-' toluif/ite.
A l'état de pureté, ce produit se présente sous la forme de lamelles incolores, très-mlnces, irisées, qui ne sont autre chose que desi rhombes aigus. Il présente beaucoup de ressemblance avec Tacide benzoYqne. Il fond à 76", 5, et bientôt après exhale des vapeurs irritantes. Il distille sans altération à 'a65*, 5. Sa densité est de 1,3. Il éprouve en fondant une dilatiition eonsidérable.
Peu soluble dans Peau froide, il se dissout abonda mnnent dans Teau bouillante. L'alcool et Téther le dissolvent très-bien.
Les alcalis libres et carbonatés te dissolvent facilement et forment des sels très-solubles qui cristallisent avec difficulté.
IIM. Strecker et Mœller pensent, en raison des grandes analogies de propriétés qu4l présente avec Tacide benzoïque, que c'est son véritable homologue et non celui qu'on obtient par Toxydation du cymène.
Les réadits oxydarits ne lui font sul)ir aucune altération. Un mélange d'acide sulfurique concentré et de bichromate de potasse donne de l'huile d'amandes amères.
ACIDE CUMINIQUE. Éq. = ao5o ou 164.
§ 1269. Cet acide s'obtient par l'action de la potasse sur le principe oxygéné de l'essence de cumin. En edét, on a
C*H"0»4-K0, HO=^C"H"0», RO+a(i.
Cm. de «umlo. Aci«l« comlalque.
Cet acide cristallise en belles lames incolores, dont Todeur rappelle celle des punaises. • Il fond un peu an-dessws de 1 00 degrés et bout vers a6o degrés.
Soumis à I action a'uno douce chaleur, il se sublimp en belles aiguilles blanches.
L'acide azotique fumant le convertit en acide nitrocuminique.
En présence d'un excès de base, il éprouve un(î décompusition toute semblable à celle des acides benzoïque et toluique. On a
C««H''0*-4-2CaO=a(CO', CaO)4.C"H'».
œNSiDf:n.\T!ONs 5nn les acidrs anhydres, loi
AaOE CÎNNAVTOUE. Éq. = i85o on 148.
§ 1270. L'huile de cannelle, traitée par la potasse caustique, se oomporle comme Thiiile d'amandes amères. 11 se d^ge de l'hydrogène, et il se forme du cinnamâte de potasse,
Fn décomposant le cinnamato alcalin par im aride minéral/ l'acide cinnamique se sépare. On peut l'obtenir en cristaux assez volumineux, en abandonnant à l'évaporalion spontanée une disse- Intion alcoolique.
L'acide ciimamique présente la ressemblance la plas parfaite avec l'acide benzoïque.
Distillé sur un excès de base alcaline, il se décompose de la manière suivante :
Ç»H«0*-haCaO = a(CaOS C0)4-C'*H'.
AcUItt Clnumène.
cliuiamMfM.
Chauffé avec de Tacide azotique, Tacide cinnamique se change successivement en acides benzoïque et nitrobenzoïque.
Sous l'influence de l'hydrate de potasse solide et d'une température de aoo degrés, l'acide cinnamique se dédouble, suivant M. Chiozza, en acides acétique et benzoïque, avec dégagement d'hydroiiène, ainsi qiie l'exprime l'équation suivante :
C'»H'0*-l-a(KO, HO) = C*H='(y, KO-+-C'*H*OS KO-+-2H.
composition de Tacide cinnamique est représentée par la formule
CONSIDERATIONS SUR LES ACIDIES ANHYDRES.
§ 1271 . Tous les arides que nous av ons examinés dans ce chapitre sont hydratés; pendant longtemps toutes les tentatives (ju un a faites pour en isoler les (wh/drides i oiTes[)()ndants sont restées infructueuses : c'est ainsi qu'en faisant réagir l'acide phosphorique anhydre et tous les agents de déshydratation les plus énergiques, on ne parvenait qu*à opérer la décomposition de l'acide hydraté sans 111. 36 .
Son CONSIDÉRATIONS SUR LES ACIDES ANHYDRES.
mettre en liberté la moindre trace d'acide anhydre. On avait donc désespéré de pouvoir obtenir ces anhydrides, et Ton avait été conduit à penser (iiic iieul-èlre les acides rnonobasiqiies élaient incapables de lomnir des eon>i)o>és de celle nature, l()is(iue .M. (Jerbardt, dans un travail des plus remarquables, est venu ujettre leur existence en évidence de la manière la plus nette en »e fondant sur les considérations suivantes, çt à l'aide des réactions que nous allons décrire.
Supposons que' tous les acides volatils monobanques dérivent de l'eau considérée sous le même volume,
„ 0 — 4 vol. vau.
En remplaçant i des 2 équivalents d'hydrogène de cette eau . par I équivalent d'acélyle ou de benzoïle, nous obtiendrons les composés
jj |0V-4 voLvap., 5 0*= 4 vol. vap.,
qui ne sont autre chose que l'acide acétique et l'acide l)enz(yu]ue au maximum de < onoeutralioo, dont. nous avons décrit précédemment les propriétés.
Si nous remplaçons dans la molécule d'eau de tout à l'heure le deuxième équivalent d'hydrogène par un nouvel équivalent d'acétyle ou de bemsoïle, nous aurons
CWO' l vol. vap.,
qui devront représenter Tacide acétique ou Tacide benzoïque anhydres, les formules de ces acides devant correspondre, comme l'eau d'où ils dérivent, à 4 volumes de vapeur.
Si telle est réellement la constitution de ces composés, il est évident (lu'on devra leur donner naissance en faisant réagir du chlorure d'acétyle sur de l'acétate de potasse anhydre et du chlo-
CONSIDÉRATIONS SUR Ll-S ACIDES ANHYDRES. 3o3
nire de benzoïle sur ie benzoate anhydre de la même base; en effet, dans ces deux cas on obiient les résultats suivants :
C* H 0\ Kn-^C U C\(y^KO-hO W 0*,
c * a , KO -r C" 11^ a 0^ = R U H- C H" • 0%
qu'on peut formuler ainsi qu'il suit :
Or, ces composés représentent bien les acides acétique et benzoï(jue anhvflres, et de plus les formules préceiienles correspondent bien à 4 volumes de vapeur.
A l'aide de cette méthode fort simple et fort ingénieuse, M. Gerbardt à pu non-seulement isoler un grand nombre d'acides anhydres, mais encore produire des acides doubles résultant de la combinaison de deux acides anhydres entre eux, résultat analogue à celui que présentent les éthers mixtes. Cest aipsi qu*eh faisant agir du chlorure d*acéty1e sur du valérate de potasse sec, on obtient un arif/e acétovalémiur q\ii ne*(lilTero de l'acide acétique anhydre qu'en ce que i équivalent d'acétyle se trouve remplacé [>ar i équivalent île valéryle. La formation de ce produit peut s'exprimer facilement à l'aide de l'équation suivante :
• K S Cl j-*'^^'^|C'MWr-
. On voit par là qu*il existe entre un anhydride et l'acide hydraté
qui lui correspond les mêmes relations qu'entre l'étheret l'alcool, et qu'on peut faire dériver de l'eau le môme acide sous forme d'iudratc ou sous ci'llc d'anliydride, sui\aut (ju'on remplace une molécule d'hydrogène ou toutes deux, par le radical de l'acide.
GLYCOLS. .
. CUAPITRE CUNQUÂKTE-HLlIiÈME.
ALCOOLS OIATOMIQUBS OU GLTCOLS.
Pnuluction des {rlyrols par synthèse. — Kelalituis qu'on observe eiilre les jjlyrols et l alcool ordinaire. — Proihiils d'oxydation. — Aelion des hydracides. — (Ilyeol mon<)chl»>rliydri(pie, glycol diehlorhydriqne.
— Action des oxacides. — (ilyecd nionoacétique, glycol diacelique.
— (-ilyeol nionobutyrique, glycol dibulyri(]ue. — (ilyeol valerique.
— Glycol (lislcariqne. — (ilyeol dibenzoïque. — (ilyeol succini(|ue. — (ilyeol oxalique. — 0.\yde d elhylène. — Fropylglycol. — Hnlylglycol.
— Amylglycul. — Anal (jies de ces divers compubtis avec le gl)col.
§ 1272. Entre les dilTérents alcools que nous avons examinés précédommenl et la glycérine, dont rélude (erp l objet d'un prochain chapitre, vicnneiU se |)lacer des produits fo t iiiléressants, qui nous oll'riroiit un ensemble de propriétés enlierenient comparables à celles de ralcool, tout en présentant une physionomie toute particulière. Ces composés, dont on doit la découverte à M. Wurtz, ont reçu de ce chimiste le nom de gircoùt, qui sert à rappeler la double analogie qui les rattache à Falcool d^uhe part, à la glycérine de Vautre.
Nous trouverons enire ces composés et l'alcool vinique les mêmes relations que celles qti'on observe entre l'acido oxalique et l'aride acétique, l'acide succini(jue et Tacide butyrique. De même (]u'un acide bibasique exi^e '2 équivalentâ de base pour sa neutralisation complète, de même un glycol pour s'élhérifier complètement, en présence d'un acide monoluisique, exige % équivalent» de cet acide, avec élimination de 4 équivalents d*eau.
Nous coubidérerons donc tes glycols comme des alcools diatomiques, exprimant par là qu'ils possèrfent une capacité de satura* tion double de celle de l'alcool ordinaire.
On coun.il aujourd iiui quatre glycols parfaitement déûnbi
GLYCOLS. 3o5
savoir :
Le glycol vinique G* H* 0*,
» propylique... C* H* 0*,
» butyiique.... C»H»«0',-
» aniylique . . . . C'»H'=0».
Ces produits, dont la composition ne diffère, comme* on voit, de celle des alcools moiioatomiques qui leur correspondent que par a équivalents d'oxygène en plus, peuvent tous s'obtenir synthéli* .quement, à Talde du gaz oléfiaut et de ses divers homologues.
Composés de la forme,; C^"H^"^'0*.
GLYCOL. Éq. = 776 ou 6a.
§ 1273. Tout le monde sait (|ue le gaz olétianl, en s'as>iniilanl nue molécule de j^az biouihyilrique, dunue naissance au produit
C*H*Br,
qui, par son conlact avec les hydrales alcalins, peut reproduire le composé
qui n'est autre que l'alrool ordinaire.
('e inètne j^az déliant, en s'unissant à 2 molérnlcs de brome, engendre im composé Uiatomique> la liqueur des Hollandais bremée
C41*Br»,
qui, sous rinfluence de Toxyde d'argent et de Teau, échange son brome pour de Toxygéne, donnant naissance à
alcool diatomique qui n*est autre que le gl)*col.
En soumettant au même traitement les divers homologues de la liqueur des Hollandais bromée
G'^ H'' BrS C'»IV*Br%
•ii.
3o6 6LYC0LS.
on obtient successivomcnl le prnpy/fj^/ycol, le hutrff^hcol, etc., composés (|ui sont au glycol ce que les alcools propyli(jue et butyliqiie sont à l'alcool ordinaire.
11 est préférable, pour opérer cetfo synthèse, de substituer à Foxyde d'argent des sels de ce métal desséchés avec soin : on obtient ainsi du bromure d'argent et des éthers composés du glycol, qu*il suffit de déoom{x>ser ensuite par alcalis pour en rirtirer c«tte snbstànce. Supposons, par exemple, qu*on ait fait réagir sur I équivalent de bromure d'élhylène «2 équivalents d'acétate d'ar^ gent, on obliendra du bromure d argent et du glycol diacétique. C'est ce qu'exprime l équation suivante : '
L*action est déterminée, dans cette circonstance, par l affinité considérable du brome pour Targent,
Pouf loo parties de bromure d*éthylène, on prend 180 parties d'acétate d*argent bien sec. On mêle ces deux substances dans un mortier, en leur ajoutant une quantité d'acide acétique cristallisable capable de former une pâle molle. Celle dernière, introduite dans un ballon à loni; col, est chautl'ée pendant plusieurs jours au bain-marie. On nronnaît que la réaction est terminée, lorsqu'une petite portion du mélange, exprimée dans du papier buvard^ laisse un résidu complètement fusible de bromure d'argent. Lorsque ce terme est atteint, on laisse refroidir le ballon, puis on en épuise le contenu par Téther, dont on se débarrasse ensuite par une rectification au baini-marie.
Le résidu, soumis à la distillation, cdmmence à bouillir vers 100 degrés, le thermomètre monte rapidement à 120, et s'y fixe pondant ([uelque temps; il (iistille alors de l'acide acétique, puis la température s'élève irraduellomoiit jusque vers 200 degrés. Toute la portion de li(pii(l(> qui passe à partir de 140 degrés est mise de côté, elle renferme une forte proportion de glycol diacétique. Une fois qu'on s'est procuré cette substance, on peut eh extraire le glycol, en la distillant soit avec de l'hydrate de potasse, soit avec une dissolution concentrée d'hydrate de baryte. On n'obtient -pas du premier coup du glycol pur; le produit distillé renferme, en effet, outre de l'eau, quelques traces d'un
GLYCOLS. ' 30.7
quide huileux et empyroumatique. Pour le débarrasser de ces impuretés, il sulTit de le soumettre à de nouvelles reetificalions/ en recueillant à part ce qui passe seulement au-dessus de 180 degrés.
§ 1274. A l'état de pureté, le glycol est un liquide incolore, inodore et légèrement visqueux, n poss^ une saveur sucrée. Sa densité à i^ro est de i ,i25. -Sa densité de vapeur a été trouvée par expérience de a, 164.
Le glycol bout à 197 délurés, et distille sans altération jusqu'à la dernière goutte. Refi-oidi par le bain d'acide carboni(jue solide cl d ether, il acquiert une consistance gommeuse, sans se solidifier complètement.
n se dissout en. toutes proportions dans Talcool ei dans Feau. L*'éther n*en prend que des traces.
Sa composition est représentée par la formule
jC*H*'0* = 4 vol. vap.
Il dissout l'hydrate de potasse avec dégagement de chaleur. Le carbonate de potasse s'y dissout sensiblement, ainsi que le chlorure de sodium, et surtout le chlorure- de calcium. Le chlorure de zinc s'y dissout avec dégagement de chaleur. Le sublimé corrosif y est tellement soluble.à chaud, que la liqueur se prend en masse par le refroidissement.
Le chlore agit sur le glycol, mais moins énergiquement que sur l'alcool.
I! se mélange à l'acide sulfiiricpie en s'échauiïant beaucoup et se colorant à peine; il se forme sans doute dans cette circonstance un acide analogue à l'acide su Ifov inique.
Lorsqu'on projette un globule de potassium dans du glycol, une vive action se manifeste^ et la masse noircit. Avec le sodium. Taclion est plus calme, le métal disparaît graduellement, et la liqueur reste complètement incolore. H se dégage de l'hydrogène pur. On oblieut dans cette réaction deux produits distiucls, savoir :
Du glycol monosodé | ^JJ^^^»
Du glycol disodé. J ^ •
3o8 GLYCOLS.
Lorsqu'on humecte du noir de platine avec une goutte de glycol, la température s^élèvA immédiatement, des vapeurs blanches se dégagent, une odeur de caramel se manifeste, le noir de platine rous;it en quelques points, H le s^lycol disparaît bientôt en donnant naissHnco à des produits volnfils, parmi lesquels prédominent l'acide carbonicjue vl la vapeur d eau.
En remplaçant le glycol anhydre par une dissolution de cette substance, dans trois fois environ son volume d*eau, humectant le noir de platine avec ce mélange qu'on dispose dans un matras préalablement rempli d*acide carbonique, et dans lequel on ne fait arriver l'air qu'ultérieurement et d'une manière très-lente, Toxy* dation marche régulièrement, et le glycol se convertit entièrement en acide glycoUique. Cette réaction, comparable à celle que nous présente l'alcool placé dans les mêmes circonstances,^ peut s'expliquer au moyeu de 1 équation
C* H« 0* + 4 0 = 2 Hd 4- CMl^ .
Gly«ol. Aridt
tlycolliqoe.
L'acide azotique oxyde le ij;lycol Irès-éneri^iquement. Emploiel-on l'acide fumant, Faction est des plus vives, des torrents de vapeurs nitreuses se dé.^agent, et l'on obtient une abondante cristallisation d'acide oxalique. Avec l'acide' ordinaire, l'action est beaucoup plus faible : il se forme encore, dans ce cas, de l'acide glycollique, mais Tacidn oxalique est le produit principal de la réaction. La formation de ce oernier produit peut s'expliquer au' moyen de Téquation
En employant de Tacide très-dilué, l'action exige uii temps considérable pour s'accomplir entièrement ; le produit dominant est alors l'acide glycollique, mais on constate encore là- production
d une petite quantité d'acide oxatiiiue.
L'hydrate de jmtasse, à la température de 'aSo degrés, oxyde éuergiquement le glycol, de l'hydrogène se dégage, il se forme une petite quantité de carbonate et de glycollate alcalin; le produit principal est encore ici de Toxalate de potasse. L'équation sui* vante rend iiarfailement compte de la réaction :
GLVCOLS ClILURHYDRigUES. Sog
ACTION DES HYDRAQDES SUR LE GLYCOL.
§ 1275, Les hydracides, par leur action sur le glycol, donnent chacun naissance à deux produite distincts qui dérivent de cette substance par l'élimination successive de. HO' et 2 HO' et substi* tution de I ou a équivalents du radical de Thydracide. Çest ce
qu exprimeul les deux équations suivantes!
^*jj;jo*-i-aHR=j^'^;j+4Ho. •
GLYCOLS CHLORUYDRIQUES.
§ i27(). Du glycol saturé de i^az clilorhydrique étant introduit dans un tube <]u'(in scelle à la lampe, on le chauffe au bain-marie pendant vini^t-qualre heures. Au bout de ce temps, l'acide ayant disparu, le liquide est saturé de nouveau, puis chauiïé. Le même traitement étant répété plusieurs fois, on obtient ânalement une liqueur acide. * '
En soumettant ce produit brut à des distillations fractionnées, on finit par obtenir un liquide qui bout régulièi^ment à laS degrés.
Ce liquide est incolore, neutre au goût, et soluble en toutes proportions dans l'eau. Lorsiju'on le chautîe et qu'on approche de sa vapeur un corps en i^uiliuu, il brûle avec une ilauiuie bordée de vert.
Sa "Composition est représentée par la formule
Sa formation peut s'expliquer au moyen de Téquation
(ilycuL (ilycol mono»
chtorbfdrlque.
Le perchlorure de phosphore réagit très-énergiquement sur le
3io ACTION DES OXACIDES SUR LE GLYCÔL.
glycoî ; d'abondantes vapeurs d'acide chlorh} driquc se dégagent, et, pour éviter une action trop violente, il «si nécessaire d'entourer d'un mélange réfrigérant la cornue qui contient le glycol. À mesure que l'on ajoute le chlorure, le mélange s^épaissii, et , vers la fin, loin de refroidir, il est bon de chauffer légèretnent. Lorsque la réaction est complète, oh i^oumet à la distillation flraclionnée le liquide que renferme le vase distillatoire, en recueillant à part ce qui passe au-dessous de loo degrés; les portions qui distillent au-dessus consistent presque exclusivement en chloroxyde de phosphore. Les premières parties sont formées par un mélange de ce chloroxyde avec un produit renfermant du carbone, de l'hytirogène et du chlore, qui bout à 84 degrés, et présente la composition et les propriétés de la liqueur des Hollandais : c'est le glycol dichlorhydrique.
Sa formation peut s'expliquer au moyen de Téquation
Glycol. .
r.lycol 4ivUorLiydriqii«.
Les acides bromhydrique et iodhydrique fourniraient, par leur contact avec le glycol, des produits tout semblables.
ACTION DES OXACIDES SUR LE GLYCOL.
§ 1277. Lorsqu'on fait agir un acide monobasique sur le glycol
dans des tubes scellés à la lampe à des températures comprises entre i5o et '/oo (ici^ros, on peut obtenir deux produits distincts dérivant du glycol par l'élimination de i ou 1 équivalents ^l'hydrogène et substitution de i ou 2 équivalents du radical de l'acide; c'est ce qu'expriment les équations
^'"*Î0'-4- ^"'0'-^^'"'l0«4^!iH0 H'I"^ /ni ( IIU |"T"""'
Glycol. Aelde. Glfeol mooolHMlqDe.
Glfcol. Acide. Gljcol dlbiflqoe
GLYCOL DIACÉTIQUE. 3ii
En faisant agir sur le premier de ces dérivée un acide différent de celui qui a servi à le former, on obtient un second composé, véritable étber mixte, renfermant deux radicaux d*acide :
Ha j (H I t RR' j
Glycol muDubAsIquo. Glycol dibaslque.
GLYCOL MONOACÉTiQUE.
§ 1278. Lors(iii"on fait ai^ir le bromure d'éthylène sur une dissolution alcoolique d'acéliile do potasse, il se dépose, suivant M. Atkinson, du bromure de potassium, tandis que raicool relient en dissolution de l'acide acétique libre, de Téther acétique et du glycol, monoacétique. On sépare facilement ce dernier des deux autres produits au moyen dune rectification ménagée.
C'est un liquide incolore, doué d'une odeur aromatique.
Sa composition est exprimée par la formule
p8 UHQfi ) ^ " (ru
LilU -^c•H30^Hi^•
GLYCOL PIACÉTIQUE.
§ 1279. Nous avons duciit la préparation de ce produit en traitant de celle du glycol d'une façon assez détaillée pour n'avoir pas besoin d'y revenir.
Pur, le glycol diacétique est un liquide neutre, incolore, doué d*une légère odeur acétique, qui se manifeste surtout lorsqu'on le ' cbauffe. Sa densité à zéro est de 1,128. H bout entre 186 et 187 degrés.
Ûalcool et réther le dissolvent en toutes proportions. Il exige sept fois son volume d'eau à 2a degrés pour se dissoudre complètement. Le chlorure do calcium le sépare entièrement de celle dissolution.
Sa composition est représentée par. la formule