‹ Traité de chimie générale élementaire léçons professées à l'Ecole Centrale des Arts et ManufacturesChapitre 73 sur 128 · C4FO0M · texte numérisé non relu

C4FO0M

3ia GLYCOL MONO\ ALÉRIQU K.

GLYCOL MONOBUTYRIQUE.

§ 1280. Ce composé s'obtient en rhaufîant à 9.00 de?2;r6s dans un tube scellé à la lamp« des quantités équivalentes (ie glycol et d'acide butyrique pur.

C'est un liquide incolore, huileux, insoluble dans l'eau, qu*il Bornage; abandonné au contact de ce liquide, il lui communique bientôt une réaction acide par suite d'une décomposition partielle. A peine soluble dans f'eau, ce composé set dissout en toutes proportions dans l'alcool et dans l'éther. .

Sa composition est exprimée par la formule

c'»'H'»o'=!eh'0' 0*. .

GLYCOL DIBUTYRIQUE.

§ 1^1. Ce composé se prépare par un procédé tout semblable à celui dont on se sert pour obtenir le glycol diacétique ; il suffit

de remplacer l'acétate par le butyrate d'ar2;ent. On épuise le produit de la réaction par l'éther, puis on distille au bain-marie la dissolution étliérée. Le résidu chautlé à feu ou pat^se pour ia majeure partie entre iSo et 240 degrés.

A l'état de pureté, c'est un liquide incolore, doué d'une odeur butyrique prononcée, qu'il communique à la peau d'une manière très-persistante. Sa densité à zéro est de i,oa4. Complètement insoluble dans l'eau, ce produit se dissout en toutes proportions dans l'alcool et l'éther. U bout vers a4o degrés et distille sans éprouver d'altération.

. Sa composition est exprimée par la formule

GLYCOL MONOVALÉRIQUE.

§ 1282. Ce composé se prépare de la même manière que le . glycol monobutyt'ique; il présente les anaioi^ies les plus manifestes avec ce dernier. C'est un liquide incolore, huileux, plus

OLYCOL DIBHNZOÏQUF:. 3f3

léger que l'eau, dans laquelle il est insoluble. Il se dissout en toutes proportions dans Talcool et dans Tétber. Il exhale l'odeur de l'acide vatérique d*une manière très-prononcée.

Sa composition est exprimée par la formule

GLYCOL PIVALÉRIQUE.

§ 1283. Ce composé, qui so prépare exactement à la façon du glycol diacétique, se présente sous la forme d'un iiqyide huileux, insoluble dans l'eau, bouillant vers 255 degrés.

L'alcool et l'éther le dissolvent avec facilité.

' GLYGOL DISTËÂBIQUE.

§ 1284. En remplaçant les sels d'argent précédents par le stéarate, on obtient une combinaison correspondante qui n'en diffère que par la substitution du radical stéaryle à l'acétyle. On retire le produit ainsi formé par des lavages à l'éther et par Févaporation de la liqueur filtrée. Le glycol distéarique se sépare alors sous lé ' forme de paillettes brillantes, légères, fusibles à 76 degrés, présentant la plus sjrande ressemblance avec la stéarine.

S^à composition est représentée par la formule

CHU - j(c«H»0')'j

GLYCOL DIBENZOiQUE.

g Ce composé se prépare à la manière des précédents en faisant réagir le bromure u'éthylène sur le benzoate d'argent. Le produit de la réaction est épuisé par Téther, et la liqueur filtrée soumise à l'évaporation spontanée. I^s cristaux qui se séparent

sont comprimés dans des doubles de papier buvard; on les redissoul de nouveau <laii> réthor.

Par l'évaporalion spoutaïur do la dissolution étliéréo, lo glycol dibenzoïque se sépare sous la forme de prismes r ho ni boïdaux droits, brillants et incolores. Ces cristaux fondent à 67 degrés en un li*

3i4 GLYCOL SUCCINIQUE.

quide incolore, qui, pour se volatiliser, exige une température $u-

pcrioure au point d'ébullilion du mercure et distille sans allénUion. La coraposilion de celle subsUnce est exprimée par laioruiule

Uacide bouzoïque se comporte à Tégard du glycol d'une tout autre laçon que les acides du groupe acétique. £n eiTet, niaintient-ou pendant longtemps à aoo degrés un mélange diacide benzoïque et de glycol, ce dernier étant employé en excès, on n'obtient jamais que le glycol dibenzoïque.

GLVCOL SUCCLNigUE. ' *

§ 1286. L'acide succinique, insoluble dans le glycol froid, s*y dissout complètement vers i5o degrés et donne un liquide huileux fortement acide qui se orend- au bout de vingt-quatre heures

en une masse de peùts cristaux.

Cet acide, soumis à une température voisine de 3oo degrés, perd de l'eau laissant un résidu qui cristallise par le refroidissement. Ce produit, qu'on débarrasse de Tacide succinique libre par la fusion dans Veau bouillante dans lequel il est insoluble, se dissout dans Téther et Talcool d'où il se sépare en très-petits cristaux.'

Sa composition est exprimée par la formule

L'oxalate d'argent traité par le bromure d'éthytène donne un produit liquide, insoluble dans l'eau, doué d'une saveur sucrée particulière, bouillant à une température élevée, mais se décdmposant en partie. L'ammoniaque le décompose inslaulanément eu donnant un abondant précipité d'oxamide.

§ 1287. De même qu'à lalcool se rattache un produit désigné . sous le nom d'éther qui n'en diffère que par les éléments de Teau, de môme on devrait pouvoir faire dériver du glycol deux éthers distincts en raison de sa nature diàtomique. Un seul de ces composés a pu jusqu'à présent être isolé, c'est celui qui dérive du glycol par la souslraclion de 2 molécules d'hydrogène et 'à luolé-

OXYDE D'ÉTHYLÈNE. 3i5

cuîes croxyiïOTie à l'élat d'eau. M. Wurtz, à qui l'on doit la découverte de tous ces composés, désigne ce produit sous le nom d'oxyde d'éthylène. Je me propose d'entrer dans quelques détails à rég^rd de cette intéressante substance, en raison de son imporiancé théorique.

OXVDE D'ÉTUYLÈNE.

§ 12B8. Ce composé prend naissance dans l'action réciproque du glycol monochlorbydrique et de la potasse caustique. L'action est instantanée; du chlorure de potassium se sépare, tandis qu'il

se dégage une vapeur combustible brûlant à la manière du gaz oléliant. La formation de ce produit s'explique facilement (]ânsces circonstances. En effet, on a

eH*ClO*-hKO, H0 = KCH-alK)H-C*H*OV

Glycol Oxyde noapeblortijilrtqu». d'éUijlènfl.

On condei^ ce produit dans un récipient entouré d'un mélange réfrigérant renfermant quelques fragments de chlorure de calcium

anhydre sur lequel on le distille ensuite;

Ce produit, isomère de l'aldéhyde et présentant le même groupement mécani(]iie que cette substance, s'en distingue néanmoins par quelques propriétés bien tranchées. C'est ainsi qu'il bput à i3,5, tandis que l'aldéhyde ix)ut à 21 degrés. Comme elle, il réduit bien l'azotate d'argent, mais mêlé à Téther ammoniacal ii ne donne pas naissance à ces cristaux bien définis qui caractérisent l'aldéhyde. Le perchlorure de phosphore l'attaque violémment en donnant du chloroxyde de phosphore et du chlorure d'éthylène.

En taisant ai^ir l'iodure d'éthyle sur le glycol monosodé et sur le glycol disodé, on obtient deux j)r()diiits doués d'une odeur étliérée qu'on peut considérer comme des éthers mixtes résultant de l'échange de 1 ou de 0. équivalents d'hydrogène contre un nombre égal d'équivalente d'éthyle. On aurait ainsi

Elhylulycol.

CH* r'

Olélbjiglycol.

3i6 OXYDË 0*ËTUYLÈNE«

§ 4289. L'oxyde d'éthylène, isomère de Taldéhyde, possède les propriétés d'une véritable base; il se combine directement à l'acide chlorhydriqiie et le neutralise. Le produit ipii prend naissance dans cette circonstance est le glycol inonochlorhydrique; il se forme par une simple addition des deux corps mis en présence,.

HCl-hC*H'0^ = . " 0'.

Oiji« «PéthylèD» ^1 4

GljMl noDOclilorlirdriq.

L*acide acétique se combine aussi directement avec Toxyde

d*éthylene. On obtient ainsi du glycol acétique bouillant vers i85 degrés. Il distille à une température beaucoup plus élevée un produit que M. WurLz considère comme un aciétate basique d'oxyde déthyléne.

L'oxyde d'éthylènese combine directement à Teau pour régénérer le glycol. Cette synthèse peut s'opérer facilement en chauffant pendant quelques jours un mélange d'oxyde d'éthylène et d*eau dans un matras très-fort scellé à ta lampe. Le produit de hi réaction possède une saveur sucrée. Soumis è une distillation fractionnée^ il fournit d'abord du glycol pur, puis le point (i'ébuUitiun monte rapidement juscpi'à •2()o degrés. Ce qui dislilie alors est un composé décou\ ert par M. Lourenço et dont la com[X)Sition, exprimée par la formule

peut être envisagée comme constituée de la manière suivante :

Ce composé s'obtient très-facilement et en abondance lorsqu'on chauil'e pendant plusieurs jours au baiu-marie un méiauj^e d'oxyde d'éthylène et de glycol.

M. Wurtz pense que l'acétate basique mentionné plus haut doit être reivrésenté par la formule

en* ) . '

OXYD£ D'ÊTUVLÈNE. 3i7

Si lorgqu*il ne passe plus de liquide â a6o degrés, on change de récipient en continuant toujours à chauffer, on recueille à 290 de- ^rés une proportion Irès-nolable d'un produit excessivement visqueux, pîii liiitenient incolore, soliibU» dans l eau, l'alcool et Téther, mais entièrement dépourvu de saveur sucrée. Ce nouveau composé parait résulter de la connbinaison de a atomes d'oxyue d'élby* Icne avec 1 atome de glycol. '

Sa compoiiiUon peut en effet s'exprimer par la formule

/CHS \ ( Ml* /

Enfin il dtstille ait-dessus de 3oo degrés un liquide incolore et

épais qui n'esl aulre qu un acétale particulier,

D'où Ton peut extraire au moyen de la baryte caustique un composé de la formé

On voit donc (pie 1, 3 ou 4 atomes d'oxyde d'étliylcne fixant I équivalent d'eau peuvent eniiendrer une série de composés de plus en plus compliqués, quoique présientant une .tres-}<rande simplicité dans leur constitution kinsi que dans Içur mode déformation.

On obtient ainsi

0«yd« iréthytèn*. «fUrnt.

•^iC'Il'OM-l- AllO-^C/ H"'n%

Oxytie (l'éihYleiie. AUunl ili«>ihyl-nii|ue.

0»y J« 4*éUiyl«iM. Alcool irIftiiyiMklue.

4f(:MlM)=i-f-7llO^C"'M"'()"'.

0;ij[de d'éUijrleae. AUovl teiretiijrlf uiqot.

3iS OXYD£ DÉTUYLÈNË.

Ces différents prctduits peuvent être considérés comme des alcools polyalomiques résultant des condensations successives que subit la molérule d'oxyde d elliylene au moment de sa combinaison avec l'eau.

Lorsqu'on fait a.dr l'acido acétique en excès sur le.glycol et qu*on opère sur des quantités de matière un peu considérables, on obtient des acétates de ces divers alcools, d*où Ton peut, au moyen de la saponification, les retirer dans un grand état de pu* relé.

L*oxyde d'élhylène s'unît directement à Pammoniaque àînsi qu'il le fiut avec l'eau; la combinaison s'elîetlue directement avec dégagement de chiilriir. On obtient ainsi, par simple acconplement des deux produits mis en présence sans élimination d'aucune substance, des bases très-énergiques, sur lesquelles je reviendrai dans le chapitre où Je traiterai de Thistoire des alcaloïdes.

§ iîOO. Lorsqu'on fait agir Facide azotique sur Falcool é la température ordinaire, il se forme, indépendamment des diverses substances que nous avons signalées § 1127 et 11^, deux nouveaux produits dont on doit la découverte à M. Debus et q\ù se rattachent au izlvcol. Il les dési^rne sous les noms de s:lvoxal et iVacide f;l)o.ry//f/u('. Il existerait, suivant ce chimiste, entre le glyoïal, Tacide oxalique et le glycol, des relations analogues à celles qu'on observe entre l'aldéhyde, l'acide acétique et Falcool. En effet, on a

Aciiie arélique.

Acide 0MUi|tt6.

Le glycol et le giyoxal se transforment en outre tous deux en aride glycoHique, le premier par oxydation, le second par fixation d*eau.

L'acide glvoxyllcjne. produit intermédiaiic entr(» le glvoxal et r.icide oxalique, aurait une composition représentée par la formule

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