‹ Traité de chimie générale élementaire léçons professées à l'Ecole Centrale des Arts et ManufacturesChapitre 74 sur 128 · CHU · texte numérisé non relu

CHU

Ou peut lui donner naissance en Uailant le glvoxal par de 1 acide

OXYDE D'ÊTHYLÈNE. 319

azotique très-étendu. On a

C*WO\ Glvoxal.

CH'O'', Acide glyoxylique.

• C41*0% Acide oxalique.

Le gfynxal est une substance solide amorphe, transparente, de couleur jaunâtre, qui se dissout avec la plus grande facilité dans l'eau, l'iilcool et rétlu'r.

Les alcalis caustiijues Iransformout iuiinédialement le f;Ivo\al en glycolale. Il iorme un miroir métallique avec Tazotate d'argent ammoniacal. • ^ •

L'ammoniaque exerce sur le gtyoxal une action fort remarcjuable. Mélange-t-on une dissolution sirupeuse de ce corps avec trois fois son volume d'une dissolution concentrée et chaude d'ammoniaque, la liqueur se coloré en brun en même temps qu'une légère effervescence se nianil'este, et bientôt il se 'sépare de petites aii;uilles dont la propottion augmente en abandonnant ])endant quelque temps ce mélange à une température de Oo à 70 degrés.

M. Debus donne à celte substance, qui possède des propriétés basiques, le nom de glvcosinc, La formation de ce produit, dont •la composition est représentée par la formule '

C'-H'Az»,

peut s'exprimer au moyen de l'équation

3 ( C* H»0* ) + 4 AzH* = i^àHO -f C Az*.

Cette transformation est analogue à celle de l'essence d'amandes amèrcs en amarine et du furfurol en furfurine.

L'eau mère, d'où cette base s'est déposée, étant évaporée à siccité, laisse un résidu brun. Ën le traitant par une dissolution saturée- d'acide oxalique en excès, on obtient un sel qui, purifié par * I9 charbon animal et par plusieurs cristallisations, forme des prismes incolores plus solubles dans Feau chaude que dans l'eau froide.

En* décomposant cette dissolution par la craie, de Toxalate de chaux se dépose, et la liqueur lillrée fournit, par 1 évaporation, des

320 PROPYLGLYCÛL.

cristaux disposés en faisceaux. Cest la base libre qu^ H. Debus

désiii;ne sous le nom de ^Iroxaline, Sa formation esl exprimée par la ormulc

a( C» H»(y ) -h a AzH* = €• H» AzV C* 0* -f- aHO.

GIfoxAl. UI)OxaU<ie. Ac (orinique.

PKOPVLGLÏCUL. Éq. = 960 ou 7G.

§ 4291. Ce composé se prépare eu faisant réagir le bromure de propylëne Sur Ta^élate d'argent et décomposant ensuite par un

alcali le propyli^lycol acétique formé dans hi réaction.

A rét;it do pureté, le propylgiycol est un liquide incolore, inodore, visqueux, doué d'ime saveur sucr/tîe. Sa densité e^t de i,o5i à zéro et de i ,o38 à '23 degrés.

Il bout entre 188 et 189 degrés et distille sans altération jusqu'à la dernière goutte. Sa densité de vapeur a été trouvée par expé-. rience ég;ale à 2,596.

Solubie en toutes proportions dans Falcool et dans Teau, le propylglycol exige environ treize fois son volume d'étlier pour se dissoudre.

Dans son conctact avec le propyliilycol, le sodium fournit des résultats analoi^ues à ceux qu'il donne avec le giycol.

Lorsqu'on chautfe du propytglycol avec de l'acide azotique de concentration moyenne, une action 4.rè8-vive se manifeste; il se dégage des torrents de g9z formés de vapeurs nitreuses de bîoxyde d'azote, d'azote libre et d'acide carbonique. La liqueur soumise à TévapoVation fournit une abondante cristallisation d*acide oxali* que; les eaux mères reiilermcul de l acide i;lycollique.

H(Miq)lac(vt-on Tacide [)récédent [)ar un acide plus étendu, l acide oxalique a[>[)arait encoie, mais cette fois en petites firoportions, tandis qu il se forme une quantité notable d acide gi} collique. Détermine-t-on au contraire l'oxydation du propylglycol . avec beaucoup de lenteur, en . humectant par exemple du noir de platine avec du propylglycol dissous dans cinq a six fois ^n volume d'eau, les matières étant introduites dans un nialras préalablement rempli d'acide carbonique et dans lequel on ne fait arriver l air que par dillusion, on ohsri ve dans ces cas des résultats d une grande netteté. Les progrès de 1 oxydation se 1 ecounaisseut d

PItOPYLGLYCOL. 3«i

rac-idité de plus en plus prononcée que présente le liquide qui mouille le platine. Des (pi on la jui^e terminée, on traite par l'eau chaude la substance contenue dans le malras, on jette sur un tillre, puis on neutralise par la chnux la liqueur acide qui s'ea écoulé. Le liquide évaporé jiiëqu*à 8ir4^iié foufnit un résidu qu'on* traite pair Talcool absolu. Une petite quantité de glycollate de chaux reste indissoute, landis que la liqueur alcoolique renferme un sel calcaire dont on peut retirer Tacide à Taide de l'acide oxalique.

Neutralisé par du carbonate de zinc, ce produit donne par une concentration ménai^éo dos cristaux qui présentent le^ propriétés et la composition de laclatp do zinc.

La formation de l'acide lactique à 1 aide du propylglycol, analogue à celle de Tacide glycollique par Toxydation du glycoi normal | s'explique facilement au moyen de Téquation

c ir 0' -h 0' = '2 110 -h c 0'=.

Lorsque dans cette Oxydation tente du propylglycol, l'opération

marche un peu trop énergiquement, lé produit principal de la réaction est de Tacide j^lycollique, (pion peut facilement séparer de l'acide lactique en saturant ces acides par la chaux et reprenant ^)ar de lalcool anhydre qui dissout le dernier sel seulement.

Lorsqu'on emploie le permanganate de potasse pouf oxyder le propylglycol, encore bien qu'on fasse usage de liqueurs étendues et qu*on refroidisse le mélange, le prodiiil consiste presque exclusivement en acétate de chaux. Dans toutes ces oxydations, il est curieux de voir avec qut^lle facilité i équivalents de carbone se séparent de la molécule du propylglycol, le résidu présentant une grande tendance à former des acides qui ne renferment que 4 équivalents de carbone, tels que les acides oxalique, glycollique, acétique.

. L'hydrate de potasse agit énergiquement sur W propylglycol à la température de aSo degrés; de Thydrogène se dégage en abondance, el l'on obtient une grande quantité d*oxalate de potasse; il

se forme en outre une petite quantité d'une matière résinense.

Le perchlorure de phosphore se comporte avec le propylglycol de la même manière qu'avec le glycoi ordinaire; on obtient, outre le chloroxyde de phosphore, un produit neutre bouillant vers loo degrés qui n'est autre que du chlorure de propylène. La for*

3aa BUTYLGLYCOL.

ination de ces produits s'explique facilement au moyen de Téquaiion

CWO' 4- aPhCP = 2PhœO''+ C IV Cl^ -h ail Cl.

Proprlglyool. Chtornre

de pnvf lè«e.

• Dans son contact avec les acides, le propylglycol engendre une sori(> de produits entièrement comparables à ceux qoe fournit le glycol et dpnt la composition sera entièrement sans profit. , \jà composition du propylglycol est représentée par la formale

C«H«0* = p Jj, 1 0* = 4 vol. vap.

BUTYLGLYCOL. Éq. = i iiS ou 90.

§ 1292. La pré[)aralion du butylglycol étant entièrement calquée rur celle do ses homologues, je ne trois pas devoir y revenir, car je n'aurais qu'à répéter sans aucun profit tout ce que j'ai dit précédemment.

A i*état de pureté, c*est un liquide incolore, inodore, sirupeux

H possédant une saveur à la fois douce et aromatique. Sa densité à zéro est do 1,048. Il buut do iH'S à 184 degrés. La densité de sa vapeur a été trouvée par oxpérionce égale à 3, 188.

Le butylglycol se dissout on toutes proportions dans Toau, l'alcool et Vélher. Sa solubilité dans Téthor lo distingue nettement de ses deux homologues inférieurs gui s'y dissolvent à peine.

L'acide azotique, même très-dilué, décompose le butylglycol avec une grande énergie, des vapeurs nitreuses se dég^ent en abondance et la liqueur évaporée renferme de Tecide oxalique. Si l'on opère à froid avec de très-grandes précautions, on obtient un homologue do riu-ide liu'ti(jue quo M. Wurtz désigne sous le nom d acido buiji-iaclifjiw et dont la composition est exprimée par la formule

Sa formation peut se représenter facilement an jnoyeK de Téquaiioii

CM I O' -h 0^ ^ 2 110 4- C** U- 0*.

ByUlsIycol. AcMe

bBtyl-lacUqM.

AMYLGLVCOL. 323

Les hydrates de potasse et de soude attaquent vivement le foutyl-

glycol à 'i5o degrés; de rhydroi;énc se dégage en abondance, le résidu renferme de l acide uxalique, et non de i acide succinique comme on aurait pu s'y attendre.

La composition de butylglycoi est représentée par la formule

e H'« 0* 1 |j, 1 0» = 4 vol. vap.

Les acides dans leur contact ^Vec cette substançe donnent naissance à des composés éthérés analogues à ceux que fournit le glycol* ,

AMYL6LYC0L. Ëq. =r i3oo ou 104.

1293. Ce produit, qu'on obtient par le même procédé que les précédents, se présente sous la forme d'un liquide incolore, inodore et très-visqueux; sa saveur, d'abord amère, présente un arrièregoût aromatique. Lorsqu*on le place dans le bain d*acidi^ carbonique solide et d'éther, il se prend en une masse solide, dure et transparente. Sa densité à zéro est de 0,987. Il bout à 177 degrés et (iistille sans allcratiuii, Leau, l'alcool et rctiicr le dissuiveiit en toutes proportions.

L'amylglycol étendu d'eau s'acidifie à l'air en présence du noir de platine. Quelque précaution qu'on pretine, avec quelque lenteui* qu'on conduise l'opération, Toxydation va toujours très-bien : nonseulement on n'obtient pas d'acide correspondant à l'amylglycol, Biais on a'obticnt qu'une très-petite quantité d'un acide fixe, qni parait être l'acide butyl-laeticjue. Le produit dominant de cette oxydation est l'acide carbonique. On voit qu'à mesure que le poids de l'cMiuivalent du glycol (pic l'un consideii; s'eleve, le phénomène présente do moins en moins de régularité; c'est ainsi (pie, tandis que la conversion du glycol en acide glycollicjue s'ellectue nettement, celle du propylglycol en acide lactique ne s'accomplit que dans des conditions «tou tes spéciales et que l'oxydation de TamylgtycoL ne donne que des quantités insigniliantes d'un acide fixe de la série lactique.

L'acide azotique même dilué réagit vivement sur l'amylglycol et donne une certaine quantité d'acide butyl-lacttque.

Les acides engendrent, par leur contact a\cc ramylglycol, dei composés analogues à ceux (^uc lournil le {glycol.

324 amvlglycol

La composition de ramylglycol est représentée par la formule C*H''0'= p IJ, 1 0» = 4 vol. vap.

f>n voit qu'à chaque alcool monoatomique correspond un 2:lycol iliiitiimiqiie, qui n'en diffère (jue par 7. équivalents d'oxysjène en plus : c'est ce qui ressort de la comparaison des formules sui-. vanles :

Aleoul. Glyeol.

Propflali'ool. Propylfflycol.

Binjfl«le«Nil. .Bnirlgl|c«l.

Anflalcottl. Am]rli.lycol

Je vous ai fait remarquer, en terminant l'histoire des alcools, la régularité qu'on observe entre les points d'ébuUition de ces différents produiU et de leurs étbers. Nous avons vu qu'en passant d'un terme au suivant, le point. d'ébuUition s'éiève d'environ i8 dei^rés. Les différents acides composant une série homologue, te(s que ceux de la série formique, nous offrent des résultats tout semblables, et il en est de même, comme nous aurons Toccasion de le constater plus d'une fois, de la plupart des séries homologues. Les jîlycols nous présentent précisément l'inverse, les points d'ébullition s'abaissant, au contraire, à mesure que le poius de r»Mpii\ aient s'élève, (l'est ce dont on |)eut facilement se convaincre à l'inspection du tableau suivant :

Polols iTébullUloB.

Glycol 197",

- Pi op\ Iglycol de 188 à 189",

Hutyii^lycol de 1 83 à 184",

Amylglycol 177",

AMYLGLYCOL. 3a5

En dehors do ro riiraclère pnrliculior, les^lyrols vont nous préspnt(»r (l(\s ])ropriélés entièreniiMit comparables à celles que nous ont oti'ertes les alcools monoatomiques.

C'est ainsi que, sous Tinfluence du noir de platine, les glycols absorbent directement Toxygène en se transformant en acides qui présentent à leur égard les mêmes relations que les acides du groupe formique à l'égard des alcools qui leur correspondent.

L'iiydrale do potasse, en agissant sur les glycols, donne naissance à do Tacido oxalitpic on mémo temps qu'il se déj^age de riiydrogèno, réaction ontièromont comparable à celle que fournissent les alcools dans les mêmes circonstances.

Dans leur contact avec les acides, les cols engendrent eu outre des composés qui présentent les analogies les plus manifestes avec les étbers composés. Gomme dans la formation de ces derniers CD observe une élimination d*eau ; de même qu'avec eux, en fixant sur la combinaison produite les éléments de la vapeur aqueuse, on régénère l'acide et le glycol.

Si les bydracidos, on réaç^issant sur les ^ilycols, donnent d(\«^ produits éthérés qui présentent une physionomie dillci ente de cou\ qui se forment avec les alcools ordinaires, cela tient évidemment à la nature diatomique du glycol qui, en perdant d'abord H0^ donne un produit qui renferme encore de Toxygène, lequel ne se sépare entièrement que par une seconde substitution. En un mot, tandis qu*un alcool monoatomique ne forme qu'une seule classe d'éthers composés par son contact avec un acide monobasique, les glycols sont susceptibles d'en engendrer deux.

En (Kîrdant i molécules (i\'au sous rinlbionce du chlorure de zinc, les glycols donnent entre autres produits des aldéhydes. On ne saurait néanmoins considérer les aldéhydes proprement, dites comme les anhydrides des glycols; elles ne régénèrent pas en effet ces produits ou leurs combinaisons comme les acides anhydres reproduisent les acides hydratés. Les vrais anhydrides des glycols sont l'oxyde d'éthylène et ses homologues. Ces composés sont en effet aux glycols ce que Téther est à l'alcool.

fi'

GLYCOL B£NZOÏQUfi.

* GLYCOL BGNZOiOUE (BENZOGLYœL). Éq. ^ i55o ou i!i4.

§ 1294. Le chlorobenzol réagit sur l'acélnto d'argent à Tairie d^iine douce chaleur, d*après les recherches de MM. Limpricht et Wicke. Introduit-on un mélange de ces corps avee de Tacide acétique cristallisable dans des tubes scellés à la lampe qu*on chauflé au bain d*huile pendant quelques heures, il se forme, par double décomposition, du chlorure d'argent et du benzoglycol diacélique

Pour obtenir ce demi or produit, on brise los tubes après refroidissement, puis on épuise le contenu par l'éther. La liqueur filtrée soumise à la distillation laisse un résidu de consistance huileuse qu*on agite avec une solution de soude et qu'on reprend une seconde fois par Téther.

La solution éthérée, abandonnée à révaporation spontanée, laisse dép()s(>r une masse rrislalline qui constitue le benzoglycol diacétique à l'état de pureté.

On obtient par un procédé semblable le benzoglycol divalérique et le benzoglycol benzoïque»

On n*a j^u jusqu*à présent se procurer le benzoglycol par les procédés qui servent à isoler le glycol ; il se décompose en effet dans ces circonstances avec la plus jurande facilité, se dédoublant en essence d amandes ameres et eau. C'est ce qu'exprime réqudtion suivante : *

C'«ffO* = C«H«0«4-aHO.

La coni[)osition du benzoglycol, entièrement semblable à celle du glycoi, est exprimée par la formule

Page 1