‹ Traité de chimie générale élementaire léçons professées à l'Ecole Centrale des Arts et ManufacturesChapitre 83 sur 128 · A. 3 MO · texte numérisé non relu

A. 3 MO

ou

A. (MO, MU M'O), de même la glycérine, en réagissant sur un acide de la forme

Digilized by GoOglc

CULOEilïDIllNËS. 395

ou sur diverd acides analoguôs, pourra former, en raison de sa nature irialomique, les composé

ou

Si l'acide que l'on considère est un liydracide de la forme Rll, il engendrera par son contact avec la glycérine trois composés distincts qu*oa peut formuler de la manière suivante.:

^ JJ^jOM- RH= ]]^'^ |0'+aH0, ■|J,(0«+2RH=p„j|,|0»+4HO,

^JJijo'+aRH^j'-'^;! +6H0.

Il en sera de nièiiie en ce (jui concerne les oxiicides inonobr'.siques; on obtient en ett'et par l'action réciproque de ces corps et de la glycérine les trois produits suivants : >

. Il' r ^ Il r. I i

Ces! par Taetion des hydracides que nous commencerons ceUe étude.

ACTION DES HYDRACIDUS SUR I.A GX-YCISRINE.

CIILOIUIVDIUNKS.

55 i3<)l. l/iicide chlorliydi itiue eniri'ndre p;ir son action ï.ur la i;iycérine trois produits distincts , neutres tous trois, savoir : la //lo/tocJtlor/iyd/ifw, la didUorhjdrinc et la trichlotliyUrinv,

396 CliLOHllYDKlNES.

La monoclUorhxdrine s'obtient en saturant la glycérine d'acide chlorhydrique gazeux, et maintenant la dissolution pendant longtemps à là température de 100 degrés. Âu bout de trente-sii à quarante heures on sature la dissolution avec du carbonate de

soude, puis on Tagile avec de l'éther. L'évaporation de ce dernier fournit une huile neutre d'une odeur fraîche et éthérée, d'une saveur sucrée, puis piquante, se mêlant à l'eau et à l'éther; cette 3ubstance ne précipite pas l'azolate d'argent à la manière de l'éther chlorhydrique. Comme ce dernier, elle brûle avec une flamme blflipche bordée de vert et devient alors susceptible de précipiter abondamment ce réactif.

La densité de la monochlorhydrine est égale à i,3i, elle se mêle avec son volume d'eau. Refroidie à — 35 degrés, elle conserve toute sa fluidité, elle bout à t?.-] degrés.

L'oxyde de plomb ne la saponiiîe quavec une extrême lenteur.

La composition de la monochlorhydrine est représentée par la formule

Sa production peut s'expliquer au moyen de l'équation

cir 0*^ -f- Cl H = c ir Cl 0* + 2 110.

La dichhrhydiine s'obtient en dissolvant la glycérine dans 12 à

i5 fois son poids d'acide chlorhydrique fumant, et maintenant ce mélange à 100 degrés pendant plusieurs jours. On sature comme précédemment par le carbonate de soude, on traite par l'éther et l'on évapore la liqueur éthérée.

C'est une huile neutre, d'une odeur éthérée très-prononcée, eUe se dissout facilement dans l'éther et beaucoup plus difficilement dans Teau que la monochlorhydrine. Elle brûle avec une flamme blanche bordée de vert. Sa densité est de 1,37. Elle beat à 178 degrés.

Refroidie à — 35 degrés, elle conserve toute sa Iluidité. La potasse et la soude la saponilient aisém(nit à l'aide de la chaleur; il se produit des chlorures, et de la glycérine se reforme. La composition de la dichlorhydrine est exprimée par la formule

C ll' Cl-0\

ACIDE SULFOGLYGÉRIQUB. 397 Sa produclkm s'explique an moyen de réqnatûm

Cf H»0«-H a G H = eH«a*0«-h 4H0.

En faisant agir le perchlorure de phosphore sur la dichlorhy* ' drine, a nonvelles molécules d*eau se séparent, i molécule de chlore se fixe et l'on obtient finalement un liquide limpide, pesant, parfeitement neutre et bouillant vers i55 degrés. La composition de ce produit, représentée par la formule

démontre que ce n'est autre chose que la trichlorhydrine. Sa formation s'explique facilement au moyen de l'équation

c«H«a'0'-i- ph œ = Ph 0' + Cl H -f-c« H*œ.

Lorsqu'on remplace le perchlorure de phosphore par le perbromurc, une action semblable à la précédente se manifeste et Ton obtient le composé *

C«U*a»Br,

liquide neutre et pesant, analogue à la trichlorhydrine, qui bout vers 176 degrés, dont la production s'exprime au moyen de l'équation

C' H-^Gl' 0' + Ph Br* = Ph Br^ 0' H- Br H + C'H^ Cl'Br,

L'acide bromhydrique se comporte avec la glycérine de la môme manière que l'acide chlorhydrique et donne naissance à des produits entièrement analogues. *

AGnOW SES AGIIIE8 QIT«ÉIÉ8 SUR lA nKtam.

ÂODE SULFOGLYCÉRIQUE.

§ 1962. Ce composé s'obtient en traitant à froid la glycérine par le double de son poids d'adde sulfurique concentré. Les deux ' corps se mêlent alors sans se colorer, en produisant une élévation de température trèi>notable. Le mélange refroidi étant étendu

d'eau, puis saturé par de la chaux ou de la baryte, donne naissance à des sels cristallisables ; le premier étant traité par l'acide lu. 34

SgS ACID£ PUOSPUOGLYGËRlQUfi.

oxalique ou le deuxième par Taeide solfurique donnent Tadde sulfoglycériqiie libre.

C'est un liquide incolore et sans odeur, qui possède une saveur fortement acide. Il présente une instabilité telle, qu'il suffît de révaporer dans le vide à la température ambiante pour le dédouikler en acide sulfurique et glycérine.

Les sulfoglycérates se décomposent rapidement, sous Tinfluenoe des aloalia faydratés, en régénérant de Tacicle sulfurique et de Ja glycérine* La distillation sèche les décompose, en donnant de Ta* cide sulfureux, de Tacide acrylique, de Tacroléine et quelques autres produits.

La composition de l'acide sulfoglycérique est exprimée par la formule

CeliQ des sulfoglycérates est représentée par ki formule

/ ÂQDË PHOSPUOGLYCÉRIQUË.

§ 13G3. Ce composé s'obtient en traitant la glycérine sirupeuse par l'acide phosphoriquc solide. Le mélange s'échaulie et donne, lorsqu'on le neutralise par du carbonate de baryte, un sel parfaitement défini qui possède une composition analogue à celle du pliospbovinate de la même base. Il suffît de traiter la dissolution de ce sel par de Tacide sulfurique, pour mettre en liberté Tacide phosphoglycérique. Â Tétat de pureté, c'est un liquide încrîstalli* sable qui, concentré dans le vidé sec autant que possible, présente la consistance d'un sirop très-épais. Sa saveur est fortement acide; il se dissout dans l'eau en proportion considérable. Une faible élévation de température le décompose lorsqu'il est au maximum de concentration, en déterminant la séparation de la glycérine et de l'acide phosphorique.

Les phospboglycérates sont généralement solubles dans Teau, mais peu ou point solubles dans ralcooU Leur dissolution se décompose à la température de Tébullition, surtout en présence d'un excès de base; il se sépare des phosphates, et l'eau relient en dissolution de la glycérine, qu on peut facilement en extraire^ en évaporant à sec et reprenant le résidu par l'alcool.

ACÉTINES. 399

*. la composilion de l'acide phoâphoglycérâiae est Tepréseriléetpar la formule

C?H»0«, PhO*HO;

celle des pbosphoglycérates par • . '

(?H'MO% PhO*MO.

M. Gobley a signalé Texistence de l'acide pbosphogl)rcériquedaas le jaune d'ceuf et. dan^ la matière cérébrale.

ACÉT1NES.

* § 1364. L'acide acétique forme avec la glycérine trois combi-, naisons neutres, que nous désignerons sous les noms de monoacétùie, diacéti/te, triacéiine, • '

La monoaeéiine s'obtient en cbanflluit à loa degrés peiidant plusieurs jours un mélange de glycérine et â*acide acétique cristallisable.

' C'est un liquide neutre, d'une odeur légèrement élhérée; sa densité est égale à 1,20. Elle est peu soluble dans l'eau. Traitée par ralcool et l'acide cblorhydrique, elle fournit de la glycérine et de l'élher acétique.

La compomtion de la monoacétine est exprimée par la formule

Sa formation s'explique au moyen de Téquation

C H» 0" + C H* 0* = C » H' * 0» -f a HO.

La diacètine s'obtient, soit en cbauflànt l'acide acétique cristallisable avec un excès de glycérine, à aoo degrés pendant quelques heures, soit en chauffant à cette même température un mélange de glycérine et d'acide acétique étendu de son poids d'eau.

La diacètine est un liquide neutre, d'une odeur éthérée et d'une •saveur piquante. Elle se dissout en forte proportion dans Téther et la benzine. Elle possède une densité de i , 184 à la température •de 16 degrés^ eUe bout à la température de aSadegrés.

Refroidie à— 40 degrés, elle prend une consistance analogue à celle de Thnile* d'olive au moment de se figer.

Traitée par Tacide chloriiydrique et l'alcool) 1» diacètine foime, même à froid, de la glycérine et de l'éther acétique.

400 BUTYRINES.

La baryte caustique déoonqNiee la dîacétiae m fé^nénuil la glycérine avec fomoatioii d'acâate de baryte. Cette matière B*acidifie lentement an contact de Tatmoephère.

La ocHuposition de la diacétine est exprimée par la formule

Sa production s'explique au moyen de l'équation

La triaeétine s'obtient en chauffamt la diaeétine à a5o degrés, ^ pendant plusieurs heures, avec i5 à ao fois son poids d'acide acétique cristallisable.

Cest un liquide neutre, odorant, d'une saveur piquante et amère, volatil sans décomposition, insoluble dans Teau, fort solubie dans l'alcool même étendu.

La densité de la triaeétine est égale à i , 174 à 8 degrés.

Traitée à froid par Falcool et Tacide chlorhydriqoet la triaeétine régénère de la glycérine avec formation d*éther acétique.

La composition de ioi triaeétine est représ^tée par la formule

Sa production s'explique au moyeu de l'équation

eH''0''4-3G41*0* = C'«ir*0" 4-6110.

On a signalé la présence de l'aoétine dans l'huile de foie de morue ainsi que dans celle de XEponinms earopœus.

BirryRiNES.

§ 4365. L'acide butyrique forme, de môme que son homologue l'acide acétique, trois combinaisons définies par sa réaction sur la glycérine. Ces composés s'obtiennent par des procédés analogues. Ils possèdent 4e8 propriétés suivantes :

La mxnnobutyrine est un liquide incolore, neutre, huileux, odo» rant, d'une saveur aromatique et amère, s'acidifiani fticilement au contact de l'air. Sa denrité est de i ,088 à 17 degrés.

Refroidie à — 40 degrés, elle conserve la même fluidité qu'i la température ordinaire.

BUTYRINES. 4oi

La baryte et la chaux la décomposent rapidement en préeence de l'eau, en régénérant de la glycérine et formant éss butyrates. . Traitée par ralcool et Tacide chlorfaydrîqtte, elle se change, même à froid» en étber butyrique et glycérine.

La composition de la monobutyrine est expriinée par la formule

La dibutyrinc est une huile neutre, odorante, qui se mêle fticîlement à l'alcool et l'éther. Ce produit s'acidilio proniptcment à Fair, ainsi que le précédent, en répandant l'odeur fétide de l'acide butyrique. .

La densité de la dibutyrine est égale à i ,082 à 17 degrés. - Soumisè à l'action de la chaleur, elle se volaUlise vers 3ao degrés sans altération sensible.

Refroidie à ~ 40 degrés, elle demeure liquide, mais sa fluidité diminue.

Comme la monobutyrine, elle est promptement saponifiée par !a baryte et par la chaux ; comme cette dernière, elle se décompose promptement par un mélange d'acide chlorhydrique et d'alcool, en régénérant de la glycérine avec formation d'éther butyrique.

La composition de la dibutyrine est exprimée par la formule

La trihutyrine est un liquide neutre, huileux, d*une odeur analogue à celle des composés précédents, d'un goût piquant, puis amer. Elle est fort soluble dans l'alcool et dans l'éther, mais complètement insoluble dans l'eau.

La densité de la tributyrine est égale à* i,o56 à + 8 degrés. Sous l'influence de la baryte et du mélange d'acide chlorhydrique et d'alcool, la tributyrine se comporte à la manière des composés .précédents. '

Sa composition est exprimée par la formule

402 LAUROSTÊÀRINE.

VALÉRINES.

§ 1366. L'acide valériquo forme, par sa réaction sur la glycérine, trois combinaisons qui correspondent aux précédentes.

La mnnomlèrinc est un liquide incolore, neutre, huileux, odorant, d'une densité de i,ioo, se décomposant, en présence de Tacide chlorhydrique et de l'alcool, en glycérine et éther valérique, et se changeant lentement en valéramide par Taciion de ranimoniaque.

Sa composition est exprimée par la formule

La divalérinc est un liquide incolore, huileux, d'une odeur désagréable, d'une saveur amère et aromatique. Sa densité est de i,o59 à 16 degrés. Refroidie à~4o degrés, elle se lige tout en demeurant transparente et demi-molle.

Sous rinfluence de la baryte, du mélange d'acide ddorhydriqne et d'alcool et de l'ammoniaque, la diyalérine se comporte comme le composé précédent.

Sa composition est^ exprimée par la formule

La trhnlérine est iin liquide neutre, huileux, doué d'une odeur faible et désagréable, insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool et rétber; son .contact avec les réactifs fournit des produits identiqqes à ceux que donnent les deux autres valérines. .

Sa composition est exprimée par la formule

M. Chevreul a retiré des huiles de dauphin une substance huileuse qu'il a désignée sous le nom de pliocéniné^ Qt qui parait identique aux valérines artificielles.

LAUROSTÊÀRINE.

§ 13G7. On rencontre dans les baies de laurier une matière grasse solide, découverte par M. Marsson, et désignée par lui sous le nom de Imrostéarine*

PALmTINES. 4o3

Ce glycéride possède, à l'état de pureté, les propriétés suivantes : il est solide» blai^c, brillaoty léger, cristallisable en aiguilles déliées qui se groupent souvent en étoiles et présentent un éclat soyoux. Peu solubledans Talcool froid, il se dissout avoc facilité dans ce véhicule lorsqu'il est bouillant et se dépose presque en entier par le refroidissement. H est également solublé dans l'éther, d'où il se sépare sous forme de cristaux par révapuration spontanée.

La laurostéarino fond vers 45 degrés. Sa composition est représentée p9r la formule

C" H*»(y = a H" 0* 4- C« H» 0* — 6 HO.

LaorofléftrlM. Ac laarlqae. Çljcérla».

MYBISTINE.

g 13G8. Le bourre de muscades renferme divers glycérides dont l'un, solide et cristallisable, a reçu le nom de myristi/w. On le sépare des composés huileux qui l'accompagnent en traitant la matière grasse brute par Talcool ou l'éther qui dissolvent de préférence la niatière huileuse, et pressant le produit solide, qui s'en sépare, -entre des doubles de papier buvard.

' La myristine cristallise en aiguilles douées d*^un éclat soyeux.

L'éther bouillant la dissout en toutes proportions, elle est moins soluble dans l'alcool. Elle fond à 3i degrés. Sa composition peut s'exprimer à l'aide de la formule

C?»H"0»= 3 (C*»H»»0«)-f-C?H«0*- OHO.

JlyrUUoe. Ac. myrisUq^ue. Glycérioo

PALMITINES.

. '§ 4369. L'huile de palme est principalement formée par une

matière iieulro fusible à 5o degrés, que les alcalis dédoublent, sous l'intluence de l'eau, en acide palmitique et en glycérine. Cette •substance est mêlée dans l'huile de palme avec un ferment qui en opère lentement la saponification à la température ordinaire.

M. Berthelot est parvenu à reproduire artificiellement la palmitine et à démontrer l'identité de ce produit avec la palmitine naturjdlle*

404 MARGARINES.

L'acide palmitique forme, à la manière des acides précédents, trois combinaifiODg définies^ en réagissant sur la glycérine* Ce sont:

L^monopalmîtînê. IPO» = C"H»(y-fC«H*0«~ 2HO, La dipalmitine.... lP0" = aC"H"0*4-C«H''0''-2n0, La tripalmitine. . . C'*'H*»0"= 3C"H"0*+C«H*0''-.6HO,

MARGARINES.

§ 4370. On rencontre dans un grand nombre de matières grasses de nature animale et d'huiles végétales, une substance cristallisable et fusible à une basse température, à laquelle on a donné le nom de margarine. Elle est le plus souvent accompagnée par de Toléine ou de la stéarine, et dans certains cas par ces deux substances ; aussi la préparation de la margarine pure présente^telle des dillicultés presque insurmontables.

S'agit-il d'extraire la margarine de l'huile d'olive, on la refroidit à une température voisine de zéro, puis on soumet la matière solide qui s'est séparée à l'action de la presse dans des papiers absorbants pour en isoler la majeure partie de l'oléine. On fait fondre de nouveau la' matière exprimée, puis on la refroidit lentement, afin de déterminer la séparation d'une nouvelle portion • de matière cristaHine qu'on soumet à l'expression cotome précé* demment. Après avoir répété suffisamment ces fusions et ces refroidissements successifs, on dissout le résidu jusqu'à complète saturation dans un mélange bouillant d'alcool et d éthiT. On obtient finalement un produit fusible à 49 degrés, qui se transforme complètement par la saponification en acide margarique et glycérine.

On obtiendrait la margarine d'une graisse animale, telle que k graisse humaine ou la graisse d'oie, qui renferme les mêmes principes que rhuile d'olive, en employant une méthode entièrenient

anak)gue.

Ainsi préparée, la margarine se sépare de ses dissolutions alcooliques sous la forme d'aiguilles incolores. Dans son grand travail sur la synthèse des corps gras, M. Berlhelot l'a reproduite artifidellement en feisant agir. pendant longtemps, dans des tubes seelléi à la lampe et à des températures convenablement élevées,

STÉARIN£S. 4c5 des mélaBges d'acide margarique et de glycérine; il a ain» obtenu deux Gompoeée distincts qu'il déngiie sous les noms de garine et de trimargarim. La prémière de ces combinaisons résulte de Faction réciproque d*une molécule d'acide margarique et d'une molécule de glycérine avec séparation de 2 molécules d'eau; la deuxième résulte de Faction de 3 molécules d'acide margarique et d'une molécule de glycérine avec séparation de 6 molécules d*eau.

La monomargarine s*obtient en chauffant, pendant tout un jour, on mélange d'acide margarique et de glycérine à 900 degrés, soit en le chanifimt seulement à roo degrés, mais en prolongeant le * contact pendant plusieurs jours. Au bout dé ce temps, on traite le produit de la réaction par la chaux et l'éther; la chaux s'empare de 1 acide inaltéré, tandis que lether dissout la matière grasse neutre qui s'est formée.

La monomargarine est blanche, entièrement neutre aux réactifs colorés, peu soluble dans l'alcool froid, duquel elle se sépare sous la fortne de prismes plais et courts, biréfringents, souvent groupés -autour d'un centre commun. SUe fond à 56 degrés et se soli* difieà49-

L'oxyde de plomb la décompose à l'aide de la chaleur, en régénérant de l'acide margarique et de la glycérine.

La composition de la monomargarine est représentée par la formule

La trimargarine parait se former en chaufiant à, 270 degrés, pendant quelques heures, un mélange de monomargarîne et d'acide margarique en excès. Ce composé fond à 66 degrés et se solidifie à 5a. L*oxyde de plomb le décompose par ébullition avec de Teau en régénérant de l'acide margarique et de la glycérine.

Sa composition est exprimée par la formule

^••^••O» = 3 ((?*H" 0*) -4- (?ir(y - 6 HO.

STÉARINES.

§1371. On rencontre dans un grand nombre de matières grasses appartenant sdt au règne animal, soit au règne v^étal, .un pro-

4o6 • STÉARINES.

duit qu'on désigne soiisle nom de stéarine; c'est surtout an suif • de bœuf ou demoaton qu'on a ïecoars pont *la prépeniUoii de eetto 'Subsianoe-

Bour préparer la stéarine, on prend le suif, matière solide, fusible à une température peu élevée, dans lequel se rencontre en outre de la margarine et de l'oléine. On le dissout d'abord dans l'élher, qui s'empare de l'oléine, et le résidu solide de stéarine mêlé des deux autres substances est dissous à chaud dans Talcool. L'alcool s'empare de l'oléine, de la margarine, et aussi d'un peu de stéarine. Par dissolutions on purifie la stéarine, mais on ne Tobtient pas exempte de toute matière étrangto, car ta stéarine, l'oléine et la margarine ont des propriétés, qui les rapproebent ' tellement, qu'il est impossible de les séparer d'une manière complète.

La stéarine fond à 45 degrés. Abandonnée au refroidissement, elle se prend en une masse solide qui diffère du suif en ce qu'elle ' a une assez grande tendance à la cristallisation et en ce qu'elle est -un peu cassante comme la cire. La stéarine est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool à cbaud, mais non à froid. Le véritable dissolTant de cette substance est rétber.

La stéarine cristallise en paillettes nacrées dépourvues de aa- \cur et qui se laissent facilement réduire en poudre. On peut la distiller sans décomposition dans le vide barométrique; à l'air, elle se décompose sans noircir en donnant de l'acroléine, des hydrocarbures et de l'acide sléarique.

Suivant M. Duffy, le point de fusion du même échantillon de ■stéarine jprésenterait des variations fort remarquables qui conduisent à admettre pour ce corps autant de modifications physiques. Ce chimiste a reconnu trois modifications distinctes qui fondent aux températures de 63, 66 et 69 degrés.

n existe, en outre, de légères différences entre les densités de ces trois modifications.

M. Berthelot a reproduit artificiellement la stéarine par l'union directe de ses parties constituantes, en opérant dans des tubes scellés à la lampe et en faisant intervenir une température plus oa moins élevée. Il a ainsi obtenu la monostéarine, la distéarlne et la tristéarine. Cette dernière est identique avec la stéarine naturelle.

STi;AHlN£S. 407

La momméarine s'obtient en ishauflànt à 200 degrés pendant trente-six heures^ en vases dos, parties égales de glycérine et

d'acide stéarique. Le résidu, traité par un mélange d'éther et de chaux éteinte, cède à cette dernière l'acide stéarique qui n'a pas réagi, tandis que Téther dissout la matière grasse neutre qui s'est lérinée«..11.8iiffit de soumettre ce liquide à l'évaporation pour obtéiiir^Ja monostéarine à l'état de pureté.

• iQsf |Hmluii fond à 61 degrés et se soUdîfie à 66 degrés, en formaylinBe dure et cassante analogue à la dre. > .

'La monostéarine distille sans 8*altérer dans le vide barométrique. Distillée au contact de l'air, elle se décompose avec production d'acide stéarique et d'acroléine. Chauffée sur une lame de platine, elle commence à se volatiliser, jaunit, ])uis prend feu et brûle avec une flamme blanche très-éclairante, en laissant un cbarbon qui brûle aisément et sans résidu* ,

L^iyde de plomb la saponifie complètement en quelques heures wn» îê concours de Teau, êi| régénérant Tacide stéarique et la glycéiitei

-^âisîiitenue pendant quelques jours à 100 degrés dans un tube

clos avec de l'acide chlorhydrique, la monostéarine se dédouble en acide stéarique et en glycérine.

La composition de la monostéarine est exprimée par la formule

C»»H"0» = C»»H»0«-h(?H»(y- aHO.

La dîstéarine s'obtient :

• 1®. En maintenant à 100 degrés, pendant plusieurs jours, un mélange de parties égales de glycérine et d'acide stéarique ;

• a**. En chauffant ce mélange à 776 degrés pendant sept heures ; 3**. Ea chauffant à y.(')o degrés pendant trois heures i partie de.

monosléarine et 3 parties d'acide stéarique;

4". Enfin, en cliaulîant à 200 degrés pendant vingt-quatre heures la stéarine naturelle a\ ec un excès de glycérine. •

Quelle que sdt la méthode employée pour sa préparation, c*est une Aatière neutre, blanche, cristallisant sous le microscope en lamelles obliques, aplaties, biréfringentes. Elle fond à 58 d^rés, et se solidifie à 55 degrés en une masse dure et cassante, semblable à de la cire. Distillée au contact de l'air, elle se décompose ca donnant de l'ac-ide stéarique et de racroléine. . . ....

4oa OLÉINES.

L'oxyde de plomb la sapomBe complétemeiit danB l'espace éB quelques henres à la température de loo degrés. Sa composition est exprimée par la formule

Q7S 0" = a (C^« 0* ) + e H« 0« - a HO.

La tristéarine s*oblient en chauffant la monostéarine à 270 degrés pendant trois heures avec i5 ou 20 fois son poids d'acide sléarique. Il y a élimination d*eau, qui se condense à la partie supé* rieure du tube. On sépare ce composé de l'excès d'acide sléarique' en traitant le résidu par la chaux étflînie'et l'éther* *

M. BertMot s'est assuré |Mur des eipérieoces multipliées de ridendté complète de <ïette substance avec la stésrine naturelle.

La composition de la tristéarine est exprimée par la formule

C"*H''»0'»=3(e«H"0*)-|-C*H«0«-6ilO.

OLÉINES.

§ 1372. On rencontre dans les huiles grssses, à côté de la mar> garine, une substance liquide ^i s'y trouve quelquefois en quan* tité considérable.

On a proposé diverses méthodes pour l'extraction de cette

ubstance ; mais aucune d'elles no permet de l'obtenir à l'état de pureté. Ce composé jouissant, en effet, de la propriété de dissoudre la margarine, on ne parvient à l'en séparer qu'incomplètement par le froid ; et comme, bien que l'alcool ei les liquides analogues dissolvent Toléine en plus forte pn^rtion que la margarine, ils dissolvent néanmoins une certaine proportion de cette substance, on ne saurait parvenir à l'isoler par l'action des dissolvants.

L'oléine se saponifiant très-diflicilement à froid par les lessives alcalines concentrées, tandis que la margarine et la stéarine se saponiticnt facilement dans ces circonstances, on peut, en agitant les huiles ou les graisses avec une dissolution concentrée de potasse ou de soude caustique, séparer l'oléine, mais mm eiiâèrs* ment débarrassée des principes qui l'accompsgnent.

Gomme on n'a pu se procurer encore de l'oléine pure, la com* position de cette substance nous est inconnue; celleHci foumisssnt ' néanmoins par la saponification de l'acide oléique et de la glycé-

BSNZOYCINES. 409

rhie, on est en droH de supposer qu'elle possède une constitution

analogue à celle des autres glycéHdès et que, comme eux, elle doit provenir de l'action de l'acide oléique sur la glycérine avec élimi- ' nation d'un certain nombre d'équivalents d'eau. Ce qu'il y a de certain, c'est que tout récemment M. Berthelot, en faisant réagir en vase clos un mélange d'acide oléique et de glycérine, s'est procuré deux substances bien définies qu'il désigne sous les noms de monMine et i/lol^w, qui présentent la plus exacte ressemblance avec Toléine naturelle et qui offrent comme elle cette résistance remarquable à la saponification.

La composition de ces corps est exprimée par les formules

Monoléine.... e*H**0« (?«H«0*4-C«H*0*-aH0, DIoléine C'*H'*0"=: aC^H"0»-|-C*H«0«- aHO.

L*oléine naturelle et les oléines artificielles se décomposent à la distillation sèche, en fournissant, outre des produits gazeux, des '

hydrocarbures liquides, de l'acide sébacique et de l'acroléine.

L'acide sulfurique, au maximum de concentration, la dédouble ©n acides sulfoléique et sulfoglycérique.

L'acide nitreux la transforme en une substance isomère qu'on désigne sous le nom é'éUiiiiinem

§ 1373. Les huiles grasses siccatives renferâient un glycéride liquide comme Koléine, extriiit de l'huile d'olive ou de l'huile d'amandes douces, mais qui en difRbre complètement en ce qu'il jouit de la propriété de se résinifier rapidement au contact de l'air, et en ce qu'il demeure liquide lorsqu'on lui ajoute de l'acide hypoazotique. En outre, ces huiles siccatives fournissent par la saponification un acide entièrement différent de l'acide oléique et qui, de même que le glycéride, tend à se résinifier avec la plus grande facilité. De là 1 application de l'huile de lin et des différents produits analogues, soit dans la fabrication des vernis, iBoit dans la peinture à l'huile.

BENZOYCINES.

§ i374. W, Berthelot s'est assuré que l'acide benzoïque, par sa

réaction sur la glycérine, donne naissance à des résultats entièrement semblables aux pr^^cédcnts. Il a cLlcnu de cette façon deux III. 35

4io ^ BENZOYCINES,

produits, rmi liquida, l'autre solide, et dont la.0(9i^>ositioii est: etprimée par les fonnules •

' Monobcnzoycino. DMr'O* = C'^ir 0*-hC'^n«0''- • TribenzoyciDQ. . . Ç*»ir 0'^ = 3 C41«0*-heH«0«- GtiO.

§ 1375. Ces synlhèses de corps gras neutres, exécutées par M. fierthelpt, d'une part, et la séparation de^ corps gras naturels, d'une autre part, en acides gras et glycérine avi» fixation d'un cer^ tain nombre d'équivalents d'eau, .établ'.66ent un rapprocbemeot; très-digne d*intérk entre ces composés et les- étheiis, el viennent vérifier après plus de quarante années rhypotbèse remarquable établie par M. Chcvreul dans le travail vérilablement classique qu'il a publié sur ces matières, et qu'on peut considérera-juste titre comme le fondement de la chimie organi(iue. En effet, ces deux sortes do composés se forment, par l'union directe des acides et de l'alcool, ou des acides et de la glycérine, avec séparation des éléments de reâu. Dans les deux cas, les . corps produits 8<mt neutres, et lee propriétés de Tacide quMIs renferment sont entièrement masquées ;. en outre, ils reproduisent, par' lés procédés les plus variés, Tadde et Talcool ou la glycérine, en fixant les éléments de l'eau.

L'action de l'ammoniaque change de même en amidcs ces deux classes de corps.

De plus, des réactions directes et réciproques établissent l'équivalence de la glycérine et de TalcoQ! vis-à-vis des acides; on peut, en effet, à volonté, soit décomposer certains étbers par la glycé«^ rine et produire un véritable corps, gras, soit décomposer -m corps gras neutre par l'alcool et former un éther.

Néanmoins, si la glycérine se rapproche de l'alcool par la nàture des combinaisons auxquelles les acides donnent naissance dans leur contact avec cette substance, la formule de ces mômes conn^osés et de i)lus l'existence de plusieurs combinaisons neutres entre la glycérine et un môme acide établissent entre la glycérine et l'alcool une différence entièrement comparable à celle que Tacide phosphorique et Tacide citrique présentent à l'égard des acides azotique et acéUqpe, En effet, tandis qMO l'alcool ne fonœ qu'une seule série de combinaisons neutres avec les acides, la glycérine, 'l>rodtttt tit^s séries parfaitement distinctes.

fi£NZOYCIN£S. 4ii

premièto d6 ceè éirieS) qui comprend la numôacétine, la 'moikobiityiine, 1â monostéiiriiiie, etc., cormpond am élhers par

ses formules, et résulte comme eux de l'action réciproque do l'acide et de la glycérine avec élimination de i équivalents d'eau.

La deuxième série, qui comprend la diacétine, iadii)utyrine,etc.^ ii*a point de correspondants parmi les élhers.

Enfin la troisième sérié, qui résulte de Tunion de 3 équivalents ' d'acide et de i équivaleiït de glycérine avec élimination de 6 éqi\i- *valeiit$ d'eau, parait, identique avec les corps gras naturels dont 'les diflérens termes possèdent la composition et les propriétés.

Si nous admettons donc avec M. Wurtz que la glycérine dérive do 3 molécules d'eau dans lesciuelles le carbure d'hydrogène C*il% groupement triatomiquc, occupe la place de 3 molécules d'hy- . drogène, do telle sorte qu'on ait

jj3 0« = H«0«,

Eau.

GljèériDe.

Ce produit deviendra dès lors un alcool tribasique, susceptible d'échanger tout ou partie de son hydrogène pour des groupements déterminés, et par suite capable de former avec un môme acide trois groupes d'éther définis, résultats qui ont été réalisés de la manière la plus heureuse et la plus féconde par M. Bertb^t, ét qu'on peut formuler de la manière suivante, en considérant simplement ici comme cas particuliers les chlorhydrines, les acétines et les stéarines :

4* «Boora.

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