UU8TAUX ST TEÉMISS* IX
comme le dernier résultat de la division mécanique des corps*
Cristaux et trémies. — Les particules en s'assemblant les unes arec les autres dans un ordre déterminé, donnent naissance à des corps ayant des formes également déterminées : ces corps sont des cristaux. L observation a appris et la géométrie démontre que des corps identiques par leur constitution et leur nature peuvent affecter plusieurs formes différentes , par cela seulement qu'ils sont termina dans telle ou 'telle direc* tion en relation directe avec les axes des particules. Quand les cristaux présentent des formes qui offirent une relation géométrique, on dit qu'ils appartiennent à un même système cristallin; oonséquemment, lorsque cette relation n'existe points on dit qu'ils appartiennent à des systèmes différens. (x)
Plusieurs cristaux, en se groupant les uns avec les autres, donnent naissance à des trémies. Ces assemblages de cristaux sont généralement creux , au moins d'un côté, et présentent une relation de forme avec celle des cristaux.
hts gros cristaux que l'on obtient dans les laboratoires ne sont souvent que des trémies. Le sel marin en cristallisant dans l'eau en ofie des exemples remarquables.
Théorie corpusculaire. — Je désignerai indifféremment sous le nom des corpuscudes^ les atomes, les molécules et les parti* cnles lorsque je ne voudrai pas les indiquer d'une manière spéciale, et je nommé théorie corpusculairels. théorie qui leur
(x) On coimait six systèmes cristalliiis auiqnels tons les crîstaui observés penvent être rapportés en se fondant seulement sur des conditions géométriques. Bans cbaom de ces systèmes il y a une série de formes que Ton peat rencontrer libres an combinées les unes avec les autres ; mais jamais celles d'on système ne se eombinent avec celles d'un autre système.
Les parties que les cristaux présentent à TobserTation sont des foces, des arêtes, des angles et des axes.
Les arêtes, les faces et les angles peuvent varier de nombre et de position ; mais les axes sont invariables. Chaque système cristallin reçoit son nom des formes priadpeles qui lui appartiennent; mais comme ces formes ne sont pas toujours appré^ dables, il y a quelque importance à fonder la nomenclature de ces systèmes sur la relation de leurs axes. £n rejetant tout ce qui est étranger aux relations géométrie queSf les cristaux peuvent se disposer en trois groupes principaux, selon qu'ils possèdent des axes d'un seul ordre, ou de deux ordres ou de trois ordres différens. Les deux derniers groupes peuvent se subdiviser eux-mêmes, selon le nombre des axes identiques, ou selon leur relation de position.
Ces distinctions conduisent à établir six systèmes géoméiriqnes wiqnels on
la GOKSTITUTlOir DES GOE^S.
est relative et que Ton a appelde successivement tliéoriê atO" mistique et théorie atomîquei
Relation des formes corpusculaires, — • En résumant ce qui précède, on trouve que les atomes concourent à la formation des molécules de plusieurs ordres ^ que celles-ci donnent naissance aux /^afficu/^^; que les particules constituent les cristaux^ que ceux-ci se réunissent quelquefois en trémies. Et que, enfin , on doit entendre par corpuscules tous les élémens qui constituent les corps tels que nous les observons.
Il découle de l'observation des faits qu'il existe un rapport géométrique et déterminé entre la forme des trémies et celle des cristaux; mais cependant que ceux* ci peuvent avoir des formes très différentes de celle des trémies. Les divers cristaux d'une m&me substance peuvent se présenter à nous sous des formes très variées; mais, s'ils sont clivables (i), ils donnent tous j quelle que soit leur forme , une même particule par la
peut doûner les noms laivans , la première particule numérique étant relatire à la nature des axes , et la seconde Tétant à leur nombre.
Cristanz dont les axes de mémo nature sont tons égaux , oo cristans à nne seule sorte d*axes prineipaax , . • ,
Cristaux à deux sortes d'axes principaux. .•.»..
Cristaux à trois sortes d*axes principaux* •
Monoxiques* boaziques.
j Diaxiqnes.
I Triaxiqucs.
Didiaxiques, Ditriaxiques.
Trihortaxiques.
Triclinhortaxiques.
Triclinaxiqaes.
On peut supprimer certaines particules numériques dans quelques-uns des noms préoédens sans nuire à Tintelligencc des faits» et l'on a alors les noms sui-> Tans que j'adopte , et dont je donne la synonymie comparée avec les noms ou les, phrases les plus usités.
Système isoaxiqae. Système cubique.
— didisztque. — prismatique à bases carrées. -^ ditriaxique. — rhomboédrique.
— bortaxiqne. — prismatique à basses rectangulaires et sys-
tème rbombique.
— clinbortaxiqne. — prismatique droit à basses de parallélo-
grammes obliqu*angles.
— clinsxique. •— du prisme oblique à basses de parallélo-
grammes obUqu'angles.
Les mots précédens ont pour racines : Iccc, égal; ÂÇm, axe ; Auo, deux;. Tpiîcy trois; OpOo; droit et KXivtt j'incline. (i) Division mécanique opérée dans les joints naturels des cristaux.
GOSSTITtlTiaiC MOLfcULAXI^E. l3
diTision nK^canîque : ainsi donc les particules , sont à i'ëgard des cristaux , ce que cet)x-ci sont à l'égard des trémies : elles présentent toujours ayec eux une relation géométrique parfaitement déterminée ; mais les formes réelles qu'elles affectent peuvent aussi être très différentes de celles des cristaux. Par exemple : des particules cubiques , comme celles de la galène^ peurent donner naissance à des cristaux oclaédriques ou dodécaédriques. De cette observation si simple on est conduit à penser que les molécules des corps doivent avoir une relation géométrique avec les particules, les cristaux et les trémies qu'elles forment, mais qu'elles peuvent fort bien être constituées tout autrement que les particules.
Les molécules quaternaires y ternaires et secondaires (i), doivent également avoir des relations géométriques avec les molécules du premier ordre; mais ces relations sont d'un autre genre que celles qui^existent entre les corps précédens. Quant aux atomes, il n'est pas nécessaire quils aient aucune relation de forme avec les molécules : c'est leur nombre et leur disposition relative qui détermine le type de la molécule.
La nature des axes et leur disposition relaîiife sont les seules choses^ sous le rapport de laforme^ qui soient communes à toutes les parties constituantes des corps cristallisés.
Txpes moléculaires. — Lorsque les parties qui constituent les molécules sont en même nombre et disposées de la même manière , ou dit que ces molécules appartiennent au même type. Un type moléculaire est donc une espèce de système corpusculaire déterminé par le nombre et la disposition des parties qui le constituent.
Constitution moléculaire. — 11 résulte de ce qui précède qu'une molécule déterminée est un système corpusculaire qui se trouve défini sous le rapport du nombre^ de ïarrangement et de la nature des parties qui le constituent.
La forme des molécules est essentiellement déterminée par le nombre et l'arrangement de la partie qui les constituent; mais on comprend facilement que la distance de ces parties puisse varier en raison de leur nature particulière et peut être en raison de leur poids , et qu'il doit en résulter des diffé-
(1} Du ciualrième, du troisième et du second ordre. Ceci est relatif «ox molé^ €«ici4Dooteoues Ie« unes dam les autres (V. ta ^re^ p. S9}«
t4 OPHRimiOlf^ VKB oout.
renoes dans la Talenr relative des axes des molëcales y par suite de Fenchstnement qoi existe entre les corps et lenn parties ocmstitoantes , ces différences doivent ètreobservables jusque dans les cristaux. C'est en effet ce qui a lieu : les sulfates plombique, barytique , strontique et calcique , qui appartiennent bien évidemment au même type moléculaire , présentent cependant des différences dans les rapports des dimensions de leurs axes cristallograpbiques.
Les études chimiques ont d'abord fixé l'attention sur la na*^ ture des parties constituantes des corps, puis sur leur poids^ puis sur leur nombre et leur arrangement Les deux premières conditions laissent peu de chose à désirer ; mais il n'en est point de même des deux dernières ; presque tout est encore à faire.
Dans les paragraphes de la statistique moléculaire, les corps seront considérés : i, sous le rapport du nombre des parties constituantes des molécules ; s"*, sous le rapport de la disposition relative de ces mêmes parties ; 3**, enfin , sous celui de leur nature particulière.
Chacune de ces divisions sera elle-même subdivisée comme cela est indiqué par le tableau suivant :
Molécales immédiatement di- 1 i visibles en un même nombre de ) Isotomie.
. Sous le rip-JP""^» )
' port du nombre, j similitude des parties s*ètendant nécessairement jusque dans ^ les molécules secondaires. . .
Isaritbmie.
Sous le rap< port de Tarrangement . .
Elémens de natures différentes, en même nombre et rangés de la même manière , produisant la même forme observable . •
Elémens de mêmes natures, f dans le même rapport^ et rangés I de plusieurs manières différentes.
Elémens en même nombre; F de natures et d^arrangemens dif- Duis pouvant être ra- I menés à des arrangemeos sem- 1
Isomorphisme.
Isomérie.
Héléranorphii
\blable8.
Sous le rapport de la nature de ces mêmes elémens et des forces qui leur isont propres
Elémens sollicités par desjitedTnaatte. forces sensiblement égales . . '
Elémens considérés sous le | Proportions chimioiies I rapport de leurs poids relatifs . | ou mérobtrie.
OORWITUTIOK KOliiCUIiAiaE. 1$
ISOTOHIB.
Si l'on considère les molécules sous le rapport dn nombre des parties qui les constituent, sans s'occuper nullement, ni de la constitution de ces mêmes parties ou molécules secendaîresj ni de leur mode d'arrangement, ni de leur nature, on aura Tidée d'un ordre de systèmes molëculaires, que je nomme isoto^ mique (i ), parce que chaque molécule de cet ordre est susceptible iêtre divisée immédiatement en un même nombre départies.
Cette considération est de la plus haute importance, parce que les principales propriétés des corps peuvent s^y rattacher; ainsi, les corps isotomiques sont susceptibles d aâecter la même forme ou d'être isomorphes, parce que leurs molécules étant représentées par un même nombre de parties, l'îdenlité de forme s'ensuivra si ces parties sont rangées de la même manière. Les aluns potassique et ammonique affectent la même forme, par cela seul que leurs molécules sont immédiatement divisibles en un même nombre de parties, quoique ces parties elles-mêmes soient différentes dans les deUl cas. Les chloroïdures et les cyanures donnent aussi des exeâiples d'isotomie } des corps peuvent donc être isomorphes sans qu'il soit possible de les représenter par une formule semblable. Les choroïdures sont représentés par XA et les cyanures le sont par Ga Az A. Mais l'isomorphisme n'est pas une condition nécessaire de l'isotomie ; car évidemment la forme des molécules peut changer par une nouvelle disposition de leurs parties constituantes , sans que le nombre de ces parties varie aucunement» Dans tous les cas , le nombre des parties des molécules et la manière dont elles sont susceptibles de se diviser est une des causes les plus importantes à considérer pour se rendre compte de ce que l'on a appelé l'affinité chimique. Tous les corps, qui peuvent se remplacer les uns par les autres dans les combinaisons, sont des corps isotomiques ou susceptibles de le devenir dans des circonstances déterminées.Yoyez Isodpiamie. En outre, si des corps peuvent se combiner ensemble, cela tient à ce que le nombre de leurs parties constituantes permet une pénétration et un nouvel état d'équilibre. On peut com-^
(x) Isotomie et îsotomiqne oBt pour ncine i{oc égal et T^pitv diviser. Diviser en on égal nombre de parties.
i6 cONSTiTutidN JHÉs collas,
prenilrc par ce peu cle mots Timportance quHl fant altrîbuer au nombre des parlies éliîmentaires des molécules (Voyez Combinaison chimique).
ISiL&ITHMIE.
Lorsque les molécules sont constituées d*un égal nombre de parties du même ordre^ sans tenir compte ni de leur dispo* sition relative y ni de leur nature , elles donnent lieu à une classe de corps que je désigne sous le nom d^isarithmiques (i)« Les corps de cette classe ne diffèrent des corps isotomiques que parce que les parties qui les forment sont de même ordre, et que ces corps peuvent toujours être représentée par uneformule chimique semblable.
Un corps ne peut pas être isarithmique sans être en même temps isotomique ; mais des corps peuvent être isotomiques sans être isarithmiques : ainsi les aluns potassique et ammo* nique déjà cités sont isotomiques et ne sont point isarithmiques, parce que leurs formules ne peuvent être représentées par le même nombre de corpuscules chimiques; il en est de même du chlorhydrate ammonique et du chlolure potassique.
Le nombre absolu de corpuscules chimiques entrant dans une formule ne caractérise pas non plus toujours les corps isarithmiques, il faut qu'avec celte condition les corps présentent d'autres analogies de constitution, par exemple : Tisotomie est une condition essentielle de leur nature ; ainsi Talcool peut être représenté par Cs Hs O = 6 molécules élémentaires, et les sulfates le sont par S O4 A , représentant un même nombre de ces molécules ; mais cela né veut pas dire que ces corps soient isarithmiques, parce que rien ne prouve l'analogie de leur constitution. En un moX. y. la constitution des corps isa-rithmiques est la même jusque dans les molécules secondaires , et il peut n'en être poînt de même des corps isotomiques.
Les groupes des corps suivans sont isarithmiques :
2A MoDoxydes. Mooosulfures.
XA Chlorures. Bromures. lodures.
S3A2 Seiqui-oxydes. Sesqui-falftires. Sesqui-^léniures. Acide azoteux. Acide phosphoreux. Acide arsénieux. Acide antimonieux.
(1) De Ue; égal el d'ÀfiOf^iç nombre: en nombre égal.
I80MOEPHI8ME. ty
Z|YA Snlfttef. SnUoMilfatei. Sélénîttes. Chromatei. MâfigMialéi. Molybdftt«s.
TtaBfrtata». YaMiktcf. SnUbinolybdates. Solfetwifitages, etc. X4 YA Azotates. Métaphosphalei. Anéniatei. Antimoniata. ChloratM. llréaMlca,
lodatea.
Xs TA HjpercUorates. Hyperbrômates. Hyperiodates. Hypermanganates. Xs TA Titanates. Slaniiates. Carbonates.
X4 YA Spinelle. Zeilanite. Gahnite. Aimant. Franklinite. Eiscnchrome. Grcnah S« XA{3 Argjrytluroie. Prouttite.
Si à Tid^ du nombre des parties constituantes des molécules, qui seul a suffi pour donner lieu aux corps isarithmi« qnes, on îoint celle de leur arrangement, on arrivera à priori k la oonnaiasance de Tisomorphisme et de Tisoménie , et Ton ▼eira que la notion du nombre des parties des molécules de- Tait nécessairement précéder celle de leur disposition relative.
ISOMOaPHISIU.
Si l'on suppose un système moléculaire y déterminé sous le rapport du nombre et de Tarrangement de ses élément consti* tnansy on conçoit facilement la possibilité d'en remplacer une partie ou la totalité même par des élémens d'une autre na« tore, sans que ce système cesse pour cela d'appartenir au même type. En un mot, on conçoit que le nombre et l'arrangement dâ élémens d'un système moléculaire sont indépendans de la nature de ces élémens. On conçoit bien encore que les cristaux, formés parla réunion de molécules ainsi constituées, pourront appartenir tous au même système , et que , par conséquent, la forme affectée par les corps cristallisés dépend plutôt du nombre et de la disposition relative des parties qui les constituent, que delà nature de ces mêmes parties. Cette supposition , déduite de la théorie corpusculaire , est parfaitement en harmonie avec les faits.
M. Gay-Lussac a observé que l'alun potassique et l'alun am^ BMmiqae pouvaient successivement concourir à la formation d^nn même cristal ^ M. Beudant a vu que des substances cristallines pouvaient se mélanger en plusieurs proportions lorsqu'elles cristallisaient dans le même système, comme les carbonates de chaux et de magnésie; et que, dans certaines circonstan* ces , une substance appartenant à un système déterminé, forçait une substance appartenant à un système différent, à cristalliser comme elle ; ainsi le sulfate de fer qui appartient au
t8 CONSTitUtlOK DBS CORPS.
pritme c^nliorUxique» mélangé avec du sulfate de enivre , qui cristallise dans le système clinaxiqne^ le détermine à cristalliser de même que lui. Plus tard M. Mitscherlich , ayant examiné tous ces faits, en ayant fait connaître de nouveaux, et ayant reconnu qu*un corps ne forçait un autre corps à cristalliser comme lai que parce qu'il en modifiait la composition, a conclu de ses observations , que , le même nombre éP atomes^ combinés de la même manière, produit la même forme cristalline, et que la même forme cristalline est indépendante de la nature chimique des atomes, et riest déterminée que par leur nombre et leur position relatiçe (i).
M. Mitscberlicli a donné le nom de corps isomorphes à ceux qui paraissent satisfaire à la règle précédente, et il a nommé »omor/7Aiifi7i^ la condition générale dans laquelle ils se trouvent.
Les corps de chacun des groupes suivans sont isomorphes :
Système isoaxique,
à — Elémeos chimiques. — Carbone. — Phosphore. — Antimoine. — Bismuth.—» Bttin. — Titane , Fer. — CuWre. — Cadmium. — Zinc. — Plomb. — Ai^^ent. — Mercure. — Or.
2 A Galène. — Plomb sélénié* — - Zinc sulfuré. — Sulfure de manganèse. — Se*
léaiure de plonb et de cobalt Se \ J^, l . -^ séléniure de plomb et de
mercure Se J y j • — Séléniure de plomb cl d'argent Se | . >
— Chlorure d'argent.
22 A Oxydule de cuivre. — Sulfure de cuivre. — Sulfure d'argcnl.
X A Chlorure de potassium. — • Chlorure de sodium. -— lodure de potassium. -» Mure de sodium. — Bromure de potassium. — Bromure de sodium. <— Pkiorure de calcium. -— ^ Arténiure de cobalt. — Pyrite. -* Gobaittoe ,
Disomose. antimonikel { As Sb
Co Fe Ni .
Xt Aft Sulfara de cobalt. — Oxyde Tert de chrome. =r Acide arsénieux. — Acide
antimonieux.
R) As, A O. SpineUe. — Geylanite. -— Gahuite. — Fer oxydulé. — Franklinile. —- Eisenchrome, — Grenats.
Système Jidiaxique, Ch A. Cassitérite. — - RutUe.
E O3 A O. Tungstate de chaux. — Tungstate de plomb. — Molyl)date de plomb. Ra O3, A O. Les idocrases.
2 Os 9 Ag O (Az Hsh. Sulfate d*argent et d'ammoniaque. - - Séicniate d*argent et d'ammoniaque. — Chromale des mêmes bases.
(i) y/«/i. Jéch. etdephys., t. ig, p. 419.
Système ditriatique^
 Tdlnré. *— Arse&ic— Aotimoine ?
Aï O3. Qoarz. — Corindon. — Oligisle.
C O2 y A O. Carbonates de magnésie , de chaux ; de fer, de manguièM , de imt ,
et les eomposéf qv'ils ferment en s^unksttit. ^ Ss > 3 A^ S. ArgyrytknMB. -^ Proostite. 3 (l>Os, 3AD>^ (XA). Apatite.— Phosphate de plomb iwtnrel. SjrtUmê Érihortasîquêf
Si A. Aninivre de fer. «— Sperkise.
Z A3. Snlfure de cuivre. — GÔÎTre oxydulé. — SnUure d*ai^t»
Z3 Al. Siiliure d^antimoine. — Sulfure de bismuth.
G Oi, A O. Carbonates de plomb^ de baryte, de strontiane , de chaux , de fer.
SO3, AO.^HO. Sulfates de magnésie , dé zioc, de nickel.
ZO3, A O. Solfales de ptomb, de baryte, de strontiane, de chaux.-*- StHati d»
poluse, chroaute de potasse.
SO», Al O. Sulfate d'argent, sul&te de soude. — fiéléniale d'argent — Sél^
DÎate de soude.
Sfstèmê clinhortaxique»
XOi^ AO. Wolfram. — Chromate de plomb.
5 Os, A O, 6 H O. Snifitte de fer, ralfate de cobalt et tontlM tnlfiitei de mèoM
formnlew (S O3) 1, (A O) 3. Les pyrozènes.
(Si 03)3 , (Ail 03)1, (A O) 3. Lès épîdotes.
Système eUnaxique,
SO3, AO,5HO. Sulfîite de cuivre. — Sulfate d« mangttèse.
n est remarquable que les aluns potassique et ammoniqm , dont rîsoQdOrpliisine a été décourert le premier , échappent à la définition de M. Mitschérlich. Gela est d'autant plus éton« nant que M. Mitscherlich lui-même a trouvé que le sulfate de potasse et le sulfate d'ammoniaque étaient isomorphes. L'am* maniaque ne peut remplacer la potasse qu'autaut qu'elle con» tient une molécule d'eau, et l'o» a As Hs^ H O qui renferme im tout autre nombre d'atomes que K O. Il j a là un sujet de méditations bien intéressantes , qui doit évidemment conduire a la connaissance d'une des conditions principales de la statique moléculaire ; car j comment peut-il se faire que les élémens d'une formule aussi compliquée que celle de l'ammoniaque hydratée , puissent jouer exactement le même rôle statique que ceux de la potasse?
M. Persoz a émis l'opinion que tous les corps supposés &
aO CONSTITUTION DIS G0HP8.
Tétat de fluide ëlastiqae et oondensës de la même manière , étaient susceptibles de risomorphisme. C'est ainsi qu'il pense que la karsténite ou sulfate de cbaux anhydre est isomorphe avec Tarragonite. Pour cela, il se fonde sur ce que l'oxyde de carbone C O et l'acide sulfureux S Os , supposés à volume» égaux , se combinant à une même quantité d'oxigène sans chan^ger de volume, il en résulte, d'une part de l'acide carbonique,, et, d'autre part de l'acide sulfuriquci qui seraient constitués de la même manière et seraient susceptibles de don-^ ner naissance à des corps possédant la même forme eristalliney comme cela aurait lieu par leur union avec .la chaux (i)« M. Persoz veut encore que le carbonate de soude G Ot, Na O, lo H O, le sulfate de soude S Os, Na O, lo H O, et le borax prismatique (B% Os)a, Na O, lo H O, soient isomorphes.
La supposition de M. Persox qui est Traie pour des cas par-^ ticuliers , ne peut être admise d'une manière générale : d'abord, parce que la plupart des combinaisons étant fixes, on n'en cou* naît nullement le mode de condensation, et parce que, même pour les corps aériformes, il y a un grand nombre d'exceptions, qui résultent de ce que les vapeurs occupent des Tolumes qui ne sont pas toujours équivalens , comme cela est évident pour nn volume de Tapeur de soufre qui correspond à trois volume» d'oxygène.
Dans la théorie qui admet que les fluides élastiques placé» dans les mêmes conditions de pression et de température , renferment des nomhres égaux de molécules sous des volumes semblables, et en appliquantaux molécules des corps, quelque soit leur état , ce qui a été dit pour le mode de combinaison des fluides élastiques , la pensée de M. Persoz pourrait être fop> mulée d'une manière beaucoup plus générale en disant : tous les corps dont les molécules se combinent dans le mime rapport numérique et en subissant le même mode de contraction^ sont sus-ceptibles de tisomorphisme^ quelque soit d^ailleurs Vordre plus ou moins compliqué des molécules.
Si cette proposition est vraie , elle mérite la plus grande at*. tention de la part des physiciens et des chimistes, car elle a
(i) Jnn. de eh, et de pfys,, f. 60, p. f i3, et suiv. Introduction à Véttuie de h chimie moiéculaire^ Paris, iS39.
I90M0EPHISMB» ai
trait à nn des plus im|)ortaii8 problèmes de la statique moleculaire. Toutefois, elle ne rend point encore compte de tous les laits ; car on sent très bien , d'après Texemple cite plus haut , qu'une molécule de soufre en vapeur, ëtant susceptible déjouer le même rôle que trois molëcules d'oxygène j ne donnera pas lieu aux mêmes condensations que les molécules de ce gazj et que , cependant les produits obtenus par la combinaison de chacun de ces corps pourront être exactement du même ordre, 4XN&me on en a un exemple dans la vapeur d'eau et dans le gaz sulihydriqne : un volume de la première résultant d'un volume d'hydrogène et d'un demi-volume d'oxygène; tandis ^'un volume de gazsulfhydiique, dont on a tout lieu de pen- «er que la constitution est la même que celle de la vapeur d'eau, est formé d'un volume d'hydrogène et seulement d'un sixième de volume de vapeur de soufre. M. Persoz qui a senti cette diflBcolté, se fonde toujours sur un volume hypothétique qui y pour le soufre , serait le uers de ce qu'il est réellement.
Il déboule de ce qui précède que , si l'explication donnée par IL PersoK, convient k l'isomorphisme, elle est insuffisante^ parce qu'elle ne prévoit en aucune manière les modificalîons qui peuvent être apportées dans l'état moléculaire de« corps par le polymorphisme ou par l'isomérie.
Depuis long-temps je m'étais occupé de la difficulté que présente l'isomorphisme , et j'ai été conduit à considérer les corps isomorphes comme des corps susceptibles JCaffecUr la mime farme^ parce que leurs molécules sont formées d*un même nombre de parties disposées de la même manière , en rejetant com« plètement le mot atome qui ne convient nullement à cette définition. Cela m'a conduit directement à la découverte de l'existence des molécules secondaires dans l'intérieur des molécules primitives , et cette observation est une des principales preuves quel'on puisse donneràrappuideleurexistence.Eneffet^sil'on suppose des molécules ayant la forme d'un cube, par exemple, on conçoit très bien qu'elles pourront toujours conserver le même mode d'arrangement les unes à l'égard des autres , et qu'il en pourra résulter des cristaux semblables, soit que chacun de leurs angles se trouve occupé par un atome élémentaire j soit qu'il le soit par plusieurs atomes représentant par exemple huit tétraèdres ou huit petits cubes , disposés de telle manière que chacun d'eux occupe un des angles. Celte
aa GONSTiTOTum des coups.
disposition se comprendra facilement à Taide des figures sui-
Tantes :
Il résulte évidemment des considérations qui précèdent que les icorps isomorphes sont réellement isotomiques^ c'est-à« dire que leurs molécules sont fermées d'un même nombre de parties; mais ils ne sont pas nécessairement isaritfamiqnes, parce que leurs parties peuvent ne pas être du même ordre : ainsi) tou4 les corps isomorphes qui ont été cités dans le tableau 9 page 8 • sont isarithmiques^ les aluns potassique et ammonique, les cyanures et les chloroïdures correspondans , sont simplement isotomiques. Les corps isomorphes doivent donc être distingués en deux classes : les corps isomorphes iso' tomiquâSy et les corps isomorphes isanthmiques.
 proprement parler les corps isomorphes sont des corps q^ /cotant la même forme eristaiUneet doués de lamémeconstUution.
L'identité de constitution étant nécessaire pour qu'il y ait isomorphisme^ il est évident que des corps différens peuvent affecter la même forme sans être isomorphes. Gela se rencontre d'autant plus souvent que toutes les formes cristallines ne se rapportent qu à six types cristallins différens, et que l'on est conduit k penser que le nombre des types moléculaires est beaucoup plus considérable.
En d'autres termes 9 des types moléculaires, différant par le nombre et l'arrangement de leurs parties, peuvent donner naissance à des types cristallins exactement semblables, lorsque leurs axes sont ideniiques et lorsqu'ils sont arrangés de la même manière. Ainsi, la forme cubique fait supposer seule* ment des molécules à trois axes principaux, égaux, et placés dans trois plans entrecoupés à angles droits , qui se réunissent les unes avec les autres en conservant le parallélisme de leurs axes , et il n'est pas nécessaire pour cela que les molécules soient cubiques plutôt qu'octaédriques ou dodécaédriques.
tsoMoapHisME. a 3
Lorsque les corps cristallisent dans le système cnbiqtte ou isoaxique , ils possèdent un assez grand nonibre de caractères physiques du même ordre , qu'ils soient isomorphes ou non. Ainsi, ils jouissent tous de la réfraction simple, excepté la boracitequi présente des défauts de symétrie. Ils peuvent tous affecteras mêmes formes; mais cependant il en est qui se présentent sons des formes dominantes différentes les unes des autres; ainsi la galène ou plomb sulfuré se présente principalement sous la forme du cube et sous celle de Toctaèdre, libres ou combinées ; mais, rarement sous la forme de dodécaèdre rhomboïdal et encore moins sous celle du trapézoèdre. La ziguéline ou cuivre oxydulé affecte rarement la forme du cube et presque toujours celles de Toctaèdre et du dodécaèdre rhomboïdal, libres ou combinées; le grenat se présente principalement sous les formes du dodécaèdre et du trapézoèdre; la fluorine est presque toujours sous la forme cubique. Toutefois ces modifications de formes qui sont complètes, dépendent plutdt des circonstances dans lesquelles ces corps ont cristai- Jjsé, que de leur propre structure ; car ils sont aptes à prendre toutes les formes du même système. Il faut faire une eiÉception pour ies corps dont les formes sont hémiédriques (i), comme la pyrite et la cobaltine. Cette condition parait tenir k un défaut de symétrie des molécules dont toutes les parties de même nom ne sont pas identiques, mais qui présentent cependant les trois axes nécessaires au sptème isoaxique.
& tous les plans d'un même ordre de clivage présentent la même netteté dans le système cubique, la même chose ne s'observe pas lorsque l'on compare ensemble les plans de clivages de deux ordres différens, et dans certaines substances on voit tel on tel autre clivage dominer k tel point que les clivages d'un autre ordre paraissent impossibles : ainsi, le divage parallèle ou faces d'un cube domine dans la galène et le sel gemme; le clivage parallèle aux faces d'un octaèdre est le seul que pré* sente le diamant. La fluorine et la blende se clivent à-la*fois
(i) Od nomme cristaux hémiédriques y ceux dont les parties ideatiqiKs ne sont qae la moitié de ce qu'ellci pourraient étra : ainsi le dodécaèdre pentagooal du sjsième isoaxique, est produit seulement par la moitié des faces qui donneraient naissance au cube pyramidal d*Haîiy. Les cristaux homoédrîquessont ceux qui sont complets.
a4 GOnSTlTUTION DES G0&P8.
également bien parallèlement aux faces d'un octaèdre, et parallèlement à celles du dodécaèdre rhomboidal. Ces différences dans la netteté et la direclion des clivages n'indiquent point un mode d^agrégation différent , mais elles indiquent bien cer<tainement que la ténacité n*a pas la même intensité dans tons les sens où les clivages sont possibles, et cette différence qui tient k la nature même des corps ne doit passe rencontrer dans les cristaux isomorphes du système isoaxique. Par cette raison il serait impossible d*aiErmer que le sel gemme et la fluorine fussent isomorphes, quoiqu'ils cristallisent dans le même système et quoiqu'ils soient représentés par une formule sem» blable; car ces corps ne présentent pas les mêmes genres de clivages.
Une pareille distinctipn ne parait point pouvoir être établie
Kur les coqis cristallisés appartenant à d'autres systèmes que loaxique.
On verra plus loin que les considérations qui découlent du volume des particules des corps qui cristallisent dans les mêmes systèmes méritent aussi un intérêt tout particulier.
Lés lois de Newton relatives à la gravitation ne paraissent point être applicables à l'attraction moléculaire ; car, il est émi* nemment probable que les molécules, à cause de leur proximité, ne peuvent être considérées les unes à l'égard des autres comme étant réduites à un point qui serait leur centre de gravité. On sent que leur forme doit avoir une influence telle que l'attraction nes*exerce point avec la même intensité dans la direction des axes de différens ordres, et que ce soit là précbément la cause qui fasse que les clivages puissent sopérer dans un sens déterminé plutôt que dans un autre.
L'harmonie parfaite qui existe entre les corps isomorphes du système isoaxique ne se rencontre plus chez ceux des autres systèmes. Dans les cristaux du système isoaxique, l'égalité des axes et leur position relative ne peuvent changer sans qu'ils cessent d'appartenir à ce système. Les cristaux des corps isomorphes des autres systèmes cristallins présentent des différences sensibles dans les dimensions de leurs axes , et par suite des différences dans l'incidence de leurs faces. Il est évident d'ailleurs que ces différences peuvent exister sans qu'ils cessent d'appartenir aux mêmes systèmes, pourvu qu'elles ne portent point sur des axes qui doivent nécessairement
laoHi&iE. dS
avoir les mêmes dimensions : ainsi le rapport des dimensions de Taxe principal d'un rhomboèdre ou d'un prisme droit à bases carrées aux axes secondaires peut varier , sans que pour cela la condition des rbomboèdres et des prismes à bases carrées •oit changée ; mais il en serait totit autrement si les rapports des axes secondaires entre eux venait à varier : il en résulterait nécessairement des systèmes diiférens.
Le tableau suivant indique les inégalités qui ont été observées entre les angles de quelques cristaux isomorphes.
Cristmis rhomboédnqmes ou dUiiaxiqius,
xo3» »
— - aJcique (calcaire)
loS» 5*
— cale et roagnésiqae (dolomie)
io6» xV
— magnésique (giobertite)
— ferriqoe (sidérose)
lo7* »
— xiiioiqae (smithsonile)
Carbonate calcique (arragonite)
ii6» ff
— plombique (céruse)