‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie; (volume 2)Chapitre 90 sur 95 · C103,A0 = CIO4A · texte numérisé non relu

C103,A0 = CIO4A

Les chlorites potassique, sodique , barytique et strontiqUe»

(t)Ce résultat est singulier. Dans la théorie de Lavoîsier, il ferait croire k rexisteoee d'an acide CIO<i, comparable & l'acide sulfureux. (9) Millon. Ann, de eh. et dephys.^ 3" série, t. Y", p. 3a t.

6ft4 gkuimKibi.

Mmt êMiÀmàum Tmii» Le chlorite de plonrf» êiC jmme et très pea sohible. Le chlorite d'argent est peu soluble dans Tean froide et soluble dans Teao bouillante; dont il se sépare par le refi^idtiaeinent «oui forme d'Acailles jamfttres. Lorsque Fou chauffe les ohlorites, ils se décomposent tous entre i5o et a35*. Les dilorites alcalins se transforment en chlorates et en chlorures. Les chlorites de plomb et d'argent fent explosion en dooaant sans doute un chlorure et de l'oxygène^ ces demien chlorites enflamment le soufre lorsqu'on les y inéle. Le chlolîte de plomb, que l'on peut obtenir par double substitution, et qui est le chlorite le plus caractéristique, est facile^ ment décomposé par du sulfate hydrique dilué dans 8 à lo ibis son poidîs d'eau, et donne do l'acide chloreux pur, que Von distingue des acides ohlorosique et chlpro^chlorique, parce qu'il ne donne point lieu à une explosion aussi violente lorsqu'on le chauffe.

. Oxyde de chlore ^deiUoxy de de chlore^ acide chloreux^ adde hxpochlorique^

OOk = 84« >6 =r 4 volumes. .

Ce composé correspond, par sa formulç. et si| constitution, à l'acide axotoiique étudié précédemment. Il a d'abord été connu à l'état de fluide élastique ; mais M. Millon a démontre que l'on pouvait le liquéfier sous la pression de l'atmosphère par un mélange réfrigérant. Le liquide obtenu est rouge foncé. Son odeur est suffocante. Lorsqu'il est entièrement prive d'eau, il entre en ébullition i -f ao<*, et sa vapeur détone violemment à + ^ ou j63^^ un fragment de potasse caustique le fiiit aussi détoner subitement; mais quelquefois cet accident a lieu i la température ordinaire, sans que l'on puisse en assigner la cause: peut^itre est-il dû à des vibrations imprimées au vase qui le renferme , comme cela a été observé pour racîdie hypo-chloreux par M. Pelouse*

Le gaz chlorosique est jaune foncé \ son odeur est la même que celle indiquée pour le liquide; son poids spécifique calculé s=5 a,3a. La chaleur et l'étincelle électrique le font détoner. La Itunière solaire le transforme en chlore, en oxygène et en aa Je perchlorique anhydjrc. Si la lumière est diffuse, la réaction

GHLOBB. 625

est la mime y maïs elle est plus lente. Le mercure ne l'attaque point.

 4" 4°l'cAU dissout jusqu'à ao fois son volume de vapeur chlorosique. Elle peut abandonner c«*(lc eau sans altération.

M. Millon a démontré d'une manière fort rigoureuse que l'acide clilorosique, en contact avec les bases alcalines, les saturait lentement et donnait définitivement naissance à un chlorate et à un chlorite, renfermant chacun la même quantité de métal et la même quantité de chlore. Cette transformation , qui est analogue à celle de l'acide azotosique, est représentée par l'équation : aClO* + 2AO = ClOeA + CIO4A. Il n*y a donc point de chlorosates.

En faisant détoner un volume de gaz chlorosique, il angmente sensiblement de moitié. Le produit de la détonation est un mélange d*oxygène et de chlore. En absorbant ce dernier gaz par la potasse, on trouve qu'il en formait le tiers. Or doncy le gaz chlorosique est formé d'un volume d'oxygène égal au sien et d'un demi-volume de chlore entièrement condensé.

Pour éviter l'absorption du chlore par le mercure quand on opère dans une éprouvette, M. GayLussac a fait l'analyse de ce gaz par un moyen simple et fort ingénieux. Ce moyen consiste à le faire passer dans un tube présentant des boules dans sa longueur; en chauffant le tube, le gaz se décompose à mesure qu'il y parvient, et le produit de sa décomposition va se rendre dans 4es boules. En coupant ces boules après le refroidissement de l'appareil, il est facile de fiaiire l'analyse du gaz qu'elles contiennent en les vidant au-dessous d'un tube gradué contenant une dissolution de potasse caustique : le chlore est ab« sorbe, et Toxygène devient libre. Ce gaz étant mesuré^ il suffit de remplir la même boule avec de l'eau et de la vider dans le tube qui a servi pour mesurer Toxygène, afin d'eu connaître la capacité. La capacité de la boule représente le volume du mélange gazeux: si de ce volume on retranche celui de Toxygène mesuré préalablement, leur différence donne le volume du chlore. En analysant le gaz contenu dans plusieurs boules, on trouve constamment que le volume de l'oxygène est double de celui du chlore. On a vu ci-dessus que M. Millon est parvenu à des résultats qui confirment complètement cette analyse , en déterminant la composition des produits de la réaction de l'acide chlorosique sur les basea*

6a6 CHLOROÏDES.

AOIOB OBLOBIQVB.

ClOs = 94a,6.

Cet acide D'existc qu^à l'ëtat de combinaison. Le composé qui porte ce nom est le chlorate hydrique.

Mariâtes oxygénés y Oxywwiates.

ClOs.AO ^ ClOoA.

Le premier chlorate a ëté découvert, en 1786, parBerlhollety qui Ta considéré comme un chlorure oxjgéné. Aucun chlorate n^existe dans la nature, ils sont tous produits par la réaction du chlore sur les hydrates d'oxydes métalliques.

Lorsque l'on chauffe les chlorates, ils se décomposent gëaéralement en chlorure qui demeure fixe , et en oxygène qui te dégage. Le chlorate aluminique ferait sans doute exception, et laisserait un oxyde pour résidu. Le chlorate de potasse ic transforme en perchlorate et en oxygène avant de passer à letat de chlorure. Projetés sur des charbons ardens, les chlorate! fiisent^ même plus facilement que \t% azotates.

Les matières combustibles simples ou composées détonent géqi^ralement par le choc lorsqu'on les mêle à Tétat pulvcrolent*sivec des chlorates également pulvérisés. Le soufre et sur* tout le phosphore donnent lieu à des explosions violentes.

Tous les chlorates sont solubles dans l'eau, excepté le chlorate bi-mercurique ; aussi ne donnent-ils point de précipité par l'azotate argentique avant d'avoir été calcinés.

Lorsqu'à un chlorate on ajoute du sulfate hydrique, même dilué, le mélange devient jaune, et bientôt il se dégage oa gaz de la même couleur, qui est de l'acide chlorosique. En faisant cette expérience, il faut avoir bien soin de nepoiot regarder de trop près dans le vase où elle a lieu; car ilj ' souvent des détonations qui pourraient projeter le mélange dans les yeux.-

CHLORATE HYDRIQUE. Acîde chloriquê^ C105,AO = CIO«A Ce composé a été découvert par M. Gay-Lussac en étuJii»' les mariâtes oxygénés (chlorates) (1). I! correspond exacteffl'ff^

(i) j4/m. de chim.^ ^ 91, P- io^>

GHI.OAB* 6^7

à l'azotate hydrique par aa oonslitulioD, par celle des seU auxquels il donne lieu, et par une foule de propriétés.

Le chlorate hydrique est liquide; lorsqu'il est très concen* tre, il présente uoe couleur jaunâtre, due sans doute a la présence d'un peu d'acide chlorosique ; car lorsqu'il est moins coq-« centré, il est tout*à-fait incolore. Il possède une odeur propre^ analogue à celle de l'acide azotique. La lumière ne le décompose pas; on peut le concentrer a chaud, mais sans le faire bouillir } sans cette précaution, on le décompose en chlore, en oxygène et en prochlorate hydrique; sa saveur est acide; il rougit d'abord le tournesol, puis il le décolore ensuite. La plupart des corps avides d'oxygène le décomposent : telle est l'action du chlorure hydrique, du sulfure hydrique, du gaz sulfureux. Il ne fait naître aucun trouble dans la dissolution de l'azotate argentique lorsqu'il est bien pur.

Le chlorate hydrique très concentré réagit vivement sur la plupart des matières organiques : il enflamme le papier sans colle que Ton y a plongé; il transforme l'alcool en acétate hydrique, et décompose également Téther hydrique.

Préparation, — On obtient le chlorate hydrique en décomposant une dissolution de chlorate barytique par le sulfate hydrique : il se fait du sulfate barytiquç insoluble et du chlorate hydrique , qui demeure dissous. Après un repos suffisant , on sépare ces deux corps par décantation ; car on ne peut employer les filtres ordinaires qui détruiraient le chlorate; enfin on concentre à une douce chaleur ou dans le vide la Hqueur qui le renferme. L'équation de cette préparation est :

ClOôBa + SO4H = CIDsH + SO^Ba.

Aoîde cUoro-ohlorîque. MiUon, Cl30i3 = aCI05,Cl03.

Ce composé a été obtenu par M. Millon en suivant un procédé que Ton employait pour obtenir un mélange gazeux que Ton croyait être un oxyde particulier du chlore de la formule CIO.

L'acide cliloro-chlorîque est liquide, d'nne couleur rouge foncée ; il n'entre en ébullitîon qu'à -f- 3a*, et détone lorsqu'oia le chauffe à -|- 'joP. La tension de la vapeur de ce corps est assez considérable pour qu'il existe sous forme de gaz à la

Sad cHLOmoïois.

température et tous la pression ordinaires. Cette vapenr nmgil d*abord le papier de tournesol humide, et le décolore ensuite. Le phosphore la fait dëloner instantanément; le soufre agit plus lentement, mais il donne définitivement lieu m même résultat. Le charbon incandescent continue k bniler dans cette vapenr, en donnant du gaz carbonique et in chlore. Lorsque l'on unit ce composé avec les bases , il donne lies à la formation de deux équivalens de chlorate contre un de eblorite :

CIsOii + 3 AO = a ClOôl -4- CIO4A.

Préparation. — On obtient ce composé en faisant ràgirle chlorure hydrique sur le chlorate potassique, et en faisant passer le gaz qui se dégage dans une suite de tubes en U, dont le premier est plongé dans la glace, et les autres dans des mélanges réfrjgérans : du chlorure hydrique se condense dans le premier tube, Tacide chloro-chlorique est recueilli à I état liquide dans les tubes suivans, et du chlore se dégage à Textrcmité de l'appareil.

OhstrvattoH, Davy et la plupart des chimistes adoptaieat la formule QO, on 1 volumes de chlore contre i d'oxygène; ensemble 3 Tolttiiies condensés en s volumes lia pour la < omposition du produit gazeux obtenu dans celte dreoDStiscc, produit qui fut nominé enchlorine, ou protoxyde de chlore.

Le mode de condensation de ce gaz a paru singulier à plusieurs dûmistes, qsi out pensé qu'il pouvait bien n'être qu*uu mélange d*aridechtorosiqueetdediisre.Oci expérieuces ont élé teutées m^me pour vérifier celle opinion : mais etlon'étiint point assez convainran les. Il résulterait aujourd'hui des recherches de M.Bfiiloo,qae le préleuJu protoxyde de chlore aurait élé un mélange en proporiious définia dV ciJe chloro-cblurique et de chlore ; il serait même facile de calculer, eo se buasl sur les expériences de Davy, que ce mélauge conlient ta Tolumeide tettàk contre ao Tolomei de chlore, et que les la volumes correspondent à lafomsk (II3O1 s, d'où l'on déduit a, 4 ponr le poids spécifique du gaz chloro-chloriqQ(;rMt' tal qui est assez bizarre.

Ou peut encore trouTcr que la réaction qui donne lien i ce composé ctfitp^ icnlée par Tégaliié suiTanle :

iS CIO«K + 39CIU = x3 ClÀ + 3 dsOis + 3o Cl + Sq HO.

En résumant toules les circonstances de l'opération dans laquelle ces etipia produisent, il est proliable que le chlorure hydrique, en réagissant snr le Akak IKilaKsiquf, donne naissances de l'acide chlorosique, exactement comme le ssi^le hjdriquc; mais qu'une partie de ce compose est immédiatement détruite pvk chlorure hydrique Iui*mèroe, d'où il résulte un mélange de chlore et ^tnàt^^' ro-chlorique.

GHLOas. 62g

Mais M, Billion n*a réelleiuent pat démontré la [>réseiice de Tacide chloreas CIO3 dans ce composé: il se pourrait fort bien queœ fût un autre composé CIO3, non encore isolé qui se serait uoi avec Tacide chlorique, et l*oo aurait eu 9 GIO5, CIO2 = CI3O13 = 3 CIO4 , résultat qui démontrerait Tisomérie de l'aride chlo« ro-chlortqne avec l'acide chlorosîqoe. (Voyez ta note à la suite de Taeide chloropercfalorique.)

AOnni H f PlSOBIiOBI(tV> •

CIO7 = I x4a>6 = 8 Tolumes ?

11 résulte d'expëriences cle M. Mîllon qu'en exposant Pacide chlorosique ou l'acide cbloreux bien secs au soleil, il se produit de l'acide hyperchlorique qui se condense à l'ëtat de cristaux, et qui répand des vapeurs à l'air. Cet acide doit évidemment être anhydre ; mais M. Millon n'a donné aucun renseignement sur ses autres propriétés.

Heptachlorates»

GlOT,AOr=Gl08À-

Les hyperchlorates fusent sur les charbons, comme les azotates et les chlorates. Ceux qui sont solubles ne précipitent point par les sels d'argent; mais ib donnent un précipité abondant par les seU potassiques. Us ne deviennent point jaunes et ne donnent point un gaz de cette couleur par l'addi* tiondu sulfate hydrique concentré ou dilué, comme le font les chlorates ; enfin par la calcination dans un tube de verre , ils abandonnent de l'oxygène, et laissent généralement un résidu de chlorure , reconnaissable à %ts caractères propres.

HYPEacHLOiLATB HYDRIQUE. — Acidc cfUofique oxygéné j acide perchlorique ^ acide hyperchlorique , acide heptachlorique. G107,H0 = ClOsH = 8 volumes? L'hyperchlorate hydrique a été découvert par le comte Stadion. Ce composé est liquide, incolore, inodore; sa saveur est acide. Il rougit fortement le papier de tournesol et ne le décolore point. Il est inaltérable i la lumière, et il peut être distillé à i4o**, sans se décomposer comme le ferait le chlorate hydric|ue. Il ne donne point de précipité ni avec les sels sodiques , ni avec les sels argentiques , mais il fait naître un précipité blanc, cristallin dans les sels potassiques. Le perchlorate potassique, qui se forme ainsi, est à peine soluble dans l'eau à la température ordinaire ; il est

63o GHLOAOÏDl».

soluble dans Teau bouillante, et très insoluble dans Talcool pur. Ce liquide dissolvant facilement , au contraire, lliypei^ clilorate sodique, on en fait usage pour séparer la potasse et la soude, après les avoir amenées à l'état de perchlorates.

Préparation. — On obtient Thyperchlorate bydriqne en décomposant Thypercfalorate potassique par le sulfate hydrique : il se fait du sulfate potassique fixe et de l'hyperchlonte hydrique volatil que Ton obtient par une distillation bien ménagée.

Les proportions sont s 6 parties de perchlorate potassique, 3 parties de sulfate hydrique et i partie d'eau*

Adde ehloro-perohlor^ne. Mlon, CI3O11 =: a C10t,CI03.

Lorsqu'on expose l'acide chloreux à la lumière solaire, en ayant soin que la température ne s'élève point trop, on obtient quelque peu d'un liquide rouge qui est l'acide chloro-perchlorique. Ce liquide est instable, et se décompose même a Vabri de la lumière; il jouit de la propriété remarquable de répandre des vapeurs excessivement abondantes an contact de Tair humide. Selon M. Millon , il n'en faut que quelques gouttes pour rendre nébuleux tout l'air d'une salle fraîchement arrosée. Ce composé, mis en contact avec une base alcaline , donne naissance à deux équivalens d'hyper* chlorate contre un de chlorite (t) t

CIjOiT + 3 AD = a CIDsA + CIO4A.

Oèserpation. îd, comme pour Tacide chloro-ckîorîquo, îî est probable que l'acide chtoro-perchlortqiic contient le composé ClOi, au lien d« ClOs« et que cet acide 1 pour formule , t CI<r,CiOa = ClOsOiei et peni«étre même eat-oe Taeide b/pochloreiiK qui «st uni à l'acide perchlorique. On aurait alors a DOi,CI0 = ÛjOj j = 3CI05,qui est beaucoup plus probable, et qui démoiilrerait risoinéne de œcBBpo»é avec Tacide chlorique anbydre. Toutefois , il faut de nouvelles expérieoccs pour résoudre cette question, qui, a niun avis, est une des plus intéressantes de la chimie; car les résultats obtenus par M. Millon sont contraires à tontes i<t>^ ries sur la conslttotioifc des oorfis. Je dis plus, s'ils étaient bien fondés, ibltf renverseraient de fond en codkble, et il faudrait pour loug-temps eoeon 1^ Tespoir de comprendre les phénomènes les plus intimes de la cbiniie.

(1) Millon. ^nN. decft'tmie eldephys, 3" scrle| t. «11, p, 33f.

BROUS. 63 1

GIS9 et GIS.

Lorsque l'on fait passer nn courant de chlore sec sur du soufre en petits fragmens , on obtient un liquide jaune tant qu'il existe un excès de ce dernier corps ; mais aussitôt qu'il est complètement dissous, ce liquide prend une teinte rouge qui devient de plus en plus foncée. Le liquide jaune est le protochlorure de soufre, contenant du soufre en dissolution, et qu'il faut purifier par une distillation bien ménagée, et même plusieurs fois répétée ; le liquide rouge est le bi-chlorure de soufre.

PHOTO- CHLOauan DB SOUFRE. GlSa = 844)9^ = ^ volumes. Liquide jaune , visqueux , possédant une odeur des plus dés* agréables. Son poids spécifique = 1,6875 il bout à i38**, et donne une vapeur dont le poids spécifique = au moins 4}7« Un volume de cette vapeur contient 1 volume de chlore et 1/3 de volume de vapeur triple de soufre. L'eau décompose lentement le chorure de soufre, en donnant du sulfate hydrique, du chlorure hydrique, et uu dépôt de soufre. L'alcool et Téther sulfurique le décomposent également. Il absorbe le gas ammoniac.

Bi-GHLORURB DE souFRB. CIS =? 643,8 1 = ^ volumes. Le bi-chlorure de soufre est rouge foncé, il répand des vapeurs jaunâtres à l'air; son odeur est aussi insupportable que celle du proto-chlorure; son poids spécifiques i,6a; celui de sa vapeur = 3,^. Il bout à -}- 64°- Une température très élevée ne l'altère pas. Il est décomposé par l'eau comme le précédent. Il ne décolore point l'indigo. II détruit l'alcool et Féther, et s'unit au gaz ammoniac. C'est le produit de cette combinai* son qui a permis d'obtenir le sulfure d'azote AzSs*

Observations. — Plusieurs chimistes confondent les deux chlorures de soufre, et d'autres doutent de l'existence de l'un des deux. Ayant préparé ces corps un grand nombre de fois, et les ayant soumis k divers essais, j'ai cru devoir adopter les résultats obtenus par M. Dumas. (V. Ann* dechim. et dephjrs.^ Dumas, t. xlix p. ao4, et H« Rose, 1. 1, p. 9a.)

BRÔttE, Br = 978,30 :? 2 Tolumei* Le brome a é\i découvert ep i8a6 par M* fialard eu exami-

63a GHLOROÏBK8.

nanl les enux-mères des salines de la Méditerranée. Depuis celle époque, on Ta retrouvé dans quelques eaux minérales, dans quelques espèces minérales, et avecTiode, dans les eaux-mères des soudes de varechs.

A la température ordinaire, le brome est liquide et répand une vapeur d'un jaune rouge très foncé. L'odeur de cette vapeur est analogue à celle du chlore, et très difficile à supporter : de là le nom de brème, dérivé du mot grec ppwf<oç , qui signifie puanteur et infection.

Lorsque Ton refroidit le brome il se solidifie à — 20*, et prend une structure cristalline. Il bout à 47** 9 et donne une vapeur dont le poids relatif à celui de lair = 5,5 selon M. Mit • scberlich -, par le calcul, il serait de 5,39 d'après l'équivalent du brème obtenu par M. Berzelius. Le poids spécifique du brome liquide = a, 966. Il ne conduit point Télectricité. Sa chaleur spécifique = o,x 35? (V. p. xio.)

L'eau dissout assez de brome pour prendre une teinte jaune; l'étber ordinaire en dissout davantage. I! ne se combine point directement avec l'oxygène , sa vapeur ne s'unit point avec l'hjdrogène sous Tinfluence de la lumière solaire; mais ces deux corps s'unissent sous celle d'une température élevée : il en résulte du gaxbrômhydrique. Le brome s'unit directement avec le soufre, le chlore et l'iode ; avec le phosphore, la réaction est des plus violentes. Il s'unit a la plupart des métaux; il décompose les composés binaires d'hjdrogène, excepté le chlorure et le fluorure hydriques , et détruit la couleur de l'indigo. Le brome étant isodynamique avec le chlore, se comporte exactement comme ce corps dans la plupart des circonstances. Seulement il est déplacé pour le chlore, et il déplace l'iode de ses combinaisons.

Extraction. — On pbtient le brome par un procédé analogue à l'un de ceux employés pour obtenir le chlore, en décomposant un bromure par le bi- oxyde de manganèse et le sulfate hydrique. Le brème est recueilli par la distillation dans un récipient entouré de glace.

BrA + MnOa + a SO4H = SO^^ + SOiMa + » HO + Br. Voyex bromure de potassium et bromure de calcium.

On obtient encore le brome en décomposant les eaux-mer» de la soude des varechs par le chlore : l'iode se sépare le premier et Iç brème ensuite. (Voycï iode^ p. 687.)

BAÔMB. 633

Les bromures jouissent de toutes les propriétés physiques et de la plupart des propriétés chimiques des chlorures*, aussi serait-il très facile de les confondre. Voici les propriétés à l'aide desquelles on pourra cependant les distinguer : si Ton ajoute une dissolution aqueuse de chlore a un bromure dissous dans Teau , la liqueur prend une teinte jaune rougeâtre par le brome qui est mis en liberté. Si à la dissolution d'un bromure on ajoute du sulfate hydrique et de Tindigo suif urique , la couleur de ce dernier corps est détruite, et cela n*a point lieu avec un chlorure ; cet effet est dû à ce que le sulfate hydrique met du brome en liberté , tandis qu'il ne donne lieu qu'à du chlorure hydrique lorsqu'on l'ajoute i un chlorure. Ces deux dernières propriétés appartiennent aussi aux iodures^ mais en traitant de ces derniers corps, on verra combien il est facile de les distinguer des chlorures et des bromures. Les bromures solubles donnent avec l'azotate d'argent un précipité blanc jaunâtre de bromure d'argent, insoluble dans l'eau et dans l'azotate hydrique, mais soluble dans l'ammoniaque , exactement comme le chlorure d'argent. Le bromure de baryum anhydre ëtant soluble dans l'alcool et le chlorure de baryum y étant insoluble , on profite quelquefois de cette propriété pour se* parer le brome et le chlore.

BaoHuaB HTDAïQUB. BrH = 990,80 =s 4 volumes. Le bromure hydrique est gazeux, et répand des vapeurs à l'air humide. Son odeur est piquante et analogue à celle du gaz chlorure hyque. Il est formé de volumes égaux de vapeur de brame et d'hydrogène sans condensation, d'où l'on déduit parle calcul 9,75 pour le poids spécifique de ce gaz. Le bromure hydrique est détruit par le chlore^ qui donne naissance à du chlorure hydrique et à la vapeur rouge de brome. Ce gaz est très soluble dans l'eau ; les alcalis s'y combinent en donnant naissance à de l'eau et à un bromure*

Préparation. — Il est très difficile de préparer le bromure hydrique ; les procédés que l'on a donnés jusqu'à présent sont mauvais ou impraticables. En traitant les bromures par le sulfate hydrique , on obtient bien du bromure hydrique, mais il contient beaucoup de vapeur de brome : cette vapeur peut toutefois être absorbée par le mercure. Si l'on essaie de faire un

654 CHIiOEOÏDBS.

mélange de sable humide, de phosphore et de brome, comme on le fait avec l'iode pour obtenir le gaz iodare hydrique, il arrive de fréquens accidens. Ce gaz se produit encore par la destruction du sulfure hydrique, de l'iodure hydrique, du pluMpliure et de l'arséniure gazeux d'hydrogène, par la vapeur de brome ; mais , dans tous les cas , il donne un produit im* pur. On peut cependant l'obtenir en dissolution dans l'ean, en faisant passer un courant de gaz sulfure hydrique dans de l'eau chargée de brome | jusqu'à décoloration complète et es séparant le dépôt de soufre formé pendant l'expérience.

RrOs = 1478,80.

L'acide qui porte ce nom n'a jamais été isolé, on ne le coih natt qu'à l'état de combinaison avec les bases; c'est-à-dire que l'on ne connaît que des bramâtes.

BaÔMATB HYDEiQUB. BrOsH = BrOsyHO =s 1590,80. Ce composé a la plus grande analogie avec le chlorate hydrique, et on l'obtient par un procédé tout-à-fait analogue, en décomposant le bromatc bary tique par le sulfate hydrique, en prenant les mêmes précautions: BrO«Ba + SO4H=BrO«H+S04B4. Ce brômate est incolore, sa saveur est acide, il rougit le toor* nesol et le décolore ensuite. L'acide sulfureux, le phosphite, le chlorure, l'iodure et le sulfure hydriques, le décomposent en s'emparant de l'oxygène qu'il contient. Le sulfate hydrique concentré le décompose aussi en brome et en oxygène en s'emparant des élémens de leau qu'il renferme et qui paraissent nécessaires à son existence. Lorsqu'on le concentre, il se détruit comme le chlorate hydrique. Il fait naître un précipité blanc dans une dissolution d'azotate argentique, dans les sels au maximum de mercure, et dans les sels de plomb; mais ceci n'a lieu pour ces derniers sels qu'autant que leur dissolution est concentrée ; car le brômate de plomb est soluble dansTeas.

Le$ bromates fusent sur les charbons ardens^ et lorsqu'ils sont dissous et qu'on les met en contact avec le chlorure \y drique , ils prennent une teinte rouge due au brame mis en K* berté, La plupart d'entre eux étant chauffés donnent de X^f gène gazeux qui se dégage et un résidu de bromure que 1'^ reoonnitît à ses caractères propres*

lODB*

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