IODE
I =r 1 579,5 = a volumes.
L'iode a éié isolé en i8i3 par M. Courtois, qui l'a trouve dans les eaux-mères de la soude des varechs. Depuis cette ëpoque il a éié rencontre dans presque toutes les substances marines, telles que les fucus , les polypiers et les mollusques , dans plu* sieurs eaux minérales et dans quelques minéraux de l'Amérique équatoriale. «
L'étude de l'iode a été faite par M. Gay^Lussac, qui a fait ressortir les analogies profondes qui lient ce corps avec le chlore.
L'iode est solide. Celui qui a été obtenu par sublimation possëdel'éclat et la couleur delà plombagine ; il paraitopaqueet cristallise en octaèdres rhomboïdaux, appartenant au système trihortaxique. Le plus souvent l'iode est en trémies rhomboïdales d'environ 5i et lap*' sexagésimaux.
Je donne ici les figures des cristaux d'iode tels que je les ai observés. Le premier cristal est la forme primitive hypothétique y Tavant-dernier cristal s'est formé dans un liquide à la température ordinaire.
Le poids spécifique de l'iode sublimé est de 4^943*^ *f* ^^i^* Ce corpa répand une odeur analogue à celle du chlore , mais plus faible. Il teint la peau en jaune $ cette teinte disparaît en peu de temps par l'évaporation do l'iode; elle disparaît immédiatement en lavant la peau avec une dissolution alcaline* Lorsqti'on le chauffe, il passe directement de l'état de solide à l'état de vapeur, à moins qu'on ne l'ait lasaë dans le fond d'un tube seellé k la lampe: alors il entre en fusion i -^ 107% et bout à -f- I75^Sa chaleur spécifique s= o^oS^ta.
La vapeur de Tiode a un poids spécifique de 8,716; elle possède une couleur violette magnifique 3 c'e$t m^Wê à oeile
636 GHLOHOÏDBS.
propriété remarquable que ce corps doit sou nom , que l'on a tiré du grec lu^ç = violet.
L'iode est peu soluble dans l'eau ; cependant il lui communique une teinte jaune brunâtre. Les chlorures alcalins et surtout les iodures augmentent sa solubilité en s j combinant L'alcool le dissout en grande quantité et le colore en brun foncé. L'eau le précipite de cette dissolution. Mis en contact arec de l'empois d amidon délayé dans l'eau , il lui communique une teinte d'un bleu noirâtre très foncé. Cette teinte disprait vers -}- 60*^9 lorsqu'on chauffe la liqueur; elle reparaît lonqu'on la laisse refroidir , mais en partie seulement. Ce phénomène peut se renouveler plusieurs fois de suite , mais il arrÎTe bientôt une époque où la liqueur demeure incolore. On a pensé que ce phénomène était dû à une espèce d'isomërie; mais je me suis assuré que la présence de l'eau est nécessaire pour qu'il s'accomplisse : de Fiodure sec d^ amidon (i) desséché dans le vide ne se décolore pas en le tenant pendant plusieurs heures à la température de ^ loo».
L'iode décolore la dissolution sulfurique de l'indigo. Engé^ néral, il se comporte chimiquement comme le chlore et comme le brome ; mais son action est moins marquée et il est déplacé de ses combinaisons par ces deux corps. Le contraire a lieu lorsque ceux-ci sont unis à l'oxygène : c'est l'iode qui les déplace. Sous l'influence de l'eau, il s'unit immédiatement avec le fer ou le zinc à la température ordinaire. Les hydntes de potasse et de soude, dissous dans l'eau, s'y unissent, et donnent naissance à 5 équivalens d'iodure contre i d'iodate :
6 1 + 6 AO = 5 l + lOeA.
L'iode pur doit être entièrement soluble dans l'alcool, et ne doit laisser aucun résidu, lorsqu'il est chauffé i une température d'environ -^ aoo*
£a;^mc/ibii. — L'iode s'extrait par un procédé tout44iiit analogue à ceux qui sont employés pour obtenir le chlore eik brome. On concentre fortement \ts eaux-mères de la soude des varechs qui le renferment principalement à Tétat d'iodure Je potassium. On y ajoute alors du bioxyde de manganèse d
( I ) Cest tiosi que l'on nomme le coropoié qui se forme par la rcactioa def^
lOPK* 637
poudre très fine, et Ton pousse l'ëvaporalion jusqu'à siccSté. Le résidu de cette évaporation est soumis à Taction du sulfate hydrique dans des cornues à col très court, chauffées dans des fourneaux à réverbère, et l'iode se condense dans le récipient disposé à cet effet.
IK + M0O2 + a SO4H = SO4K + SOiMn + ft HO + I«
Il est convenable d'employer un fourneau à réverbère, non pas pour obtenir une température très élevée, mais pour chauffer la voûte des cornues afin que Tiodenes^y condense pas.
Les eaux-mères qui contiennent Tiode contiennent aussi du hrôme, et l'on peut obtenir ces deux corps en les précipitant successivement par le chlore. Pour cela, après avoir chauffe assez fortement le résidu de l'évaporation des eaux- mères de la soude de varechs avec le bi-oxyde de manganèse, on le traite par Teau, qui dissout les iodures et les bromures ; on décante la liqueur, on la filtre même, s'il en est besoin, et Ion y fait passer un courant de chlore : Tiode se précipite d'abord; quand on voit qu'il ne s'en sépare plus, on arrête l'opération pour le recueillir. Lorsque cela a été fait, on continue à faire passer le chlore dans la liqueur, et le brome se sépare ; mais, pour éviter les manipulations ultérieures, qui sont longues et dispendieuses , il vaut mieux évaporer de nouveau la liqueur, y ajouter du bi^xyde de manganèse, et la traiter par le sulfate hydrique dans un appareil distillatoire.
Usages* — L'iode est employé pour faire tous les produits chimiques qui le renferment, tels que l'iodure de potassium, l'iodure de fer, l'acide iodique, etc. Il sert de réactif pour re» connaître l'amidon. On en a fait usage dans ces derniers temps pour la photographie parle procédé de M. Daguerre.
L*iode en nature a été employé en médecine, principalement dans le traitement des maladies scrofuleuses et de la leucorrhée. Il est pris en dissolution dans l'eau , avec ou sans addition de sel marin. Les personnes qui sont soumises à ce régime ont une haleine qui sent fortement l'odeur de l'iode. C'est donc par la voie pulmonaire que ce médicament est éliminé à l'économie. Je crois que l'usage interne de ce médicament est dangereux, et capable de déterminer la formation de lubercules pulmonaires.
Selon M. Oriilas Tiode est vénéneux pour l'homme, à la dose
638 GHLOROfABS.
de quelques grammefl. La limaille de fer porpkyrtsée poumit être administrëe comme le contre-poison de ce corps. Elle donnerait naissance à de l'iodure de fer beaucoup moins actif.
Les iodures ont la plus grande analogie physique avec les chlorures et les bromures; mais il est très facile de les distinguer les uns des autres au moyen des caractères chimiques.
Un iodure alcalin dissous dans Tean n'agit point sur l'empois d'amidon ; mais si l'on y ajoute une très petite quantité de chlore , k l'instant même l'iode est mis en liberté et la Hqueur prend une teinte bleue.
Avec l'azotate argentique, on obtient un prëdpitc bbnc* jaunâtre d'iodure argentique, insoluble dans l'eau, dans l'azotate hydrique bouillant, et dans t ammoniaque. Avec les sels de plomb , ils donnent un beau précipité jaune d'iodure de plomb; avecles sels de bismuth, ils donnent un prëcipit<$ brun d^iodure bismuthique ; avec les sels de mercure au minimum, ils donnent un précipité vert d'iodure de mercure; avec les sels de mercure au maximum, ils donnent un précipite ëcarlate d'acide iodo-mercurique. Ce dernier précipité ne se forme que da&s certaines proportions: un excès de sel de mercure, ouuneices d'iodure, le redissolvent facilement.
Le chlore^ l'azotate hydrique, et même lesulfatehydriqne, mettent de l'iode en Ubertë lorsqu'on en ajoute à une di530- Intion d'iodure. L'action du sulfate hydrique est plus apparente sur un iodure en poudre: il en chasse l'iode en vapeon violettes.
lODUEE HYDRIQUE. IH = 1 592=4 ▼olumcs. Acidê hydrith dtqucj acide iadhydrique. Ce compose est gazeux comme le chlorure et le bromure hydriques; comme eux, il rëpand des vapeurs à l'air, et n'entretient point la combustion. Il est formé de volumes ëgaux d'hydrogène et de vapeur d'iode sans condensation. On déduit de là 4^39 pourson poids spécifique. Lorsqu'on le mêle avec un peu de chlore, à l'instant même il s'en sépare de l'iode qui apparaît en vapeurs violettes. Ce gaz est Ircssolubie dans l'eau, et attaque le mercure ; aussi eit-on oblige* le recueillir, comme le chlore, par le déplacement de IVir cofl* tenu dans les flacons. (V. p. 606.)
On obtient le gaz iodure hydrique en d<kx>mposant P»<idc
lODB. 639
iodo-phosphorenx par l'eau : I^P -f- 30H as O^P «-{- 3IH; maU on peut préparer l'acide iodo- phosphoreux en mime temps que le gaz. Pour cela, on fait, dans une petite fiole, un mélange de sable humide et d'iode, auquel on ajoute des petits fragmens de phosphore. En chauffant légèrement, le gaz se dégage. On le reconnaît aux Tapeurs qu'il répand dant l'air.
II se produit souvent, eo même temps que Tiodure hydrique, UQ composé de cet agent et d^hydi-ogène phosphore (ammoniaque du phosphore), qui cristailise en petits cubes d*une couleur blanche. Ce composé est remarquable par ses analogies de forme et de composition avec le sel ammoniac.
lODUBaS DB CAABOirB.
Sénillas a découvert deux iodures de carbone. L'un d^eux est en petites paillettes jauues et uacrées; il possède une odeur forte et safranée; il peut être sublimé à + ioo°, et il fond y en se décomposant, vers + tao**. Il est insoluble dans l'eau, mais il se dissout dans Talcool et dans Téther hydrique. Sa composition peut être représentée par CqXz. La potasse et le chlore le décomposent. On Pnbtient en ajoutant une dissolution de potasse caustique à une dissolution alcoolique d'iode. L'autre iodnrede carbone est liquide, incolore^ et plus dense que le sulfate monohydrique. Il est sans action sur le potassium. Sa formule est CI. On Toblient eo distillant l'iodure précédent avec une quantité égale diacide chloro-phosphorique. Le produit doit être ensuite lavé successivement avec de Tean, ane dissolution de potasse caustique et de sulfate monohydrique.
AGIOS lODBVXy ZOIIATE8 , BTFBHZODATBS .
L'oxygène passe pour former plusieurs composés avec l'iode; mais il u'en existe qu'on seul, encore est-il à peine connu ; les autres sont des composés hydriques.
ACios lODEux? lOx. M. Sementini a obtenu quelques produits qui peuvent être des eomposés oxygénés et anhydres de l'iode. L'un d'eux est un liquide jaune très visqueux , soluble dans Teau et dans lalcool, enflammant le phosphore et le potassium, que l'on obtient en distillant ensemble du bi-oxydede liaryum et de Tiode.
10D4TBS. lOeA. Les îodates donnent du gaz oxygène et un iodure. Lorsqu'on les chauffe, l'iodale hydrique est décomposé par la chaleur en eau, en oxygène et en iode reconnaissabie à sa vapeur violette.
On obtient l'iodate hydrique en traitant Tiode récemment précipité, soit en défraisant la solution d'un iodure par le chlore, soit en ajoutant de Tean dans une dissolution alcoolique d'iode, par l'aiotate hydrique fumant ; en ayant soin d'à* jouter de l'azotate hydrique jusqu'à ce que tout l'iode soit disparu ; en concentrant alors la liqueur jusqu'à consistance de sirop très épais, on oblieut de Tiodatc hydrique cristallisé. Ce {composé détone lorsqu'on le chauffe avec des corps très combustibles, tels que le souhre, la résine et ïa charbou. Il est très soloble <ians l'eau, et se décompose par la chaleur, comme il a été dit plus haut,
BTPXRionATxs. lOftA. Ces composés ont été découverts par MM. Aromermul- 1er et Magnus. Ils sont décomposés par la chaleur à-peu-près comme les îodates; mais riodate basique de soude est caractérisé par une insolubilité assez grande y fait qui est très rare pour les sels de soude et qui permet d'employer l'byperiodate basique de potasse comme un réactif pour reconnaître la soude.
640 GRLOROÏDBS.
On produit lliyperiodate basique de soude en mêlant ensemble 5 ptrliet d*iftdate sodique et % parties d'hydrate sodique; le dissolvant dans Teau, el en y Eûsant passer un courant de chlore , il se forme du chlorure de sodium, et l'oiygèoe de la soude suroxyde Piodate sodique.
lOeNa + 9 HOaNa + a Cl = lOsNa + a ClNa + % HO.
L'hyperiodate de soude doit être lavé et sérhé.
Si Ton dissout ce sel dana Tazotate hydrique, et si on le décompose par Tatolate argentique, qu'on le puriGe par des lavages, et qu*on le dissolve ensuite daDsTuotale hydrique bouillant, par l'évaporation de la liqueur on obtient l*hyperiodSte argentique. Ce composé se détruit par Teau qui s'empare d'une partie de Tiode byperiodique , et donne naissance à de l'hyperiodate hydrique.
XODVRB SB SOUTBB.
En fondant ensemble^ à la plus basse température possible, 4 parties d'iodée! I de soufre, on obtient un composé qui se solidifie par le refroidissement et presd une texture cristalline. Sa couleur est le brun-gris, métalluîde; il possède nae odeur analogue à celle de l'iode. La chaleur le décompose en iode et en saa&t, qui se séparent par leur différence de volatilité, l'iode s'en allant le premier. Ce composé, qui paraît fort instable, doit avoir pour symbole IS^t si toutefois ce n'est point un autre composé dissous dans le soufre ou dans l'iode.
On connaît deux composés d'iode et de chlore : un liquide et nn solide. Le pn* mier contient moins de chlore que le second. On les obtient tous deux en friflat arriver du chlore sec dans un vase contenant de l'iude, & la température ordiaûie.
Le chlorure liquide d'iode est rouge -jaunâtre. Il possède une inienr qui rappcUs celle du chlore et de l'iode. Il est soluble dans l'eau et dans l'éiher hydriqne. Il peut être distillé sans altération. Mis en contact avec l'ammoniaque, il dooae mis* sance à du chlorure ammonique et a de l'iodure d'azote, sans dégagement d'ante, d'où l'on déduit sa composition par cette équation :
R Cl AzH4 + Aals = 4 AzHa + 3 ICI.
Id est donc la composition de ce chlorure d'iode.
Od emploie dans la photographie un dilorure d*iode liquide qui est le chbine d'iode ICI tenant de Tiode en dissolution. On obtient ce mélao^ en faisant |MSi^ un courant de chlore sec dans de l'iode , jusqu'à oe que ce corps te résolve en liquide. Ce liquide est brun foncé; il répand une odeur suffocante et peut être séparé en chlorure d'iode et en iode par une distillation bien ménagée; l'iode, pi» fixe que le chlorure, demeure dans la cornue.
Le chlorure solide d'iode est solide, jaune, fusible, déoomposable par la chsletir en sous-chlorure et en chlore, ré|)8ndant des vapeurs à l'air, se dissolvant dtff l'eau qui le décompose en iodure et eu iodale hydriques. Scnillas avait pensé fs' ce composé avait une composition corre^poudante à celle de l'acide iodiq^*" hydre, et, par convé(]ueot, qu'il pouvait être noté ICI5; mais il fuirait, d'spô^*' observation de M. Liebîg, qu'il contient moins de chlore que Sémllasoe ruait pensé.
PLUOB. 64 I
Il existe deux brômnret d'iode correspondant sans doute aux deux clilornres; mais le prolo-brdroure est solide^ et Thyper-brômure est liquide. i)n les obtieot tous deux en mettant aîmpiement lebrdme et Tiodeeu couiact. lia sont saus usage.
FLtJOR (l).
Radical fiuoHque. Phthore^ Ampère»
Fl = 933,80.
Le fluor n'existe dans la nature qu'à l'état de combinaison ^ on le trouve principalement à l'état de fluorure de calcium. Après que MNI • Gaj-Lussac et Thenard eurent adopté Topinion que Tacide muria tique oxygéné pouvait être un corps simple de sa nature, Âmpérc fil la même supposition à IVgard du radical contenu dans le spath-fluor, quoique l'on n'ait point encore pu l'isoler. De là le nom de fluor qui lui fut donné. Ampère avait adopté de préférence celui de/^A/Aore, qui vient de grec <^oç , destruction, parce que le fluor détruit tous les corps qui sont en contact avec lui.
Bien des tentatives furent faites pour isoler le fluor, et jamais l'on n'y est parvenu d'une manière satisfaisante. Davy ayait vu que le chlore décomposait le fluorure de mercure et en séparait le fluor \ mais à l'instant même ce corps décomposait le verre des vases opératoires en déplaçant Toxygène qu'il renferme. Il songea à faire cette expérience dans des vases de fluorure de calciimn, qui était peut-être la seule matière , qui ne pouvait présenter cet inconvénient. Ces expériences ont été réalisées en i836 par MM. A. J. et Th. Knox. En opérant ainsi, ils obtinrent un gaz coloré, n'ayant point d'odeur irritante et, par cela même , facile à distinguer du chlore et du fluorure hydrique. Mêlé avec le gaz hydrogène et enflammé par l'étincelle électrique, le mélange donne du fluorure hydrique reconnaissable aux vapeurs qu'il répand à l'air. Le fluor, tel qu'il a été obtenu par MM. Knox, décolore le papier rougi par le bois de brésil , attaque Tor, le palladium , l'argent , le mercure, etc. \ mais il est sans action sur le platine.
(i) Selon Tordre îndtqaé, le fluor aurait dû être placé avant le cblore ; mais sa nature étant problématique et son histoire très ioconplèiey je ne le mets ici que I appendice aux chloroîdes étudiés {trécédemment,
64a GHLOROÏDBS.
Daos le même temps que M* Rnox , j'avais tenté quelques expériences pour isoler le fluor. En traitant le fluorure de calcium par le bi*oxyde manganique et le sulfate mono-hydricpe dans des vases de verre , j*ai obtenu un gaz brun jaunâtre, mêlé avec du gaz fluo-silicique et de la vapeur de fluorure bydrique. Ce gaz décolorait Tlndigo et dissolvait Tor. J'ai depuis répété cette expérience avec d'autre fluorure de calcium, et elle n'a plus réussi. Je pense pouvoir attribuer aujourd'hui les résultats que j'ai obtenus à la présence du chlore dans le fluorure de calcium, que j'ai d'abord employé. Depuis celle époque , j'ai rencontré d*autre fluorure d'une teinte verdâlre qui contenait de Tiode. Toutefois des phénomènes singolien que j'ai observés^ et qui sont de nature à faire douter de li théorie d'Ampère , me feront revenir sur ce sujet qui mérile la pliis grande attention.
On connaît un grand nombre de fluorures ; mais on n'a jamais obtenu un seul composé oxygéné du fluor.
FUuUeSj kjrdro^ fluettes^ phthorures.
Les fluorures se distinguent très facilement des autres cUoroïdures, en ce qu'ils forment avec l'argent un sel très solnble dans l'eau. Ib sont principalement caractérisés par le fluorure hydrique auquel ils peuvent donner naissance, et par l'actioa que celui-ci exerce sur le verre. Un fluorure pulvérulent, mêlé avec du sulfate mono-hydrique et légèrement chauffé dans une capsule de plomb ou dans un creuset de platine, donne des vapeurs de fluorure hydrique. Si à ces vapeun ou soumet une lame de verre, enduite de cire , sur laquelle on a tracé des figures quelconques à l'aide d'une épingle de cnifR; qui ne peut rayer le verre, on trouve qu'après avoir enlete'la dre le dessin tracé se trouve gravé en creux sur le verre.
Si le fluorure contenait du silicium , le verre ne serait point attaqué; mais on obtiendrait des vapeurs épaisses que Ton pourrait conduire dans de l'eau, à l'aide d'un tube,* li elb seraient décomposées et donneraient un dépôt gëlatinetf d'hydrate silicique.
FLuo&u&E HTDRiQV«. FIH = 246, 3o. Acide fluonque.f^ hydro-fluoriquej acide hydro-phthorique^ acide fluor^kfiji^
Ce composé a été déconvert par Scheele, en 177 1. MM. Gay* Lussac et Thenard l'ont obtenu les premiers à l'état de con* œntration le plus absolu. Ce produit est liquide et incolore; il répand d'épaisses vapeurs à Tair, et possède une odeur vive et piquante; il bout à la température de -f- i5o*. Lorsqu'on le mêle à l'eau, il fait entendre un bruit semblable à celui que produirait un feu rouge en pareille circonstance. Il rougit fortement la teinture de tournesol, et détruit les tissus animaux avec une énergie extrême : une goutte de ce liquide, appliquée sur la peau, excite une fièvre vix>iente ; de là l^emplot qu'Am<pére en a voulu faire pour déterminer la période de réaction dans le cboléra. Il fait naître des ampoules blanches, et les plaies qui en résultent guérissent très lentement.
Ce composé est principalement caractérisé par l'action qu il exerce sur le verre qu'il dissout avec une grande facilité. Cda est cause que l'on est obligé de le préparer et de le conserver dans des vases de platine ou de plomb.
Préparation. — On obtient le sulfate hydrique en faisant réagir l'un sur l'autre le fluorure calcique et le sulfate hydrique concentré : il se fait un échange entre le calcium et l'hydrogène, et l'on a pour produit dvL sulfate calcique fixe, et du fluorure hydrique volatil.
FIG4 + SO4U = SOiCa -f FIH.
On fait cette opératiœi dans une cornue de plomb, a'ouvrant en deux parties par le milieu de la panse. Le mélange de fluorure de calcium en poudre et de sulfate hydrique très concentré est introduit dajis la partie inférieure; on la recouvre de son chapiteau, on y joint le récipientqui est également de plomb, et Ton bouche les poiniares avec des bandes de papier enduites de coHe de p&te. On chaufife au baia de sable , et on entoure le récipient avec de la glace. Il faut chaufTer la cornue à une température voisine de la fusion du plomb; aussi cette opération exige des soins continuels. Quand on retire le récipient, il faut le tenir dans pluaîeurt doubles de linge, afin d'éviter autant que possible que
644 CHI.OEOÏDB8.
du fluorure hydrique ne coule sur les mains, car il en résulterait des accidens très graves.
Lorsque Ion n*a pas besoin de fluorure hydrique concentré^ on ajoute de l'eau dans le récipient : la vapeur du fluonire hydrique s'y condense plus facilement et le produit est moins dangereux à manier*
Usages. — Le fluorure hydrique est employé pour graver les instrumens en verre usités dans les laboratoires de chimk et de physique. Pour cela on s'en sert i l'état liquide on a l'état de vapeur; mais il faut, dans tous les cas, recouvrir k verre de cire ou d'un vernis semblable à celui des graveun,ct enlever la cire ou le vernis partout où l'on veut que Tacide morde.
Depuis bien des années je dis dans mes leçons que Ton obtiendrait sur des glaces des gravures qui pourraient être reportées sur le papier, mais qu'elles offriraient l'inconvénient de ne pouvoir être corrigées. Il paraît que ce procédé a élé mis à exécution en Angleterre.
GTAHOGàlIB.
Cy = G2AZ = 3a5 = 9 volâmes.
C'est à M. Gay-Lussac qu'il a été réservé de découvrir ce corps éminemment remarquable, et de nous en faire connaître l'histoire. Son nom vient du grec Kvocvoç et ycw^, mots qui veulent dire générateur du bleu, ou produit par le bleu, parce qu'il existe dans le bleu de Prusse.
Le cyanogène est gazeux et incolore ; il possède une odeur analogue à celle des amandes amères, mais vive, pénétrante, et excitant le larmoiement. Son poids spécifique est de 1,8064; son indice de réfraction = i ,ooo834, selon Dnlong. Sons une pression d'environ 4 atmosphères, le cyanogène se liquéfie. À l'état liquide il est incolore; son poids spécifique = àpeu-près 0,9; il réfracte la lumière moins que Teau, etJie se solidifie pas à — I8^
Composilion.'^Le cyanogène est composé de carbone et d'izote. Sa composition peut être établie facilement en le déoovposant par Toxygène dans un endiomètre à mercure, on ^ en le faisant passer dans un tube de verre contenant de Foij^ de cuivre , cbaufiJé au rouge : dans les deux cas on obtient
GTANOeilIB. 645
un gaz qui est un mélange de a volumes de gas carbonique contre i d'azote; d'où Ton déduit que ce gaz est forme de a volumes de vapeur hypothétique de carbone contre i d'azote.
En opérant daus un eudiomètre on trouve que le volume du gaz carbonique est double de celui du cyanogène employé, et que celui de l'azote lui est égal : on conclut de là que i volume de cyanogène est formé de 1 volume d'azote et de a volumes de vapeur de carbone condensés en un seul volume. On arrive au même résultat en faisant la somme des poids spécifiques de CCS gaz, multipliés par les volumes correspondans : on trouve qu'elle est égale au poids spécifique du cyanogène*
1 Tolume d*azote =.- 0,9710
3 Tolumes de vapeur de carbone = 0,4 18S X » = 0,8376 Poids spécifiques du cyanogène gazeux = 1,8096
Réaction. — Le cyanogène résiste à une température élevée sans subir d'altération. Une longue suite d'étincelles électriques le décompose , en séparant ses clémens : du carbone se dépose et Tazote devient libre en conservant le volume occupé par le cyanogène. Au contact de l'air, il brûle avec une flamme violette lorsque l'on y met le feu. L'eau en absorbe 4 fois et demie son volume. Cette dissolution s'altère en peu de temps et donne naissance à un dépôt de matière brune, qui est un composé d'azote et de carbone. L'alcool dissout a3 fois son volnme de cyanogène. Chauffé au contact du fer, le charbon est séparé, et Vazote devient libre.
Les alcalis dissous dans l'eau absorbent facilement le cyanogène, et donnent naissance à un cyanate et à un cyanure :
9 Cy 4 s AO = CyA + GyOïÂ.
En faisant passer le cyanogène gazeux sur du carbonate potassique chauffé dans un tube, une réaction du même ordre a encore lieu : il se produit du (yanate et du cyanure potas' êiqiies.
L'hydrogène, le carbone, l'oxygène et le soufre ne s'unissent point directement au cyanogène ; mais les chloroïdes autres que lui peuvent s'^y unir.
La dissolution alcaline du cyanogène permet de reconnaître ce corps d*iinc manière assurée en l'employant à former du bleu de Prusse au moyen du cyanure au'el|e çQulicul, Le bleu
646 CflLOROÏDB9.
de Prusse étant le résultat de la combinaison du sesqui-cyaniiTe et du proto-cyanure de fer, on fait un mélange de dissolutions de sulfate de protoxyde et de sulfate de sesqui- oxyde de fer; en y ajoutant le cyanure potassique, il se fait un précipité composé de bleu de Prusse et d'hydrate d'oxyde de fer, par Texcès d'alcali que la dissolution contient presque toujours. Si Toa dissout les hydrates de fer parle chloriirè hydrique, le bleu de Prusse reste seul.
Extract ion,^^ On obtient le cyanogène en chauffant ducjanure de mercure bien sec dans un petit tube de verre scellé à une extrémité. Le cyanogène et le mercure sont séparés par la simple action de la chaleur. Le gaz doit être recueilli sur le mercure» à cause de son prix élevé et de sa solubilité dans l'eau.
Oit oblleiit le tyanogène liquide en chauffant le cyanure de îlietctite dxins un idbe de Faraday, comme pour obtenir le protoxyde d'azote liquide.
PAHA-CTAiTOGTfeKE. — Triple cyanogètte, 3 Cy ? Lorsque l'on préparé le cyatiogètie, 11 se fornip une thalière solide brune, presque noire, insoluble dans l'eau, pouvant résister sans altération .1 une température assez élevée. Ce produit est formé de carbone et d'azote dans le môme rapport que le cyanogètie^ mais la différence de ses propriétés est sans doute due à un autre arrangement de ses parties conslituanlos. La tendance du cyanogène à former des composés triples, donne lieu à penser que le para-cyanogène est leur radical, et quil c*st fortaié de trois molécules chimiques pénétrées les une5 dans les autres. Ainsi, le para- cyanogène serait le radical dff cyanurates et des triples cyanures. Toutefois, ce corps est pen connu, et il est désirable «juc l'on entreprenne de nouvelle* expériences pour élucider son histoire.
GTAHOGÂBS. 647
Prussiates , hydro^cyanates.
Les cyanures des métaux alcalins sont solubles dans l'eau, et résistent à une température élevée sans se décomposer. Le cyanure de mercure est soluble dans Teau, et donne du cyanogène par la chaleur. Le cyanure d'argent, facile à obtenir par double substitution entre un cyanure soluble et l'azotate argentique, est blanc, insoluble dans l'eau, insoluble dans l'azo* tate hydrique à la température ordinaire , mais soluble dans ce liquide bouillant. Le cyanure argentique, fondu avec du chlorure sodique, donne du chlorure argentique insoluble dans l'eau, et du cyanure sodique soluble.
Un cyanure distillé avec le sulfate hydrique ou avec le chlo rure hydrique, donne pour produit volatil du cyanure hydrique reconnaissable à son odeur d*amandes amères, et aux autres propriétés qui vont être indiquées en parlant de ce corps.
Un cyanure dissous , autre que le cyanure hydrique, et un mélange de sels au maximum et au minimum de fer , donne du bleu de Prusse très caractéristique par sa couleur.
CYANUKE HTDKiQUB. CyH = 437>5 =4 volumcs. Acide prusslque^ acide hydrocy unique^ acide cyanhydrique. Le cyanure liydrique a été obtenu par Scheele à l'état de dissolution dans Teau^ M. Gay-Lussac Ta obtenu à l'état de pureté. Ce composé existe naturellement dans plusieurs parties des plantes de la tribu des amygdalées de la famille des rosacées , telles que les amandes amères , les feuilles du laurier-cei-ise et du pécher^ ou bien, au moins, s'il n'existe point dans ces végétaux, il prend fa cilement naissance sous l'influence de Teau lorsque, en déchirant les cellules des tissus organiques, on mâle les différend produits qu'elles renferment, comme on le verra plus tard.
Le cyanure hydrique, obtenu par la méthode de M. Gay- Lussac, est un liquide incolore, d'une odeur forte d'amandes amères, d'une saveur fraîche d'abord, puis acre ensuite. A -|- 7°, son poids spécifique =o,7o58, à -]- 18°, il est de 0,6969 : on déduit de ces valeurs que le cyanure hydrique se dilate de 0,001 1549 P&>^ chaque degré du thermomètre entre -j- 7° et -j- i8°. Ce liquide bout à -j- 26°,5, et se congèle à environ -— iS^»* Il cristallise alors en prenant la forme de
648 CHLOROÏDB8.
prismes striés comme l'azotate ammonique. L'abaissement de température, produit par la vaporisation d'une partie de cyanure hydrique liquide, suffit pour congeler le reste dans de l'air à -j- 20». Ce composé , jusqu'à présent, ne partage cette propriété qu'avec l'acide carbonique liquide. Le poids spécifique de la vapeur de cyanure hydrique =: 0,9476. La Xenàm de cette vapeur est telle qu'à -f- 10*, elle soutient une colonne de mercure de o"*,38, et qu'à -}- 20**, elle quadruple le volume de l'air ou des gaz mis en contact avec le liquide qui la produit. Analyse et composition* — Si l'on fait passer un coarant de vapeur de cyanure hydrique dans un tube de porcelaine, contenant des fils de fer chauffés au rouge, le fer s'unit à une partie du carbone, tandis que Tautre se dépose, et l'on obtient un mélange gazeux , formé de volumes égaux d'hydrogène et d'azote : le cyanogène , contenant un volume d*azote égal au sien , il en résulte évidemment que le cyanure hydrique est formé de volumes égaux de cyanogène et d'hydrogène. Le cyanure hydrique donne une vapeur asseï abondante à +si5*, pour quil soit possible de l'analyser dans un eudiomètre à mercure en le brûlant par l'oxygène. Les résultats que l'on obtient ainsi ne sont point très exacts, parce qu'il se produit quelque composé oxygéné de l'azote. Quoi qu'il en soit, les renseignemens, obtenus par ces analyses et par le poids spécifique du cyanure hydrique , démontrent qne la vapeur de ce composé est formée de volumes égaux de tyanogène et d'hydrogène sans condensation, ou bien qu'un volame de cette vapeur contient un demi-volume d'hydrogène, un demi-volume d'azote et un volume de vapeur hypothétique de carbone.
1/9 Tolume d'hydrogène = ■ ■ = 0,0346
i;a voluine de cyanogène = = o,9o3a
a II ■
z voliimo de cyanure hydrique = 0,9378
Reactions, — Le cyanure hydrique est très peu stable, il se décompose très rapidement et surtout sous l'iuflaence de li lumière ; aussi ne peut-on le conserver pendant quelque temp^ quVn le renfermant dans des flacons couverts d'un cdJb»' noir qui les rendent imperméables à la lumière. I..es flacons de verre violet, quelquefois noir, que l'on troure dans Je com-
GYAKOGBNB. 649
tnerce^ ne sont point convenables pour cet usage. Les produits de la décomposition spontanée du cyanure hydrique sont du cyanure ammonique et une matière noire, charbonneuse, que M. Gay-Lussac a pensé être uniquement formée de carbone et d'azote; mais M. P. Boullay a fait voir depuis que ce produit renfermait de l'hydrogène , puisqu'en le chauffant, il donne du cyanure ammonique qui en contient, du cyanogène et du charbon. C'est à ce composé qu'il a donné le nom d'acide azulmiquey et qu'il a assigné Âzs C5H pour composition. La décomposition du cyanure hydrique pourrait donc être représentée par cette équation :
6 HCâTz ="câAx,A2H4 + a (HC5AZ3).
Le phosphore et l'iode, volatilisés dans la vapeur de cyanure hydrique, n'agissent point sur elle; le chlore la détruit en produisant du chlorure hydrique et du chlorure cyanique. Le soufre s'y combine. Le potassium, chauffé dans la vapeur de cyanure hydrique, absorbe le cyanogène, et met Thydrogène en liberté : la quantité d'hydrogène, ainsi obtenue, est égale à celle que la même quantité de potassium aurait donnée en décomposant l'eau. Cette expérience peut être faite dans une cloche courbe sur le mercure. On a vu qu'en présence du fer, le cyanure hydrique était décomposé k une température élevée. En mettant le cyanure hydrique en présence de l'hydrate de potasse dissous, il se forme du cyanure potassique et de l'eau. Le cyanure potassique jouit de propriétés indiquées précédemment en parlant des cyanures ; mais le cyanure hydrique peut décomposer l'azotate argeutique, et donner ainsi du cyanure argentique, dont les propriétés caractéristiques ont été indiquées en même temps. En faisant passer ia vapeur du cyanure hydrique sur de la baryte ou de la chaux caustique, il se dégage de l'hydrogène, et il se produit un mélange de cyanure et de cyanate.
En mettant le cyanure hydrique en contact avec l'eau et «n sel hydrique (acide) , il se forme du formiate hydrique et un sel ammonique. ÂzGsH -|- 4H0 a=s ÂzH, -^ CtHa04«
CULOaOÏDBS.
Celle obserralion est due à M. Pelouze, qui a encore tu qu'en traitant le cyanure de mercure par un excès de chlorure hydrique, il se formait du formiale hydrique et un chlorure ammonico-mercurique (sel alembroth), et par contre qu'en chauffant le formiale ammonique , il se transformait en cyanure hydrique, vers -f- i8oà ^00°.
Préparation. — M. Gay-Lussac a obtenu le cyanure hydrique, en traitant le cyanure mercurique en excès par le chlorure hydrique : il se produit du chlorure mercurique, et du cyanure hydrique facile à obtenir par une légère élévation de température.
L'opération peut être faite dans l'appareil suivant :
Dans le tube horizontal , on met. d'abord des fragmens de craie pour détruire le chlorure hydrique qui pourrait se volatiliser, puis ensuite des fragmens de chlorure de calcium pour dessécher complètement la vapeur du cyanure qui va se rendre dans un petit tube que l'on refroidit au moins avec de la glace pour la condenser. Depuis que M. Gay-Lussajc a fait connaître ce procédé, on en a trouvé d'autres plus économiques.
On peut décomposer le cyanure potassique par le sulûl^ hydrique, et prendre les précautions convenables pourdessé-
GTAKOGànS. 65 1
cher le produit et le condenser. Dans tous les cas, îl est convenable de le laisser mact-rer sur du clilorure calcique fondu, introduit dans une cornue, et de le distiller ensuite sans le changer de vase.
On prépare encore le cyanure hydrique en traitant le cyano-ferrure potassique par le sulfate hydrique : 4 parties de ferro-cyanure, a parties de sulfate hydrique dissous dans lo à 12 parties d'eau, donnent par la distillation un produit que l'on peut diluer à volonté pour Tosage uiëdicaL
Le cyanure hydrique, obtenu par ce procédé, peut être conservé pendant plusieurs années sans altération. J'en ai préparé en 1 833, et il était encore en bon état' en 1 836. On ne sait à quoi attribuer la facile conservation de ce produit $ mais il serait possible qu'il contint du fer : quelque bien distillé qu'il soit, il finit toujours par donneir des traces de bleu de Prusse autour des bouchons de verre des vases qui le renferment.
En traitant de Tamygdaline, on indiquera une réaction re*marquablc dans laquelle il se forme du cyanure hydrique.
Propriétés toxiques, usages, — Le cyanure bydrique est pest-^tre le plm violent poison qui existe. Il su(Gt de quelques goultes de cetle substance pour donner la moit à un animal fort et robbite. Oo peut déduire, des expériences qui ont été faites, que c'est par la voie pulmonaire qu'il agit avec le plus d'énergie : aussi >st*ii dangereux de respirer ce poison , et ne peut*-on sans danger répandre sa vapeur dans l'air. J ai vu souvenl jeter de la mie de pain recouverte de quelques goultes de cyanure hydrique piédicinal à des moineaux, et ceux-ci tomber morts, comme s'ils étaient frappés par la foudre en ouvraul le bec pour saisir le pain. Lorsque le cyanure hydrique, t\\ les produits qui le renferment, sont inijéfcs dans IVstomac, les efTt^s du poison sont encore ti*ès vîoleos : il diminue racii» vite de la circulation, occasionne des nausées, produit uu relàchemeqt muscul^j^ coosidérabie, la sulfocation et la mort. Cependant, quand on donne ce produite haute dose à des animaux, ils paraissent périr dans des convulsions tétaniques.
Le cyanure h)drique passe pour agir sur les végétaux comme sur les animaux; cependant il paraîtrait ne point agir avec une grande énergie sur les vertébrés inférieurs; voici le résultat d'une expérience que j'ai faite cette année : le i*' a^ril (i843), des œuis de la grenouille grise furent introduits daus a décilitres d'eau de Seine coiittnanl 4 goutte^ de cyanure hydrique, déjà dilué de moitié environ; ils y sont éclos seulement un peu plus lentement que dans l'eau seule, et, le lo (lu même mois, ils étaient encore vivans et très agiles.
On attribue les accideos causés par le cyanure hydrique à l'aetion qu'il exerce sur le syslème nerveux; mais cette explication est insignifiante et màme dénuée de vraisemblance, s'il est vrai que le cyanure hydrique tue les végétaux; quoique des physiologistes, par suite d'observations mal fondées ou de pétitions de principes, soient parvenus à conclure cjiic les végétaux ont un système ner\eux.
1a5 eyanurc hydrique existe dans l'eau distillée de laurier-cerise des pfaarmatries
65 a GULO&OÏDBS.
et daos oalle des cerÎMs noires» que Ton obtieol ea dislillant ces fruits après en avoir brisé les noyaux.
Ces produits sont très actifs ; mais leur activité diminue rapidement, parce que le cyanure hydrique se détruit. Dans l'eau de laurier-cerise, il se change eu adde foimique et en benzoate ammonique, par l'absorption ie rozyçène de rair et pv la transformalioD de lliydrure de bcnioyle que cette eau contient , en benzoate bjdrique.
Le kirsli-wasser , ou TeaU de cerises noires, obtenu par la fennentation et la distillation, les diverses eaux de noyaux, contiennent du cyanure hydrique; il résulte de là que Tivresse produite par ces liqueurs est un véritable et très dangereux empoisonnement. Les macaroaa et les crèmes aromatisées par les feuilles da laurier-cerise ou laurier-amande, contiennent du cyanure hydrique; aussi ces produits sont-ils dangereux lorsqu*iU sont pris en trop grande quantité.
Tous les individus ne sont pas ê;galemeut impressionnés par le cyanure hydrique. Il en est qui trouvent agréables des préparations qui peuvent en empoisonner d'antres d'une manière grave.
Le contrepoison du cyanure hydrique est Tammoniaque , qui le transfcme ea cyanure ammonique, ou le chlore qui le délruit, on la vapeur des hypo-cbloriles. J*ai souvent rappelé à la vie des moineaux qui paraissaient morts, eo leur tenant la télé au-dessus d'une bouteille d'hypo-cblorite de chaux ou de soude Jissous.
On a préconisé le eyanure hydrique clans la phthisie pulmonaire. Je Foi va très souvent administrer; mais je suis convaincu qu*il est plus nuisible qn^utile,«l que, en général, tout ce qui peut diminuer la vitalité des organes eal oontrairt aux personnes affectées de cette maladie.
Inddptndamment des cyanures que l'on peut considérer comme simples, il existe des cyanures triples, c'est-à-dire des cyanures compcës, que Ton peut regarder comme formés par trois molécules de cyanures simples pénétrées les unes dans les autres* En outre, ces sortes de cyanures se combinent très facilemen tavec les sesqui*cyanures , et il en résulte des cyanures encore plus compliqués , que nous nommerons cyanares composée.
Triples ejnmvea.
Prutsiatet ferrures ^ cyano-ferrures ^ferro-cyanures. CyPe^aGyÀ, et CyFe^CyAjCyR.
La formule générale des triples cyanures indique que, jusqu'à ce jour, le fer est un élément nécessaire à leur conslîtB* tion ; mais il est probable que les autres sidéroïdes, surtoet fe nickel et le cobalt, priurraient le remplacer. Les autres cyanures sont à base d'hydrogène, de potassium, de sodium, ou
GTAHOGim. 653
de calcoïdes, ou bien ik renfennent deux de ces métaux Ala-f
Quelques chimistes considèrent ces sortes de cyanures comme étant le résultat de la combinaison d'un radical formé de cyanogène et de fer avec les corps indiqués* M. Liebig, qui adopte cette hypothèse, admet que ce radical a pour formule CysFe, et lui donne pour symbole spécial C»jy.
M. Graham admet que les cyanures triples correspondent à Pacide cyanurique, qui est triple comme eux. Quoi qu'il en soit, le fer, dans ces sortes de composés, ne paraît pas être au même état de combinaison que dans les sels ordinaires, attendu que sa présence ne peut être décelée ni par la potasse, ni par l'ammoniaque^ ni par le tannin. Toutefois, le défaut d'action de la potasse et de Tammoniaque ne signifie pas grand'chose; car, bien des sels qui se réunissent pour former un composé soluble ne précipitent généralement pas par l'addition de l'une des bases qu'ils renferment. Telle est l'action de lammoniaque , qui ne peut jamais précipiter que la moitié de la base des sels neutres de magnésie, et qui est sans action marquée sur les sels ammoniaco-magnésiens.
Les triples cyanures portent généralement le nom de cyanch' ferrures ou de ferro^cyanures. Les principaux cyano^ferrures connus sont le cyano-ferrure hydrique, GyFe. a CyH, le cyano-femire de potassium, GyFe, i Cyk, 3 HO, et une espèce de bleu de Prusse. En général, quand on ajoute un ferro-cyanure dissous à un sel métallique également dissous , il se forme un triple cyanure, contenant une molécule de cyanure de fer, contre deux molécules de l'autre cyanure GyFe, a GyA -fa XR = GyFe, a GyR + a XA.
Les triples cyanures donnent du cyanure hydrique lorsqu'on les distille après les avoir réduits en poudre et mêlés avec du sulfate hydrique (Y. p. 65o). Le principal caractère de ces composés, lorsqu'ils sont soluble;, est de donner un précipité de bleu de Prusse, quand on y ajoute un sel de fer correspondant au sesqui -oxyde.
CTAHu&BVBAAO-DiHTB&iQUB. GyFe, a GyH* Acide pnuiique ferrure^ acide hydro^ferrocyanique^ acide /erro^cyeuthydrique. Ce composé correspond au cyano-ferrure jaune de potassium ; seulement les deux équivaiens de ce métal y sont remplacés par l'hydrogène. U a été découvert par Porrett, qui Ta obtenu
054 QwtamiïBMM*
en déoompoiADt le eyanure feno*bikaliqae par le Urtnte hy* drique : il se forme du tartrate bydro-kalique et du cjanue ferro*dibydrique. En concentrant le produit^ et en traitant par ralcool, on ne dissout que le cyanure. M. Berzelius obtient im pr4)duit beaucoup plus pur en décomposant ie cyanure ferro-biplombique tenu en suspension dans l'eau, par un courant de gaz suliure hydrique : il se forme du sulfure plombique et du cyanure ferro-bihydrique. La liqueur est ensuite iiUn'e et évaporée dans le vide. Ce composé est eu masse blanche, et présente une cristallisation confuse) il estsolubk dans 1 eau et dans Talcooi , devient bleu par son exposition à l'air; il se change en cyanure hydrique et en une espèce de bleu de Prusse en faisant bouillir sa dissolution aqneuse.
Cyanures composés.
Cyani'ferrures^
3(CyA),Cv3K2.
Dans ces sortes de composés, le corps représenté par A peut être de Thydrogène pu du potassium , et le métal représenb: par R peut être du fer, du cob?U ou du chrôi^e*
(jC premier de ces composes qui a été obtenu est le cjaoofeirrure rouge de potassium, que l'on prépare en faisant passer lin courant de chlore dans la dissolution du cyanure ferrodikali'jue, jusqu^à ce qu'il ne donne plus de précipité bleu ptf un sel correspondant au sesqui-oisy de ferrique.
On obtient le prétendu acide ferricjranh) drique (Cy^Feif 3 CyH) en décomposant le ferri-cyanure de ploinb par Le «alfure hydrique , comme pour obtenir le cyanure ferro-dihjdrique.
Les cyani-ferrures solubles sont caractérisés par un précipité bleu , qu'ils donnent par l'addition d'un sel de £er au minimum.
En décomposant le cyanure £erro-dikalique par un scsfûsel de fer ou de chrome , on obtient des composés doni h apposition est encore plus compliquée.
3 (CyFe, a C>â.) + a TL^l^ ^ 3 (CyFe)» 2 (CyaS^i) + 6XA
hes triples cyanures peuvent donc se combiner avec usu^^ avec deux molécules de scsqui-cyanures.
GTAVOoim. 655
Voir les cyanures de fer et les cyanures de fer et de potas*
sium y pour compléter cette histoire.
Composés oxygénés du cyanogène.
On ne connaît aucun composé oiygcné du cyanoi^ènc à Télat de liberté , Paeide que ton nomme cyanique est un sel hydrique. En admettant cet acide libre, il peut se doubler pour produire le prétendu acide fulminique, et se tripler pour former Tacide cyanuriquc.
L'acide nonmé cyanique a pour formule CyO, et devrait, par cela même, porter le nom d*acide hypo-cyaneux par comparaison avec l'acide hypo-chloreuz ; mais, aucun de ces noms ne devant demeurer dans la science, je lui conserverai celui qu'il porte actuellement pour ne point introduire de trop grands changemeus dans une nomenclature temporaire.
CyOîA = CyO^AO.
Les cyanates sont remarquablea par la propriété qu*ils ont de tm décomposer sous rinfloence des seisbjdriques facides), en ammoniaque qui s'unit i Tacide du sel et en gaz carbonique qui se dégage. Cette réaction est secondaire; elle est due à la destruction du cyanale bydrique : aussi est-il probable qu'en opérant avec quelques précautions on obtiendrait Is cyaDale hydrique dans ces sortes de réactions. Après la formation du sel ammonique, les alcalis mettent de rammoniaque en liberté. Cette réaction, ne pouvant avoir lieu sans Faddilion préalable d'un sel bydrique, permet de caractériser nettement les cyanates.
cYAVjiTB ■TDB.iQui. — Aclde cyoniqttc, CyO^H =: CyO,HO = 537,5. Liquide transparent, incolore, à odeur vive de formiate et d'acétate hydriques, altérant la peau, causant de la douleur, peu stable, et donnant, par sa décomposition spontanée, un corps blanc et solide, isomérique avec lui et portant le nom de cyamélide. Sa dissolution aqueuse est également altérable et se décompose en donnant du bi-carbonate ammonique :
CaAzOîH + » HO = CsOiiAzHs.
De là la réaction que les sels hydriques exercent sur les cyanates. Le cyanate hydrique s'obtient en distillant le cyanurate hydrique et en recueillant le produit dans un récipient étroit et plongé dans la glaee.
ruumrATBS.
C4AZ2O4 (Aa Qu R2 00 A + R) = GaAzïOs^ (a AO ou a BO ou AO + RO) =: CvîOaAîi = Cy203A,AO ou RO ^ CyAjCyO^AO.
Les fulminates sont excessivement remarquables par la propriété que la plupart d'entre eux possèdent de détoner par le cboc, par la présence du sulfate hydrique, ou même par de très faibles vibrations : tels sont au moins les fuimtnates mercurique et argentique.
On obtient des fulminates à deux bases ; ces bases peuvent être la même répétée
6S6 GHLOROiDSS.
deux fois; mt» eelte derniire oondition n*a janaU lieu pour let fulminates ak*lins , car^ quand oq décoaspoie le fulaiinate argenUque par llijdrate poUsiiqiic, il eo résulte du fukmoate argenlipolassique, le deuxième équivaleol d'argent ne pouTant être élimiiié par la potasse. On pourrait peut-éire inférer de là que os fulminates ne présentent pas seulement llsomérie multiple avec les cyanatcs; aiaii que leurs élémens sont arranges d'une toute antre manière : un des équivaleasai* tribttés 4 la base faisant partie de Taride, comme le fer dans les çyano-fimRS.Gcli donne pour formule, aux fulminates :
CysROsyAO ou Cy2»K04.A«
ll^Les fulminates acides seraient alors de véritables acides fulminiques, ou plot&i
des fulminates hydriques; ils ont pour formules : Cy2R04,H.
lies fulminates peuvent encore être considérés, toujours dans la même hypothèse, comme étant produits par la réuoiou d*un cyanure avec un cyanile, eaad- Mettant GyOj pour formule de Tacide cjanique : CyR -f CyOiA.
Les fulminates argentiqoe et mercorique se produisent en faisant réagir vas dissolution très acide d*azotate argentique ou mercurique sur l'alcool. Le folasnate peu sduble se dépose peu-à-peu, à mesure qu'il est produit; il se Csnoeca outre plusieurs produits parmi lesquels on distingue de Taldéhyde , de rélhcr fbrmique et de Téther azoteux. Tous œs produits n*ont probablenaent pas lieu ila-fois et sont dus à des réactions sucoassives. Y. Ijujuiminates orgenûfÊt et mêrcuriquê.
Les cya&untes seront étudiés en même temps que l'acide urîque»
raUfO>-OTJIMCMHÉini«
Sulfure de cyanogène.
S2A1C2 = SîCy = 7*5.
La sulfo-cyanogène est une poudre d*on jaune éclatant Lonqu*on le soanMi A l'action de la chaleur,[il se décompose en aride suif o -carbonique, en soufre, volatik, et eo mellon plus fixe : 4 S^AsCa = a CS2 + 4 S + Coàz^. En cfaaafbat plus fortement, le mellon se décompose lui-même en donnant du cyanogène et de Tazote dans le rapport de 3 à 4 en volumes : CsAz 4 == 3 Cy + Az. U «iUîiktsnogéne est insoluble dans l'eau, dans Talcool et dans l'éther hydrique. Chadl* avec le potassium, il donne du sulfo-cyanure et do suifo-cyanale potassiques, q«i "■' isomériqoes : a $<iCy + a K = S<iCyK + CyS,KS. Il se dissout dans lesalfisrekilicohydrique, en donnant lieu i un dégagement de sulfure hydrique* Lonfa'os le met en contact avec les solutions alcalines, il donne des produiu d'odeor fSàiét qui ont sans doute quelque relation avec le mereaptan.
On obtient le sulfo-cyanogèoe en décomposant un sulfo-cyanure parimeoaisst de chlore ou par Tazotate hydrique étendu d'eau, en ayant soin de ne ^^ employer un excès, car il décompose le sulfo-cyanogène.
OTANOGSKB. 657
■mjFO-cnrAinnuM«
S2ÂZC2A = CySaA = CyS,SA.
Les sulfo-cyaDures solubles sont très remarquables par la propriété qu'ils ont de colorer en rouge intense \e* dissolutions des seb de. fer correspondant au setquioxyde. Les sulfo-cyanures alcalins sont généralement solubles dans Teau et même dans Talcool, et supportent une température rouge sans se décomposer. Les sulfo-cyaourea insolubles donnent, par la chaleur, de l'acide sulfo-carbonîque, des suU fures métalliques et du mélaro. GhaufTés plus fortement , le mélam se décompose eu donnant un mélange de cyanogène et d*azote, comme il a été dit en parlant du sulfo-cyanogène. Chauffés dans le chlore, ils donnent des chlorures mélalliqueSy du chlorure de soufre, du chlorure de cyanogène solide , du mellon et du sulfo-cyanogène sublimé sans altération. Chauffés dan« le gaz chlorure hydrique sec, ils donnent des chlorures métalliques et du sulfe-cyanure hydrique, qui lui-même se dé* compose rapidement.
suLFO-CTAiiusE HTDRiQUK. — jidde kydfO'Sttlfo-cj-amque ou sulfixyankydrique, StiCyH = CyS,HS. On obtient ce produit en décomposant , par le sulfure hydrique, les sulfo^yanures argentique ou plombique tenus en suspension dans Teau , ou eu faisant réagir Tun sur l'autre le sulfate hydrique dilué et le sulfo-cyanure de plomb , et en achevant de précipiter le plomb par le sulfure hydrique.
Le aulfu-cyauure hydrique est peu connu. On sait ieulement que c'est un liquide incolore, acide , peu stable, se décomposant à l'air et par la distillation, colorant en rouge les sels correspondant au seaqui-oiyde de fer. Le chlore et l'azotate hydrique lui entèrent l'hydrogène, et mettent à nu du sulfo-cyauogène, reconuaisiable & son iniolubilité et à sa couleur jaune.
Composés formés par les chloroïdes et le cyanogène.
Le cyanogène peut s'unir avec les autres chloroïdes et donner naissance à des produits remarquabie5, mais qui, jusqu'à ce jour, sont restés sans applicatious.
Il y a deux chlorures, un gazeux et uu solide. Le chlorure gazeux a pour formule CyCI. Il possède une odeur vive iusupporlable. Il est solide à — 18" , il fond A — x5*, et bouta — la". Il peut demeurer liquide à + 90^, sons une pression de 4 atmosphères.
L'eaii dissout a 5 fois sou volumç de ce gaz; l'alcool en dissout 100 fois son volume. Il est formé de volumes égaux de cyanogène et de chlore non condensés; on le produit en faisant réagir le chlore humide sur le cyanure de mercure daus l'obscurité. Le chlorure solide de cyanogène est triple relativement au précédent, avec lequel il présente, par conséqueul, Tisomcrie umiliple. Il est furmé de volumes égaux de chlore et de cyanogène cuodeusés au tiers de la somme de leurs volumes.
Le chlorure de cyanogène solide est volatil, cristal lisable. Il fond à + z4u°, et se sublime à + 190**. Son poids spécifique = i.Sa ; il possède une odeur de souris. En chauffant ce composé au contact de l'eau, il se transforme eu cyanurale hydrique. Cette réaction établit la relation qui existe entre oe chlorure et les cyaniirates ; elle prouve l'isomérie de ces sortes de composés avec les cyanatcs •
Il existe un brémure de cyanogène correspondant au cUlorure simple ; il cal
658 GflLôftbTUES.
par conséqtienl fornié de volumes égaux de ^anqgèiie et de vapeur de brAoïe, noi cond<>nsés. Ce romposc est solide, cristallise eu cubes, très volatil et gazeux à + i5*.
On le pré|)are en distillant du hrôme avec du eyanure de mercure.
On connaît aussi un iudure de cyanogène ayant une constitution appareaie semblable k celle du bromure ; mais il cristallise en très longues aiguilles ou ea flocons neigeux. Ce composé peut être sublimé à + 45*. Il est soluble dans Te» et dans l'alcooL On peut l'obtenir en distillant avec soin un mélange de cyanure de mercure et d*iode, humecté avec de l'eau.
Tons les composés du cyanogène et des chloroldes sont vénéneux*
W ORBRC.