AZ0T0IDE
Aaote. — Vhoiphore, — Arfenîo. -
Lm iuwtoîdes lont caractérîiéf par deux sortes de composés •Xs et AXs , qui ' jouent le rôle d'acides \is-À-vis des composé» basiques correspondaDs. Le X de ces composés petit être représenté par les oxoîdes ou par les cliloroîdes ; mais ce qui caractérise surtout la série des afutofdes, ce sont les composéa ^Hs qui n'existent point parmi las chloroldes. Ces corps émmemment remarquables , parmi IfesqMia OQ compte l'ammoniaque, sont gaceux, et d'autant plus destructibles par la chaleur, qu'ils sont plus bas dans la série. Le composé BiHs est inconnu. Peut-être ne sera-til point gazeux.
Le composé ^Os de l*azote se distingue des composés correspondanl dés autres azotoîdes, excepté le bismuth pourJoguel le composé de cet ordre est encore à découvrir, parce qu'il ne forme point de sels polybasiques.
Les composés ^03 sont constam dans tttute la iéfie. Celui de l'azote est liquide^ très volatil et peu connu ; ceux des autres azotmdes sont solides et volatils; celui du bismuth Test fort peu.
L'azote est gazeux, les autres élémens sont solides. La phosphore est limpide et incolore, les autres corps sont blanchâtres, opaques et possèdent l'éclat métallique.
Dans l'ordre des azotoîdes, comme dans les précédens , les poids des équivalens Yont an augmentant, i mesure que Ton avance dans la série, tandis que la volatilité va en diminuant. Cette observation sur la volatilité se représente Jusque dans les composés qu'ils forment, et comme la même chose existe chez les oxoîdes et les chloroîdes , il en résulte généralement , pour les composés qui résultent de leur union, une tendance relative à prendre Tétat gazeux, assex facile à apprécier, quoiqu'elle ne boit point déterminée rigoureusement.
Ainsi, dans le tableau suivant, k .voUtilité va eu décroissant, an allant de gauche à droite, et de haut en bas,
PCts Aj^s Sbtls BiCIs
PDrs ÂsBrs SbBl-a BlBrs
PI3 Asts Sbts Bils.
Le mpport réel de la volatilité deees corps poonra tan» dmile être établi à l'aS^B
éè quelques expétriewoes.
Les azotoîdes, l'azote excepté, ont une grawte lendamie A a'mir aveelcsoKoUM ei les chloroïdes. Le phosphore, l'arsenic et l'antimoine s'enflamment dans le chlore et même dans les vapeurs d'iode et de brome.
Le phosphore et l'arsenic passent pour avoir une odeur particulière fortement alliacée ; m%LS ^ n'en pas douter, cette odeur est due à des composés oxygénés qni
66o AZOTOÏ0B8.
n'ont point encore été isolés. I^es préparations d'arsenic et d*antîmoioe sont toujours vénéneuses lorsqn'etles sont prises à une doso trop élevée.
L*acidearsénieuxet l^acideantimonieuxsont dimorphes, et Grîslallîsent en prines rbomboïdaux ou en octaèdres réguliers; les sulfures correspondans, et celui debbnmth, crisialliseut en prismes rbomboïdaux.
Les pbospbates et les arséniates des mêmes bases, et au même degré de satontion, sont parfaiiement isomorphes.
U est sans doute ioutile d'ajouter que ces corps sont isodynamiqnea et qalb jouent eiaclement les mêmes rêles dans les combinaisons.
▲ZOTB.
L'azote et les composés qu'il forme avec l'oxygène, Thydrogène et le carbone, ont été étudies précédemment (p. 480 et 644)* I^^ composés qu'il forme avec les chloroïdes ne l'ont point été. Quoique ces composés soient sans usage, il sera convenable d'en dire quelques mots, attendu qu'Os sont renurquables par la violence avec laquelle ils détonent en se détruisant.
Chlorure iPazote.
AxOjOuAaHsCl?
Ce composé correspond à l'ammoniaque, ou, si l'on veut , c'est l'ai contenant du chlore an lieu d*hydrogène. Il est liquide, jaune; son poids ipcdfiquers x,653. On peut le distiller vers + 71^; niais cette expérience est dsogereuse, parce qu*il se décompose vers -f 96® à + «oo». Les moindres TÎbratioBS le font détoner d*une manière réelleoieiit terrible. Dulong a été mutilé el a tulli deux fois perdre la vie en travaillant sur ce corps, qa*il découvrit en 181 1. Un* que ce composé se détruit, il se développe de la chaleur et de la lumière. L*esB, le chlorure hydrique et Tammoniaque le décomposent. On le prépare en WtsaX arriver nu courant de chlore dans une dissolution de chlorure ammooique. Po* dire cette opération, on place un entonnoir dans un vase contenant dn mercore, on introduit dans Tenlonnoir une dissolution concentrée de sel marin, et, ps^ dessus celle-ci, on verse avec précaution une dissolution de chlorure aataoBifie» en ayant soin de ne pas les mêler. A mesure que le chlorure azotique se prwhil* il se dépose au-dessous de la dissolution de sel marin, et se trouve ainsi sépsrtda sel ammoniac el du chlorure liydrique, qui finit par s'y trouver en quantité natable. Apres l'expérience, on fait couler le produit dans un vase pour Fétudicr. 0 •st prudent de ne préparer qu'une très petite quantité de oe corps, et de sac 1 a figura avec un masque trài résialant.
PHOSPHOAB* 66 1
Bromure (Vazote. Azoture de brome.
AzHaBr?
Ce compofé a été déeouYcrt par M. SfiiloBt qa( Ta obtenu en biiant réagir l*amiDonîaque chlorée sur le brémure de potaMium : AzU^Ci + BrK = AzHsBr -f CIK. U est liquide, incolore, d'un aspect oléagineux, dense, très volatil, et répand une odeur fétide et irritante. Le phosphore et Tanenic le font détoner yîo* lemment; Tammoniaque liquide le décompose on donnant d'épaisses vapeun oon* loiant du brémure anunonique.
AHHOMIAf^US lOPÉI.
lodure d'azote. lodUle nitreux. Azoture d^iode.
AzH2l«
Ce composé est solide, d'un brun noîr; il répand une odeur analogue ï celle de Fiode^ et détone par le moindre frottement ^ les moindres vibrations, quelquefois sans cause apparente, lorsque la température est de a5 à 3o^ Ce corps donnoda l'iodrata ammonique par la détonation, ce qui est une preuve qu'il oontiant da Thydrogèoe. U sature le chlorure hydrique, comme Fammoniaque pourrait la £sire. L*eau le décompose en iodure hydrique, en iodate hydrique, en ammoniaque» en azote et en iode.
On produit Tammoniaque iodée en mettant en contact de l'iode en petits frag« nens et de l'ammoniaque liquide : il se forme de riodnra ammonique qui se colore en dissolvant de l'iode, et de l'ammoniaque iodée qui se précipite.
9 AzHa + a 1= AzH^+ÂzHÎl.
PHOSPBO&B.
P= 391,31 = I volume.
Le phosphore a été découvert en 1669 par Brandt, chimiste de Hambourg, en distillant de l'extrait d'urine. Ce chimiste tint son procédé secret^ mais il fut découvert en 1774 par KûnkeL En 1769, Gahn découvrit le phosphore dans le résida blanc des os calcinés, et indiqua un procédé pour 1 en extraire* C'est ce procédé que l'on suit encore aujourd'hui.
Le phosphore est solide, incolore , mou comme la cire en été, fragile en hiver. Il est lumineux dans l'obscurité au contact de l'air, et c'est cette propriété éminemment remarquable qui lui a fait donner son nom, que Ton a tiré du grec yû^ lumière et f opoc porteur. U répand une odeur alliacée , fade et toute particulière* Son poids spécifique = 1977* ^^ iudioe
de rëfraction = a,aa4« Sa chaleur spécifique est de o,i887,se- Ion M. Regnault. Il fond à -f" 43*, bout à -j- apo**, et peut être distillé complétemeiit^ Le poids spécifique de m Tapeur = 49326.
Réactions. — Selon M. le baron Thenard , le pbosphore
chauffé jusque vers 60% et refroidi subitement , est de couleur
^ /r--.^ noire. Cette propriété indiquerait que
// -^ \ le phosphore est polymorphe. M. Miti-
('\ /^ /^ pherlich a observé que le phosphore In-
\ polorç cristallise en dodécaèdres rbom-
-^^. boïdaux après aroir iU fonda dmns le
sulfure de phosphore.
Exposé au contact de Pair humide , le phosphore en absorbe l'otygène et Teau, en produisant un mélange de phosphite et de phosphate hydriques. Aussi est-on obligé de le mettre dans de l'eau bouillie pour le priver d'air, afin de le conserver. Cependant il subit encore une espèce d altératioa au contact de l'eau : il devient blanc à la surface^ et retient de Teau interposa. Celte altératiooi qui est le rëaolut d'w changement dans le mode d'agrégation des corposcoles de phosphore, indique vraisemblablement qu'il est polymorphiqiie.
Loffiqu'oB chMiffii le pduMphore au contact de Tair, il s'enflamme très facilement, et bt^e alors avec une irivo hunièie en répandant une fumée épaisse d'acide pbosphorique anhydre. Le simple frottement suffit pour enflammer le phosphore : aussi ce corps est-il très dangereux à manier, et ne doit-on le toucher qu'avec les main# mouillées; encore est-il prudent de se servir d'une pince. Si l'air n'arrive que très lentement an contact du phosphore , il ne se produit que de l'oyyde roage de phosphore, ou de l'acide phosphoreux.
Le phosphore ne brûle dans ie gax oxygène qu'autant que Ton y met le feu. On n'observe m6mc aucune vapeur btancbe, comme cela a Heu dans Tair, si le gax est soumis à la presskm ordinaire de l'atmosphère; mais si cette pression est plvsfti' ble, des va|>eurs apparaissent; il en est de même loffsqneroQ a]oute un gaz étranger à Voxygèiie, tel que l'hydrogène, l'azote , l'acide carbonique ou le protoxyde d'azote : enoof« toute combustion cesse-t-elle si le vc4ume de l'oxygène est égi è cdui du gaz« excepté l'azote, à moins qu'il n'ail <été extitk de i'aijr avec une pâte frite arec du fer, du «oufre et ée Tcit*
lie bî-carbure d'hydrogène s'oppose k ce^ie, pom|)0stipn (Yoy* flellaniy Bulletin de pharniàciej %• y, p. 489)*
Le phosphore se combine avec le chlore , le brome et l'iode, À la température ordinaire, et donne lieu à un développement de chaleur et de lumière. Il se dissout en quantité appréciable dans l'éther hydrique, dans le naphte , dans les huiles volatiles et dans les huiles fixes.
Extraction, — On extrait Ife phosphore du phosphate caljcaire contenu dans les os des mammifères, calcinés à blfinc. Pour cela, on transforme le phosphate insoluble des ps en phosphate solublej on décompose ensuite ce phosphate par le charbon à ifne température élevée*
l^ Délayer dans l'eau des os calcinés, réduits en popdre fii^e, de manière i en faire une boujllie très claire. If ajopter fsnviron les 5/6 du poids des os de §^lfate bydirjqiie ^f, agiter copj^inuellçmçnt avec une spatiale de bois.
U se fait une effervescence assez considérable , di^e & la dé- <y>mposit}on du c^r)?onate de chaux aue les os cofitieni^ent toujours. Use dégage un peu de sulfure hydrii|ue dû à la décomposiUoii d'upç petite quantité de sulfi^re jcplciou^, si les os ne so^t pas (^cipés ^ blanc ; il se produit en outre ^u sulfate calcique peu solubje, et du phosphate calcique acide et solublç. Lis f ulfate et lie phosphate sont séparés par le repos^ |a défcantation, la filtra tion, et des lavages suiEsans.
|ja décoinpositioQ des os peut être opérée dans une cqve de bois, et la filtration peut être faite au travers d'uAC toile p reposant s^ir un châssis.
a® Recueillir le produit filtré, Tévaporef: jusqu'en consistance sirupeuse, séparer la liqueur du nouveau dépôt de suU fa te calcique qui se forme. Laver le résidu pour enlever le phosphate calcique qu'il .contient. Evaporer de nouveau la liqueur jusqu'en consistance sirupeuse , et y ajouter environ le quart de son pgids dç charbon en poudre très fine. Evaporer jusquà siccité, introduire le mélange dans une cornue de jjrès bien lutée, que Ton remplit presque jusqu'à son col. PUce^ cette cornue dans un bon fourneau à réverbère^ le re •
664 AZOTOÏDES.
couvrir de son dôme. Ajuster & la cornue un récipient de
cuivre rouge semblable à celui qui est figuré ci-conlre. Luter le joint de la cornue et du récîpieut. Attendre que le lut soit bien sec, et chauffer graduellement le fourneau.
Dans le commencement de fopération, il se dégage un mélange gazeux d'oxyde de carbone et de carbure d'hydrogène; plus tard, il ne se dégage plus que de Toxjde de carbone, mais ce n'est qu'a- .près environ 4 heures d'un feu bien conduite! bien soutenu que Ton recueille du phosphore. On en obtient environ les 0,09 du phosphate employé.
Dans les arts, on réunit plusieurs cornues dans un seul fourneau.
Le carbure d'hydrogène est dû i la décomposition de l'eau que renferme le phosphate acide de chaux; l'oxyde de carbone provient de la combinaison de l'oxygène de cette eau et de celui d'une partie de l'acide du phosphate, avec le charbon employé.
Le phosphore obtenu par une première distillation a besoin d'être purifié : pour cela, on le fond sous Peau et on le passe au travers d'uncpeau de chamois que l'on tord fortement , en opérant toujours sous l'eau à une température un peu supérieure a 43«. Le phosphore ainsi obtenu est propre aux usages ordinaires; mais pour l'avoir pur il faut le distiller dans une cornue, en ayant soin de le recouvrir d'abord d'un peu deau, afin qu'en le réduisant en vapeur , elle chasse Toxygène da vase. Le col de la cornue doit en outre plonger dans l'eao pour éviter l'accès de l'air. \'\
Usages. — Les usages du phosphore sont assez bornés; cependant on en prépare aujourd'hui des quantités conside'rablés pour la fabrication des allumettes cl i tes allemandes. On a tenté de l'employer en médecine; mais sou usage interne est très dangereux; à très petite dose, il est aphrodisiaque. Ons'oi est servi à IV^lérfci^r en guise de moxa pour cautériser la peiu,
PHOspHoaB. 665
en y mettant le feu ; mais il doit être manie par des mains très habiles. Dans fous les cas, il détruit la peau dans toute son (épaisseur, et donne existence a des plaies qui se cicatrisent fort lentement. Cela est en partie dû à leur profondeur, et à l'acide phosphorique qu'elles retiennent. Dans les laboratoires de cbimie, le phosphore est employai pour faire presque tous les produits qui le renferment. Lorsqu'on veut l'avoir en poudre, on le fond dans une fiole contenant de l'eau, et on Pagite jusqu'à ce que le phosphore soit solidifié. Il est alors en poudre. Les allumettes allemandes sont des morceaux de bois soufrés comme les allumettes simples, puis enduites d'une pâte contenant du chlorate potassique, de la résine et du phosphore en poudre. Quand la pâte est sèche, on la recouvre d'un vernis gommeuz pour protéger le phosphore contre l'action de l'air.
Composés de phosphore et ^hydrogène.
II existe trois composés de phosphore et d'hydrogène : l'un d'eux est solide, les deux autres sont gazeux. Leur com<position paraît pouvoir être exprimée ainsi :
Phosphure solide d'hydrogène PH.
Hydrogène perphosphoré PH?.
Hydrogène phosphore PH3.
Dans ces trois phosphures , pour une même quantité d'hydrogène, les quantités de phosphore seraient entre elles comme 3: i, 5 : i.
Hydrogène phosphoré.^^H jrdrogène proto-phosphores
PH3 =r 419,81 = 4 volumes.
Le phosphammoniaque est gazeux et incolore. Il possède uneodeur analogue à celle du phosphore-, mais plus prononcée. Son poids spécifique varie entre 1,17 et 1^19. Par le calcul, on trouve quMl devrait être de 1,1 8 5. Il est absorbé complètement par le sulfate de cuivre lorsqu'il est pur; il se combine avec les chloroïdures hydriques, et avec la plupart des chloracides métalliques, comme le fait le gaz ammoniac, avec lequel il présente une grande analogie; cependant ce gaz est
666 ▲zpToVoss*
Uè$ peu aoluble dans Teau, ^ui n'en dissout environ qne k quart de aon volume. Chauffé au contact du potassium, son tqt lume augmente de moitié, et le gaz n'est plus quedeThydrogène pur, le phosphore s'étant uni au métaU On arrive au même résultat en faisant passer le gaz sur de la planure 4e cuivre chauffée au rouge sombre. Un volume de ce gaz renferme donc ua volume et demi d'hydrogène. D'autres cspéfiences établissent qu'il est formai de i volume de vapeur de phosphore, et de 6 volumes d'hydrogène condensés en 4 volumes.
Le phosphammopiaque présente des propriétés variables seloi» son mode d'extraction : ou bien il s'enflamme spontanément à l'air, c'est-à-dire par son simple contact, ou bien ceU ^'a lieu que lorsfpie l'on y met le feu. Dans tous les cas, il brûle avec une flammiç blanche , répandant uqe vive lumière, en donnant lieu à une vapeur blanche , et à un dépôt ronge d'oxyde de phosphore sur la paroi du vase.
Quel que soit le gaz^ inflammable ou non, cpie l'on combine i l'acide chloro-titanique, il peut être chassé de la combinaison par l'ammoniaque et par l'eau ; mais il p^ésepte ceUe singnlarité, que le premier est inflammable spontanément, et qne le second ne l'est point. O^ sait] eo QUtre, que U présence d'une huile volatile empêche le gaz inflammable de s'enflammer au contact de l'air, et que l'acide azotosique , même en très petite quantité, rend inflaipmable celui qui ne l'est pas; aussi* suffit-il d'une baguette légèrement imprégnée de cet acide pour mettre le feu à ce gaz (f^. l'accident arrivé à Pelletier, ^nn, de chimie^ i**" série, t. v, p. ayS).
Pféparation, — On obtient le phosphammoniaque en chauffant rhypo-phosphite ou l£ pbûfphiie hydrique : il se produit du phosphate hydrique fixci et du phosphammoniaque gazenz
qui se dégage. L'opération peut être faite dans une petite Me à laquelle on a adapté un tube propre à recttetlUr les gai.
Le gas peut être recueilli sur le mercure ou sur l'eau bouilli^
pour la priver d'air.
Le gaz ainsi obtenu n'est point inflammable spoutaKëmepti On peut encore se procurer le phosphammoniaque en a})aQ-
donnant à la lumière solaire le gaz dont il va être question.
PHîT
Lorsque l'on ajoute des fragmens de pbospbore à une bouillie épaisse d'hydrate de cbaux, et que l'on chauffe le mélange dans un appareil semblable au précédent, on obtient un gaz incolore, spontanément inflammable au contact de l'air, Ce gaz peut être conservé pendant un temps assez long danf une obscurité parfaite; mais, sous l'influence de la lumière solaire, et même de la lumière difiuse, il laisse déposer une matière solide , d'un jaune serin, qui est le phosphure d*hydrogène, et il perd la propriété de s'enflammer à Tair* Dans cet état ce gaz est exact8ment identique avec le phosphammo* niaque, non inflanunable spontanément»
L'étude des composés d'hydrogène e( de phosphore ^ graii* dément préoccupé les chimistes. Pendant long-temps on a cru qpe le gaz obtenu p^r le procédé qui vient d'être décrit, et au-* quel on a donné le nom d'hydrogf&ne perphosphoré, était un gaz particulier j mais depuis que M. H. Rose a démontré qui9 le phosphammoniaque pouvait être obtenu avec la propriété de s'enflammer spontanément^ on en a conclu que cetf deux gaz étaient idenliques. Cette conséquence Q'est point admissible; car il est impossible qu'un gaz abandonne un produit solide sans changer de nature. Le gaz hydrogène perphosphoré, récemment préparé diâ*ère donc du phosphammoniaque; il doit être considéré comme un mélange de ce dernier gaz, avec un autre gaz susceptible de se décomposer en phospjiainiooniaque et en phosphure d'hyàsog/hne âom l'wflueBce de la lumière. Ce gaz est probablement représenté par PSs; car aPHa = PH,-fPH.
Le contraire de ce qui vient d'étne dit ne pourrait être admis qu'autant q&e l'on démontrerait que le gaz PH, se décompose en hydrogène et en phosphure d'hydrogène sous r.iuflucnce de )g lumiière; maiscelan c$tpoiQtprobiibJe|puisK|ue
668 AZOTOÏDSS.
le gax PHs9 qui est très pur lorsqu'on robtient en cbauffiint le pbosphite hydrique, ne donne jamais naissance à ce dernier produit, et puis , qu'en outre , le volume du gaz n'augmente pas pendant que le dëp6t se forme» Quoi qu'il en soit, il est évident que l'étude de l'hydrogène perphosphorë laisse encore beaucoup à désirer.
Hydrure de phosphore* PU =: 404.8 1.
M. Leverrier ayant examiné le dépAt jaune qui se forme lorsque l'on expose l'hydrogène perphosphoré à la lumière, a trouvé qu'il était formé de phosphore et d'hydrogène, et que sa composition pouvait être représentée par PH.
Le phosphure d'hydrogène est solide, amorphe, jauneserin, plus dense que l'eau, insipide, et possédant une légère odeur de phosphore; il peut être chauffé jusqu'à i4o à iSo^aa contact de l'air sans qu'il s*enflamme. Dans le gaz carbonique, on peut le chauffer jusqu'à ijti® sans le détruire^ mais au delà de cette température le phosphore et l'hydrogène se séparent. L*eau le décompose lentement sous l'influence de la lumière solaire : il se forme un acide de phosphore, et il se dégage de l'hydrogène. Lorsque l'eau est bouillante, il donne naissance à de l'oxyde de phosphore. Le chlore le transforme en chlorure hydrique et en acide chloro -phosphoreux. L*azotate hydrique concentré Tenflamme sur-le-champ.
En décomposant le phosphure de potassium par l'eau, on obtient une poudre jaune qui est du phosphure hydrique , selon M. Magnus.
Composés de phosphore et d* oxygène.
On compte généralement quatre composés de phosphore et d'oxygène :
L'oxyde de phosphore P^O.
L'acide hypo-phosphoreux PO.
L*acide phosphoreux POs*
L'acide pbosphoriqiie POs*
Il n'y a réellement que trois composés d'oxygène et dephos-
PH08HH0&B. 66g
phore qui soient connus; car l'acîde hypo-phosphorcux n'a été obtenu jusqu'à présent qu'à Tétat de combinaison, et le pro* duit qui porte ce nom est un hypo-pbospbite bydrique.
On admettait anciennement Tacide bypo-pbosphorique PO4; mais comme on n*a encore obtenu ce produit qu'en combinaison avec les ëlémens de l'eau , il est évident qu'il est un mélange de pbospbate et de phosphite hydriques, attendu que les acides ckloroïdiques et azotoïdiques de la formule XO4 ne forment point de sels. Voyez acide azotosique^ page 49O9 et acide cUorosiquej page 6a4* V. aussi p. 3i3, D.
Selon M. Layerrier , il existerait un composé de pkospbore et d'oxygène de la formule 3 P05)4PsO sP^iO^o* Mais la com • position assignée à ce produit n'est pas bien certaine*, car les nombres trouvés, 4o d'oxygène dans l'oxyde, pour 1 56 dans l'acide, sont plus rapprochés de 4PO5. 5PaO = PiiOas {Ann. de chir. etdephjrs.j tome lxy, page 275).
L'oxyde de phosphore est solide et pulvérulent. Il est probable qu'il présente deux modifications, une jaune et une rouge ; car on connaît un oxyde rouge et un oxyde jaune qui auraient la même composition, selon M. Leverrier, et de plus même, l'oxyde jaune pourrait être transformé en oxyde rouge par une température d'environ -}- Soo^* , sans rien perdre ni gagner. Toutefois , comme de Foxyde rouge se produit à la température ordinaire sous l'influence de Ih lumière, ces faits ont encore besoin d'être étudiés.
Oxyde rouge de phosphore. Cet oxyde se forme lorsqu'on expose le phosphore à la lumière, même sous l'eau. On le produit ainsi en quantité considérable, en faisant passer un courant d'oxygène dans du phosphore tenu en fusion sous l'eau. L'oxygène peut être remplacé par un courant d'air déterminé à l'aide du soufflet d'une lampe à soufQer le verre.
Le produit ainsi obtenu est une poudre rouge-sale, qui se trouve mêlée avec du phosphore et de l'acide phosphorique. On enlève ce dernier par des lavages, et on chasse le phosphore par une chaleur modérée ; il est convenable de le traiter ensuite par le naphte pour enlever les dernières traces de phosphore qu'il peut contenir.
6^0 AXOfÔÎbfiS.
Cet blycle Ae plios[)tiore est roilge, Itiocloret insipide ^ plas dense que Veau. H n'est point lominetut dans l'obscarité. Il est insoluble dans Peau , dans l'alcool, dans l'éther bydriqw et dans les huiles fixes ou volatiles. II rësiste à la températoR du mercure bouillant sans se décomposer; mais aune température voisine du rouge , il se partage en pbosphore et en acide piiospborique, SPaOsr-POs + pP. Chauffe au contact de l'air, il en absorbe l'oxygène et se change en entier en acide phospliorique; chauffe avec le soufre, il se décompose en vers+ it5,* sans détonation. Le sulfate hydrique ne l'altère point à la température ordinaire 5 à chaud , îl y a réaction et production a acide phosphorique et de gaz sulfureux. L'azotate hydriqne et l'acide azotosique l'attaquent et Tetiflamment immédiate* ment. Le chlore agit de même en produisant des acides oxyphosphorique et chloro-phosphonque.
Le contact du chlorate potassique le fait délonef à froiJ. Il détone aussi avec i'ttl«lMe{>«tasrii|My mais il faut élever un peu la température"".
L'oxyde rouge de phosphore ne s'unit point aux alcalis.
OaijrdejaMne de phosphore» On prépare cet oxyde ert imprégnant du phosphore a'acide ckloro-phosphoreux, et Texposant au contact de l'air dans un matras* Âpres vingt-quatre heures au hioins, on lave le phosphore dans l eau, et il se détache une matière qui se dissout dans ce liquide^ et le colore en jaune. Cette matière, selon M. Leverrier, est ^\x phosphate tToxij'de de ,phosphore. En chaqffant la liqueur qui le contient, elle se décompose en phosphate hydrique qui se dissout, et en une pottare jaune qui est un hydrate d'oxyde de phosphore. En recueillant cette poudre, et la desséchant dans le vide, il ne reste que de l'oxyde jaune de phosphore. Ce composé possède la propriétés de Toxyde roufe de phosphore*, seulement, lorsqu'on le chauffe vers 3oo^, îl se change en ce dernier oxyde; à une température plus élevée , il se décompose en phosphore qui distille en acide phosphorique incolore (i).
L'oxyde jaune de phosphore se combine avec le gaz anamoniac. Il s'unit également avec l'ammoniaque , et la potasse et
(1) Il est probable que c'est de l'acide phosphoreux, et non de Taddephâf^ rique, qui se produit dans celle circonstance.
piibspiiokis. 67!
là soude dissoutes dans l'eAu. Il prend alors bile boulcur tioite\ mais sa couleur primitive peut lui être i'cstituée pat letf sels hydriques.
Ou détermine la composition de Foxyde de phosphore en la transformant en phosphate; hydrique par Faction de l'aEOtate hydrique aidée de la chaleur. £p saturant le produit total par une quantité déterminée d*oxyde de plomb, en évaporant la liqueur et la chauâant au rouge pour chasser tous les pro'duits volatils, il ne reste que de l'oxyde de plomb et dit phosphate de plomb, dont on détermine le poids. Sî de ce mélange on retranche le poids de Foxyde de plomb employé, la différence donne le poids de Facide phosphorique formé. En calculant la quantité de phosphore contenue dans cet acide, on a celle qui était contenue dans Foxyde de phosphore, et en retranchant le poids du phosphore de celui de Foiiiyde employé, le reste esi égal à Foxygène qu^il contient.
Les hypo-phosphites sont des ceniposés généralement déK-
i ^Uescens ; ceux de pdtàs^e et éts soude sont même très sohftbles êAtïs Falcool. Les hypo-phosphitës ont pont catactèfre princî-
1 pul de dohner de Fhydrogène phosphoté spontanément in-
[ flammable lorsqu'on les chau£Be, propriété qui fait ({u'ib semblent brûler avc^ ftaknme lotsqu^on les jette sur des charbons ardeus. Leur dissolution concentrée absorbe Foxygène de Fair.
i Sî on les fait bouillir avec UU excès d'hydrate jpotàssîque, ils abandonneht db Fhydrogène, et se transforment en phoàphites. L'azotate hydriquie les tràfisfoirme en bi-phosphates. Les hypo-phosphites seformentsoitenmettantlesphosphures
, calcoïdiqtles en contact avec Feau, soit en chauffant avec du phosphore des hydrates alcalins dissous, ou en bouillie épaisse
, s'ils sont peu solublcs. II résulte de \h que ces sortes de cbm-
posés se forment dans la production de i^ydrogène phosphore.
Les hypo-phosphites de ïinc et de fer peuvent se préparer
pat l'élimination de Fhydrogène en mettant ces métaux en
contact avec Fhypo-phosphite hydrique.
Leshypo-phosphîtes calciquc^barytique et plombique, îndé-
• pendamment de la base qu'ils renferment, contiennent toujours du moins 2 équivalens d'eau, qui les abandonnent a
6ja AZOTOÏDBS.
une tempëratare de -(- loo**, de telle manière que ces sorles de composés peuvent être représentes par :
POtAO, a HO.
Dans ces derniers temps , on a beaucoup discuté sur la constitution des hjpo-phospkites. M. WurU pense qn^ils doivent être représentés par un radical hydrogéné uni à l'oxygène PHaOg = PO, 2 HO. En enlevant deux équivalens d'hydrogène on a de l'acide phosphoreux PHs 3 0 — a H = POt, et on le transforme en acide phosphorique, en substituant de l'oxygène à l'hydrogène :PHs30 — 2H + aO = PQ$. M. Rose considère les hypo-phosphites comme une combinaison d'acide phosphorique , de phosph ammoniaque et d'une base 2 (PO, 3 HO) = POs, 2 (HO), PBiO. Toutes ces opinions sont fort ingénieuses j mais elles ne sont pas démontrées; car, pour ce qui concerne celle de M. Wurtx elle n'est point appuyée sur un nombre de ùi ts suffisans: ce savant n'a analysé que des sels isodynamiques. S'il s'était occupé des sels de potasse de soude, d'argent, de zinc, de magnésie, de cuivre, etc., il aurait pu trouver d'autres quantités d'eau, et, partant, il eût été conduit à admettre une autre constitution. Pour ce qui concerne Topinion de M. Henri Rose , il faudrait admettre que le phosphite hydrique contînt aussi du phosphammoniaqoe tout formé, puisqu'il en donne par la chaleur^ et cela panit douteux.
Htpo-phosphits DiHTOiuQUE. — jicide hfpo-phospkoreux. PO, 2 HO. Ce composé a été découvert par Dulong, en 1816. On peut lob tenir en décomposant Thypo-phosphite bary tique par le sulfate hydrique: il se produit du sulfate bary tique insoîoble, et de l'hypo-phosphite hydrique, qui demeure dissous. Ce dernier corps étant séparé par la filtration , on le concentre dans le vide.
L'hypo-phosphite dihydrique est liquide, incolore, visqueux, et inodore ; sa saveur est acide ; il rougit fortement le tour* nesol, et donne du gaz phosphammoniaque quand on le chaufiè. Il décompose le sulfate hydrique, en donnant lieu à un dépôt de soufre, à du gaz sulfureux et à du phosphate hydrique. Le phosphite hydrique ne donnerait lieu qu'à un dégagement de gaz sulfureux sans séparer le soufre du sulfate hydrique.
Chauffé avec «in peu rlebi-oxyde Ae plomb, il donne du phospTiite acide 4cpl^ib, solublo. Chaufft^ avcd un excès tle ce même oxyde , il donné du phosphile plom bique, insoluble. Cbauffe lëgéreraent aveiî du sulfate do cuivre dissous, il donne lieu à lia dégagement d*bydrogène pur, et du iiuivre métallique se dépose.
jicide phosphoreux anhydre.