P05,AO
1 65 phosphates monobasiques potassique et sodique sont solubles dans Peau. Leur dissolution donne un précipité blaoc avec l'azotate argentique. On obtient le phosphate monosodique eu décomposant le phosphate hydrosodique par la chaleur : Teau s'en va, et il ne reste que du phosphate monosodique.
P05,NaO,HO = P05,NaO + HO. ^
Leiîr dissolution, dëoomposée par celle de Tazotate plombique donne du phosphate monoplombique insoluble. Ce phos* phate, tenu en suspension dans Veau, et décomposé par le sulfure hydrique, donne du sulfure plombique noir, insoluble, et du phosphate monohydrique qui demeure dissous* Ce com* posé jouit des propriétés caractéristiques qui vont être indiquées :
PHOSPHATE HONOHTB&iQUB. — Acide métophoMphorique j Graham. POsiHO. Ce composé peut êtro obtenu en masse solide, incolore, d'apparence vitreuse» ramolli^sable par la chaleur cl fusible comme du verre. Sa dissolution fait naître un précipité dans l'albumine des œufs \ elle en fait naître également un dans le chlorure bary tique dissous.
On obtient le phosphate monohydrique eu dissolvant l'acide phosphoûque dans l'eau , ou ea décomposant le phosphate plombique, comme il a été dit en parlant des phosphates monobasiques. Dans tous \es cas,.I% liqueur concentrée dans le vide doit ctce ensuite chauffée rapidement, de manière a donner une masse vitreuse.
PHOIPHATU BIBASIQUaB.
POs. a Ap et POs,AO,&Û.
iLea phosphates bibasiques soti^bleà possèdent les mi^Dies ciUKiclèrea.ehimi^pies que les phosphatés mdnobasiques. IV* composés: par mi sel de pfomb, et' le phospliÀjte biplonibi*
que produit» d^ompose par 1« sulfura hydrique, dpnne le phos* pbate dihydrique, qui possède des caractères spdcian^i*
On obtient le phosphate bjsodique ea chauffait au rougiQ le phosphate de soude ordinaire. Le sel qui reate peut servir pour préparer U», autres, oomposés itisolublea.
PHOSPiATB BiHTDMiQCB. < — jâcûle pyropbosphoHqËêe^ Gra« ham. — PO5, a HO. Ce composé peut être «obtenu en masse vitreuse comme le précédent^ mais il ne faut pas pousser trop )oin faction de la chaleur.» car elle le décomposerait en partie, et donnerait dp. phosphate monohjdrique. Le phosphate dihjdrique dissous ; ne fak naître de précipité ni dans, ime liqueur albuminetise , ni dans la dissolution du chlorure ha* rytique, ; : .
. Phosphates^ ordinaires»
PO5, 3 AOi POsi a AO,UO. ^,AO, ï MO.
Lps phosphates contenant, deu;^ équîvalens de base métallique sont .dits, phosphates ordinaires. On donne le nom de phosphates acides à ceux qui n'en renferment qu*un , et Ton nomme phosphates basiques oeux qui en renferment trois.
Les phosphates solubles de cette série ont pour caractère spécial de donner un précipité jaune serin avec la dissolution d'azotate argentique. Ils dopnent, en outre, des précipites blancs avec les sels solubles de la série des calcoïdes. Ces sels sont solubles dans Tazotate hydrique sans effervescence. Avec les sels de cuivre, ils donnent un précipité bleu verdâtre très peu foncé, également solubl^ dans Tazotate hydrique. Les phosphates des bases dont les oxydes ne sont pas réductibles par la chakur, résistent à une très haute tempéralure sans éprouverd'dllération. . - ..
On prépai««ks phosphates desoude^de potasse etd'ammo* nlaqne.en déoeipposant Ib.plioéphate acide de chaux par les carbonates de ces bases. Les phosphates insolubles sontobtenns en décomposant le phosphate de soude par les sels solubles de la base que l'on veut faire passer ;\ Tétat de phosphate.
pnospHATB TAiHYDRiQUB^ — Acide phosphoriquB ordinaire. POs, 3 HO. Ce composé est liquide, incolore^ inodore, visqacU3(; il peu^ ctre amené à l'^at sôlkle par Tcvaporation;
màii dti «'btjfoae & le fâiM pàâëer @f) partie à l^Àat de pbodpbate dihydiriqUe. La àâtétlr du Il({tiide e&t ferteîDëht adde. Il cbtiitnùniqile an loitrnesol nue couleur d^tin toilge Vit. l\ ne précipité point l'albamine deé œufi et né fait poitit battre de précipita dans un« diéèolutton A^ ebloHlIi» baijf ttt}tiè ) ^attiré pêf hi 4màti\\ dbdtt^ un précipité jaUHe p&Y l'aiOltetii at^entique dtdaolia daits Teàu*
. On prépare le {ibéspbàte triKydrit)ue en traitant le phbèpbore par Tatdtiite bydrique^ La téëvtion enil'evieadetli cofpi est très tlve, et peut lU^lbeptësenter qUelqUb danger; ihàls on pourra ëViter tbtié lea aceidetià eu bp^rant de la maulère sni^ vaiite I
Couper le phosphore sous l'eau en petits morceaux | itiirdduire Tazotate hydrique dans une^cornuetiibule'e munie d'une allonge et d un récipient; lecbauffeir^ et y.ajouter un fragment de phosphore par la tdbîiliire. Quâbâ cëlui-d est disparu , en ajouter un se]5^d; ft f^^lsi d¥ ^Ite, en ayani soiu que le mor* ceau de phosphore précédent soit disparu. Le produit distillé éild^ l'azotate hydAqUé hbn décôm^ibèiéy ^Ué Toii peut réintroduire datià ta tofnùb pbUr iCbUtlhuer Pb^ërÂlioH. DàUë cette rl'action, le pUbi^iboi^e j^eibparè db l'eau et d'Ûhë portioù db Toxygëne de l'àtotAtd hydrit[uc; Le riÀte dé cet àiblâië s^éli va sbds fohué âë vâtifeiijr fbugè d'âcidè à^btbsiqûë. QUàud, en ijBUlàht dti ^bbsDhbte, llj be lie Ai^age plUs àè vapeur rbugc, riâ^oialë hydpqUë eii éphiië, èi Tba cbilcëiitrë le produit en ebHsistâdce de sirôp trël épaii.
Phosphatés en 'propoHiorù cohipliqu'éës,
11 n'est (iottit de tompoiëi qui offrent dés combinaisods en proportions aussi variées que les phosphates, èl 1 on se rend diffinleiuént ODdipte desnmnbreasea luodlQcaiioas qu'ils préaefatenl dans leur tonstiluiiotifc Voici hû prinoipaux phosphatés anotuanl t
Phofpbata cilqure dei os, . • • 3 POs| S CaO.
[ Apaiiie. . . i^l>05,ibib)/5|)ci.
m)riMct«fitiit«b p„ tiié 3(P05.3ebo),art>. * l^tgnéfite. . i (^bs, i ididûilia.
ÏA «iniHittide de eès trort dernièns formiileft ftennet de penser que le type de ces phosphates est Bien détermitië. On peat encore joindre aux phosphates préoédens :
U iripUle PO5, 4 (^"V-
L'hureauIUe 4PO5, io(^pJ*^0, i5HO.
On pourrait ettboi'e ajouter bien Q^âUtrës phdsphates naturels, mais leurs formules sont trop incertaines pour qp^elles puissent prendre rang ici.
PS -. f Sa — PS3.
Le soufre et le phosphore paraissent se combiner en proportions indéterminées ; mais ceta est évidemment dû & ce que tes comt)65èÀ dènitis, que bcs cbrpt {>euTfcnt former paf leur titiioD, sont sdlubles dabslë soufre «t diras Ib pHo^fthorto ^ fusibli.
te sotifre et ie phosphore secs peavent a'iioir I la tesopératore ordiaaira : l« rêaciion est ttolente; elle se fait avec explosion, et il y a ap|)aritiou de chaleur et de lumière. Si Ton chauffe ces Jeux corps, la réaction a lieu immédiatement. Pour combiner ces corps saiis danger, il faut opérer sous Veau : alors la combinaison est ieote et Ton obtient des produits nriables ielbil lés phtpoMioni des kftiidres ém- P^éei.
M. Faraday a vu que 5 parties de soufhe et 7 jiiirtles de pliospborfe donnaient un composé fiiide à e®» et èdcore mou k .+ 0^7« Ce savant â ve, en outre, qu'en unissant le soufre et le phosphore dans la rapport d'une proportioti de chacun de ces corps, il en résulte un composé cristal lisâble qui peut par conséquent être représenté par PS; Le» oou|iosés centeiiaiit plus de pliosphore le reiientlcat ledlemeut en dissolution: aussi donnenl-ils du phosphore ci i^laliisé par refroMisseiiieii4«
Pelletier a vu que le soufre et le phosphore dcinhaic-nt des roropo^é^ très différemment fusibles, selon les proporiions employées. Voici ie résultat de ^ expéJ rfetlces.
Phosphore. Soujrt, Point ae fusion.
Le composé fusible à + 5*, formé de parties égales de soufte et de phosphore, e»l très voisin d'un composé PS^t, qtn doit litre titi jteil \A\ii fusible.
Sérullas a aussi obtenu uo b)mpo»é de soufre et de phosphore différent des précédv'ns, lmî décomposant Tacide chloro»phosphoreux par le sulfure hyilrif|ue : I*Cl3 + 3 IIS = 3 CIH + PS). Ce cbmposé est évidemment Tacide sulfo-pbnsphu« reux qui correspond i Tacide pbuspboreux, à Tacide sulfarséuiciu et i Va" tulUntilnobieiit. il est aftiôqiUe t\ d*uo jaune cttroa chiK
^O . AZOTÛÏDBS.
Il résulte d« ce qui pnkède, (|u*i) eoùste au moins trois composés défiois de soufre et de phosphore : PS,P$2 et PS3. M, Berzélius a \u qu'uQ sulfure de phosphore, probablement PS3, se couibioait avec les suiro-bases et donnait des composés salios, cristallisnbles.
On coDuaît k peine les propriétés des composés de soufre et de phosphore; 00 sait seulcnieut (|u*iU soot généralement plus inflammables que le phosphore.
Composés de chlore et de phosphore.
On ne connaît que deux composés de chlore et de phosphore : Tacide chloro-phosphoreux et Tacidc chloro-phospho* rique.
Proto^hlorure de phosphore^ chlorure liquide de phosphore. PCI3 = 1 720,16 = 4 volumes.
Compose liquide, incolore, répandant dVpaisses vapeurs à r»ir, possédant une odeur piquante. Son poids spécifique = 1,45. ; sa chaleur spécifique = 0,20922; il bout à -f- 78^ Le poids spécifique de sa vapeur =4,875 j d'où il résulte que cette vapeur contient un quart de volume de vapeur de phosphore et un volume et demi de chlore.
1/4 de folume de vapeur de phosphore = — ^ = 1,088
i^foL— de chlore = 4,44 X x.5 = 3,66o
I volume d'acide chloro-phosphoreux = 4,748
Le proto-chlorure de phosphore est inflammable par l'approche d'un corps en ignition : il donne ainsi de l'acide pbctfphorique et du chlore ; il est décomposé par l'eau qui le transforme en phosphite hydrique et en chlorure hydrique : PCI, -}- Aq= 3C1H -f-POs Aq. L'ammoniaque en sépare du phosphore et transforme le reste en acide chloro-phos phorique, avec lequel elle se combine. L'acide chloro-phosphoreux dissout du phosphore et peut servir de véhicule pour le faire cristalliser.
La préparation de Tacide chioro- phosphoreux sera donnée à la suite de Tacide chloro-phospht)rique.
Aona oR&oao-MosrBOHiQUi.
Perchlorure de phosphore^ deuto-chlorare de phosphore* PCI5 -^ 36o5,56 =; 6 volumei.
I^'a^ide çhloro-p)iObphoi ique est solide^ incolore et cristallin,
va en masse, il esC blaoc de neige. Il est volatil etp^tétre «Ustille' sans aUëratioD. Il bout àenvîron j48<>, et fioad à qaclqnes degrés au-dessous de cette température. Le poids spéciGque de sa vapeu/ = 49788* H résulte de U que i volume de cette vapeur cootieut 1/6* de volume de vapeur de phosphore et un volume 2/3 de chlore.
i;6 de volume de Yapearde phosphore ^ — -— = 0,726
I volume a;3 de chlore =. a,44 X i|66 . . . = 4,066
I volume de vapeur d'addacUoro-phosphorique =. 4)79^
L'acide chloro-phosphorique brùle au contact de Tair et d'un corps en ignitlon en produisant de l'acide phosphorique et en abandonnant du chlore. Il est décomposé par Teau «n phos« pha te hydrique et en chlorure hydrique = PCI5 + Aq «= 5 CIH + P05,Aq.
Lts acides chlorés du phosphore ne rougissent point le papier de tournesol bien sec, et ne s*unissent point avec les oxydes au contact de l'eau , puisqu elle les décompose j mais des analogies bien fondées permettent de penser que ces composés sont des acides vis-à-vis des chloro-bases.
On obtient les composés de chlore et de phosphore en fai« saut réagir Tun sur Tautrexes deux corps à la température ordinaire : un excès de phosphore donne de l'acide chlorophosphoreux ^ un excès de chlore donne de l'acide chloro-phosphorîque. L'action que l'eau exei'ce sur ces composés, indique qu'il est indispensable que le chlore et le phosphore soient bien secs.
On dessèche des frai;mens de phosphore en les épongeant avec du papier à Gltrt^r. Ces fragmens sont ensuite introduits dans une cornue tabulée placée sur un fourneau sans feu. Cette cornue est munie d'un récipient entouré de glace. Ou adapte à sa tub^Iu^e un appareil donnant du gai carbonique sec pour remplacer l'air de l'appareil. Lorsque le gaz qui sort païf un tube placé sur le récipient n'entretient plus la combustion, ou remplace l'appareil à gaz carbonique par un autre appareil donnant du chlore sec.
Il se forme de l'acide liquide qui occupe le fond de la cornue et de l'acide solide qui en tapisse la voûte. Cet acide solide est produit par la réaction du chlore sur la vapeur d'acide
6êa AZ0V0ÏM8.
ohlon>-ittK»phôréiixi Si Von veut de Padde bhlorri-phosffbotettT onartètc l'opërAtlon tttant que tottt le pbbsphôre rioit dissous.
Si Ton veut de Tacide çhloro-phosphorioue on pousse le dégagement au chlore jiisqii'À ce qiië tout le produit 3oit devenu solide, pans (dus lés cas les produits doivent être purifiés par la distillation.
On ODtieiît encore Tâcide cbloro-phosphoriqùe en faisant passer du chlore sec daîis dé l'acLdé chlôro-phospnoreux.
Composéà de trahie et ûe phoiphoh.
Le brome s'unit directement are<! le phospbdre en aéga* géant de la bhaUur et jcle la lumière< Les composés (]u'i(s forment ont la plus grande analogie avec ceux du chlorei
Composés diode et de phàsphorê.
L'Iode et le pboépbore s'unissent violeltiment & la temp^
nttute ordinaire i ils formëilt dei eomposéi bmnsi tolides et
'ft»ibles à une basse tempëraitnre, qui ont été à peine étadiés
AAtlSIO* (tft
▲kSBIVIC. (l)
Régule it'arsemcé Arsenic métaUique. Kobok (s)* Poudre aux moueàeK
As ::^ ^idtoè 1= I Yolumé.
Au it^ siècle, G^be^ écrivait qtib Vàtsefiic ioùàit lé Ukim rôle que Ib sotllVe Vii*à-vli àek m^tatlx, âaiis cërUlds àiiUc!rail Aa cbmm6nëemébt ^u Jtlli^ iiéclè^ Àlbett-le-dk'ahcl enseigna un procëdé pour Tobtenir libre de toiiië cobbinàisôti. Depuis, ce cbrpb à dté ëtU^ié par Uii grand iiôlbbté dé bhimistci, et toutes hh cbsërvâliduà tëudent t conârméir tod àhàlô^ie chiiA^ùë ayeb le fiho^piioi^é. Cette aiialbgië est au6èt biëh foh- Aée qti(i celle qui existe entré U chlore, le btèitiè et llollb ^ car, à teditiii d'être identiquëi^ flëut tùrpi ne pèùveUt pAà eo^ présenter ddVâHt&ge.
L'àrâëilib esï solidb ftt tréij fta^tlé. 11 [)Otoèay iVblftt ih'etàli li(]tieéila èbulètir ée Tacier, Avec tiiîë teintfe pitis foncée. Sk couleur se ternit au contact de l'air httfulde^ et déVienl d*ûtk brun boir&tré pài* la forinâtlôn Q^iiti oxydé, tl k Utie textllre c^iiîiuetntneUt cristallitië ; ^^^^ àfféïtë rAtetheiit dèi fdriheii bien dët^rmifaëes. Ge^èndânrbU |ièhke' ^b^it brstàlUie %h rhomboédrei;
Lé )H5iâi» s^ébiffc^e âë Nrsehlë = i^gi^j iÂoà M; dàibotiH; Sa chaleur spécifiques 0,08 i4o, selon M. Kégnàtilt dette chaleur spécifique assigne à la molécule d'arsenic solide un poids égal à la iholti^ de toh éqùivâleht chttii^de.
Sous la pression ordinaire de ratmçsphère^ Tarsenic pusse immédiatement de Tétat solide à ji'étal ^e vapeur. Çettf trfin^formation cçmmcnce vers i8o^. Pour le liquéfier, il faudrait augmepler la pression. La vapeur d'arsenic passé pour avoir une odeur alliabée^ nauséeuse et tput^ partichlièrei ^ais il, est probable que cette odeur est celle de l'oxyde. Le poids spécifique de la vapeur d'atVMiQVâ îo)ê\ irion-M. MiUcherlich.
On trouve dans la nature de l'arsenic métallique, cet arsenic est testacé, en grains ou bacillaire. Son poids spécifique varie
(0 II ne faut point confondre rtrsenic ateo Ttoide arscuieus, que l'on Dommft vtttgaircment arscnib.
(s) U nom Ue koton^ doûhi à I*at8«nlc; vicbt phibsbleslëfat âs cé qUé l*dh éQ utfsii utnb gradde )Mrti« de PatiJe ars^dleiii |lr6tfeliaut dé U c4iNlitllis\ t|iM ÏH Allemands nonineut Moit,
684 AZOTOiABS.
entre 5,73 et 8,3o8. On le rencontre principalement dans les terrains primitifs, où il accompagne largyroseet les composa arsc^nifèi^s de cobalt et de nickel. L'arsenic existe encore dans la nature à Tc'tat d'arsëniure, de suifarsëninre et d'arsëniate.
Lorsque Ton dépose un petit fragment d'arsenic sur un charbon ardent, sa surfaqe preqd un éclat métallique très brillant, et Ton observe à peu de distance une fumée brune qui devient blanche en partie : la fumée brune est due à de Toxyde d'arsenic; la vapeur blanche est de Tacide arsénieux. On sent eu pulre, Todeur propre à l'arsenic ou à son oxyde.
L'eau est sans action sur l'arsenic à la température orJinaire; aussi, lorsqu'elle a été privée d'air par l'ébullition, ou peut y conserver l'arsenic avec tout son éclat métallique. . L'air humide altère l'arsenic, et finit par en oxyder la surface. Lorsqu'il est en poudre, il jouit de la propriété de condenser l'air; alors la réaction devient plus vive^ la température s'élève, et l'arsenic peut s'embraser» On connaît plusieurs incendies dus à cette cause.
A une teinpérature suffisamment élevée, l'ais^nic brûle et se transforme eu acide arsénieux. Fondu avec le soufre, il en résulte des sulfures. Lorsqu'on le projette dans un flau>u rempli de chlore , il s'y enflamme en donnant naissance à de l'ficide chlocarsénieux. L'arsenic s'unit aux métaux , et les rend très cassant.
Composés (T arsenic et iïhjrdrogène.
On connaît' deux composés d'arsenic et d'hydrogène: l'un est solide, et porte le nom A^arsémureJt hydrogène; l'autre est gazeux , et présente U plus grande analogie de constitution avec l'ammoniaque et le phosphammoniaque : aussi lui donnera-t-OD ici le nom A^arsénammorUaquê.
AsHî?
Composé amorphe, d'une couleur brun terne, dont la coui' position est incertaine. Davy Ta découvert en décomposant l'eau au moyen d'une pile dont le rhcophore négatif portait un morceau d'arsenic à sou extrémité : l'hydrogène, au lieu de se dégager, »««t uni à l'arsenic. MM. Gay-Lussac et Thenanl. j
Aimne. 686
. Tont oiitenii en décomposant de Fanémiif«.depptai6ium par Peau.
AMMÊmâMÈÊMaAiçiam.
Hydrogène arsénié^ hydrogène arséniqué, Proio-arséniure d^hydrogene.
A&H3 = 977»58 =: 4 Tolumçs.
L'arsénammonîaque est gazeux et incolore^ il possède une odeur alliacée ; il est très dangereux à respirer. Son poids spë*cifique =3 9,695.
L'unité de volume de ce gaz , est formée de 1/4 de volume de Tapeur d'arsenic et de i volume et i/a d'hydrogène.
i;4 de volume de vjpeur d'arsenic — io,6 X o»^5 = 2,65o X volume et i;a d'hydrogène = 0,0693 X i|5 = 0,104
X volame d'arsénammofiiaqtie n 3*754
Lorsqu'on le chauffe, même sans le contact de l'air, il se décompose en hydrogène, qui devient libre, et en arsenic, qui tapisse les parois du vase où Ton opère. Une longue série d'étincelles électriques agit de même. Soumis à un abaissement de température d'environ — 3o^ , il se liquifie sous la pression de l'atmosphère.
Lorsqii^ l'on met le feu à du gaz arsénammoniaque contenu dans une éprouvette^ il brûle avec une flamme blanche, qi|i donne une fumée épaisse et blanche d'acide arsénieux. A l'ouverture de Téprouvette, ou trouve un dépôt blanc de cette substance; un peu plus avant, il y en a un brun, d'oxyde d'arsenic î et plus avant encore, il y en a un d'aspect métal- Jique^ qui est d,e l'arsenic.
Le chlore, le brome et l'iode, décomposent rapidement l'arsénammoniaque; le soufre et le phosphore le détruisent à l'aide de la chaleur. Le potassium, le sodium et l'étain, le décomposent aussi dans les mêmes circonstances, et mettent Phydrogène en liberté ; on peut même eipployer ce moyen pour eu faire l'analyse. Pour cela, on en introduit un volume déte^mipé dans une petite cloche courbe surle mercure^ on y fait pa;s;icr un morceau d'étain, et l'on chauffe
688 « KUrmt^s.
espace d'acide arsëmenx, elle se ramollît sans sê lîqnëfier^ et se rédoit en vapeur, dette vapeur a an poids spécifique de i3)85 selon M. Mitscherlich. Par le refroidissenievit, elle se dépose en cristaux octaédriques.
Selon M. Guibourt, à -f- i5o l'eau dissout o,oia55 de son poids d'acide arséniéux opaque; à + loo^, elle en prend o,i 147 9 ^^ lorsqu'on le laisse refroidir jusqu'à -|- i5% elle en retient o,o8583.
Uacidc arséniéux cristallisé en octaèdres coniPerve sa transparence à Tatr. Cet acide ou l'acide opaque, lorsqu'on les dissout dans l'eau, donnent des cristaux octacdriques aussi bien que par la sublimation,
jécide arséniéux amorphe^ vitreux ou transparent. — Cet acide est en masses d'apparence vitreuse, limpides, incolores ou légèrement jaunâtres* Sa saveur et ses autres propriétés organoleptiques sont les mêmes que celles de Vacide précédent. Son poids spécifique est de 3,385, selon M. Guibourt. Sa chaleur spécifique =0,1 349* M. Guibourt a observé que l'eau bouillante dissout 0,09683 d'acide arséniéux transparent; qu'en la laissant refroidir jusqu'à -f-iS^» elle en abandonne 0,01784 et en relient, par conséquent, 0,07899; cependant en faisant macérer cet acide dans de lean à -f- i5^ elle ne pent en dissoudre que o ,0096 1 5 . /
Tout l'acide arséniéux du commerce est d'abord à l'état vitreux; maisTarrangement moléculaire de cet acide est instable à la température ordinaire. L'équilibre des parties se détruit peu-à-peu en allant de la surface vers le centre, ou par couches: la couche la plus extérieure blanchit d'abord, elle s'épaissit peuà-peu, à mesure que le déplacement des molécules périphériques permet le mouvement des molécules sous-jaccntes, et toute la masse finit par être transformée en acide opaque, qui n'est probablement rien autre chose que l'acide octaédrique, qui est stable à la température ordinaire.
M. H. Rose a observé un phénomène fort remarquable, relatif à la modification de l'acide arséniéux. Lorsque l'on dis* sont celui qui est transparent dans le chlorure hydrique, loi même dissous dans l'eau, et que l'on place la dissolution dans une étuvii chaufiÀSe jusque vers -j- 5o<», cette dissolution demeure lumineuse pendant un temps assez long, au-delà du quel l'acide est transformé et ne donne plus de lumière. Il est
ÀRsfeKic. 6Sg
probable que la lumière qui apparaît pendant celte transformation est due au mouvement corpusculainf nJcessaîrc au nouvel arrangement des parties constituantes de Tacide arsénieux.
L'acide vitreux se produit, à n'en pas douter, par la fusion de Tacide octaédrique, à une température supérieure à celle à laquelle il se réduit en vapeur, et sous une pression plus forte que celle de Tatmosphëre. On se rendra facilement compte de ce phénomène, en connaissant les circonstances de sa production. On le sublime dans des yases où il forme des couches de plus en plus épaisses, enfin le vase s'échauffe ainsi.que la couche d'acide arsénieux qui le touche; mais cette couche ne peut se réduire en vapeur, car l'élasticité de ses parties est vaincue par la résistance des couches qui la recouvrent et qui fiutssent par subir elles-mêmes la transformation de proche en proche.
La transformation de l'acide arsénieux n'a lieu que lorsqu'il est à l'état solide ou pâteux; car lors(]ue Ton fait paiser sa vapeur dans un tube chauffé au rouge très vif, elle cristallise en octaèdres au sortir du tube.
Acide arsénieux prismatique. — M. Wohler a observé des cristaux d'acide arsénieux sous forme de lames hexagonales, nacrées, cUvables parallèlement à leurs faces. Quoique ce clivage ne corresponde ni à celui de l'exitèle, ni à celui du stibine, il est probable que l'acide arsénieux dont il est ici question appartient au système du prisme rhomboïdal.
L'observation que M. Guibourt a faite sur la solubilité des acides arsénieux vitreux et opaque est des plus singulières.
Ce résultat ne peut s'expliquer par la simple transformation d'un acide dans l'autre. Il est aussi probablement dû à ce que, vers ioo% il se forme quelque composé entre les élémens de l'acide arsénieux et de l'eau. Si l'on étudiait ce phénomène d'une manière suivie, il est probable que Ton verrait croître régulièrement la solubilité de ces acides jusqu'à une certaine température, et que tout-à-coup elle deviendrait plus considérable lors de la formation du nouveau composé.
Réactions des acides arsénieux. Les acides arsénieux se comportant chimiquement de la même manière dans un grand nombre de cas, on peut les réunir ensemble.
Le charbon réduit facilement l'acide arsénieux. Celte réaction peut être faite sur une petite échelle : introduire
690 AZOTOÏDES.
dans un tuhc Ferme à une extrëniiKS un fragment diacide arscnîeux de la grosseur de la tête dune petite épingle, placer par-dissus une colonne de charbon en petits fragmens récemment calcinés, de trois centimètres de hauteur, cbauITer à la lampe à alcool la partie du tube correspondant au charbon, et, quand elle est presque rouge, chauffer l'arsenic sans cesser de chauffer le charbon tFacide arséoieuxse volatilise et sa vapeur se re'duît en traversant le charbon ; de l'oxjde de carbone se dégage, et de larsenic métallique se dépose dans le tube sous forme d'un enduit gris noirâtre, d'aspect métallique.
La dissolution aqueuse d'acide arsénieux fait naître un précipité blanc d'arsénite de chaux lorsqu'on l'ajoute en petite quantité dans Veau de chaux. Si l'on en ajoute davantage, le précipité se redissout. Si l'on ajoute du sulfure hydrique dissous à une dissolution d'acide arsénieux, la liqueur jaunit. Si les dissolutions sont très concentrées, elles peuvent donner un précipité jaune floconneux d'acide sulfarsénieux ; mais si l'on ajoute quelques gouttes d'acide muria tique, le précipité se forme toujours infailliblement, quelque peu concentrée que soit la liqueur; mais 9e n'est quelquefois quaprès un temps assez long, si la dissolution ne renferme quune quantité très minime d'acide arsénieux. Si l'on ajoute de l'ammoniaque à une dissolution d'acide arsénieux jusqu'à ce qu'elle ait une réaction alcaline, et si l'on fait bouillir le mélange, l'excès d'ammoniaque s*en va, et l'on a un arsénite jouissant des propriétés caractéristiques de ces sortes de composés.
L'acide arsénieux bouilli avec l'azotate hydrique, ou plutôt encore avec l'eau régale fortement chargée de ce dernier corps, se transforme en acide arsénique reconn'aissable aux caractères qui seront bientôt signalés.
Si Ton ajoute un peu de dissolution arsenicale à un appareil donnant de l'hydrogène, on obtient alors de l'arséniure d'hydrogène (arsénammoniaque), dont la flamme est blanchâtre et répand une fumée blanche, si l'arséniure est en quantité notable. Cette flamme, projetée sur une soucoupe ou une assiette de porcelaine, y fait des taches darsenic ayant la couleur et l'aspect métallique de ce corps. Ce procédé est dû à M. Marsh.
Cette expérience est très facile a faire avec une simple fiole bouchée et surmontée d'un tube coudé, faisant un angle de 135" environ, comme la Ggurc ci-jointe l'indique. On întro-
doit dans cette fiole de Tean, du zînc et du sulfate hydrique, nécessaires pour obtenir de Phydrogène : on pose doucement le bouchon sur la fiole , en renfonçant assez pour la boucher, et assez peu pour qu'il en sorte facilement.
Après quelques inslans , on met le feu au gaz sortant par le tube, qui doit être terminé en pointe obtuse. Si l'appareil contenait encore de l'air, de manière à faire un mélange explosif, le bouchon sauterait, et il n'y aurait point d'autre accident. Si le gaz brûle tranquillement, on enfonce davantage le bouchon, et Ton essaie si la Qamme donne des taches sur la porcelaine^ si après quelques minutes elle n^en donne pas, on peut être assuré que les matières employées sont exemptes d'arsenic. En introduisant alors dans l'appareil une fraction de goutte de dissolution arsénieuse, prise à l'extrémité d'une baguette de verre , on verra que la flamme du gaz donnera les taches indiquées.
Afin de n'être point obligé d'ouvrir l'appareil pour y introduire la dissolution arsénieuse , ce qui exige une perte de temps et de produits , parce qu'il faut attendre que le gaz ne aoit plus explosible pour y mettre le feu » on peut faire usage de l'appareil ci -joint. Le ^
zinc étant dans le flacon, avant de le boucher, on peut y introduire l'eau, le sulfate hydrique et la dissolution arsénieuse par le tube droit.
Ce tube doit être rétréci à sa partie inférieure pour éviter une perte de gaz. La branche oblique de tube coudé est coupée en deux, et réunie par un tube un peu plus large, contenant des fragmens de ponce volcanique , pour arrêter les parcelles liquides, qui pourraient être entratnées par le gaz, et qui conduiraient à des résultats incertains. Cet appareil est tort simple, et donne de bons résultats.
L'x\ca'l<'mie royale des scicn ces de Paris a combiné quelques
6ga AZOTOÏDBS.
modifications de Tappareil de Marsh , et a donne la prcft-rcnce i celui qui est représenté dans la figure suivante.
Dans cet appareil, 1c gaz traverse dos fils d'amiantlie placés dans le. gros tube oblique. Là, il dépose les matières qu'il peut lenir en suspension. On cliauflc le petit tube entre les deux extrémités d*une lame de cuivre gratté, repliée sur elle-même: sous l'influence de la chaleur, l'arséniure se décompose, l'hydrogène se dégage, et l'arsenic se dépose dans le petit tube (i). En détachant ce tube et chaufTaut d'abord au-dessus de l'arsenic, puis après à l'endroit môme où est ce corps, on peut le transformer en acide arsénieux qui se sublime en cristaux octaédriques, brillans, reconnaissables à l'aide d'une loupe.
En traitant les taches arsenicales par une petite quantité d^azotate hydrique, et le faisant évaporer, on a de l'acide arscnique qui devient rouge par l'addition de l'azotate argentique. Cette opération est indispensable pour ne point confondre les taches antimoniales avec les taches arsenicales.
Au lieu de brûler le gaz arsenical, M.Lassaignc a proposé de le faire passer dans une dissolution d'azotate argentique. En opérant à la lumière diffuse, l'argent est réduit i Tétai métaUique; de l'eau se produit en même temps que de l'acide arsénieux, qui demeure dissous dans la liqueur. S*il reste de l'azotate argentique non décomposé, on en précipite le mé-
(x) U faut que ce lube soii bien étroit , pour é(re sûr de décomposer tout le g» arsenical, même en cbaufftot le verre jusqu'au point de le ramollir. Aussi seraît-il plnj cottTenable de souder le petit tube après le gros tube , et de chauiïer la partie coutenant l'amianihe. Là, le cootact serait plus multiplié et la décom position serait plus complète. Ou conduirait ensuite Tarseoic où Ton voudrait, i l'aide de la chaleur.