‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 101 sur 102 · ARSENIC · texte numérisé non relu

ARSENIC

tal par la plus petite quaiitît(^ possible de chlorure hydrique dissous. Après avoir été filtrée dans un filtre lavé à l'acide , cette liqueur donne la réaction de Tacide arsénieux par le sulfure hydrique. Pour d'autres réactions, il serait convenable d'évaporer la liqueur, et de la reprendre par l'eau; mais, dans ce cas, il pourrait y avoir une partie de l'acide arsénieux transformée en acide arsénique.

jéction toxique Je t acide arsénieux; son contre-poison, — > L*tcide anénîeux, pris même en très petite quantité, détermine un sentiment d*Acreté à U gorge, une douleur toute particulière dans la région des parotides et des déchiremens dans Teslomac. Cette dernière sensation a même lieu lorsque l'arsenic n*a point atteint cet organe directement et qu'il n'a pu en pénétrer qu'une quantité tr^ faible dans les fosses nasales. A un degré plus avancé, il détermine un frisson général,'le griocement des dents, le refroidissement des extrémités et la mort. Ce poison agit de deux manières furl distinctes : comme agent corrosif local, et comme agent qui détruit la vitalité des parties avec lesquelles il se trouve en contact. Il résulte, d*ex« périences que j*ai tentées avec des préparations arsenicales, tant sur moi-même que sur des personnes qui ont bien voulu s'y prêter, que ces préparations agissent dans le lieu de leur application, qu'elles en déterminent la turgescence et Tengourdissement, en même temps qu elles arrêtent la circulation capillaire et produisent l'engorgement des petits vaisseaux. Chacune des particules organique^ qui constituent un être vivant, étant eltes*niêmes douées de la vie, il est probable que l'acide arsénieux diminue ou détruit leur activité, et qu*il tue les animaux jusque dans chacune de ces particules. Les belles expériences de M. Orfila ayant prouvé que ce *poison est absorbé, transporté dans le sang, et de là dans toutes les parties du corps, il est évident qu'il peut causer la mort en agissant comme il vient d'être dit.

Ainsi donc, l'acide arsénieux, et les autres préparations arsenicales, sont des poisons qui tuent en détruisant l'activité des particules qui constituent les êt;*es vivans.

Il est probable que beaucoup d'autres poisons agissent de cette manière : Ict expériences de M. Mitscherlich, sur l'action du sulfate de cuivre, conduisent m même résultat, puisque ce poison se combine avec les particules organiques, comme une matière tinctoriale avec un tissu.

On a beaucoup cherché un contre-poison i Tacide arsénieux, et Ton est enfin parrenu à en trouver un qui neutralise son action. Ce contre-poison est l'hydrate de ses^ui-oxyde de fer en bouillie. Il faut que cet hydrate soit récemment préparé pour être actif. Voici un moyen qui permet de Tobtenir rapidement dans toutes les pharmacies: [dissoudre du sulfate de fer (vitriol vert) dans l'eau bouillante, j ajouter un peu d'azotate hydrique et de sulfate hydrique ; mettre une petite portion de la liqueur de côté, ajouter à celle qui reste de la potasse caustique (pierre à cautère) , et agiter continuellement jusqu'à ce qu'elle commence k^ bleuir le papier rouge de tournesol ; ajouter alors une petite quantité de la liqueur mise de celé pour saturer l'excès d'alcali.

La liqueur, ou plutôt la bouillie ainsi préparée, ne contient que de l'hydrate de

6p4 \ZOTOÎDB8.

teiqai-oiyde de fer, ri du i ulfate de potasse, qui ae peut nuire eu aucuoe manière, ni aux individus empoisonnés, ni à h réaction.

Il est convenable de sucrer celle liqueur cl d*y ajouter i déctgramme Jéniétiqne pour la première dose Quand elle est vomie, on en donne une deoaième dose avec 5 centigrammes d'émétiqoe seulement.

Xai eu Toccasion de traiter deux personnes empoisonnées par raddeanénic&s. Dans les deux, il y en avait une qui courait les plus grands dangers. EJcs ont été sauvées par remploi de l'hydrate de sesqui-oxyde de fer, préparé comme il vient d*étre dit.

Usages. — • Uacîde arsénieux est employé pour détruire les animaux Duisiblec j poiu: chauler les blés au moment de les ensemencer. Les verriers en font quelquefois usage pour détruire la teinte verte occasionnée par le protozyde de fer, en le faisant passer à l'état de sesqui-oxyde. On ne peut l'employerpour les verres très plombifères \ car il les rendrait opaques ou au moins louches. On en fait encore usage dans la teinture, dans Timpression des toiles peintes et dans la fabrication de l'acide arsénique, des arséniates, des arsénites, de ToFfMment, du réalgar et des verts de Scheele et de Schweinfurth.

Fabrication de F acide arsénieux. — On prépare l'acide arsénieux «n grillant les sulfo-arséniures naturels de cobalt et de fer. Cette opération se fait dans une espèce de four à réverbère, dont la cheminée est remplacée par des chambres superposées dans lesquelles l'acide arsénieux se condense sous forme de poudre. Cette poudre est ensuite soumise à une espèce de sublimation dans des vases de fonte surmontés par de longs tuyaux qui se rendent dans des chambres à condensation, afin d'éviter des pertes et les accidens qui résulteraient de la présence d'une trop grande quantité d'acide arsénieux répandu dans l'atmosphère. Les parties sublimées qui atteignent une température suffisante se ramollissent, et forment l'acide arsénieux vitreux.

ABsÉvnaf.

L*acide arsénieux s'unit aux oxydes pour former des composés salins. Tous les arsénltes sont décomposablcs par la chaleur. Lorsqu'on les chauffe en présence du charbon dans un tube de verre scellé & une extrémité, ils donnent de l'arsenic volatil qui tapisse les parois du tube, et devient un indice irréfragable de la présence de ce cor[is. Les ar^énitts sodique, potassique et amiuonique sont solubles dans l'eau, et crislallisenl fort di^cilemcnt. Les arsénites calcique, strontique et

ARSBNIG. 695

barjTtique se dissolvent dans un excès d'acide arscnîeux. Les arsénites, en gênerai, sont solubles dans les sels hydriques. Les arsénites solubles donnent , par les dissolutions des sels de cuivre, un pre'cîpité ^ert clair, d'arsénite de cuivre; avep les sels d'argent, ils donnent un précipité blanc jaunâtre d'arsénite argentique.

AGIDa ABSÉHXQVS.

As05 = 1440,08.

L'acide arsénique est solide, amorphe et blanc. Lorsqu'on le chauffe, il se change d'abord en acide àrsénieux qui s'unit à l'acide arsénique, et en oxygène qui se dégage ; en chauffant davantage, il se convertit entièrement en acide àrsénieux et en oxygène. L'acide arsénique attire puissamment l'humidité atmosphérique et se liquéfie ; mais il en est une partie qui demeure solide, et qui ne se dissout qu'avec difficulté. L'acide arsénique aqueux, qui a un poids spécifique de i,935, est plus bygroscopique. L'acide arsénique se combine réellement avec l'eau, et forme des composés salins , sans doute comparables à ceux que donne l'acide phosphorique *, mais qui n'ont pas encore été suffisamment étudiés. Sa dissolution rougit fortement le tournesol, et fait naître un précipité rouge brique foncé dans l'azotate argentique.

Préparation* — On prépare l'acide arsénique en traitant Tacide àrsénieux par l'azotate hydrique, ou plutôt par l'eau régale fortement chargée de ce dernier corps , jusqu'à ce que Ton n'aperçoive plus de vapeur rouge. Dans cette réaction, lacide àrsénieux se suroxyde, en prenant une partic.de l'oxygène de l'azotate hydrique, et celui-ci se trouve transformé en eau et en acide hypo-azotique.

On opère habituellement dans un appareil distillatoire

696 AZOTOÏDE8.

propre à recueillir les produits non décomposés, comme dans la prcparatloQ du phosphate hydrique.

Pour éviter une trop grande lurgesct nce, il est convenable de mettre d'abord le mélange oxydant d.ins la cornue, et de n'y ojouter Tacidc arsénieux que par petites portions.

ABSÉlflATEB.

M. Mitchcrlich a démontré depuis plusieurs années la profonde analogie qui existe entre les arséniates et les phosphates, et depuis les recherches de M. Grahara, on sait qu'il existe des arséniates monobasiques , des arséniates bi^basiques et des arséniates tri -basiques^ mais on ne connaît bien que les arséniates tri-basiques.

En faisant défia grer l'acide arsénieux avec un poids égal au sien d'azotate potassique, on obtient une masse blanche et solide qui, par la dissolution dans Teau et la cristallisation, donne un sel correspondant au bi- phosphate de soude : ÂsOs, KO,2HO, aHO. En décomposant le carbonate sodique dissous dans l'eau par l'arséniate hydrique également dissous, et en ajoutant de ce dernier corps jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'acide carbonique , on obtient un arséniate bi- sodique, tribasique cependant, qui correspond au phosphate de soude ordinaire» Ce composé cristallise avec 24 <>u ^4 équivalens d'eau : ÂsOs, 2Na0,H0, a4 ou i4 HO. En chauffant à sec un équivalent d'acide arsénique avec un excès de carbonate de soude, il se dégage trois équivalens d'acide carbonique, et il se forme un arséniate tri sodique, que l'on obtient par la dissolution aqueuse et la cristallisation. Cet arséniate contient a4 équivalens d'eau : AsOs, 3NaO, 24HO.

Les arséniates de potasse , de soude et d'ammoniaque sont solubles dans l'eau; ils donnent un précipité rouge brun d*arséniate tri-argentique par Tazotate argentique. AsOs, 3AgO. Les arséniates solubles donnent avec les sels solubles de enivre un précipité bleu verdâtre très pâle, d'arséniate de cuivre, qu'il serait facile de confondre avec le phosphate correspondant , si Ton ne faisait intervenir d'autres caractères.

Les arséniates sont solubles dans les sels hydriques, la cha^ leur les décompose; en présence du charbon leur destruction est plus facile, et ils donnent de Tarsenic métallique facile à reconnaître.

Composés (Parsenic et de soufre.

On connaît trois composés principaux d*arsenlc et de soufre : un sulfure AsS%, Tacide sulfo-arsënieux AsS^ et Tacide sulfo-arsénique ÂsSs. Les sulfures d'arsenic , comme ceux de phosphore, se mêlent eu toutes proportions avec Tarsenic et le soufre par la fusion.

lœt^apoaoi et lanSapi^ des auteurs grecs. Sandaracha des auteurs latins. Réalgar. Sulfure rouge d arsenic. Rubine d* arsenic. Soufre rouge des volcans. Orpin rouge.

AsS2 =. 1 340,08.

Le rëalgar existe dans la nature : on Ty trouve en masses compactes ou translucides, quelquefois même limpides , ou sous forme bacillaire, ou bien en cristaux, dérivant d'un prisme oblique de io5^ 3o', incliné de 85^ $9'. Son poids spécifique = 3,6. Sa chaleur spécifique = 0,1 3o. L'indice de ré* fraction du réalgar artificiel = 3)549*

Le réalgar du conunerce est artificiel, il est en masses plus compactes que le précédent, présentant une cassure conchoïde sous- vitreuse.

Le rëalgar est volatil à une température voisine du rouge sombre. Lorsqu'on le grille au contact de l'air, il donne des vapeurs blanches d'acide arsénieuxet l'odeur du gaz sulfureux. II se combine avec les sulfo-bases , de manière à former des composés salins : AsSi,AS = AsSsA. Lorsqu'on le chauffe avec une dissolution de potasse caustique, il perd du soufre , et donne une poudre brune qui est un autre sulfure d'arsenic de la formule AseS.

On obtient le réalgar en fondant ensemble le soufre et un excès d*arsenic ou diacide arsénieux, ou pour une partie de soufre 9 5 d'arsenic et 7 d'acide.

Le réalgar a quelquefois été employé en médecine, comme médicament externe, dans le traitement des maladies cancéreuses. On l'emploie en peinture; mais il altère les couleurs blanches de plomb, avec lesquelles on l'unit; il est aussi employé par les artificiers pour faire les feux blancs, dits des Chinois, qui répandent uue lumière si vive, sans doute due à

6q6 azotoïdes.

Tacide arsënieux qui se produit dans la flamme. La composU tion employée pour ce feu est formée de a4 parties de nitre , j parties de fleur de soufre et ?. parties de rcalgar.

AOXDB BUUtàBBbKXaaX.

A'ppcvcxov ou A'pffcvcxôv des grecs; arsenicum j Pliue; auripigmentum , Vitruve •, orpiment ; orpin jaune ; orpin de Perse; sulfure Jaune <f arsenic.

AsS3= i54o,o8.

On trouve de Torpiment dans la nature; il y est en masses jaunes compactes ou granulaires , mais le plus souvent laminaires. Il présente Téclat métallique de l'or, quoiqu'il soit transparent lorsqu'on le réduit en feuillets par le clivage. On le trouve quelquefois en cristaux difficiles à déterminer, que l'on a cru être des prismes rhomboïdaux obliques; mais cela a été contesté, et Ton pense qu'il cristallise en prismes rhomboïdaux droits, comme le sulfure d'antimoine, qui peut lui être comparé à plus d'un titre ; mais pourquoi l'hétéro-morphisme n'existerait-il point entre ces deux corps? Le poids spécifique de l'orpiment = 3,48. L'orpin de Perse du commerce est naturel ; l'orpiment ordinaire est factice : il est en masses opaques d'un jaune clair, à cassure vitreuse*

L'orpiment est volatil ; grillé au contact de l'air, il se comporte comme le réalgar. II est un peu soluble dans l'eau. Le chlorure hydrique le précipite de cette dissolution. II est soluble dans l'ammoniaque, les dissolutions alcalines et celles des sulfures alcalins*

On prépare l'orpiment du commerce en fondant ensemble du soufre et un excès d'acide arsénieux. Aussi cet orpiment est-îl caustique et très vénéneux. On peut en préparer de très pur en faisant passer un courant de sulfure hydrique au travers d'une dissolution d'acide arsénieux dans l'acide muriatique. Le précipité doit ôtre lavé cl séché avec soin.

L'orpiment est employé en peinture : il donne une très belle teinte d'un jaune transparent; mais après quelque temps il a l'inconvénient de noircir les couleurs de plomb avec lesquelles on le mêle, en les faisant passer à l'étal de sulfure; aussi le remplacerait-on sans doute avec avautage au moyeu

AHSElIfC. 699

de l'iodure de plomb. On s'en sert dans les fabriques de toiles peintes pour dissoudre l'indigo.

L'orpiment très pw mérite d'être employé en médecine; mêle avec l'axonge, il forme une pommade qui réussit merveilleusement dans le traitement des excroissances syphilitiques. Cette pommade peut être placée sur une très grande étendue du corps sans le moindre inconvénient. Il n'en serait point de même si Torpiment contenait de l'acide arsénieux*

AozDa mirABBiQnQini.

Sulfide arséniquây per^sulfure d^arsenic.

AsSs =: 1940,08.

Ce composé est une poudre jaune un peu plus pale que l'orpiment. On l'obtient en faisant passer un courant de sulfure hydrique dans une dissolution concentrée d'arséniate hydrique ; ou bien en décomposant par le même sulfure l'arséniate potassique, et le précipitant par le chlorure hydrique. Ce composé est soluble dans les dissolutions alcalines concentrées, dans Tammoniaque également très concentré; il est aussi soluble dans les sulfures et les carbonates alcalins^ cependant, dans bien des circonstances, il se partage en orpiment et en soufre : aussi estait pwbable que cet acide rCest qu^un mé^ lange d*orpiment et de soufre en proportions définies. Ce ne serait quaprès avoir été fondu que la combinaison serait intime.

Composés formes par l'arsenic et par les cUoroïdes.

Les chloroïdes s'unissant avec l'arsenic, le composé principal qu'ils forment correspond à l'acide arsénieux , et a pour formule générale AsXj. Il paraît exister un acide chloroarsénique AsCIs; mais son existence n*est pas suffisamment démontrée.

Les composés des chloroïdes et d'arsenic de la formule AsXs sont tous volatils.

L'acide fluor-arsénieux est liquide^ il a un poids spécifique de ^,73, et s'obtient en distillant un mélange de fluorure-calcique, de sulfate hydrique et d'acide arsénieux, dans une cornue de plomb.

L'acide chlor-arsénieux s'obtient eu brûlant directement

^OO AZOTOÏDB8.

l'arsenic dans le chlore, ou bien en distillant un mélange de sel marin, de sulfate hydrique et diacide arsënieux. Il est plus dense que l'eau -, il bout à i3a<> ; et le foiàs spécifique de sa yapeur = 6,3.

L'acide brômarsënieux s'obtient en combinant directement le brome et l'arsenic. Il est solide au-dessous de -|" ^^''> ^^ bout k + lao®.

L'acide iodars^nieux peut être obtenu en combinant directement 5 parties d'iode, et une d'arsenic, soui l'influence de l'eau. Lorsque la réaction est opérée , ce que Ton reconnaît à ce que le mélange ne répand plus l'odeur d^iode, on évapoie la liqueur jusqu'à siccité, et l'on fond le résidu. On a alors une masse d'un rouge brun, à cassure cristalline. Ce composé est soluble dans une grande quantité d'eau. Une faible quantité de ce liquide le décompose.

L'arsenic se combine avec le phosphore lorsqu'on les fond sous l'eau j il en résulte un composé noir, brillant et cassant, altérable à l'air, et que l'on ne peut conserver que dans Teao privée d'air.

ANTlMOinC.

2l7(fifA(. Stibium. j4ntimonium. Larbason, Alabastrum^ Platj- . ophthalmon. Lupus metallorum. Régule eTarUimoine* Régule» j4fitimoine métallique.

Sb = x6ia,90.

Sous le nom de o7cfifAc etsous celui de stibium, les Grecs et les Romains confondaient l'antimoine sulfuré et l'antimoine natif, comme encore aujourd'hui on nomme autimoine cni^ ^^ même antimoine tout simplement, le sulfure d*antimoiue,et antimoine régule, l'antimoine proprement dit(i). Pline distingue l'antimoine mâle qui était probablement le sulfure, et l'antimoine femelle, qui est probablement l'antimoine natif. Il est question de l'antimoine dans le liber inuestigatioms magisterii de Geber du ix< siècle. Au x\^ siècle , Basile Yalentin a publié un pro* cédé pour extraire Tantimoine de son sulfure. Dès cette époque

• ( 0 tJn ptuage de Diosooride donnerait k penser qu'on le confondait iusm <^ la galène.

ANTIMOIHB* 701

il portait le nom ù^antimoniunij et ce nom latin ne permet pas de ptnser, avec quelques auteurs, qu antimoine veuille dire contraire aux moines.

Il n'est pas de métal qui ait ctJ plus étudié que Tantimoine^ cependant son histoire est encore fort incomplète.

L'antimoine existe dans la nature principalement à l'état de sulfure i on l'y rencontre aussi combiné à l'oxygène ou avec divers mëtaux, vîs-i-vis desquels il joue le même rôle que l'arsenic y comme dans l'antimonickel, l'argyritlirose, la pana» base, etc. Enfin il s'y trouve k l'état natif. Il est presque toujours accompagné par l'arsenic : aussi est-il important de le débarrasser de ce métal pour certains usages. L'antimoine du commerce provient toujours du sulfure naturel.

L'antimoine est solide , il a un éclat métallique blancbleuâtre, très vif; sa structure est éminemment cristalline et laminaire , quand il est tel qu'on le trouve dans le commerce ; elle est grenue, quand il a été purifié. Son poids spécifique varie de 6,70a à 6,86 ; sa chaleur spécifique = 0,05077 ; il fond vers -j* 4^5!^ et ne se volatilise point d une manière bien notable à la température rouge.

 la température ordinaire, l'antimoine résiste bien à l'action de Tair sec, même à celle de l'air humide sans s'altérer. Si la température est élevée, il brûle en donnant nne fumée blanche, qui se dépose en cristaux prismatiques, fins et déliés, d'acide antimonieux. Chauffé au feu d'oxydation de la flammé d'un chalumeau, il donne, parle refroidissement, un globule terne et rugueux, recouvert et entouré de cristaux d'acide antimonieux.

Le chlorure hydrique dissous a peu d'action sur Tantimoinc, l'azotate hydrique en a une très vive et le transforme en acide antimonosique. Le sulfate hydrique n'agit qu'autant qu'il est chauffé et concentré, et donne un sous-sulfate d'antimoine.

L'antimoine en poudre grossière, projeté dans un vase rempli de chlore gazeux , s'y combine en développant de la lu* mière, et doune de Facide chlor-antimonieux.

li'antimoine s'allie facilement avec les métaux, qu'il rend fusibles. C'est de U, que lui vient le nom de lupus metallorumj parce qu'il semble les dévorer. En général, il les rend durs, cassans et susceptibles de recevoir un beau poli. Par le rôle chimique que lanlimoine joue vis-à-vis desmétauX| il aurait

70a AZOTOÏDBÀ.

pu consenrer le nom de demi-mëtal qu'il portait anciennement , car il est intermédiaire aux métaux proprement dits et aux corps non métalliques.

Extraction. — L'antimoine s'extrait de son sulfure naturel. Pour cela il j aplusieurs procédés. Le plus économique, et celai qui est suivi dans les arts, consistée griller co sulfure à une température insuffisante pour le fondre. En grand, cette opération se fait sur la sole d'un fourneau à réverbère; dans un laboratoire elle peut se faire dans un laije tét de terre cuite placé sur un fourneau. Il faut avoir soin d'agiter continuellement le sulfure d'antimoine avec une tige de fer pour hâter la réaction.

Uans cette opération l'oxygène de Tair brûle le soufre et l'antimoine, il se dégage du gaz sulfureux et il se fait un sulfate basique d'antimoine. Le résidu de la calcination doit être ensuite mêlé avec du charbon imprégné d'une dissolution de carbonate de soude et desséché ; le mélange est introduit dans un creuset que l'on couvre et que Ton chauffe au rouge : l'antimoine se réduit. On peut laisser refroidir le creuset jusqu'au ronge sombre pour couler le métal qu'il contient ouïe laisser refroidir complètement pour l'avoir en culot.

' Le carbonate de soude s'empare de l'acide sulfurique formé par le grillage, et du soufre qui aurait échappé à ce grillage; le charbon s'empare de l'oxygène.

Ce procédé ne réussit en petit quautant que le minerai est parfaitement grillé.

Dans les laboratoires on peut simplement chauffer le sulfure d*antimoine pulvérisé avec du flux noir : la réduction a lieu sans grillage.

L'antimoine étant à bas prix dans le commerce , il est rare qu'on le prépare dans les laboratoires ; mais il est convenable de le purifier , parce qu'il renferme presque toujours de Tarsenic. Basile Valen tin recommande de le fondre jusqu'à trois foii avec un mélange d'une partie de tartre brut et d'une demipartie de nitre (i). Ce procédé est bon: l'arsenic est acidifie

(i] Voici Uxtiiellemcnt !c procédé de Basile Valeotin : « Siime ex optioioaQti-

autimoine. 7o3

pr le nltrei et s'uDÎt avec la polasse. Au lieu de tartre brut , .«elon la remarque de Kerkrîngîus, son commentateur, on peut employer le carbonate de potasse; mais on doit y ajouter environ 1/8^^ de son poids de nitre.

Usages^ — L'antimoine en nature a été employé en méde* cine sous forme de petites balles , que Ton nommait /^Z/u/e^ perpétuelles» Ces pilules étaient purgatives. Aujourd'hui l'on emploie une quantité considérable d'antimoine pour faire 1 alliage des caractères d'imprimeries; il entre aussi dans celai des planches à graver la musique. Il fait partie de l'alliage des timbres et des miroirs métalliques; on le fait encore entrer dans des alliages de peu de valeur que l'on coule sous forme de couverts pour les usages de la table. Il entre aussi dans la plupart des alliages que les faussaires emploient pour fabriquer la fausse monnaie , et sert, en outre, pour faire les produits chimiques qui le renferment, excepté ceux sulfurés qui sont faits directement avec le sulfure.

AirriMOMAMMOnAQVB. .

Hydrogène antimonié.

SbHa.

IjCS derniers travaux , qui ont été entrepris sur les recherches de l'arsenic par la méthode de Marsh , ont démontré l'existence d'un gaz formé d'hydrogène et d'antimoine. Ce gaz brûle avec une flamme blanchâtre et donne un dépôt brun très considérable. Ce dépôt , traité par l'azotate hydrique , se transforuie en une poudre blanche, qui ne peut donner une matière rouge par Tazotate argentique, comme celui que l'on obtient par le résidu de la combustion de l'arsénammouiaque. L'analogie porte à penser que Thydrogène antimonié a la même constitullon que l'arsénammoniaque , que sa formule doit être SbHj, que son poids spécifique doit être voisin de 4^5 , et qu'il doit , en outre , être facile à liquéfier, soit par

monio hungarico, et tartaro crudo parles equale^, et mediam partem salis nltri^ leraotur sîmii) subliliter, et postqaam in ftirno ventoso inter 5e fluxerint, effundantur in pclvioi «iieam, ibique refrigescant, tnnc iiiveniiur regulus; bic ter, et eo &aepiu% tartaru el sale nilri purgalur pcr igoem et ûl albus rêluceusy ut trgeu- Cum capcllalum

^04 AÏOTOÏDEâ.

un abaissement de température, soit par une pression convenable*

On obtient facilement de rbydrogène antimonié en ajoutant une dissolution d'émétique à un appareil donnant de lliydrogène , comme s*il s'agissait de préparer Tarsénammoniaque.

Composés (T antimoine et dH oxygène.

Il eiiste quatre composés d'antimoine et d'oxygène, un oxyde dont la composition n'est pas connue, et trois addei: Tantimonieux SbOsf l'antimonosique SbOi et l'antimonique SbOs*

Composé amorphe , d'une couleur brune , qui se produit lorsque l'on décompose Teau avec une pile dont le rhéophore positif est terminé par un morceau d'antimoine. Traité parle chlorure hydrique, ce composé se divise en antimoine qui demeure insoluble et en acide antimonieux qui se dissout.

Fleurs argentines d'antimoine^ chaux d* antimoine, antimoine blanc, antimoine oxydé j protoxyde d'antimoine, oxyde dH antimoine.

SbOa =: 1913,90.

L'acide antimonieux est polymorphe : on en connaît de cristallisé sous deux formes, et d'amorphe.

L'oxyde d'antimoine cristallisé est en prismes rhomboïdaux, très longs et déliés , incolores , mais blancs et d'aspect nacré lorsqu'ils sont en masse; de là le nom de fleurs argentines d'antimoine qui lui a été donné. Sur les prismes de cette substance , on trouve quelquefois de petits octaèdres très réguliers et très limpides que l'on pense être de même nature « et ce fait est possible a cause de la très grande analogie qui existe entre l'acide antimonieux et l'acide arsénieux; cependant, SéruUas, ayant trouvé de Tarsenic dans Tacide antimonieus* ne serait-il pas possible que ces octaèdres fussent de l'acide arsénieux? J'ai observé quelques-uns de ces cristaux; mais je n'ai pu en disposer pour m'assurer de leur nature. L'aciHe antimonieux existe à l'état natif; mais en petite quantité, il

e»i en piimica riianikoSdaiiY de.i37'*43S.cUvAkks'piiMiolement aux pans du prisme et de sa petite diagonale. So» poids spécifique ^=s. GySfi» La chaleur spécifique de l'onde aiiiimouieux artificiel s= 0,091 *elon M. RegnauU.

L'acide antimonieux est fusible et volatil. On Tobtient en grillant l'antimoine dans des creusets percés et empilés les4in<* dans les autres. Le premier creuset , celui ^que Ton pUœ à la» partie inférieure doit èlre percé latéralement au-dessus àm l'antimoine* Les autres creusets sont percés à leur fond , et se placent renversés sur le premier -pour recevoir et condenser les (Vapeurs d'aeide qui en émanent. L'axe commun da syatèiiie doit être incliné d'environ 4^°» et le trou du creuset inférieuc doit ètr; tourqé en dessus. Si Ton entretient Tantimoine en fosion à la température rouge, il s'établit un courant d'air dans l'appareil et l'acide antimonieux s'y dépote*

L'acide antimqnieux amorphe est en poudre d'un Uanusale ou jaunâtre, il présente la propriété singulière d'être oDii^ustible* Lorsqu'on le porte à la temperature.de 4oo^ en vison et que l'on y met le feu, il brûle lentement comme de l'amadou et se trouve transformée en acide antiittonosique* On obtient l'acide antimonieux amorphe en décomposant l'acide chlorantimonieux par une dissolution bouillante de carbonate de soude : il se fait du chlorure sodique qui demeure dissous, de l'acide catfbonîque qui ae dégage et de l'adde antimonieux <|ui se précipite.' . . >

L'acide antimonieux esC aoloble dans Je chlorure hydrique dissous lui-^même dans l'esin. Il se dissout parfaitement aussi 'à Taide du tartrate hydrokalique , et donne naissatice^i l'4Smétique. La dissolution de l'acide antimonieux donne , par le sulfate hydrique 9 un précipité rouge Iferique, d'acide sirffnntimonieux hydralé*

JLies fleurs argentines d'antimoine ont été employées en médecine, on on fait encore quelquefois usage* Elles sont Tomitives. .

Deuioxide d^aniimoine; acide antimonieux; antimoine oxydé j terreux; stitriconise des minera lo^stes.

Sb04 = aoia,9o}

Li'acide antimono&îque est en poudre d'un blanc jaunâtre ^

kiliiiiUeefrim» CeUe pydre^sf ^UBtiliiiiWht m^Ê(fÊMe'pÊt fe cMovurc hydvîq«« «t ^r ies alealis.

Uiicidle ttiHimonosiqiie B«tiirel porte le nom de sMitmdté. Il est terreux et blanc ; m>» poids spécifique de 3^8.

L'analogie porte à penser que le composé SlQi a la même oonstitiitîon qoe» les atttnes composés oxygénés dir même type, et quHl se dhriseen deux ecideeSbOs el SbOs ensNmtssatit snx alcalis; que les compesés que Toii a crus être AestmOmonHet^ e'est le nom qu'on leur donne, doi*in»nt 6tre ^s méhngesen pveportionst définies d*antimoni(e et d'antimonfate*

L'acide antimonosiqoe est réduit en partie au rouge sombre par Fhydrogène) et se trouvé changé en acide antimomeux. A k tempéeatmre de 1» fusion du verre, il est lédniV à' Tétat métallique par lemème coips.

On prépare l'aoide aiUimonesiqoe en arresant de Y^aÉk* moine* pal vérisé, avecide Paiotate hydviqve, et en cbaufiant quand la réaction est tevmkiée. Cette opération peut être &ite dansnntfrt àgriUer.

Sb05 = aixa,go,

.L'aoide antÎDMiiiqile anbydre'est mm pomife-Uamlie, insoluble dans Teau , soluble dans une dissolutlèii • dfhydnnt p^lemiqiie y houiIknte>' Lorsqn'^es» te chanfie il se décompose en^neîde antimotiosîque et en otxygène : SbOs-es SbOs -{- O. . Onàhtient l'aoide antmitmique anUydre en-dissolvaiit Tanlimoine dnnsl'eaa régale , éeapoiant le produit de la diss^ntleii^ jusqu'en oonssstaiioft très épaisse, y ajoutant de l'aiiofite hydrique concentré, et chauffant jusqu'à ee qu'il ne sedéj^age pkiaauoaae vapenr. Dana *oette opération, il faut éviter d'atteimIreia.tQnipécBture wmge, car l'acide ierait décomposé.

ANTiHOiriATB HTDHiQUB. ^ Acîde oniùnonique kfdraté* SbOs,HO. Composé ^em-ponJre blsmehe comme le précédant , beauGpHp plus attaquable que les sels hydriques et las alcalis dissous* Lorsqu'on le chaqffe, il donne d*abord de l'ean, puis de l'oxygène, et il reste un résidu d'acide antimonosiqoe.

L'antimoniate hydrique peut être obtenu en décomposant ramimoniate* potassique par Tazotate hydrique dilué; il se

kmbhàAe tjm Ton r«ciirille. -' *

La plupart des antimonltes et des ântîmonîates sont dMii^r'pbas ; Loi|mii'<Qi|. les chmS^ ihi^^lreat.f^, pjgl)i tio^, êm^.J^- a pendre in gagner, et se troaveot aio^i traf»sfor#né^ -^n, coniposqs plus dense&y ayant une i|[ioip,dr« cUf^eur .ap^ifit^uest «t ^9W attaquables pm la pWpari 4es aM9# cbiaiHiii^Q^^ -

Composés (Tantimoine et de sofifre.

Lca compoiés 4'atttimoiii6>et de soufre soht farf iionl>rettir, ils «e canapîîqueBt «pcore pat ta pt^éseAoe de f oxygène f)«rt \m imid <osy<4tilftires saiis<inaiger leur type, ^t par ^le de t^eàti '^fil^ oMitieBnettt «pielqurfois. . • i

Il y a «n s^iKure prineipal que fan 'archive dans la nMnfe «t ffsk eat Toriglne de toas les auti^s prodôiis d« ràttCimcfiwe , c'est de celui-là qu'il sera question ici.

Sfl^ ^'phajropMkdfnon^ stMmti , antimonlâim^ nntimolney M' timàine cru, sulfure if antimoine j anrimbine sidfuré^ stibine des minéralogistes.

L!aaitkftOiPe auUuvc«stainfaod«ît jUIaIvI iqw l'«B>lrome dLuia «ne fimle de ilooalUës , Aiaia jamais. enqwatiUiâtfès ooilaîdiéraUifl. U fiift mnceptiUede obîslalliser en pÉrîamea idoMts rhomboïdaux de 91*»^ ^eéaentatit «nfdtvogc Mèamet .paraUèkmeot à la çefitfi^UagoMk de ses basea. Stai poids iSfMcifiqiie varie de 4> 3 à 4» 6 ; sa chaleur apéeîfiqve est de lO^oSUy selon ML Btfgiiattlt» lieaulfure d'anfimoiae du conaMcce a loi^ours éié fcmdai il est .en pains aons focme de c&ms tronqués arioii- Jiis à lu pavtie supérieure. Sa textuse est «ptièramesit jcciaialliiie, aa cassure pr^iSsente de longues uguillaB accolée» at.^aalqaefois entremêlées. Sa poudre est presque noiae^ deilà Tsisage qœ l«a Boaaaisia ^en Caisaiest peur teindre iea soaloib, at de là aaaaî le iiamde platyopktkakiaii^gniiid œil) qu'il poetaii anciennement. Le sulfure d'antimoiae eat fusible à une tampëaaUive pen tAmée*^ lorsqu'^on le ohaiifle fortement daas une

k une tempera turc insuffisante pour lefpudr^y il «baocbe l'««y' gèuc de l'air, donne du gaz sulfureux, du sulfate d^antimoÎDe, et définitivement de Toxyde d'antimoine qui s^ëchappe en Tapeiffs.

'Le voMare d*antiiiidine est décompose par lé^harbon à unit tcmpéirntttre élevée, f'I seprodtiit de Facide ftnl£(M»irbomque t]u{ lié dégAge; Tbydrbgèiié,' lefer et Tétain peuvent aussi lui enlever le soufre dans les mêmes drconstànces. Il eatattaquë par les diasolutiops alcalines bouillantes , caustiques ou carbonatées, et il donne naissance à du kermès. Par la fusion avec \& hydrates des alcalis caustiques , il donne encore des produits aiudpgues.ani; préfsédens* Le.^b^mre.laydiri^iae l'attaque et ;d0aiie li^ia .4 du gaz sulfure hydrique, qui sedtJi^gey et a da ichlor-antiîmbuite de chlorure hydrique, qui demeure dissous. L'azotate hydrique, alidë de.l^ chaleur^ eu .fait du sulfate id'au4Âmoi9e<:L/ea^,rf%aJi^,i^attaqtte ausfi en donnant des prodiMts variables , selon, les proportions de ses principes contituans*

Préparation.'^^ On profite de l'extrême fusibilité du sulfure d'antimoine pour te débarrasser de la gangue (roche) qui l'accompi^gne. Poi^r cela on introduit les fr^gmensdumineni bocardé et lavé| si cela est utile , dans des pots en tejct® cuite, percés à leur base. Ces pots reposent sur d'antres pot3 imperforés, destinés à servir de récipiens. Ces pots sont alignés dans nne fosse pea ptofoûde^ile nuinièré-que le pot inférieur seulement soit enterré ^ et i?oniait du feu de chaque côté des pets aupérieurov le minerai fondeticonlc 4^0* le récipient. Quand -on jnge que l'opération est terminée, on arrêté' le feu, et après le refroidissement', on retire les pams de sulfure d'antimoine •des vases qui les renferment.

n est plus économique dechanSer le minerai dans un f<Mir k réverbère, à voûte t»ès surbaissée, dont la sole est inclina Ters nn trou par où ooule le minerai fondu* Il suffit de le reotvoir dans des récipiens en terre cuite pour lui donner h forme ordinaire*

' L'Allemagne tire principalement son sulfure d antimoÎDe i^ la Hdngici« ; la France en tire une grande partie des départe nions du Cantal et de la Losàre.

Vêmges. *-« Le sulfure d'antimoine est le mineni dont on

AKTIIIOIIIS. 709

extrait i antimoine et tous les produits antimoniës , tels qutf le kermès, l'émétiqQe, etc. H est employé en nature dans la nlédecine vétërinsire. Il fait partie des ingrédiens de la tisane de Feltz, prëconisée dans le traitement des maladies syphilitiques inyétérëes. Peut-être lui doit-elle ses principales propriétés. Peut- être même ces propriétés sont-elles ducs en partie au sulfure d'arsenic que ce corps renferme presque toujours.

Produits tirés directement dtt sidfure dantimoine.

Comme cela a été dit plus haut, lorsque Ton grille le sulfure d'antimoine on Toxyde en partie , si l'on fond le produit de cette opération plus ou moins avancée. L'acide sulf-antimo» nieux et l'acide antimonieux fondent l'un dans l'autre, et donnent un mélange d'oxy-sulfures en proportions indéterÉiincs,

IS Q . Detu de ces produits sont asités : le crocus et le -verre d'antimoine.

Crocus metaUorum, crocus^ safran d'antimoine.^-^ Substance d'un brun noir, à éclat subvitreux et presque métallique, à cassure subvitreuse , et donnant une poudre d'un ^brun foncé. On obtient ce produit en grillant le sulfure d'antimoine jusqu'à ce qu'il soit réduit en poudre grise et en le fondant.

Le crocus du commerce est très variable et contient souvent le produit de la fusion des scories de la préparation de l'antimoine. Il n'est employé que dans l'hippiatrique.

f^erf^ d*aniimoine. — Le verre d'antimoine est en plaques vitreuses, d'un rouge hyacinthe foncé. Cette substance se prépare comme le crocus , seulement on pousse le grillage beaucoup plus avant. Ensuite la masse est fondue et coulée en plaques. Dans la fusion, le verre d'antimoine attaque toujoiirs les creusets, et entraîne de la silice. On ne peut encore dire aujourd'hui si cette silice est indispensable à la nature de cette sorte de verre. Il a été analysé par M. Soubeiran, qui l'a IrooTë formé de:

Silice. " •. « Ô,a4fi

Acide sulf*aulimouieux 0.019

Per-oYyJé (Te fer o,o3a

AddQ iuiiaiuoieox'. . . ^ 0*91^ * <

GeCUianalysey lont exacte ijn'elk pettièlre^ne doU êUe cxNitiééré^ que comme dennMit une approxîmatH»i^*car leiciie d'anltmoiite ne peut aYok une composîtioii oonatante.

Le Y6rk« d'antimoine a été em|^yé pour faire réiDétîq|iie et le YÎn éméliqueé Aujourd'hui son usage eat enoore plui ntiffcink. .

a^bsb vtwkwawiflaoMiQws*

Per-std/ure d^anlimoim , sujficU antimonique. SbSs.

Ce composé eat amorphe, d'un rouge brun clair. On TobtkDi en décomposant l'acide chlor-antîmonîque par le sulfure hydrique. Il abandonne les deux cinquièmes du soufre qu'il ooutient lorsqu'on le chauffe y et il reate de l'acide sulf-antîoionieux.

Il est probable que le sulfure correspondant à Tacidc antimonosique n'existe pas, le procédé que l'on indique pour l'obtenir donne un mélauge en proportions définiea d'acide sulf-anUmonieux et d'acide sulf-antimonique,

jippeniice aux composés de soufre et â^mntimirinê.

Kermès minéral. Poudre des chartreux.

Le kermès est un médicament antimonial , dont la recette a été achetée par le gouvernement français, en 17209 sous la régence du duc d'Orléans. Ce produit est une poudre d'un rouge brun, assez vif et velouté, dont la couleur est altérable à la lumière, et passe au fauve clair.

Ou obtient le kermès en chauffant ensemble 4 parties de sulfure d'antimoine réduit en poudre très fine» 8 parties d'eau «t une partie.de carbonate de potasse. Après quelque temps d'-ébullitiouy on filtre la liqueur bouillante et ou la reçoit dans MU vase pb^vffé d'avanoe nvec d^ l'eau paiement bouillante. On obtient ainsi une liqueur limpide, à peine colorée, qui abandonne par le refroidissement une matière floconneuse d'un rouge brun, qui est le kermès. Après le refroidissement complet, on recueille cette matière sur un filtre convenable par une nouvelle filtration, on la lave avecdeTeaiifiroide, et on la dessèc^he à rouibre*

Si Tca £nt reboaillir la liqueur av«c le ràidtt du aidfui» d'antimciÊiey cm ayant seulement le soin de remplacer l'eau évaporée, on obtient esaoore du kermès. Geoffroy a rëpëtë celle expérience josqu a 78 fois. Toutefois il reste à la fin un «ésidu de sulfure et d'acide antimonieux qui est inattaquable.

La nature du kermès nétaut pas bien coanue, on ne pov* rait dire exactement ce qui se paase dans cette opératiou* Ge<pendant, il paraît certain qu'il se Êiit une double substitutÎM entre le soufre de l'acide sulfantimonieuz et 1 oxygène de la potasse, il en résulte de l'acide antimonieux et du sulfure potassique. L'acide antimonieux s'unit avec de la potasse, pour former de 1 antimonite de potasse, et l'acide sulfantimonieux s'unit avec le sulfiire potassique pour former du sulfantimonite potassique* Par le refroidissement de la masse, le sulfure potassique abandonne l'acide sulfantimonieux et se trouve remplacé par de l'eau ; alors, il se forme im précipité contenant deux équivalens de sulfantimonite hydrique, contre un équivalent d'antimonite potassique. Au moins est-il vrai que le kexsnès contient deux équivalens de soufre contre un d'oxygène, et une quantité d'eau suffisante pour faire passer tout IfS aoufine è l'état de sulfure hydrique. La composition du keonès aérait alors:

a(Sli8s,6HOlSbOs,Xa

Cette formule est celle qui se rapproche le plus des analyses connues , et la théorie qui vient d'être donnée n*est que l'expression d*une partie des faits de la préparation de ce produit.

Il est probable que , dans cette opération , il se forme un composé défini qui existe à chaud ; car sans cela on ne pourrait expliquer comment le kermès qui est un mélange peut avoir une composition définie. Gela ne peut £tre dû qu'à la dlestmction d'un composé également défini.

Il existe un kermès naturel qui doit avoir pour composition : Sb SjiO^ a HO, et qui ue peut être confondu avec le kermès officinal.

Propriétés^ — Le kermès est plus dense que Teau et ne peut s'y dissoudre. Lorsqu'on le chaulTe il abandonne de l'eau, puis du il/àz sulfureux. Il fond ensuite et donne un oxy-sulfure analogue au kermès} traité par l'eau froide, il est à peme alté-

^la AMTOÏDBS.

ré y mdia l'eira bottillaBtelui enlère peu-à»pea tout Pantîtiiomte potassique qu'il contient, et il ne reste plus que du sntfure anti* monique hydraté qui n'a point changé de couleur. Le chlonire bydrique du commerce, étendu de son volume d'eau, enlève aussi tout l'antimonite potassique et ne laisse qu'un résidu de sutfùre hydraté ; mais par un contact de quelques jours il déshydrate le sulfure et le transforme en une poudre noire de salfarc ordinaire. Le chlorure hydrique en dissolution concentrés dissout tout le kermès, et donne lieu à un dégagement de siil^ fîire hydrique. L'eau régale dissout également le kermès en donnant du soufre, du chlorure antimonhydrique et de l'isotate et du chlorure potassiques.

Usages, — Le kermès est exclusivement employé en médecine. On en fait principalement usage dans les catarrhes chro* niques des bronches pour faciliter Pexpectoration. Il est convenable de donner de la viscosité aux potions dans lesquelles on l'introduit, afin quHl demeure en suspension le plus longtemps possible.

Observation. — On ne connatt pas la vraie nature du kermès. Les plus habiles chimistes se sont livrés i des recherches relatives à ce sujet, et cependant on en a fait considérablement varier le mode de préparation , soit dans l'intention d'obtenir plus de produit, soit pour l'obtenir d'une plus belle couleur ou d'une teinte plus vive et plus veloutée. Comme il n'y a aucun ^rapport entre la couleur du kermès et son action thérapeutique » j'ai cru devoir rapporter le procédé primitif, et ne pas entrer dans le détail des autres procédés , que l'on doit entièrement rejeter. Je rapporterai ici quelques paroles de Macquer, qui représentent assez nettement ma manière de voir à cet égard :

« Quand l'observation constante de la médecine pratiques « déterminé sûrement les effets d'un remède composé, ce a médicament se trouve consacré par une esjjècc d'empirisme « respectable, en présence duquel les plus belles théories et les 4( raisonnemens les plus spécieux doivent se taire. C'est alors « une témérité impardonnable que de vouloir faire la moindre « réforme ou innovation , surtout quand il s'agit d'un médi» « cament de Timportance de cetui-ci. »

La confiance que Fou accordait d^abord au kermès a beaucoup diminué ^ mais cela ne peut-il être dû en partie i ce que

Anrnioiinc» 71 3^

l'oD vend atijoitrd'httty «oas le nom de kermès, ime iidieUnce qui n'en est pas?

8OUVHS DOHi d'artihoius. — Le médicament qui porte ce nom est une pondre d'un ronge de feu, clair, que Von obtient en versant un acide ordinaire dans les eanx -mères du kermès : il se dégage beaucoup de gaz carbonique , mêlé de sulfure hydrique, et il se fait un dépôt pulvérulent, que Ton recueille^ que Ton lave et que Ton dessèche ; c'est le soufre doré d'antî^ moine. Ce composé n'est qu*un mélange, en proportions pro« bablement définies, d'acide suif -antimonieux - hydraté et de soufre , soit SbSs,aS, Âq. Il donne une flamme bleue et l'odeur du gaz sulfureux lorsqu'on le met sur les charbons ardens. Traité par le naphte, l'essence de térébenthine et les autres dissolvans du soufre, il abandonne une portion de ce dernier corps. Le kermès ne présente point ces deux dernières propriétés, qui sont dues évidemment i du soufre libre.

On obtient le soufre doré d'antimoine en grande quantité, ou au moins un corps qui paraît être identique avec lui , en fondant ensemble cinq parties de sulfure d'antimoine, quatre parties de carbonate potassique et une partie de soufre, traitant le produit de la fusion par l'eau bouillante, filtrant la liqueur, et y ajoutant du sulfate hydrique dilué. Ce composé précipite le soufre doré.

Usages. — Le soufre doré n'est employé que dans l'hippiatrique.

Composés formés par [antimoine et les cAloroides.

Les chloroïdes s'unissent en deux proportions avec l'antimoine SbXs et SbX5 , pour former de véritables acides , qui sont plus ou moins volatils, selon les conditions indiquées en tète de ce groupe. Il ne sera question ici que des composés chlorés.

Beurre eCaniimoine^ chlorure ePandmoine^ protO'cMarure danc

Umoine.

SbCIa =. 394o,S5 =:

L'acide chlor-antimonieuz est solidei ina>lore,et présente un

7^ 4awytf(n<gp

aspectgpraa 0H,4iA>'^^^<^ ^^^ particulier } îleit «ascqitible do cristalliser. Lorsqu onlechauffe, il se réduitenvapears épaiiseiy et distille complètement sans la moio^ altération. Il attire Internent Tliumidité de r^tmojspkère etae résout en lû{aettr) cependant, lorsqu'on le met en contact avec l'eau^ il est déçpmposé immédiatement, comme on le verra en trajtant de la poudre d'Algaroth.

On obtient l'acide clilor-antimonieux en distillant ensemble de l'antimoine , ou de Tacide sulfraniimonieux pulvérisé, et de l'acide cbloro-mercurique (sublimé corrosif); maïs oe procédé étant très coûteux, on a cherché à obtenir le même produit à un plus bas prix. On y est arrivé par plusieun moyens ; i° en traitant l'antimoine par de l'eau régaû formée de trois parties de cblorure bydrique dissons contre une d azotate bydrique , distillant la dissolution, et recueillant )e produit lorsqu'il apparaît des vapeurs blanches épaisses ; a* en traitant l'antimoine par le sulfate hydrique de manière à l'attaquer complètement 9 en desséchant la masse à une chaleur modérée y la mêlant avec le double de son poids de sel marin desséché, et en chauffant le tout dans une cornue pour recueillir le produit qui distille : il se forme du sulfate sodique, fixe, qui demeure dans la cornue, et de l'acide chlor-antimonieux, volatil, qui distille.

Usages. — Le beurre d'antimoine est un caustique très puissant , qui détruit rapidement les parties avec lesquelles on le met en contact , et qui a l'avantage de n'être point absorbé. A l'intérieur, c'est un poison corrosif des plus violens*

Lorsque Ton ajoute du chlorure bydrique ou du tartrate hydrique à l'eau^ elle peut dissoudre complètement l'acide chlorantimonieux, en produisant toutefois de nouveaux composés. Ia liqueur peutalors donner les réactions propres & l'antimoine.

FOHDi^s ^'AtGA&OTii. — Oxy-chlorure dantimoins, — SbCUi 3 SbÔsjHO. La poudre d'algaroth est une poudre blanche que l'on obtient en décomposant l'acide chlor-antimonieux par l'eau. Cette poudre, recueillie, lavée et desséchée, a la composition indiquée plus haut. Elle a été découverte par Alg»* roth, médecin, qui l'em ployait coffime un vomitif. Aujourd'hui elle est inusitée en France.

ÀlfViBQtfi* 7itt

Perchlorwre d'antinwinen Chloride antimonique. SbClft = 3Sa6,i5.

L'acide chlor-aotimpnique est un liquide incolore ou jaunâtre, volatil, répandant des vapeursà Pair, attirant rhumidilé atmosphérique et décomposé par leau en ohlonire hydrique^ qui retient du chlorure d*antimoine en diisolution, et en an* timoniate hydrique qui se dépose. On l'obtient en chaufiànt de rantimoine en poudre dans un courant de chlore*

OaraolèrM des diMuhiiiuMi d'anliiiioÎBe.

Les dÎMoIutioni d^antimoioe correspondent généralemeiit à l'acide aDtimonienx,

latroduites dans Tappareil de Marsh, elles donnent de Tliydrogène antimonié qui prodnit des tadies sur la porcelaine lorsqu'on y a mis le feu, oomne pour i^ ooaaaitre rarseoic.

Le sulftiro hydrique et les sulfures alcalins y fout naître un précipité rouge de feu, de sulfure hydraté (et non pas de keroiès).

La potasse et la soude y font naître un précipité blanc d*antînionite, presque in« soloble dans un excès de réactif.

Le cyanure ferro-dikalique y fait aahre un précipité blanc d*anlîaiomte by* drîque.

Le unnia et Tinfusion de noix de galle donneot un précipité blanc de laaaate entîaioniqoe.

Le fer, le zinc et t'ctain précipitent l'antimoine en poudre noire.

Quand on a traité un alliage aotimooifère par Tasolate hydrique, et que l%a deeièche le résidutreatiaeine passe à l'état d'acide autimososique, imolabic dana reeu, et peut être ainsi séparé de la plupart des métaux donnant des aaotatei solubles.

L'éiain se comportant comme l'antimoine Tts-à-vis de l'azotate hydrique, on ne peut séparer ces deux métaux que par le chlorure hydrique qui ne ditsout que réiaiii, lorsque ce métel est en quaaiité suttsanie, ou bien en tvaiunt ralliage pf» l'eau régale qui dissout l*élaîoet rantimoine, et préeipitaat ce dernier métal par une lame d'étaio» Si, d'une autre pari , on a déterminé le poids de l'aride aotimouoai(|ne et de l'acide slannique réunis^ et que l'on calcule la quantité d'acide antimo- Dosique que donnerait l'aotimoine recueilli, cette quantité, retranchée de cette du mélange, donne le poids de l'acide staonique dent oa déduit le poids de l'étain par le calcul.

Si Ton avait affaire à un simple alliage d'antimoine et d'étain, il est évident qu'il suffirait de retrancher le poids de rantioKiine de celui de l'alliage pour avoir celui derélaio.

Page 1