EUL
Fomit
Stractare.
fOlid«.
liqnide , — globvleaXf — ▼éwftnlewx.
gueax.
régniière on • jmélriqae (cristnix)*
iodéteminable (corpc «morphet).
régalière oa lyniétrique (corps cliTablei et pmentant le» pbÂ-
nomiaet optique» oes corps cristallisés), mdétemiiiable (poudres» matières tcrrevses, oompactes , tttreuses, etc.) Cassore. Knchatoée arec la stmctorc.
Elasticité, compressibilité, ezpansibîlité. Doreté.
Ténacité.
Malléabilité » doctîlité , laminabilité.
Densité des soUdes, des liquides, des fluides élastiques. Transparence. Fluides élastiques ; tous les liquides purs, esoqité le mercure et les
métaux en fusion ; Terres ; beaucoup de corps purs , cristallisés. Tkvnslueidtté. Mélange, opale, calcédoine, porcelaine, lait, ete. Opacité. Toui les métaux , le charbon , etc. Couleur.
par transmission et par réfleiion (tetatures de tournesol, qosl- Dichroisaie I ^°^' cristaux de fluorine).
* par transmission (corps cristallisés à deux sortes d*axes principaux).
proprement dit (corps cristallisés a trois axes différens et principaux), chatoiement. Corps a structure laminaire (labradorite opale), simple (liquides, gai, oorps ritreuxt cristaux à une seule espèce d*axe.)
àunseulaxe | »î^«5?/- j ^orps crisUUisé» à as
I répulsif, j seul axe pnncipa].
à deux axes (corps cristallisés à trois axes «fférea» et prindpaux).
par réflexion, par transmission, circulaire.
Edat
Caloricité spécifique.
Dilatation et oontraetion (quotient de dilaUtioa). Maximum de densité.
Fusion (point de fusion) (i).
Polyeiiroisme
Eéfrangibtlité • <
Polarisation ,
double
(i) Point , eit indiqué ici oomiiM iodiquint un point délermioé.
PKOFaiÉTiS FHTSIQUES DES GOKFS. 6l
VaporîMtioa.
EljDlIirioD (point d'ibnlUtion).
Solidificatioo (i) rpoint de solidification.)
Liquéfaction des fluides élastiques. Teinpéntore et pression à laquelle elle a lies
poor rJuMfne corps.
CbakirUtente.
EBiuion de la caloricité , pouvoir émisiif. AhwrpdOB — poBvoir absorbant.
Rcicctioa — ponToir réflecteur.
Diipertioa — pouToir dispersif.
DatbenMaéitéi — Corps dialhcmanM et oorpa atbemanes. PoiariaiioB de la cfaalenr.
ilê frottement, les actions cblmlqnes.
Action de Félectridté produisant la fiision et la Taporation. Atinetiona et répolsions nagnétiqaea.
(0 Les dnngeacDS d'élatt des corps appartiennent tout «utnat au propriétés ckinûqneiq«*nox propriétés physiques (voyez Itomérie),
64 RéAGTIOJIS CHIMIQUES.
propre. Mais les faits ne paraissent point se passer ainsi t quand les corps se combinent , leurs molécules se divisent généralement, de telle manière qu'une molécule d'acide carbo* nique et une molécule de chaux donnent deux molécules èè carbonate de cette base. Si donc on décompose ce carbonate par la chaleur, il en faut deux molécules pour reconstituer une molécule d'acide carbonique» et une molécule de chaos* En examinant tous les faits qui se sont présentés a moi avec le plus de soin possible, je n'en ai pas trouvé un seul qui se rattachât au mode de division moléculaire indiqué dans ce paragraphe. Cependant il en existe très probablement, oo bien on en trouvera par la suite.
BimziMB GOHDinOV.
Réaction des éUmens ePun système moléculaire sur les élémens if un autre système moléculaire qui lui est identique.
Premier cas. — Plusieurs molécules identiques ou consti* tuant un corps défini et déterminé peuvent se réunir en totalité ou en partie, mais toujours dans des rapports simples, de manière à produire de nouvelles molécules donnant à l'analyse ultime les mêmes résultats que celles qui leur ont donné naissance ; mais ayant un poids différent. Ce genre de réaction produit l'isomérie multiple.
Deuxième cas. -^ Plusieurs molécules de mènCie nature, ou appartenant à un corps déterminé , peuvent réagir les unes sur les autres de manière à donner de nouveaux produits de nature et de poids différens. Cette réaction a principalement lieu sous Tinfluence de la chaleur, de l'électricité ou des agens catalytiques, et elle se présente très souvent. La décomposition des oxydes, des sulfures, des carbonates, des azotates, des chlorates, des acides organiques, etc., par la chaleur, est dans ce cas.
La réaction dont il est ici question peut se subdiviser en plusieurs groupes, selon qu'une partie des molécules produites est en même nombre que celles qui leur ont donné naissance, et selon que le nombre est différent et qu'il a fallu la réaction de deux, de troiâ, de qtiatre, ou d'un plus grand nombre encore de systèmes moléculaires, pour la produire.
âlUCT^ONS GHIMIQUBS. 65
THOISlftm COKDtnOV.
Réaction entre des systèmes moléculaires de natures différentes.
Cette troisième condition, dans laquelle des corps de na- Inres différentes réagissent les uns sur les autres, est la condilion la plus ordinaire des réactions chimicpies. C'est â elle que se rattache l'action réciproque des corps qui a été considérée jusqu'à présent comme constituant la chimie à elle seule. Elle présente trois cas principaux qui se subdivisent eux-mêmes en plusieurs cas secondaires.
Premier cas. — Des molécules de natures différentes réagissent les unes sur les autres, et leurs élémens s'unissent dans des rapports définis, de manière à produire des molécules a «ne composition moins simple que celles qui leur ont donné naissance. C'est ce genre d'union, qui a lieu par la réaction ttéme des élémens des molécules, que l'on nomme combinaison
Le chlore, lozygène, le soufre, mis en contact avec les métaux ï des températures variées, les acides et les oxydes mis en présence, nous offrent des exemples nombreux de la combinaison chimique.
Deusaisme cas. — Une molécule composée d'élémens dificrens , mise en présence de molécules d'une autre nature , éprouve une division par laquelle elle se trouve transformée en molécules d'un ordre nouveau. Ce mode d'action , qui a toujours pour but de diviser les corps composés en corps "ûoe nature plus simple, se rattache essentiellement à /'analyse chimique, (i)
En faisant agir le chlore ou Tiode sur le sulfure hydrique, ces corps s'unissent â Thydrogène et le soufre est mis en lil>erté. En faisant réagir l'azotate hydrique et un métal , tel ^e le mercure ou l'argent , il se produit du bi-oxyde d'azote qui se forme aux dépens de l'azotate. En mettant en contact '^n potassium et de Peau , celle-ci est décomposée et de Thyd'<^ène se dégage.
(0 U partie pratique de la chimie que Ton nomme aussi analyse et qui a poui ^^ de déterminer la composition chimique des corps, ne fait pas seulement u)af;â du moyea indiqué dam ce paragraphe. Elle emploie tous les moyens possibles | ^« la synthèse, pourvu qu'elle atteigne le but qu'elle se propose. T, I, 5
66 MiAGTIOHS GBIHIQUB8.
Il suffira d'un peu de réflexion pour voir que ce mode d'action a toujours lieu en même temps que le précédent, qu'il peut en être de même à Tégard du suivant, et que souvent ik peuvent avoir lieu tous trois ensemble.
Troisième cas. — Des molécules d'un ordre déterminé étant mi$es en présence de molécules d une nature différente, mab qui peuvent être du même ordre, perdent une partie de leurs élémens qui se trouvent remplacés par ceux de ces dernières molécules, de telle manière que le plus souvent leur type est conservé malgré le changement survenu dans leur composition chimique. Ce genre de réaction dans lequel une partie des élémens d'une molécule se trouve remplacée par des élémens d'une autre nature sans changement du type de la molécule ainsi modifiée, porte le nom de substitution. Le remplacement de lor par le mercure , de l'argent par le cuivre, du cuivre par le fer, du plomb par le zinc, dans les sels métalliques \ de Thydrogène par le chlore, dans les carbures d'hydrogène, dans les éthers, ou par le potassium comme dans l'eau, donnent des exemples nombreux de substitution. Ce genre de réaction est très important et sera étudié avec plus de détail un peu plus loin.
Tous les faits relatifs aux réactions chimiques se rapportent k quatre modes princi[)aux : la permutation ou la transposition^ la combinaison bu la s/nthese ^ V analyse et la substitution* Chacun de ces genres d'action mérite un examen particulier. Pour en faciliter l'exposition Fanalyse sera placée avant la combinaison.
nAMUTATIOir ou 'TRAKSPOSITIOlf CHIMIQUE.
n y a quelques années seulement que les chimistes ne recon* naissaient que deux actions chimiques principales, la synthèse et l'analyse, quoiqu'ils connussent un grand nombre de faits relatifs à la substitution. Il a fallu des travaux récens et très importans pour faire admettre un troisième genre d'action, qui, à vrai dire, peut rentrer dans l'analyse et la synthèse. Aa pre- i mier aperçu on est porté à croire que les réactions qui viennent j d'être indiquées sont réellement les seules possibles , ce- ' pendant l'examen attentif des faiu conduit à en admettre i une quatrième. La chimie étant la connaissance des modifict* |
ANALYSE CBIHIQUB. ({«
rions permanentes que les corps peuvent éprouver, et la réacrion moléculaire qui donne naissance au polymorphisme ou à Tisoméric simple, étant réellement une modification profonde et permanente qui intéresse la nature des corps, appartient flécesssirement à ]a chimie; mais elle n'a aucun rapport, ni avec k combinaison, ni avec l'analyse, ni avec la substitution. Elle représente donc essentiellement un ordre particulier de réaction chimique. Je donne à cette réaction le nomde/MiTiittfû^/i ou celui de transposition, qui paraissent également convenables. J'ose penser que les chimistes reconnaîtront la néces* site d'admettre ce mode d'action, et qu'ils consacreront l'usage ne ces mots nouveaux pour la science»
Les faits qui conduisent à faircL considérer la permutation comme un mode particulier d'action «himique, ont été exposés «ns les premier et deuxième cas du premier mode des réactions chimiques, p. 6a, et il est inutile d'y revenir ici. Voir aosi le polymorphisme et Tisomérie.
ANALTSB CHIMIQUE,
L'analyse ou la division chimique des corps est fort dif- 'érente de la division mécanique. Dans ce dernier genre de division, les parties que l'on obtient, si atténuées qu'elles l^ient, sont toujours de la même nature que les corps qui les ont produites. Dans la réaction chimique, au contraire, •« parties différent par leur nature de celles des corps dont ' «les proviennent. Ainsi, lorsque l'on chauffe certains corps, ^B (pt les oxydes de mercure, d'or ou d'argent; le carbonate de chanx; les azotates, etc., ces corps se détruisent et l'on obtient denonveaux produits jouissant de propriétés différentes de celles ^«scorps qui leur ont donné naissance : l'oxyde de mercure qui ^i nne poudre rouge et d'apparence cristalline, se divise en ^yg^ne qui est gazeux, et en mercure, qui est un métal liquide et blancj le carbonate de chaux se divise en acide carbonique et en cbaux caustique, différant tous deux du carbonate de chaux; le sulfure hydrique est décomposé par le chlore, le brome et iode, en soufre qui devient libre, et en hydrogène qui s*unit ^vec ces corps. Ainsi donc, le fait de la division chimique dce ^olécules, c'est-à'dire leur division en des élémensde natures ^érentes , est un fait parfaitement acquis i la science et sur '^el on ne peut élever le moindre doute. Mais ici se présente
68 RÉACTIONS CHIMIQtTBS.
une question dont la solution est très importante : jusqa*à quel point ce mode de division est-il possible?... a-t-il deslîmites ou n'en a-t-il pas?... Dans l'état actuel de la science, on peut dire que tous les corps connus ont été soumis à l'analyse, et si l'on en découvre de nouveaux, les chimistes s'empressent de les analyser. Il est résulté de tous ces travaux , qu'i// a cinquante^inq corps particuliers^ différant Us uns des autres^ dont ranafyse chimique ri a pu retirer rien autre chose qu^une sade matière toujours identique a^ec elle-même ^ mais partieul&n à chacun d'eux. Ces corps ont été nommés corps simples ou ilémens chimiques. La première de ces dénominations doit être rejetée entièrement à cause des fausses idées qu'elle représente et qu'elle fait naître dans l'esprit de ceux qui apprennent la chimie. Rien ne prouve en effet la simplicité de ces corps, car, si on n'a pas encore pu les analyser jusqu'à présent, cela ne veut point dire qu'on ne les analysera pas un jour à venir. La dénomination d'élémens chimiques , au contraire, donne une idée nette et précise de ces corps.
fiémem elûiiiMiaef.
Beaucoup de corps très vulgaires sont des élémens chimiques: le soufre, l'or, le plomb, l'argent, le fer, l'étain, le zinc , le cuivre, etc., sont de ce nombre.
De même qu'un élément chimique ne donne 1 l'analyse qne sa propre matière, de même on ne peut le produire qu'avec cette même matière; ainsi, dans l'élat actuel de la chimie, on ne trouve dans l'or rien autre chose que de l'or, et l'on ne peut faire de l'or qu'avec de l'or. C'est là que se borne l'expérience, le reste n'est que conjectures ou suppositions. On sait toutefois que les alchimistes prétendent avoir fait de l'or avec des corps qui n'ei) étaient pas, mais ces faits, quoiqu'ex posés souveut avec une candeur et avec des témoignages qui ne permettent guère de douter, ne seront admis dans la science que lorsqu'ils pourront être prouvés expérimentalement.
Toutefois , malgré l'obscurité voulue qui règne dans les écrits des philosophes alchimistes, on peut dire avec certitude qu'ils ne produisaient point l'or par des combinaisons, mais en imprimant à la nature des corps une modification du genre de celle qui donne naissance à Tisomérie , sous l'influence d'un agent cataly tique. Les corps sur lesquels ils opéraient étaient
iLiHSNS GHIMIQUKS. 69
le plomb et le mercure; leur ageat ëtait la pondre de projection : ce produit qa'ils élaboraient à Faide de travaux si lents et si pénibles, (i)
Âa dire des idchimistes on peut ajouter encore les idées théoriques de M. Prout , qui pense que tous les corps sont formés d'une seule et même matière, dont la disposition seule aminé les différences que Ton observe dans les corps réputés simples. Cette opinion a été exposée p. 45 et 46, et il est inutile d'y revenir maintenant.
Les noms des cinquante-cinq élémens chimiques de l'époque actuelle sont rangés par ordre alphabétique dans le tableau suivant:
AlooiiiioD. — Antûnoine. -» Argent. — • Arsenic — Azote. — Baryum. — fitsiBUth. — Bore. — Brème. — Cadmium. — Calciam. — Carbone. — Gérimn. — Clilore. — * Chrome, — Cobalt — Cokmbium ou tanUle. -» Coivre. -^ EUûn. — Fer. ^- Fluor. — Glucyninm. — Hydrogène.— Iode.
— Iridium. — Lanthane. — Lithium. — Magnésium. — Manganèse. — Mercure. — Molybdène.— Nickel. — Or. — Osmium. — Oxygène. — Palladium. — > Fbosphore. — Platine. — Plomb. — Potassium. -» Rhodium. -- Sélénium. — Silictnm. — Sodium. — Soufre, — Strontium. — Tellure.
— Thoriniom. — TiUne. -» Tungstène. — Uraae. — Yanadium. — Tt« triom. — > Zinc. — Ziroonium.
Les cinquante-cinq ëlëmens chimiques dont les noms prë- ^nXy ëtant réunis de différentes manières et en différentes proportions , constituent tous les corps que nous connaissons; cv tous peuvent être réduits en ces élémens. L'immense vanété de corps que ces élémens peuvent fournir, a tout lieu de pvaitre étonnante y mais elle le deviendra encore plus si Ton ^Qge que, parmi eux^ il en est au moins dix-huit (2) qui sont
(0 Ptf suite de l'admission trop exclusive des théories de la chimie moderne, et par l'ahuidon dans lequel certains auteurs ont laissé les écrits alchimiques, on se caaieate généralement de parler des alchimistes avec dédain; mais je puis affirmer qœ les alchimistes étaient guidés par une saine philosophie, et que tout leur art re- P^t sur une seule théorie générale de U nature. Aucun fait de Tépoque actuelle B'ert en contradiction avec leurs travaux . Au contraire, h mesure que la chimie P*B£t, die semble apirarter de nouveaux faits de Tordre de ceux qui faisaient la ^ dâ théories alchimiques. Pour le prouver il suffit de dter Tisomérie et la ^lytie. n est vrai qu'aujourd'hui la sanction expérimentale manque à Talchimie. ^^'pendaat elle parait Tavoir eue; mais ç*a été à une époque trop éloignée de nous pour entraîner notre conviction.
(2) Cérium, colombium, glueynium , iridiam , lanthane , lithium , molybdène ,
JO MBACTIOHS CHIMIQOS0.
tellement rares que les cbimistes ont & peine PoccâBicni es les étudier , et que , parmi ceux qui restent , il en est enTiron dix (i) qui , quoique très connus , sont cependant très peu répandus dans la nature et ne donnent lieu qu'à un petit nombre de combinaisons utiles. Le carbone , l'hydrogène , l'oxygène, l'azote et le soufre, produisent peut-être à eux seuls pliia de corps composes que tous les autres ëlémens.
Les molécules ne changent pas toujours de nature en se divisant. Elles peuvent se diviser pour produire des corps isomëriques. En général , les différens modes de divisions qu'elles peuvent éprouver ont été exposés en traitant des réactions cbi* miques , p. 6a et suivantes.
La caloricité est l'agent qui détermine la division des molécules de la manière la plus simple et la plus nette. Mais les produits auxquels elle donne naissance peuvent varier avec la température. Ces faits ont été démontrés par l'étude que M. Pelouze a faite des acides pyrogénés.
Cependant cette réaction qui donne constamment les mêmes produits dans des circonstances identiques, donne lieu de se demander si les produits de la destruction ne sont pas tout formés dans les molécules et si la chaleur ne fait rien autre chose que de les dissocier. Mais les corps qui sont chauffés avec peu de ménagemens, comme le bois que l'on distille pour en obtenir du char< bon et de Tacétate hydrique, donnent lieu à des produits si multipliés et si variés, que l'on est obligé de penser que, dans la plupart des circonstances au moins , les produits de la destruction des corps par la chaleur n'existent pas tous formés dans ces corps. Il est vrai que la multiplicité des produits vient de la destruction successive des nouveaux corps à mesure qu'ils apparaissent^ mais cela ne porterait pas moins à considérer ces corps comme étant formés de molécules , qui elles-mêmes seraient formées par une multitude de molécules d'un ordre inférieur et pénétrées les unes dans les autres. Ceci présente une telle complication qu'il est probable que la nature , toujours si simple dans les moyens qu'elle emploie et si grande dans ses
-' — r II. , I ■!
onmam , rhodium , séléttiuin , tellure, thorinium, titane, tungstène, urane, ^nmadiuB, ytlriuin et sireonium.
(x) Bore, brame ^ eadmium^ chrome, cobalt^ éuin, nickel, or, palladium, platine.
GQKBUUUOll CHIMIQUE*. Jl
iémltiti , ne permettrait pas qa'ii en fut ainsi. Cependant le type de» systèmes moléculaires a une influence directe sur leur mode de dcstmction y car les corps d'origine organique, formés de trois ëlémens, le carbone, Thydoogène et Toxy gène , donnent tons des produits particuliers dans des circonstances identiques I la proportion des âëmens en présence et lenr mode d'arrangement ont donc la plus grande influence sur les résultats. Tontefeis, comme on eençoit très bien que des systèmes molecnlsiies diffcrens ne se divisent point de la même manière dans les mêmes circonstances , sans pour cela admettre qu'ils cou-* tiennent les nouveaux systèmes moléculaires auxquels ils donnent naissanoe y il reste encore à prouver que les molécules des oorps composés renferment les molécules qui sont le résultat de leur décomposition. Cependant , les produits de la destruction des oorps par la chalenr n'étant pas toujours les mêmes qne ceux qui concourent à leur formati<m directe, et les molecnlei ne s'anissant que dans les circonstances où le résultat de lenr combinaison peut exister, il en résulte que ces dermers devaient plutôt être regardés comme les élânens des corps que les prenuen, si l'on devait adopter une faypodiièse de cette n^twe.
GOHBIlfAISOIT GHlMIQtTE.
La combinaison chimique est une action par laquelle des corps de natures différentes s'unissent si intimement et avec One force si puissante qu'elle est généralement invincible par lei agens mécaniques.
L'examen de l'ensemble des réactions chimiques porte à penser qu'il y a plusieurs ordres de combinaisons : que les unes ^ font dans l'intérieur des molécules par la réaction de leurs âëmens , que d'autres se font par le simple rapprochement des molécules, et que les dernières, enfin, ont lieu par la juxtaposition de prticules toutes formées. Cet examen permet donc d'établir trois espèces de combinaisons : la combinaison '^tra-moléculaire ou la combinaison chimique proprement dite, la combinaison inter-moléculaire ou la combinaison isomorphi' }tte, et la combinaison particulaire.
uiwiBaianiu nmap-HOiLiKnnLamB on <oniiMnation duanqnc proprement dite.
U résulte de l'expérimentation que certains corps , mis en présence dans des «ireonstances convenables, réagissent
y2 &ÉAGT10N8 CH1HIQUB8.
les unà sar les autres et s'anisient ai intimement, que les plus petites parties (ju'ils peuvent donner, par k division mécanique, oui toujours exactement la même composition que la masse dont elles ont ëtë extraites. Un des faits les plus remarquables de la combinaison cbimique, et qui distingue prfaitement ce phénomène d'un simple mélange mécanique , est que le produit de la combinaison n'a pas la moindre ressemblance physique avec les corps qui lui ont donné naissance. Ainsi, en chauffant le mercure liquide et possédant l'édat métallique au contact de l'air, à une température d'environ 3oo degrés, il perd sa fluidité 9 son éclat , et se change en uma poudre rouge qai ren* ferme de l'oxygène , un des élémens de l'air. Eki efiet , si l'on chauffe ce produit dans une petite .cornue i une température supérieure à celle à laquelle il a pris naissance, il retourne à l'état de mercure, en abandonnant de l'oxygène gazeux et très pur. Le chlorure hydrique et le gaz ammoniac, tous deux gazeux et irrespirables , s'unissent aussitôt qu'ils sont en présence, en donnant lieu à un corps solide et dépourvu d'odeur, qui est le chlorhydrate ammoniacal. L'acide sulfurique et la baryte anhydres, qui sont tous deux caustiques , s*unissent violemment à une température élevée, et donnent naissance à un produit insoluble dans l'eau , absolument neutre , et qui , loin d'être caustique , ne possède pas la moindre saveur. L'acide sulfureux gazeux, et possédant une odeur suffocante et irrespirable, s'unit avec le bi-oxyde de plomb pour produire un composé aussi neutre que le précédent. Ces faits distinguent trop nettement l'action cbimique de l'action mécanique , pom* qu'il soit utile de les multiplier.
BBU, ACIOIS, BAilB.
Parmi les corps qui anéantissent réciproquement leurs propriétés physiques, il en est que les chimistes ont distingué particulièrement sous les noms i^ acides et de bases, et ils ont réservé le nom de sels pour spécifier les produits de la combinaison des acides et des bases. Cette partie de la chimie est encore une des plus obscures, et quoique quelques chimistes aient fait pour l'élucider, ils se sont généralement bornés à des définitions arbitraires et en rapport seulement avec les besoins de l'époque à laquelle ils écrivaient. Ck>mme je crois très im-
8BL8. ji
portant ponr Pavenir de la chimie d'ëtablir une disccission sur ce sujet, je pense devoir Faborder ici.
Les principanz anteurs qui ont écrit sur la chimie jusqu'i Layoiaier, ont considéré les aels oonmie des corps soudes, fusibles par la chaleur , solubles dans Peau et sapides. Ils n'admettaient qu'un très petit nombre de ces corps et n'y râmissaient même pas les divers vitriols (sulfates de fer , de Goivie et de zinc). Par le progrès incessant de la chimie , le nombre des sels devenant de plus en plus considérable, Macqner et Guyton de Morveau ont fait voir la difficulté que l'on éprouvait à les bien définir, et ils ne les regardaient déji point oomme fonnant un groupe nettement circonscrit: on confondait les sels avecles acides et avec les bases. H faut arriver jusqu'à La- ▼oisier pour en trouver une définition prérâe et nette: Les M& Mont des corps/ormés parla réunion dPun acide et dune base. Cette définition a été adoptée par tous les chimistes jusqu'à œ jour; cependant ce n'a point été sans modification , car il Mait savoir ce que c'était qu'un acide et ce que c'était qu'une luMe. On croyait alors que tous les acides étaient oxygénés ; mais la pensée que le prétendu acide muriatique oxygéné pouvaitétre on ocMrpa simple, amena quelques changemens dans les idées reç«es:oii reconnut que le sel type, que lesel de tous les temps, le sel avec lequel nous salons nos alimens, ne renfermait point un acide, et ce corps échappait ainsi à la définition du groupe dont il avait toujours fait partie et dont il était le plus pariait modèle. Ce n'était plus qu'un composé binaire comme les oxydes et les sulfures, etc. Plus tard, cependant, le chlorure de sodium, ou notre sel commun, fiit réint^é parmi les sels, par M. Benélius qui admit une classe de sels haloîdeê , formés seulement par la réunion de deux élémens : le chlore , le Wème, l'iode ou le fluor avec un métal. Mais ce rapprochement, qui peut paraître fondé, laisse cependant beaucoup à désirer; car, si les chlorures sont des sels, pourquoi les sulfiires etles oxydes n'en seraient-ik pas? Ilexiste au moinsautant d'analogie entre ces composés etles sels haloïdes de M. Berzélins, qu'entre ces derniers et les sels proprement dits. Sous le point de vue de la constitution, cela même ne doit point paraître doatenx, vu Timmense variété des seb qui peuvent exister. U
y4 RÉACTIONS QHIMIQinU.
y a dea oxydes et des sulfures solobles dans Feaa ooubm esrIaiBi chlorures et certains iodures. Ces compotes s'unissent avec dsi 'i acides et des sulfacides proprement dits, comme les chlorures r et les iodures paraissent s'unir avec des chloracides ou des l îodacides« Enfin, il n'y a réellement pas une différence bien fondée entre ces corps ^ d'où l'on peut conclure qoe , si Pou réunit les sels haloïdes aux sels ordinaires , il faut y réunir aussi les oxydes et les sulfures. Mais, si l'on réunit tous ces eorps ensemble , il faudra aussi y joindre les phosphores , les arséniures, les antimoniures. De lî, aux alliages définis, il n'y a (ju'un pas , et l'on voit que tons les corps composés rentreraient daiis la classe des sels. i
Aeîd«i*
Les acides n'ont pas été mieux définis que les sels, ib ont été confondus avec eux , et , oe qui est réellement incroyable, c'est qu'un grand nombre de sels sont enoore oon* | fondas aujourd'hui avec les acides. Pour que les acides soient réellement distincte des sek,il faut qu'ils aient une constitution différente ^ car lorsqu'il s'agit de classer les corps et de ks dénommer, c'est d'abord sur la constitution qu'il faut s'appuyer, et nous allons voir qu'il est loin d'en être ainsi* En acceptant la définition généralement adoptée , que lês aeuks sont des corps qui s^unissent apec les bases peur former des sels, on doit considérer l'acide sulfurique anhydre , l'acide phos* phorique également anhydre, l'acide sulfiireux, l'acide car* bonique, l'acide silicique, l'acide borique fondu , l'acide tannique, etc. , comme de véritables acides, parce qu'ils s'unissent directement avec les bases pour fermer les sels 9 mais l'acide azotique , tel que nous le connaissons, l'acide sulfurique, même le plus concentré, l'acide borique cristallisé, la plupart des addes d'origine organique, ne sont point des acides, parce qu'ils ne s'unissent point avec les bases pour former des sels. Une partie de leurs élémens seulement entre en combinaison avec ces dernières, et une autre partie se trouve élimir née par elles. Ces prétendus acides sont de véritables sels dans lesquels l'eau remplit exactement les mêmes fonctions que les bases ordinaires, et cette eau est simplement déplacée par ceUeS' ci y sans que la constiiutien de ces prétendus acides soit changée. ' Dès 1819, IM* Berzélius avait adopté une nomenclature cbi«
miqne qui indiquait qn'il avait parfaitement compris cette erlenr (i). Depuis cette ëpoque, M. Graham, par une suite de trafaux pkins d'intérêt, a fait voir que ces prétendus acides aTaient réellement une constitution saune. iHins mon Introduction à téiude de la chimie^ j'ai également attiré Pattention des cbi* mistes sur ces faits j en cherchant à démontrer que les élë« mens de Teau étaient appelés à jouer le même rôle statique que les autres élémens dans les combinaisons. Cependant, soit liabitude , soit indifférence , cette erreur a persisté jusqu'à ce jour chez la plupart des chimistes.
Les raisonnemens qui viennent d'être faits à l'égard des prétendus acides hydratés , peuvent aussi l'être à l'égard des hy-« draddes. Ces corps ne sont point des acides , puisqu'ils ne s'u^ Hissent point avec les bases : quand on les fait réagir sur un oxyde, il se produit de l'eau et un composé binaire, formé par le radical de l'acide et par le m«^tai ae la base; seulement ils s'unissent directement avec le gaz ammoniac; mais je m'expliquerai bientôt à cet égai\. Si on les fait réagir sur des mé-* taux , des composés du même ordre que les précédens pren* nent naissance et l'hydrogène devient libres c'est*à*dire que les métaux s*y substituent et que les prétendus hydracides sont des composés binaires omime les chlorures , les sulfures, les oiydes, etc., et que rien ne lesen distingue. Je ne parlerai pas de l'action que ces corps exercent sur les réactifs colorés et en parâculier sur la teinture de tournesol; car, si peu que Ton ait ^habitude des expériences chimiques, on sait que ces sortes de réactions sont insignifiantes pour distinguer les acides des corps des autres classes.
Les hydracides se combinent avec d'autres composés bi-^ naires, contenant le même radical que ceux qui entrent dans lear composition; par exemple , l'acide chlorhydrique s'unit svec le tri-chlorure d'or , pour former un composé que l'on nomme chlùrhydrate de chlorure d*or; mais ce composé est un chlorure double qu'il est préférable de considérer comme un composé de tri-chlorure d'or et de chlorure hydrique. Et si un de ces deux corps joue le rôle d'un acide à l'égard de l'autre, il est éminemment probable que c'est le cblorure d'or ; car en
(i) Buai sttr iés proportions ehimîqaes.
jQ KÉAGTIOUS GHIIIIQVBS.
général , dans un sel, l'acide a une constitution plus coropliquée que celle de la base, et c'est ce qui a lieu pour le trichlorure aurique à Tëgard du chlorure hydrique. Cm deinc composés sont représentés ainsi: Au» Cls, H Cl- Cette formule est comparable à celles des azotiles, des phosphites et des arsénites : les acides de ces sels y sont représentés par le trichlorare aurique.
L'opinion que Fou peut avoir de la nature des bases étant subordonnée à celle de la nature des sels et à celle de la nature des acides , il en résulte que la plupart des bases ^nt des oxydes métalliques; mais que les métaux ont autant de droit à ce litre que les composés hydriques en ont à celui d'acide. Cependant ils ne sont point considérés comme tels, quoique Pou n'en ait jamais donné la raison.
Les oxydes étant des bases salines; les sulfures, les chlorures, etc., deviennent aussi des bases qui s'unissent avec des sulfacides , des chloracides , etc.
Les composés qui jouent le rôle de bases sont généralement représentés par des formules moins compliquées que celles qui appartiennent aux acides , comme cela vient d'être dit, de telle manière qu'un seul métal peut offrir plusieurs composés oxygénés dont les uns seraient basiques et les autres acides : le manganèse et le fer présentent cette circonstance. Les autres composés binaires dans lesquels entrent le soufre, le chlore, le brome, etc., peuvent, à cet égard, se comporter exactement comme les composés oxygénés. On a remarqué depuis longtemps que certains corps pouvaient jouer le rôle d'acide ou celui de base, selon les circonstances : les composés qui sont surtout dans ce cas sont ceux que Ion représente aujourd'hui par un symbole de la forme Rt Xj. L'alumine qui appartient à ce groupe s'unit avec les acides et se combine également bien avec les bases : on connaît dans la nature le spinelle , le gah* nile et le pléonaste, qui sont des composés parfaitement stables et qui ont pour formule générale Rt Xs, A X ou Rj Xi A* L'eau ou ses élémens joue aussi tantôt le rôle d'un acide et tantôt celui d'une base. Dans les acides hydratés, elle remplace les bases, et dans les hydrates, ou les composés qu'elle forme avec les oxydes, elle tient lieu d'acide, ou plutôt elle s'y
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trouve unie Comme deux oxydes de mêmes formules peuvent s'unir ensemble. Ueau joue en outre un rôle semblable à celui des hydraddes ; car, quand elle rëagit sur les mëtaux comme sur le potassium ou le sodium à la température ordinaire ou SQf le fer k une température élevée, l'hydrogène est déplacé pr ces métaux et Toxygëne s'unit k eux, de même que les élémens du sulfure ou du cblorure bydrique auraient pu le faire. La propriété de s'unir avec les acides pour former des sels, étant le caractère des bases, il en résulte que l'ammoniaque et les alcaloïdes, dont la composition e%t très compliquée, sont aussi des bases* Mais ces sortes de bases ne s'unissent point aux acides dans les mimes conditions que les bases dont il a été précédemment question. Elles se conibinent avec les acides déjà unis avec les éîémens d'une molécule d'eau, et elles s'unissent directement avec les prétendus hydracides. Ces faits remarquables sembleraient , au premier abord , en faveur de la théorie ordinaire des acides et des hydracides ; mais ces composés se trouvent si mal définis, qu'il est plus convenable d'en cher « cher une nouvelle explication, ou bien d'attendre qu'elle rienne s'ofirir d'elle-même quand les faits seront accomplis. Pourtant, depuis que je me suis occupé de la théorie des sels et des addesy que j'ai toujours regardée comme étant mal fondée et insuflbante dans presque toutes ses parties, j'ai considéré le gaz ammoniac comme ayant une constitution analogue à celle des chlorures et des iodures. Pour me servir de termes qui sont aujourd'hui dans la sdence : pour moi l'ammoniaque était un amidure hydrique qui jouissait de la propriété de se combiner avec les chlorures, les iodures, etc., de même que les chlorures, les bromures, les iodures et les cyanures se combinent entre eux. D'une autre part, j'ai considéré les sels oxigénés. ordinaires, i base d'ammoniaque, comme des composée comparahies i ceux qui résultent de l'union d'un acide hydraté , déjà salin, avec un chlorure ou un iodure encore à l'état salin; enfin oonune un composé formé de deux sels réunis ensemble. Toutefois, il serait possible que l'ammoniaque se comportât de plusieurs manières différentes les unes des autres, selon les circonstances. Dans la théorie qui veut que tous les acides soient des hydraddes,ou dans toute antre théorie qui voudrait que les sels hydriques fussent constitués comme les prétendus hydracides , le sulfate et le chlorhydrate d'ammoniaque au-
8o &ÉAGTIOHS CHIMIQUBS.
la chimiey ces dbtinctioDS sont anjourd'htiî sans valeur, et, par cela même que l'on démontre que les acides hydratés sont de yéritables sels, on peut démontrer que presque tous les sels basiques et tous les sels acides sont des composés de denx sels dans l'un desquels l'eau joue le rôle d'une base, ou des composés salins à deux acides dont l'un est encore l'eau. Gela ne saurait étonner, car il est bien démontré que les élémens de Tean peuvent jouer, dans la constitution des sels, les ràlcs des acides et des bases«Âinsi, l'ancien bi-sulfate de potasse (SO5) 9 , KO, HOest aujourd'hui du sulfate potassique et hydrique : SOs, KO; SOs, HO. Ce prétendu bi-sel est formé par l'union de deux sels neutres; le bi-carbonate de potasse (GO9) t, KO, HO, devient réellement COf, KO; COa» HO; l'azurite ou le carbonate sesqnibasique de cuivre naturel (COa)»» (Cu 0)s, HO , est un sel neutre (COa, GuO}t; (HO, Cu O); la maUchite ou le carbonate bi-basique de cuivre naturel, COa (Cu 0}a, HO, est encore un sel neutre COa Cu O ; HO, Cu O ; le bi-tartartre de potasse est encore un sel neutre à bases de potasse et d'eau. Cependant, il y a de véritables Sels acides et de véritables sels basiques, tels que le bi-chromate de potasse, le bi-sulfate ae potasse anhydre, les pyrophates et les phosphates ordinaires; mais il est à peine croyable que ces genres de sels n'aient été connus que long-temps apr&s qu'on en eût admis l'existence en se fondant sur des faits mal observés.
Les vues qui viennent d'être exposées sur la constitution des sels simplifient beaucoup h chimie, parce qu'elles démontrent que le nombre des systèmes moléculaires est réellement moins grand qu'on ne le supposait, puisque presque tous les sels se rapportent aux formules générales des sels neutres.
La neutralité chimique n'est pas toujours facile i déterminer et l'arbitraire s'est quelquefois mis â la place de la réalité; c'est ainsi que jusque dans ces dernières années on a considéré comme des borates neutres ceux dans lesquels l'oxygène de l'acide est égal k six fois celui de la base. M. Berzélius ayant trouvé que l'acide borique pouvait s'unir à une quantité de base double de la précédente, a admis que ce dernier sel et ceux qui lui correspondent sont des borates neutres. Evidemment de pareilles déterminations sont facultatiTes et ne peuvent se démontrer. Lorsque l'on ne s*appuie point sur la neutralité des sels pour déterminer à quel ordre ils ap-
COMBIHAISOlf PABTIG17LAIBE. 8l
pirdciineiit, mais seulement sar leur coDstitatlon^ tous ces emhams cessent et l'on n'a plus à raisonner sur des faits réellement indéfinissables.
On a TU par les premiers mots qui ont été dits sur lacom* binaison , que la neutralité chimique n'était pas le caractère exclusif des sels ; mais bien celui de toute combinaison. Ce point de vue tend encore à faire confondre la classe des sels avec celles des autres corps.
Tous les corps qui se combinent ne sont pas toujours dans on état d'antagonisme aussi prononcé que ceu:i dont il a été question dans les exemples précédens. Au contraire, ce sont quelquefois des corps tout-à-fait du même ordre. Ce genre d'uoion ne peut permettre d'obtenir la neutraliaation des corps qui s'unissent; car jouissant les uns et les autres d'une grande ressemblance , les produits qu'ils forment ont toujours avec eux une analogie prononcée : ainsi , les alliages ressemblent aux métaux ; la dolomie ressemble aux carbonates qui lui ont donné naissance. Quand les corps qui s'unissent ^sont isomorpheS) le produit est encore susceptible de l'isomorpbisme avec ceux qui l'ont formé. Ce genre de combinaison ne s'effectue probablement pas toujours dans l'intérieur des molécules , mais senlement par l'agglomération de molécules de natures différentes ; cela est prouvé par l'électrum , alliage naturel d'or et d'argent, dans lequel ces deux métaux sont unis en une multitude de proportions , et par les mélanges indéfinis que les carbonates dci chaux, de magnésie, de fer et de manganèse forment en s'unissant les uns avec les autres.
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La combinaison n'a pas toujours lieu dans l'intérieur des molécules; on voit dans bien des circpnstances des particules tout entières et de natures différentes, comme il faut que cela soit pour qu'il y ait combinaison et non point une simple agrégation, se réunir et se maintenir dans cet état avec une énergie assez considérable pour que de simples agens mécaniques ne puissent les séparer. Des particules colorantes , solubles dans l'eau 9 peuvent en être séparées par des tissus avec lesquels elles s'unissent en deyenant insolubles, sons changement T. !• 6
S% H^GTIOM GHiaiQVM.
de codeur et ians dëtroire le il»» , ce qui aurait iofiûUiUe* ment lieu si cette espèce de combinaison s'effectuait dans Fintërieur des molécules. La force qui produit les combinaisons particulaices a la plus grande analogie, si elle ne présente une identité parfaite, avec celle qui détermine Tadhésion et lei phénomènes de la capillarité.
C'est par une affinité de ce genre que le charbon animal ss combine avec les matières colorantes et les retient atec énergie. Il est bien évident encore que , dans cette circonstance, il n*y a qu'un simple rapprochement entre les particules. On peut détruire les matières colorantes unies au charbon par une espèce de fermentotion, et celui-ci redevient ce qu'il éuit aupi-* f avant : non-seulement il a recouvert son aspect phynqvSf mais it est dé nouveau devenu apte fc la oombinaison avec de nouvelles matières colorantcsé Ceci est une preuve ^ideate que son action était différente de celle qui résuite de k oom* binaison chimique ordinaire ou intm^moléculaire.
Lee particules qui«'unis«entchimiquementensembley n'ayaat aowent aucune relation de forme ^ ne peuvent donner naissance è des cristaux ; aussi, toutes ces sortes de combinaisom donnent^lies lieu à des corps amorphes^
Lorsque les particuks ont pris naissance dans des liquides, elles affectent une forme sphérique^ c'est ainsi que cela a lien pour tous les corps visqueux, tels que l'albumine, la glairine, la matière de la fermentation visqueuse, etc. , et elles donnent enoore tieu i des corps amorphes, à moins qu'elles n'aient été produites sous l'influence de la vie. Dans ce cas» elles donnent liea à des formes organique».
Il serait peut«4tre convenable de s'étendre davantage sur ce sujet neuf et intéressant ; mab les exemples qui viennent d'être cités peuvent suffire, et chacun trouvera sans doute de noU'> veaux faits qui viendront s'y réunir*
Si l'analyse chimique fait connaître la composition des corps et si elle a conduit à la notion des élémens chimiques , la synthèse ou la combinaison a donné lieu à une multitude de corps nouveaux, que Von nommeproduîts chimiques et que l'homme n'e&t jamais oonnus sans lexpérimentation.
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Let prodaits chimiques sont toujours des corps anorgauiqaes; ils ont la plus grande analogie avec les minéraux, et Ton devraitles classer ensemble (V. p. 5).