OS0Ï1IB
il fait naître un précipité blanc d'abord ^ qui jaunit et noirdt rapidement.
Se ^ 494t&8> <»> 600 ?
Le sélénium est fort rare et d'an prix très élevé ; M. BenéKns le déeouTrit ca X 8 X 7, en examinant on dépôt formé dans le sulfate hydrique préparé avec le soafre de Fahlun. Le mot de sélénium vient de StXiivYi (la lune}. Jusqu'à présent on ne Ta rMooniré que dans le «oofrede Fablun, dans celui des îles Ltpari, ou conbiné avec Targent et le cuivre^ ou avec le cuivre seul à Skrickerum eo SmoUnd j aiec la galène, à Atwidaberg et à Fahlun ; avec le tellure et le bismuth, en Norwége et en Transylvanie ; avec le plomb, le cuivre et ]p mcnure» dans le Hartz; avec Tirgent, au Mexique.
Le sélénium fondu est brun-gris et possède on léger éclat métallique. En poudre, il est bruo-rouge foncé. Réduit en fil mince ou comprimé à l'étal mou entre deux plaques de verre , il est transparent et brun-rouge très foncé.
Son poids spécifique = 4, 3. Il est tendre^ fragile, fiseilé i pulvériser-, lorsqn'oo le chaufTe^ il se ramollit vers + xoo, et ne tarde pas à entrer eo fusion ; rtn 343* il entre en ébullilion et donne une vapeur jaune plus foncée que le chlore, mais moins colorée que celle du soufre.
Si Ton chauffe le sélénium au contact de Tair, il brûle avec une flamme btene en donnant naissance à un oxyde volatil dont Todeur infecte de chou pourri ou de raifort est très caractéristique. Chaufie dans l'oxygène en excès, il brûle en produisant de l'acide séléoieux SeO^ ; chauffé dans un eoiirant de chlore, il donne ua chlorure solide, volatil et cristallisable, correspondant à l'acide siUénieuxot SeCI) ; il s'unit avec le brome et Tiode probablement dans les mêmes rapports ; il s*uoit avec le soufre en proportions déterminées ; mais le sulfure produit se dissout en toutes proportions dans l'excès de soufre ; la potasse caustique dissoute dans l*eou peut dissoudre le soufre sans attaquer le sulfure. Le sélénium peut s'unir au phosphore, è Thydrogè^e «t à tous les métaux, mai* on ne connaît pas las compoi* ses qu'il peut former avec le carbone et l'azote. L'analogie chimique du sélénium et du soufre est aussi grande que possible, et l'histoire de ce dernier corps qui est fort avancée, a beaucoup servi pour faire celle du sélénium.
siLiniDai pTDaxQca. SeH = 5ia, 5, Composé gazeux, ayant une odeur îo* fecte, dont le poids 5péci(iquecalculé= a,8, Ce gaz peut être obtenu en traitant le séléniure ferrique par le chlorure hydrique : SeFe + CIH=: ClFe -(- ScH. Ce gu se comporte généralement comme le sulfure hydrique. Lorsqu'on le lait passer an travers de la solution d'un sel métallique, il en précipite le métal à Tétat desélé* niure. Excepté les séléniures de zinc, de manganèse et de cérium qui sont couleur de chair, tous les autres sont noirs, lorsqu'ils sont obtenus par ce procédé.
oxTDK DK sÎLXNxuM. C'cst cc composé qul se forme par la combustion incomplète du sélénium. Il est gazeux, possède une odeur de raifort, est pensolubie daus l'eau et ne $alnre point les alcalis.
AciuK sKi.éKriux. SeOs = 700 = 1 volumes. Cet acide correspond exactement à l'aoide sulfureux. Il est solide , cristallisalile en aiguilles quadrilatères, iocolore, volatil, son poids spécifique à l'état de vapeur est de 4, selon M. Blils^ ehcrlichf Cette vapeur a une couleur jaune foncée, semblable à celle du chlore, et
une odeur piquante qui ne rappelle en rien celle de l'oxyde de sélénium. L*acîde selénieux a une saveur franchement addt» il attire puissamment rhumidîié de Tatraosphère, il est soluble dans l'eau et peut cristalliser par évaporatioo ; mais dans ce cas il est hydraté. L'acide azotique et même Feau régale ne peuvent le suroxyder. L'acide chlorbydiique ne le réduit pas non plus , même par rébullilion ; mais l'acide sulfureux, s'empare de Toxygène qu'il contient et eu sépare complètement le sélénium. Le sulfite ammonique le réduit aussi ; mau k l'aide de la chaleur. Sa dissolution aqueuse est aussi réduite par tous les métaux qui précipitent l'argent, même par ce dernier métaL
L'acide sélénieux décompose les chlorures et les azotates par la chaleur ; mais il est déplacé dans les mômes circonstauces que les acides phosphorique, sulfurique^ borique et arsénique» moins volatils que lui.
Les sélénites cbauffés avec du sel ammoniac ou dans un courant d'hydrogène laissent un résidu de séléniure.
Préparothn, — On obtient l'acide sélénieux anhydre, en brûlant le sélénium dans un courant d'oxygèoe. On l'obtient hydraté, en traitant le sélénium par l'azotate hydrique ou par Teau régale. En sublimant le résidu de l'évaporalion, ou l'obtient à l*état hydrique et cristallin.
▲cxDB sÉLxviQve. $e03 := 800 = a volumes ? Cet acide n'existe point. On ne connaît que les séléniales.
SKLÛxATX BTOEiQux. ScO^H = ScO^^HO. Les séléniates ont été découverts ea 1827 par M. Mitscherlich. Ces composés se produisent en faisant déflagrer l'acide sélénieux ou un séléniure avec l'azotate potassique ou sodique* On peut employer directement le sélénium ; mais on en perd beaucoup. On obtient le séléniale hydrique en décomposant le séléniale de plomb réduit eq bouillie avec un peu d'eau^ au moyen du sulfure hydrique. Le séléniure hydrique exi:>ie dans le liquide et on Tobtieut par la concentration. 11 retient toujours un peu plus d'eau que la théorie n'en indique; car quand on atteint la température de 980^, il commence à se décomposer en oxygène et en acide sélénieux, et cependant il contient encore o,i575 d'eau» et le séléniate monohydrique ne doit en contenir que o,iaa8, A celte époque déconcentration , il a un poids spécifique de a,6a5 ; à + 390°^ sa décompositioo est rapide.
Le séléniate hydrique a une saveur acide et rougit fortement le papier de tournesol. Il dissout le fer et le zinc avec dégagement d'hydrogène; le cuivroi avec dégagement d'acide sélénieux; il dissout même l'or, mais il n'attaque poiut le platine. L'acide sulfureux est sans action sur lui ; mais le chlorure hydrique le ré* duit à rétat d'acide sélénieux avec dégagement de chlore à Taide de rébullilion# L'acide sulfureux peut alors le réduire.
Les séléniates, même k potassique, le sodique et le barytique sont réducliblcf par l'hydrogène et par le sel ammoniac à une température élevée. On peut par /
ce procédé séparer les sélénites des sulfates en les faisant passer à l'étal de sels ba« '
rytiques: le séléniure obtenu est soluble dans le chlorure hydrique, et le sulfate J
demeure inattaqué et insoluble. Il va sans dire que les séléniates sont aussi réduits par le charbon à une température élevée. '
60O OXOÏDB8.
TELLUES.
Te = 8oa,i9, ou 800 ?
' Le tellure présente les plus grandes analogies physiques avec ranlimoine, il loi ressemble même sous le point de vue de plusieurs propriétés cbimiqueit ; mil il s'en distingue par ses fonctions dynamiques. Les composés dans lesquels il peut entrer le clasxent parmi les oxoîdes ; cependant, comme le demi- équivalent de rantirooiue et de l'arsenic est isodynamique avec Tcquivaleot des oioîdes, il D*y a pas le moindre doute que le tellure ne soit intermédiaire aux oxoîdes et aux azoloîdes.
Le tellure est un des métaux les plus rares, on ne l'a encore rencontré qa*eD très petite quantité et dans peu de localités. On le connaît dans quelques minerib de Nagy-Ag ef de Fatzbay en Transsylvanie. Il y est à Tétat natif ou combiné avse l'or et Targcnt, ou le plomb et le bismuth. On Ta trouvé en asses grande quantité à Schemnitz en Hongrie, où il est uni au bismuth.
Le tellure a été découTert par Millier de Reichenstein en 1782 ; mais c*est Klaprotli qui en fit connaître les principales propriétés.
Le tellure ressemble assez à Tantimoine pour qu*il soit facile de les confondre. Il eu a la couleur, l'éclat, la structure laminaire. Son poids spéd6que s'élève jttf> qu'à 6,3578 selon M. berzélius. Il est fusible à-peu-près comme rantimoioe, et peut être réduit en vapeur à une température fort élevée. A la température rouge, il brûle au contact de l'air avec une flamme bleue, verte sur les bords, en répandant une fumée blanche d'une odeur acidulé. Il s'unit au soufre par la fusion, et le chlore sec l'attaque facilement. Le sulfate mouobydrique le dissout , et l'eau peut le précipiter de cette dissolution. Une dissolution concentrée de potasse caustique le dissout aussi à l'aide de l'ébullition , en prenant une couleur rouge qui se détruit par le refroidissement ou par l'addition de' l'eau, qui précipite le tellure.
Les principaux composés connus du tellure sont le tetiurure hydrique, Vacttfê ieliareus et Yactde telkurique,
TELLURuaa HTDEiQUB. TcH = 8 12,5 =3 voIumes ? Le lellurure hydrique est gazeux et possède la plus grande analogie avec le sulfure hydrique dont il possède l'odeur. Son poids spécifique calculé =■ 4,6. Il est soluble dans l'eau , et la dissolution aqueuse abandonne du tellure métallique sous forme de poudre noire par l'action de l'oxygène de l'air : TeH -f- O = HO -|- Te. Le chlore agît connat l'oxygène de l'air et plus rapidement encore; toutefois il donne naissance à de chlorure hyàrique, au lieu d'eau. Il n'est pas douteux que le tellurure hydrique est inflammable au contact de l'air et d'un corps en igoition, et qu'il doit laisser uo dépôt brun sur les parois de l'éprouvette qui le contenait. On obtient ce gaz ea traitant un alliage de tellure et de zinc ou d'étain par le chlorure hydrique. Il est probable qu'on l'obtiendrait plus facilement encore en ajoutant de l'acide tellureux ou de Tacidq tellurique i un appareil à hydrogène, comme dans 1rs essais des matières arsenicales par le procédé de Marsh.
ActDs TBX.I.U11EI7X, TcOs = i,ooo. Cet acide est blanc, crislallisable, insipide d'abord , il donne ensuite une saveur métallique désagréable. Peu soluble daos l'eaui réagit lentement sur le papier de tournesol, jaunit par la chaleur, redevient blanc par le refroidissement. Fusible en liquide jaune et limpide, susceptible de cristalliser ca se solidifiant. Ce composé est volatil 4 une température élevée. \^y
TELLVaB. 60I
drogène le réduit à celle lempèratnre. te cbarboo agit de même. L'acide sulfureux le réduit à la température ordinaire; Tazotale hydrique ne le surozyde point, mail l'eau régale le hit passer à l'état d'acide letlurique.
On obtieut l'adde tellureux anhydre en brûiaui le tellure dans nn eourant d'oxygène, ou en traitant ce métal par l'azotate hydrique.
Lorsque l'on décompose uo tellurite alcalin par l'azotate hydrique, on obtient de Taeide tellureux hydraté que M. Berzélius nomme adde * teliunus. Ce tellurite hy« drique rougit fecilemeut le papier de tournesol, il est soluble dansTeau; sionlefiiit chauffer jusqu'à + 40**, même dans l'eau, il se précipite un autre tellurite hydrique, moins soluble, par conséquent, et ne réagissant presque plus sur le papier de tournesol. C'est ce composé que M. Berzélius nomme acide • tellureux.
ACZDB TXLLURiQUK. TcOs = I loo. Lorsqu'ou traite le tellure par Teau ré* gale, on obtient un tellurate tri-hydrique. En fondant ensemble l'acide telloreox et l'azotate potassique, on obtient du tellurate potassique. Ce tellurate décom* posé par ?oie humide au moyen du chlorure barytique, donne le tellurate bary tique que l'on peut décomposer par le quart de son poids de sulfate hydrique étendu de quatre fois son poids d'eau. La dissolution filtrée, évaporée k siccité, lavée avec de l'alcool , redissoule dans l'eau et soumise à la cristallisation , donne des cristaux prismatiques de tellurate trihydrique , qui paraissent appartenir an système rhombique. Le tellurate trihydrique a la même saveur que l'azotate ar^ genlique, Te03,3HOy il rougit i peioe le tournesol i la température ordinaire, il se dissout lentement dans l'eau qui en prend cependant une assez grande quantité. L'eau bouillante pareille dissoudre en toutes proportions. Il se dissout dans le chto* rore hydrique sans se décomposer à la température ordinaire ; mais, par l'ébuUltion, le mélange donne du chlore et l'acide est réduit à l'état d*acide tellureux. A x6o*, il perd les deux tiers de l'eau qu'il contient et se trouve transformé en tellurate monohfdrîquô Te03,H0. Ce composé est moins soluble que le précédent, lorsqu'on le fait bouillir avec l'eau, ou lorsqu'on le laisse long- temps en coutact avec ce liquide, il retourne à l'état de tellurate trihydrique. Chauffé jusque + 4oo*, il perd la dernière proportion d'eau qu'il renferme, et se trouve transformé eu adde tdlurique anhydre TeOs. Si Ton chauffe un peu plus ce dernier composé, lui-même se détruit en oiygène et en adde tellureux. Comme il est difficile d'atteindre exaotemcnt la limite où Tacide anhjfdre se produit et se détruit, on a souvent un mélange de cet acide et d'acide tellureux; mais on peut le purifier par l'acide chlor» hjdrique qui dissout ce dernier adde sans attaquer le premier.
L*acide lellurique anhydre est complètement inuiluble dans l'eau froide on booillanle, dans la dissolution du chlorure hydrique froid et même dans l'azotate hydrique bouillant et dans une dissolution d*hydrale potassique.
Bf. Berzélius considère l'adde tellurique comme donnant deux modifications isomériqoes qui se retrouvent jusque dans les sels auxquels elles donnent lien. L'une qu'il appelle acide * telluriquâ^ oorespondrait à l'adde anhydre ; l'autre, qu'il nomme * teUuriquê, existerait dans le composé que j'ai désigné sous le nom de tellurate trihydrique. Ces addes, au lieu d'être isomériques, ne présentent-ils pas les mêmes rdations que les prétendus addes du phosphore qui sont devérita* laUes tels basiques à diiférens degrés ?
Çç% CHUmOÏPKS.
m» OBBRE.
C0LOROIDES.
llaor, — Chlore, — Brome. — Iode. — Cjano^^am,
Les élémem réunis dans ce groupe sont au nombre de 5 : le fluor, le chlore, le brdme, Tiode et le cyanogène. L*un d*eux, le fluor, n*a jamais été isolé d*une minière bien évidente et n*a été admis que par des analogies fondées sur les produits qu'il forme,
Les quantités isodynamiques ou leséquifalensdu fluor, du cyauogène, du chlore, du brome et de Tiode, sont entre elles :: 9 : ^3 ; 18 : 39 : 63 (i).
Le cyanogène a une composition bien évidente et exactement déterminée. Tous ces corps sont gazeux ou volatils. Tous ceux qui ont été isolés possèdent une odeur forte, et sont très irritans lorsqu'ils sont introduits dans les voies puUnonaires. Le chlore, le brome et Tiode sont colorés. Le cyanogène ne Test point d'une manière sensible. Tous ces corps s'unissent à volume égal avec rjiydrogèoe sans oondensatiQu, et donnent des produits gazeux ou volatils. Itsréigissent sur les métaux à des températures variables; le chlore attaque l'antimoine et Tarsenic à la température ordinaire avec apparition de chaleur et de lumière. Le chlore, le brôqie et l'iode réagissent violemment sur le phosphore. Les corps de eette classe réagissent généralement sur les substances organiques , proUiblement en se substituant à l'hydrogèue. Us décolorent l'indigo sulfiirique, font ositre un précipité blanc ou jaunAtre dans l'azotate argeotique. Ce précipité qui est un fhlorïodure, est altérable à la lumière, insoluble dans l'eau, et dans Pazoïate hydrique, même bouillant, excepté le cyanure argentique, qui se dissout à une tem* pérature suffisamment élevée. Ces corps sont généralement peu solubles dans l'eau ; mais elle eu prend cependant plusieurs fois son volume lorsqu'ils sont gazeux»
Le fluor , quoique ayant un équivaleqt plus faible que les autres chloroïdes, donne cependant avec l'hydrogène un composé facilement condensable en li* qnide, et se comporte par conséqueut a l'égard des autres chloroïdes, comme l'oxy-
(i) Je donne ici les rapports numériques des équlvalena d'un même ordre, quoique je sois convaincu, comme cela est en effet, qu'ils ne doivent point offrir de rapports simples. On pourra s'en convaincre en remarquant que les eorpt eompe* ses isodynamiques d'une même série sont formés par l'union d'un même eorpa, en même proportion , avec une suite d'autres corps. Or. quand bien même il eiis* terait des rapports simples entre les équivalens de ces derniers corps^ il est éîideot que ces rapports seraient détruits par l'addition successive du corps oonmon qai leiûr eit uni.
gène rdalÎTcnnit mx «aires oxcôte* Gela e»t-tt dû aa polynorpbjaief Ceit « qae Ton ignore^ niais oa n'en est pas moins remarquable.
jicide marin déphlogistiqué ^ Acide muriatique oxÊgénét G<u oximuriatiquc.
CI ra 44a,65 =: 9 Tolomet;
Le chlore n'exUte point libre dans la nature, mais il s'y trouve GOinbiné en quantité cousidërable avec le sodium dans le sel gemme et le sel marin. Entrevu pr Glauber, il a ixé découvert par Scheele, en 1774»
Le cblore est gazeux et coloré en jaune vert. C'est à sa couleur qu'il doit le nom qu'il porte actuellement et que l'on « tiré du grec x^^ = vert. Il possède une odeur toute particulière que l'on ne peut apprécier que lorsqu'il est mêlé avec beaucoup d'air j car il irrite violemment les voies aérienneSt Son poids spécifique = 2,47*
Sous la pression de 4 ^ S atmosphères , le cblore se coq-* dense en un liquide jaune verdâtre foncé, dont le poids spécifique est environ 1,33. Il réfracte la lumière moins fortement que l'eau. On obtient facilement le cblore liquide en introduisant de rbydrate de cblore dans un tube scellé à une extrémité, que l'on achève de fermer ensuite. Par la moindre élévation de température , le produit se liquéfie et se sépare en deux couches : une supérieure et peu colorée qui est de l'eau chargée de chlore et une inférieure qui est le chlorure.
Lorsque l'on introduit une bougie enflammée dans une éprouvette remplie de chlore , la flamme diminue , devient rougeâtre et s'éteint en peu d'instans.
Le chlore gazeux et Thydrogène se combinent à volumes égaux pour former le chlorure hydrique. La combinaison a lieu à la température ordinaire ; mais elle est plus ou moins rapide, selon l'intensité de la lumière. Sous Tinfluence des rayons solaires, elle est instantanée et peut avoir lieu avec ex* plosion ; à la lumière difluse , elle est lente. Dans l'obscurité l'action est nulle. La combustion peut encore avoir lieu immédiatement par l'approche d'un corps en ignition. Dans tous les cas, il se produit un gaz incolore , répandant des vapeurs blaQches à l'air.
6o4 GHLOROÏDIS»
Le cUore ne s^nnit point directement avec Foiygine, qamqu'il prodaise plusieurs composes oxygènes. H s'unit immëdiatement au soufre , au sélénium , à l'iode, au brome, an phosphore , à l'arsenic et à l'antimoine. Avec ces trois derniers corps la combinaison est si énei^que qu'il y a apparition de lumière ; sec , il est sans action bien sensible sur le fer et sur le zinc; mais lorsqu'il est humide, il s'unit facilement & ces métaux, à l'argent, à l'or, au platine. Il s'unit immédiatement au mercure , et cela empêche qu'on le recueille sur un bain de ce métal.
Lorsque l'on fait passer un courant de chlore dans de Teau à o^, il en résulte une masse molle translucide d'un aspect nacré, qui est un hydrate de chlorure, contenant lo équivalens d'eau contre un de ce corps.
On doit à M. J. Pelouze la connaissance exacte de la solubilité du chlore dans l'eau. Cette solubilité a un maximum ven -f* 9 à 4* lû*, ou à la température à laquelle l'hydrate de chlore se déduit. loo parties d'eau en volume dissolvent les quantités de chlore suivantes aux températures indiquées :
lO"
ia«
soo
k sio
ii5
Sous l'influence de la lumière , une dissolution aqueuse de chlore se décompose assez rapidement : le chlore se substitue à l'oxygène qui se dégage, et il se produit du chlorure hydrique: HO ^ Cl s= CIH -f- O. Aussi ne peut-on conserver cette dissolution qu'en recouvrant de papi^^r noir les flacons qui la contiennent et en ayant soin de les mettre dans uu lieu obscur, dont la température soit peu élevée.
Par voie sèche, le chlore décompose plusieurs oxydes, dont il chasse l'oxygène. La même chose peut avoir lieu par voie humide j mais il agit d'une manière toute spéciale sur les hy-
CHLOEB» 6Ô5
drates des oxydes alcalins : avec l'hydrate de chaux en pou« dre, et avec les dissolutions aqueuses et étendues des hydrates de potasse et de soude, il donne naissance à un chlorure et à un hypochlorite :
a Ao + «a = ao«ao + cia.
Avec l'oxyde rouge de mercure sec ou en présence de Teaui il forme un oxychlorure, insoluble et de l'acide hypochloreux qui demeure gazeux ou dissous dans l'eau :
a HgO + a Cl = HgaCio + CIO.
Le chlore réagit puissamment sur les matières organiques, il est probable que, dans la plupart des cas, il se substitue équivalent pour équivalent à une partie de l'hydrogène qu'elles renferment; il décolore la solution sulfurique d'indigo et la teinture de tournesol.
Le chlore décompose les sels d'argent, et donne naissance à du chlorure d'argent insoluble dans l'eau, même dans razotale kjrdrique bouillant , qui apparaît sous forme d'un précipité cailleboté, dense, blanc, qui devient rapidement noirâtre à la lumière solaire et qui est soluble dans l'ammoniaque.
Extraction du chlore. — Le chlore peut être obtenu par deux procédés différens, qui sont finalement les mêmes : i"" en décomposant le chlorure hydrique dissous dans l'eau , par le bi* oxyde manganique; %^ en faisant réagir, en présence de l'eau, le chlorure sodique, le sulfate hydrique et le bi-oxyde manganique.
Premier procédé. — Le bi-oxyde de manganèse en poudre très fine et le chlorure hydrique sont introduits dans un matras et soumis à une température de + 3o à -|- 4o°« La réaction a lieu , et l'on obtient du chlore gazeux en même temps qu'il se produit du chlorure manganique et de l'eau.
a CIH + MnOs = ClMn -f a HO -f- CL
On voit par cette équation que l'on ne peut obtenir à l'état de chlore que la moitié de celui contenu dans le chlorure employé, en remplaçant une proportion de chlorure hydrique par une proportion de sulfate hydrique, il se produit du sulfate manganique» et l'on obtient tout le chlore du chlorure
6o8 GHLOEOÏDBS,
faitement de la propriété de ae combiner comme acides avec les chlorares basiques, quand les composés oxygénés corre»pondans peuvent à peine s'unir aux bases les plus énergiques: tel est au moins le chlorure de bismuth. De là les noms que nous employons : acide chlorO'-bîsmuiheuXj acide chlonh<ua> que^ acide cldoro^stannique.
Les chlorures présentent les aspects les plus variés; aussi serait-il fort difficile de les décrire d'une manière générale. L'acide chloro-borique est gazeux; les acides chloro-silicique, chlon>6tanniquey chloro-titaniqueychloro-antimonique, chloroarsénieux et chloro-chromique, le chlorure de soufre, sont liqaides, et éminenunenl volatils. En général, les chlorures sont plas volatils que les composés oxygénés correspondans, et s^il était possible de distinguer plusieurs degrés dans la fixité des corps, les chlorures, presque toujours volatils, suffiraient pour indiquer ces degrés chez les oxydes de même formule.
Les acides chloro^aurique, chloro-platinique et chloro-rhodeux, peuvent être complètement réduits par la chaleur, le bi* chlorure de cuivre l'est en partie.
L'acide chloro-antimonieux, Tacide chloro*bismutheux, les chlorures de fer, le chlorure de zinc , le proto -chlorure d'étain et les chlorures de mercure sont volatils ; les chlorares calooïdiques, le chlorure argentique et les chlorares natroïdi* ques, excepté le chlorure ammonique, présentent une fixité assez grande; c'est-à-dire qu'ils ne sont volatils qu'à une température excessivement élevée.
Excepté le chlorure argentique, le chlorure meroirique HgsO, et les proto-chlorures d'or, de platine, d'iridium et de cuivre, les chlorures sont solubles dans l'eau ; le chlorure de plomb y e$t peu soluble.
Les chlorures de potassium, de sodium, d'ammonium et d'argent, cristallisent anhydres dans le système régulier.
Le chlorure de baryum cristalliie, dans les circonstances ordinaires, avec deux équivalens d'eau, le chlorure de calcium avec a ou 6, et le chlorure de strontium avec 9.
Les chlorures anhydres et surtout les chlorures volatils absorbent généralement l'ammoniaque et les composés corres' pondans de la formule $ Hs*
Les acides chloroantimonieux et chloro-bismutheux et le chlorure zincique, ayant l'apparence d'un corps gras, portaient
anciennement le nom de beurres; ainsi , on diaait : beurre de zinCf beurre d^antimùme.
Le chlorare d'argent natif on fondu , ayant l'aapect et la oonlistanœ de la come^ a ëté nommé lune cornée j et par extension quelques chlorures ont porte le nom de produits cornés , tel est le chlorure de plomb que l'on nommait plomb corné.
Caractères chimiques des chlorures,-^ Les chlorures solubles dans Teau sont reconnaissables par le précipité blanc, dense et caillebotéi qu'ils donnent aveclazotate argentique. Ce précipite est insoluble dans l'ean et dans Tazotate hydrique bouillant.
Presque tous les chlorures donnent du chlore lorsqu*on les chauffe avec du sulfate hydrique, après les avoir mêlés intime* ment avec le bi-oxyde manganique. Un chlorure soluble, mis en présence du sulfate hydrique, ne décolore point l'indigo suUurique dissous dans Teau , comme le ferait un bromure. V. Bromures.
Les chlonires insolubles dans Teau et inattaquables par le sulfate hydrique peuvent donner un chlorure soluble, lorsqu'on les fond avec de l'hydrate potassique, ou de Vhydrate isodique, ou avec les carbonates des mêmes bases.
Obloniro hydrîiiae.
Esprit de sel , esprit de sel marin j acide marin ^ acide munati" quCy gaz muriatiqucj acide hydro-cUorique^ acide cUorhy'^ drique.
CtH = 455 = 4 volume».
Le chlorure hydrique, dont la combinaison avec Teau était très anciennement connue, a été obtenu, en 1772, à l'état gazeux et libre par Priestley. Il ne se rencontre dans la nature que dans les environs des volcans, où il est le résultat, soit de l'action combinée de l'eau et de l'acide silicique sur le sel marin, soit de l'action de l'eau sur le chlorure de fer qui, sans aucun doute, est lui-même le produit d'une réaction à laquelle le sel nmrin n'est pas étranger.
Ainsi qu'on vient de le voir, le chlorure hydrique est gazeux ^ il est incolore , et répand des vapeurs à Tair par Thumidité dont il s'empare. Sim odeur est irritante et ne peut être appréciée que lorsqu'il est mêlé avec beaucoup d'air; car ce gaz excite violemment la toux lorsqu'il est introduit dans les voies T. 1. 39
6lO CHIiOllOSMKS.
aériennet. Son poida sp^cifiqtie eit entrinm do X)9474}Mm indice de réfraction est 1,0004499 selon Dolong.
A4* i^" ^^ Bou^ ^ pression de 40 atmosphères., le gaz chlomrehydric^e se transforme en iih liquide incolore, ayant un poids spëcifiqne de 1,27 etrëfractant la lumière moins que Teau. Ce produit liquide peut être obtenu en traiCsnt le chlorure ammonique par le sulfate hydrique dans un tube de Faraday.
Le gaz chlorure hydrique ëteint les corps en combustion^ L'eau le dissout avec une rapidité extrême et peut en prendre 480 fois son volume 0**. Le poids spëcifique de la dîssolatioo est alors de 1,2109. A la température ordinaire, Tenu dis* sont moins de gaz , et 8<m poids spëcifique ne peut a'derer qu'à 1,192.
Dans la dissolution la plus concentrée , il y a t équivalent de chlorure hydrique pour 6 équivalens d'eau. Si l'on aban* doune cette dissolution à l'air, elle perd de l'eau et du gai chloTurehydrique,etlerestant deh liijfienr œntient 1 équivalent de chlorure hydrique contre 12 équîvalena d'eno^ d'après l'observation de M; 6raham.SelonM.Bineau,oecoiiH posé a un poids spécifique de 1,128 à + i4^ et commence à bouilBr à 4* ^o&^j sous la pression de o'^,76. Selon Dalton, lorsque l'on distille la dissolution du chlorure hydrique f il arrive une époque où son point d'ébuIUtHm devient constant. Le produit qui distille alors aussi bien que celui qui reste dans la cornue a un poids spécifique de 1,094 et bout à -|- i lo"*. Ce produit contient i équivalent de chlorure hydrique contre 16 équivalens d'eau. On connaît donc les 3 composés suivans de chlorure hydrique et d'eau :
Dissolutioa Moctntnt CIH»6HO.
Diftsolulioo abandonnée à rair. • . . ClH,i2iH0. DîuqIuUoq bouillante -f- <!<>*• • • CtH,i6H0,
On doit à M. lliomson la table suivante, indiquant la composition en équivalens et en centièmes, et les poids spécifiques correspondans des dissolutions de chlorure hydrique dans Tcau.
Awfow I dMM iMpar- . ~. *. .^ ^ . .-
d'twpowi dMM IMpar- ■pèriSaut. «l'canjMNiri loo
S 33,95 x,x6a 16 9o,44a Ifi9^
$ St,36 ï,i«9 ï7 19.47* 1,0901
10 »9^2 i«z39 i^ x8,59» i«ot6*
IX 37.11 ., x«xi85 Xf t7f790 <«a8»o
La table «vivante^ formëe par M. £« Davy , est 1res «tile pour appr&ier la valeur des acides muncUigues du (
Mb
QmnÊkééè
chlarortponr
«oUb
QMlilll*
QBawM4
iMfiqae.
•qrfeifiqoe.
dUaru^po,
MI
<4it4
j,ao
4o,go
xa,ii
«4,di
to,xo
ftl,«9
x.xo