‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 95 sur 102 · IODE · texte numérisé non relu

IODE

I = 1 579,5 = a Tolumcs.

L'iode a été Isolé en i8i3 par M. Courtoiây qui Ta trouvé dans les eaux-tnéres de la soude des varechs. Depuis cette époqtie il a été rencontré dans presque toutes les substances marines, telles que les fucus , les polypiers et les mollusques , dans plu* sieurs eaux minérales et dans quelques minéraux de TAmérique cquatoriale.

L'étude de Tiode a été faite par M. Gay-Lussac^ qui a fait ressortir les analogies profondes qui lient ce corps avec le chlore.

L'iode est solide. Celui qui a été obtenu par stiblimatioti possède l'éclat etla couleur delà plombagine ; il paraît opaque et cristalline en octaèdres rbomhoïdaux, appartenant au système trihortaxique. Le plus Souvent l'iode est en trémies rhomboïdales d'environ 5i et 129** sexagésimaux.

Je donne ici les figures des cristaux d'iode tels que je les ai observés. Le premier cristal est la forme primitive hypothétique , l'avant-dernier cristal s'est formé dans un liquide à la température ordinaire.

Le poids spécifique de Tiode subliméest de 4«946<^ "4* <6°}S. Ce corps répand une odeur analogue à celle du chlore 9 mais plus faible. Il teint la peau en jaune ; cette teinte disparaît en peu de temps par Tévaporatiou de l'iode; elle disparaît immédiatement en lavant la peau avec une dissolution alcaline» Lorsqu'on le chaude, il passe directement de Tétat de solide à l'état de vapeur, à hioins qu'on ne l'ait tassé dans le fond d'un tube scellé à la Inmpe: alors il entre en fusion à 4* ^07% ^^ hout à -j- 175^ Sa chaleur spécifique es 0,054 i a.

La vapeur de Tiode a un poids spécifique de 8,716; elle possède une couleur violette magnifique ; c'est même # celte

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propnëté remarquable que ce corps doit 5011 nom , que Ton a tiré du grec Idthç = violet.

L'iode est peu soiuble dans Teau ; cependant il lui communique une teinte jaune brunâtre. Les chlorures alcalins et surtout les iodures augmentent sa solubilité en s y combinaDt. L'alcool le dissout en grande quantité et le colore en brun fon* ce. L'eau le précipite de cette dissolution. Mis en contact avec de l'empois d*amidon délayé dans l'eau, il lui communique une teinte d'un bleu noirâtre très foncé. Cette teinte disparait vers -|- 60**, lorsqu'on chauffe la liqueur; elle reparaît lorsqu'on la laisse refroidir , mais en partie seulement. Ce phénomène peut se renouveler plusieurs fois de suite , mais il arrive bientôt une époque où la liqueur demeure incolore. On a pensé que ce phénomène était dû à une espèce d'isomérie; mais je me suis assuré que la présence de l'eau est nécessaire pour qu'il s'accomplisse : de tiodure sec (T amidon (i) desséché dam le vide ne se décolore pas en le tenant pendant plusieurs heu* resà la température de ^ 1000.

L'iode décolore la dissolution sulfurique de l'indigo. En gé^ néral, il se comporte chimiquement comme le chlore et comme le brome ; mais son action est moins marquée et il est déplacé de ses combinaisons par ces deux corps. Le contraire a lieu lorsque ceux-ci sont unis à l'oxygène : c'est l'iode qui les déplace. Sous l'influence de l'eau, il s'unit immédiatement avec le fer ou le zinc à la température ordinaire. Les hydrates de potasse et de soude, dissous dans l'eau, s'y unissent, et donnent naissance à 5 équivalens d'iodure contre i d'iodate :

6 I + 6 AO = S lA + lOftA.

L'iode pur doit être entièrement soiuble dans l'aleool, et ne doit laisser aucun résidu, lorsqu'il est chauffé à une température d'environ -f- aoo»

£a7rnic£*9/i. -^ L'iode s'extrait par un procédé tout4-fait analogue à ceux qui sont employés pour obtenir le chlore et le brome. On concentre fortement les eaux-mères de la soude des varechs qui le renferment principalement à Tétat d'iodure de potassium. On y ajoute alors du bioxyde de manganèse en

( I ) Ctài lînsî que Ton nooiiiie I^ conpofé qui se fbme par U réaclioa de Fiode lur ranûdoD.

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pondre tris fine, et Ton pousse TëTaponitum jusqu'à sîocSté. Le r^idu de cette évaporation est souniia à laclion du sulfate hydrique daos des cornues à col très court, cbauflfées dans des fourneaux à réverbère, et l'iode se condense dans le récipient dispose à cet effet.

IK + M0O2 + «SOéHrrSOiK + SOéHn + a HO + I.

n est convenable d'employer un fourneau à réverbère, non pas pour obtenir une température très élevée, mais pour chauffer la voûte des cornues afin que Tiode ne s'y condense pas.

Les eaui-mères qui contiennent llode contiennent aussi du brome, et Ton peut obtenir ces deux corps en les précipitant laccessivement par le cblore. Pour cela, après avoir cbauffc assez fortement le résidu de Tévaporation des eaux- mères de la soude de varecbs avec le bi-oxyde de manganèse, on le traite par l'eau, qui dissout les iodures et les bromures ; on décante la liqueur, on la filtre même, s'il en est besoin, et Ton y fait passer un courant de cblore : Tiode se précipite d'abord; quand on voit qu'il ne s'en sépare plus, on arrête l'opération pour le recueillir. Lorsque cela a été fait, on continue à faire passer le cblore dans la liqueur, et le br6me se sépare ; mais, pour éviter les manipulations ultérieures, qui sont longues et dispendieuses , il vaut mieux évaporer de nouveau la liqueur, y ajouter du bi«oxyde de manganèse, et la traiter par le sulfate hydrique dans un appareil distillatoire.

Usages. — L'iode est employé pour faire tous les produits chimiques qui le renferment, teU que l'iodure de potassium, l'iodure de fer, l'acide iodique, etc. Il sert de réactif pour re^ connaître l'amidon. On en a fait usage dans ces derniers temps pour la photographie parle procédé de M. Daguerre.

L'iode en nature a été employé eu médecine, principalement dans le traitement des maladies scrofuleuses et de la leucorrhée. Il est pris en dissolution dans l'eau , avec ou sans addition de sel marin. Les personnes qui sont soumises à ce régime ont une haleine qui sent fortement l'odeur de l'iode. C'est donc par la voie pulmonaire que ce médicament est éliminé i l'économie. Je crois que l'usage interne de ce médicament est dangereux, et capable de déterminer la formation de tubercules pulmonaires.

Selon M. Orfila, l'iode est vénéneux pour l'homme, à la dose

64o GHLomoVtsa.

On produit t*hyperîodate banque de soude en mélmt ensemble 5 pertiet d'io* date iodique et a parties d'bydrate sodiqne; le dissolvanvdant Peau* et en y Eusaat passer un courant de chlore , il se forme du chlorure de sodium, et loiygcne de la soude suroxyde Tiodate sodique.

lOsNa + 1 HOaNa + a Q = lOtNa + a CINa + a HO.

L'hyperiodate de soude doit être lavé et séché.

Si Ton dissout ce sel dans Tazotate hydrique, et si on le décompose par ratotsie argeolique, qu'on le purifie par des lavages, et qu'on le dissolve ensuite dansTazotate hydrique bouillanl, par l'évaporalion de la liqueur on obtieut l'hyperiodale argeutique. Ce composé se déiruît par Teau qui s'empare d'une partie de l'acide hyperiodique , et donne naissance à de l'hyperiodale hydrique.

En fondant ensemble , & la plus basse température possible, 4 parties d'iodée! I de soufre, on obtient un composé qui se solidifie par le refroidissement et pread une texture cristalline. Sa couleur est le brun*gris, métalloïde ; il possède une odeur analogue â celle de l'iode. La chaleur le décompose en iode et en soufre, qui se séparent par leur différence de volatilité, l'iode s'en allant le premier. Ce composé, qui parait fort instable, doit avoir pour symbole IS2 , si toutefois ce a'ed point nn autre composé dissous dans le soufre ou dans l'iode.

On connaît deua composés d'iodf et de chlore : un liquide et un solide. Le premier contient moins de rhiore que le second. On les obtient tous deux en iaisaat arriver du chlore sec dans un vase contenant de l'iode, à ta température ordinaire.

Le chlorure liquide d'iode est rouge -jaunâtre. Il possède une odeur qui rappelle celle du chlore et de l'iode. Il est soluble dans l'eau et dans l'èther hydrique. H peut être distillé sans altération. Mis en contact avec l'ammoniaque, il donne naissauce à du chlorure ammonique et à de l'iodure d'azote, sans dégagement d'aiote, d'où l'on déduit sa composition par cette équation :

8 Cl AaH4 + Aals = 4 AxHs + 3ICI.

ICI est donc U composition de ce chlorure d'iode.

On emploie dans la photographie un chlorure d'iode liquide qui est le chlorure d'iode ICI tenant de l'iode eh dissolution. On obtient ce mélange en faimnt paner un courant de chlore sec dam de l'iode, jusqu'à ce que ce corps te réaolve en liquide. Ce liquide est brun foncé; il répand une odeur suffocante et peut être se» paré en chlorure d'iode et en iode par une distillation hienaBéoagée; l'iode, plm fixe que le chlonire, demeure dans la cornue.

Le chlorure solide d'iode est solide, jaune, fusible, déoompomble par ta chaleur eu sous-chlorore et en chlore, répandant des vapeurs à Pair, se dissalvant dans l'eau qui le décompose en iodure et en iodale hydriques. Sénillas avait pensé que ce composé avait une composition correspondante à celle de l'acide iodique anhydre, et, par couféquent, qu'il pouvait être noté ICI5; mais il (larait, d'aprèt une observation de M. Liebig, qu'il contient moins de chlore que Sénillas ne ravail pensé.

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n existe deux brômiires ^ode correspondaDt sans doule aux dpiix cliliimres ; mais le proto-bromure est solide, et Thyper-brômiire est liquide. Un le< obtient tous deux en meituit âmpleiBent le brome et l'iode en contact. Ili sont mu$ usage.

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