FI
Le fluor n'existe dans la nature qu'à l'ëtat de combinaison ; on le trouve principalement k 1 état de fluorure de calcium. Âpres que MM. Gay-Lussac et Thenard eurent adopte Topinion que Tadde muriatique oxygéné pouvait être un corps simple de sa nature, Ampère fit la même supposition à IVgard du radical contenu dans le spath-fluor, quoique Ton n^ait point encore pu Tisoler. De là le nom de fluor qui lui fut donné. Ampère avait adopté de préférence celui àQphthore^(yi\ vient de grec Mopoç, destruction, parce que le fluor détruit tous les corps qui sont en contact avec lui.
Bien des tentatives furent faites pour isoler le fluor, et jamais l'on n'y est parvenu d*une manière satisfaisante. Davy avait vu que le chlore décomposait le fluorure de mercure et en séparait le fluor ; mais à l'instant même cet^orps décomposait le verre des vases opératoires en déplaçant loxygène qu'il renferme. Il songea à faire celte expérience dans des vases do fluorure de calcium, qui était peut-être la seule matière , qui ne pouvait présenter cet inconvénient. Ces expériences ont été réalisées en i836 par MM. A. J. et Th. Knox. En opérant ainsi, ils obtinrent un gaz coloré, n'ayant point d'odeur irritante et, par cela même, facile à distinguer du chlore et du fluorure hydrique. Mêlé avec le gaz hydrogène et enflammé par l'étincelle électrique, le mélange donne du fluorure hydrique reconnaissable aux vapeurs qu'il répand à Tair. Le fluor» (el qu'il a été obtenu par MM. Knox, décolore le papier rougi par le bois de brésil, attaque Tor, le palladium, l'argent , le mercure, etc. \ mais il est sans action sur le platine.
(i) Selon Tordre indiqué, le fluor aurait dû être placé avant le dilore ; mais sa aainre étant problématique et son histoire très incomplète, je ne le mets ici que I appendice aux cbloroîdcs étudiés précédemment,
64^ GHLOmoYDBS.
Dans le mâme temps que M« Knox^ jWais tenté quelques eipérieaces pour isoler le fluor. En traitant le fluorure de ulcium par le bi-oiyde manganique et le sulfate moao-hydric|oe dans des vases de Terre, j'ai obtenu un gax brun jaunâtre, mélë avec du gaz fluo-silidque et de la vapeur de fluorure bydrique. Ce gaz décolorait Tindigo et dissolvait Tor. J'ai depuis répété cette expérience avec d'autre fluorure de calcium, et elle n'a plus réussi. Je pense pouvoir attribuer aujourd'hm les résultats que j'ai obtenus à la présence du chlore dans le fluorure de calcium, que j'ai d'abord employé. Depuis celte époque , j'ai rencontré d'autre fluorure d'une teinte verditre qui contenait de l'iode. Toutefois des phénomènes singuliers que j'ai observés, et qui sont de nature à faire douter de la âiéorie d'Ampère , me feront revenir sur ce sujet qui mérite la plus grande attention.
On connaît un grand nombre de fluorures ; mais on n'a jamais d>tenu un seid composé oxygéné du fluor.
FluateSy Igrdro^ftuates^phthorures.
Les fluorures se distinguent très facilement des autres cUoréïdures, en ce qu'ils forment avec l'argent un sel très soluble dans l'eau. Ils sont principalement caractérisés par le fluomre hydrique auquel ils peuvent donner naissance, et par l'action que celui-ci exerce sur le verre. Un fluorure pulvérulent , ùièlé avec du sulfate mono-hydrique et légèrement chauffe dans une capsule de plomb ou dans un creuset de platine, donne des vapeurs de fluorure hydrique. Si à ces vapeurs on Soumet une lame de verre, enduite de cire , sur laquelle on a tracé des figures quelconques à l'aide d'une épingle de cuivre, qui ne peut rayer le verre, on trouve qu'après avoir enlevé la cire le dessin tracé se trouve gravé en creux sur le verre.
Si le fluorure contenait du silicium , le verre ne serait point attaqué; mais on obtiendrait des vapeurs épaisses que Ton pourrait conduire dans de l'eau, à l'aide d'un tube; là elles seraient décomposées et donneraient un dépôt gélatineux d'hydrate silicique.
VLVO&u&E HTD&iQuv. FIH S 246, 3o. Acids fbtoHquB^ aeUt hjrdrO'Jluorique^ acide hydro-phikoriquey acide fluor^kfdriq^^-
VLVOl. «43
Geoonipos^ a été àiocmvett par Scheele, ea 177 !• MM. Gay- Liusac et Thenard Pont obtenu les premiers à Tétat de con« œntration leplua absolu. Ce produit est liquide et ÎBColore; il répand d'ëpaisses vapeurs à Tair, et possède une odeur vive et piquante; il bout à la température de -|- i5o*. Lorsqu'on le mèie à Peau, il fait entendre un bruit semblable à celui que produirait un feu rouge en {Mireille circonstance. Il rougit fortement la teinture de tournesol, et détruit les tissus animaux avec une énergie extrême : une goutte de os liquide, appliquée lor la peau, eicite une fièvre violente ; de là Temploi qu'Am«*> père en a voulu faire pour déterminer la période de réaction dans le cboléra. Il fait naître des ampoules blanches, et les plaies qui en résultent guérissent très lentement.
Ce composé est principalement caractérisé par l'action qu'il exerce sur le verre qu'il dissout avec une grande facilité. Cela est cause que l'on est obligé de le préparer et de le conserver dans des vases de platine ou de plomb.
Préparation. — On obtient le sulfate hydrique en faisant réagir l'un sur Tautre le fluorure calcique et le sulfate hydri* que concentré : il se fait un échange entre le calcium et l'hydrogène, et Ton a pour produit di^ sulfata calcique fixe, et du fluorure hydrique volatil.
FiCi + SO4H ^ fiOiCa -I- FIH.
On fait cette opération dans une cornue de plomb, s'oavrant en deux parties par le milieu de la panse. Le mélange de fluorure de calcium en poudre et de sulfate hydrique très concentré est introduit dans la partie inférieure; on la recouvre de son chapiteau, on y joint le récipient qui est également de plomb, et Ton bouche les pointures avec des bandes de papier enduites de colle de pAte. On chauffe au bain de sable, et on entoure le récipient avec de la glace. Il faut chauffer la cornue à une température voisine de la fusion du plomb*, aussi cette opération exige des soins coU' linuels. Quand on retire le récipient, il faut lu tenir dans plu* sieurs doubles de linge, afin d'éviter autant que possible que
644 CHLOEOÏDXS.
du fluorure hydrique ne coule sur les mains, car il en résulterait des accidens très graves.
Lorsque Ton n*a pas besoin de fluorure hydrique conoentré, on ajoute de Teau dans le récipient: la vapeur du flaoniie hydrique s^y condense plus facilement et le produit est moini dangereux à manier.
Usages. — Le fluorure hydrique est employé pour graver les înstrumens en verre usités dans les laboratoires de chimie et de physique. Pour cela on s'en sert à l'état liquide oa a Tétat de vapeur; mais il faut, dans tous les cas, recouTrir le verre de cire ou d'un vernis semblable à celui des graveurs, et enlever la cire ou le vernis partout où Ton veut que Tacide morde.
Depuis bien des années je dis dans mes leçons que l'on obtiendrait sur des glaces des gravures qui pourraient être reportées sur le papier, mais qu'elles offriraient l'inconvénient de ne pouvoir être corrigées. Il paraît que ce procédé a été mis à exécution en Angleterre.
GTAKOOÂNB.
Cy =: CaAs rr 3a5 = a volumes.
C'est à M. Gay-Lussac qu il a été réservé de découvrir ce corps éminemment remarquable, et de nous en faire connaître l'histoire. Son nom vient du grec Rvovoç et ycwoM», mots qui veulent dire générateur du bleu , ou produit par le bleu, parce qu'il existe dans le bleu de Prusse.
Le cyanogène est gazeux et incolore ; il possède une odear analogue à celle des amandes amères, mais vive, pénétrante, et excitant le larmoiement. Son poids spécifique est de i)8o64; son indice de réfraction = 1,000834, selon Dulong. Sous une pression d'environ 4 atmosphères, le cyanogène se liquéfie. À Tétat liquide il est incolore ; son poids spécifique = àpeu-près 0,9 *, il réfracte la lumière moins que Teau, et ne se solidifie pas à — l8^
Composiiion.^he cyanogène est composé de carbone et d'azote* Sa composition peut être établie facilement en le décomposant par l'oxygène dans un eudiomètre à mercure, ou bien en le faisant passer dans un tube de verre contenant de l'oxyde de cuivre , chaufie au rouge : dans les deux cas on obtient
GTAHOCillB. 645
un gas qui est un mëlauge de a volumes de gai carbonique contre i d'azote ; d*où l'on déduit que ce gas est forme de a volumes de vapeur hypothétique de carbone contre i d'azote.
En opérant daus un eudiomètre on trouve que le volume du gaz carbonique est double de celui du cyanogène employé, et que celui de l'azote lui est égal: on conclut de I& que i volume de cyanogène est formé de i volume d'azote et de a volumes de vapeur de carbone condensés en un seul volume. On arrive au même résultat en faisant la somme des poids spécîGques de ces gaz, multipliés par les volumes correspondans : on trouve qu'elle est égale au poids spécifique du cyanogène.
I volume d*azote =: 0,9730
9 volumes de vapeur de carbone = 0,4188 X * = 0,8376 Poids spécifiques du cyanogène gaieuz = 1 18096
Réaction. — Le cyanogène résiste à une température élevée sans subir d'altération. Une longue suite d'étincelles électriques le décompose , en séparant ses élémens : du carbone se dépose<et l'azote devient libre en conservant le volume occupé par le cyanogène. Au contact de l'air, il brûle avec une flamme violette lorsque l'on y met le feu. L'eau en absorbe 4 fois et demie son volume. Cette dissolution s'altère en peu de temps et donne naissance à un dé)>6t de matière brune, qui est un composé d'azote et de carbone. L'alcool dissout a3 fois son vohune de cyanogène. Chauffé au contact du fer, le charbon est séparé , et l'azote devient libre.
Les alcalis dissous dans l'eau absorbent facilement le cyanogène, et donnent naissance à un çjranate et à un cyanure :
9 C7 4 « AO = GyA + CyOftA.
En faisant passer le cyanogène gazeux sur du carbonate potassique chauffé dans un tube, une réaction du même ordre a encore lieu : il se produit du cjranate et du cyanure poias' siques.
L'hydrogène, le carbone, l'oxygène et le soufre ne s'unissent point directement au cyanogène \ mais les chloroïdes autres que lui peuvent s'y unir.
La dissolution alcaline du cyanogène permet de reconnaître ce corps d'une manière asaurce en l'employant à former du bleu de Prusse au moyeu du cyanure qu'elle conlicnU Le bleu
646 QRIiOBOÏDBS.
de Prusse étant lé résultat de la combinaison du sesqiû-^yantire et du proto-»cjanure de fer, on fait un mélange de dissolutions de sulfate de protoxjde et de sulfate desesqui-oicyde de fer; en j ajoutant le cyanure potassique^ il se fait un précipité com* posé de bleu de Prusse et d'hydrate d'oxyde de fer^ par l'excts d'alcali que la dissolution contient presqtie toujours. 81 Ton dissout les hydrates de fer parle chloriirë hydrique, le bleu de Prusse reste seuK
Extraction, — On obtient le cyanogène en chauffant du cyanure de mercure bien sec dans un petit tube de verre scellé i une extrémité. Le cyanogène et le mercure sont séparés par la simple action de la chaleur. Le gaz doit être recueilli sur le mercurci a cause de son prix élevé et de sa solubilité dans l'eau.
Otl obtient k byanogéne liquide en chauffant le cyanure de ihfeltîilt'è dans un làbe de Filraday, comihe pourtobtenirle protoxyde d'azote liquide.
pAAA'CtATfOGtAE. — TnpItB tyanogèm. 3 Cy ? Lorsque l'on pfrépiire le cyanogène^ 11 se forme une ttialière solide brune, presque noire, insoluble dans Teau, pouvant résister sans altération à une température assez élevée. Ce produit est formé de carbone et d*nzote dans k mètile rapport que le cyanogène; mais la différence de ses propriétés est sans doute due à un autre arfatigemcht de s^s patties constituantes. La tendance du cyanogène à former des composés triples, donne lieu à penser qlie le para-cyanogène est leur radical, et qu il est formé de trois molécules chimiques pénétrées les unes dans les autres. Ainsi, le para- cyanogène serait le radical des cyarturates et des tk*iplcs cyanures. Toutefois, ce corps est peu connu, et il est désirtiblc que l'on entreprenne de nouvelles oxpcriences pour élucider son histoire.
GTAHOailIB. 647
CTAinJBBS.
Prussiates^ hydro-^cyanates.
Les cyanures des métaux alcalins sont solubles dans Teau, et résistent i une température élevée sans se décomposer. Le cyanure de mercure est soinble dans Teau, et donne 4u cyanogène par la chaleur. Le cyanure d'argent| facile à obtenir par double substitution entre un cyanure soluble et l'azotate argentique, est blanc^ insoluble dans l'eau, insoluble dans l'azotate hydrique à la température ordinaire , mais soluble dans ce liquide bouillant. Le cyanure argentique, fondu avec d\i chlorure sodique, donne du chlorure argentique i^isoluble dans Teau^ et du cyanure sodique soluble.
Un cyanure distillé avec le sulfate hydrique ou avec le chlo.rure hydrique, donne pour produit volatil du cyanure hydrique reconnaissable à son odçur d'amandes amères, ot aux autres propriétés qui vont £tre indiquées en parlant de ce corpa.
Un cyanure dissous , autre que le cyantire hydrique, et un mélange de sels au maximum et au minimum de fer^ domie du bleu de Prusse très caractéristique par aa couleur.
cYAifuiiB BTp&iQUB* CyH = 4^7,5 =4 ^olumcs. Acide prus" sique^ acide hydracyaniquey acide cyanhjrdrtquç. Le cyanure hydrique a ét^ obtenu par Scheele à l'élat de dissolution dam l'eau; M. Gay-Lussac i a obtenu à l'état de pureté. Ce composé existé naturellement dans plusieurs parti^^s des plantes de la tribu des amygdalées de la famille des rosacées ^ telles quç le.s amandes amëres y. les feuilles du laurier-cerise et du pécher 5 ou bien, au moins, s'iln'existe point dans ces végétaux* il prend facilement naissance sou« l'influence de l'eau lorsque, en déchirant les cellules des tissus organiques , on mêle les diflférens produits qu'elles renferment^ comme on le verra plus tard.
Le cyanure hydrique, obtenu par la méthode de M. Gay- Lussac, est un liquide incolore» d'une odeur forte d'amandes amères, d'une saveur fraîche d'abord ^ puift acre ensuite^ Â 4- ^'*J aon poids spécifique =0,7058, â r|" iS^»* il «st ^9 Oyfigfig ( on déduit de ces valeurs que le cyanure hydrique se dilate de 0,001 iS4i» par chaque degré du thermomètre entre -f* 7** «t -f- 'S"** ^' liquide bout à -f- 26<>,5, et se congèle à environ --^ i5.«« Il cristallise alor» ^u prenant la ioxm^ d^
648 GHLO&OÏDBS.
prismes striés comme l'azotate ammonique. L'abaissement de température, produit par la vaporisation d'une partie de cyanure hydrique liquide , suffit pour congeler le reste dans de l'air à -f- 2o«. Ce compose , jusqu'à présent, ne partage cette propriété qu'avec l'acide carbonique liquide. Le poids spécifique de la vapeur de cyanure hydrique =: 0,9476. La tension de cette vapeur est telle qu'à + io«, elle soutient une colonne de mercure de o"*,38, et qu'à + 20% elle quadruple le volume de l'air ou des gaz mis en contact avec le liquide qui la produit. Analyse et composition* — Si l'on fait passer un courant de vapeur de cyanure hydrique dans un tube de porcelaine, contenant des fils de fer chauffés au rouge, le fer s'unit à une partie du carbone, tandis que l'autre se dépose, et l'on obtient un mélange gazeux , formé de volumes égaux d'hydrogène et d'azote : le cyanogène , contenant un volume d*azote égal au sien, il en résulte évidemment que le cyanure hydrique est formé de volumes égaux de cyanogène et d^hydrogène. Le cyanure hydrique donne une vapeur assez abondante à 4-25*, pour qu'il soit possible de l'analyser dans un eudiotnètre à mercure en le brûlant par l'oxygène. Les résultats que l'on obtient ainsi ne sont point très exacts, parce qu'il se produit quelque composé oxygéné de l'azote. Quoi qu'il en soit, les renseignemens, obtenus par ces analyses et par lê poids spécifique du cyanure hydrique , démontrent que la vapeur de ce composé est formée de volumes égaux de cyano* gène et d'hydrogène sans condensation, ou bien qu'un volume de cette vapeur contient un demi-volume d'hydrogène, un demi-volume d'azote et un volume de vapeur hypothétique de carbone.
i/a Tolume d'hydrogène = ■ = /o,o346
i/a mume de cyanogène = = 0,903»
I volume de cyanure hydrique = 0,9378
Réactions. — Le cyanure hydrique est très peu stable, il se décompose très rapidement et surtout sous l'iofluenoe de U lumière ; aussi ne peut-on le conserver pendant quelque temps qu'en le renfermant dans des flacons couverts d'un enduit noir qui les rendent imperméables à la lumière. Les flacons de verre violet, quelquefois noir, que l'on Iroure dans le com-
gyanogAux. 649
merce^ ne sont pomt convenables pour cet usage. Les produits de la décomposition spontanée du cyanare hydrique sont du cyanure ammonique et une matière noire, charbonneuse, que M. Gay-Lussac a pensé être uniquement formée de carbone et d*azote; mais M. P. BouUay a fait voir depuis que ce produit renfermait de Thydrogène, puisqu'en le cbauffiml, il donne du cyanure ammonique qui en contient , du cyanogène et du charbon. C'est à ce composé qu'il a donné le nom d'acide azulmiquej et qu'il a assigné Az% C5H pour composition. La décomposition du cyanure hydrique pourrait donc être repré* sentée par cette équation :
6 HQiAz =^'C2Â<*ÂzH4 + a (HGsAzo).
Le phosphore et l'iode, volatilisés dans la vapeur de cyanure hydrique, n'agissent point sur elle; le chlore la détruit en produisant du chlorure hydrique et du chlorure cyanique. Le soufre s'y combine. Le potassium, chauffé dans la vapeur de cyanure hydrique, absorbe le cyanogène, et met Thydrogène en liberté : la quantité d'hydrogène, ainsi obtenue, est égale à celle que la même quantité de potassium aurait donnée en décomposant Teau. Cette expérience peut être faite dans une cloche courbe sur le mercure. On a vu qu'en présence du fer, le cyanure hydrique était décomposé à une température élevée. En mettant le cyanure hydrique en présence de l'hydrate de potasse dissous , il se forme du cyanure potassique et de l'eau. Le cyanure potassique jouit de propriétés indiquées précédemment en parlant des cyanures ; mais le cyanure hydrique peut décomposer l'azotate argeutique, et donner ainsi du cyanure argentique, dont les propriétés caractéristiques ont été indiquées en même temps. En faisant passer ia vapeur du cyanure hydrique sur de la baryte ou de la chaux caustique, il se dégage de l'hydrogène, et il se produit un mélange de cyanure et de cyanate.
En mettant le cyanure hydrique en contact avec l'eau et un sel hydrique (acide) , il se forme du formiate hydrique et un ael ammonique. AzGsH -|- 4HO s ÂzH, -)- CsHs04«
66o GHLOROÏDBS.
Cette obserration est due à M. Pelouse, qui a eiioore tu qa'en traitant le cyanure de mercure par un excès de chlorure by* drique, il se formait du formiate hydrique et un chlorure ammonico-mercurique (sel alembroth), et par contre qu'en chauf* fant le formiate ammonique , il se transformait en cyanure hydrique, vers -f- i8oà 70o'.
Préparation^ — M. Gay-Lussac a obtenu le cyanure hydrique, en traitant le cyanure mercurique en excfei par le chktrire hydrique : il se produit du chlorure mercurique ^ et dn cyanure hydrique facile à obtenir par une légère ëlération de température.
L'opération peut être faite dans l'appareil suivant :
Dans le tube horizontal , on met d'abord des fragmens de craie pour détruire le chlorure hydrique qui pourrait se volatiliser, puis ensuite des fragmens de chlorure de calcium pour dessécher complètement la vapeur du cyanure qui va se rendre dans un petit tube que Ton refroidit au Ifioinsavec de la glace pour la condenser. Depuis que M. Gay-^LuBsae a fait couaaitr»; ce procédé, on en a trouvé d'autres plus économiques.
On peut décomposer le cyanure potassique par le sulfate hydrique, et prendre les préooutions oonveoablet pour dessé-
GTAHOQàHB. 65t
cher ]e produit et le condenser. Daim tous les cas , il est coii* Tenabie de ]e laisser macérer sur du chloruré calciqtie foudu, introduit dans une cornue , et de le distiller ensuite sans le cbaofçer de vase.
On prépare encore le cyanure hydrique en traitant le cyano-ferrure potassique par le sulfate hydrique : 4 parties de ferro-cyanure, a parties de sulfate hydrique dissous dans lo à 12 parties d'eau, donnent par la distillation un produit que Ton peut diluer à volonlë pour Tutaf^e mëdicah
Le cyanure hydrique, obtenu par ce procède, peut être conservé pendant plusieurs années sans altération. J'en ai préparé en i833, et il était encore en bon état en 1 836. On ne sait à quoi attribuer la facile conservation de ce produit 9 mais il serait possible qu'il contînt du fer : quelque bien distillé qu'il soit, il finit toujours par donner des traces de blea di* Prusse autour des bouchons de verre des vases qui le renferment.
En traitant de l'amygdaline, on indiquera une réaction remarquable dans laquelle il se forme du eyanure hydrique.
Propriétés toxiques, usages. — Le cyanare hydrique est peet-étre le plai violent poison qui existe. Il suffit de quelques gouttes de celle substance pour donner la moit à un animal fort et robuMS* Ob jjtëut déduire, des expériences qui ODt été faites, que c*est par la voie pulmonaire qa*il agît avec le plus d'énergie : tttisi est-il dangereux de respii-er ce poiwii , et ne peut-oa lans danger répandre tt rdpeur dans T^ir. J'ai vu souveat jeter de la mie de pain recouverte de quel* qnes goutter de cyanure hydrique méJiciual à des moineaux, et ceux-ci tomber morts, comme s'ils étaient frappés par la foudre fn ouvrant le bec pour sai>ir le pain. lorsque le cyanure Itydriqiie, éti les produits qui le renferment, sont Ingres dans VéitétâÊlo; les eflWti tl« fiéiWù scint tfUtore frès viAlMs c il d^miaitis Taetik tiié de le cireelatloo, eecasioiine des nausées pradiHt un relàchemeot musculaîi^ cuasidérable, la su Ifocatipii et. la mort. Cependant, quand oa doane ce produit à haute dos'e à des animaux, ils parais&etit péiir dans des convulsions téianiquo<.
Le cyanure hydrique passe pour agir sur les végétaux comme sur les bnimniix ; cependant il paraîtrait ne poinliegir evee Été frande énergie sur les vertébrés ioférieurs; voici le résultat d*uoe expérience que j'ai faite cette année : le i" auil (i843H des «als de la grenouille grise fureat intiiHluits dàin^a décilitres d'eau de Sclnc conttnant 4 goutte-j de ryauure hydrique, déjà dilue de moitié environ ; ils y sont éclos seetement un peu plu^ lentemeilt que dans IVau seule, et, le 10 du même mois, ils étaient encore vi?ans et très agiles.
On attribue les accidens causés par le eyanure hydriqce à Tact ion qil*il eierce sur le système nerveux; mais cette explication est iesignifiante^l mèmt dénuée de vraisemblance, s'il est vrai que le cyanure hydrique tue les végétaux; quoique des physiologistes, par suite d'observations mal fondées ou de pétitions de principes, •^•jieni ]iarvenu$ à conclure que les végclaux ont nn système nerveux.
1^ ryanilre hydrique existe dans rceii distillée de leuriepcerise des pharmeries
65a GHIiO&OÏDBS.
et d«ni celle dei cerijes noires, que Ton obtient en diilillant eei firaiti apès ca ayoir brisé les noyaux.
Ces produits sont très actifs ; mais leur activité diminue rapidemeot, parce qw le cyanure hydrique se détruit. Daus l*eau de laurier-cerise, il se change eo idde fonnique et en benzoate ammonique, par Tabsorption de l'oxygène de l'air et pu la transformation de l*bydrure de benzoyle que cette eaa contient , en benioaiebfdrique.
Le kirsh-wasser, ou Teau de cerises noires, obtenu par la fermentation et la distillation , les diverses eaux de noyaux , contiennent du cyanure hydrique ; il résulte de là que l'ivresse produite par ces liqueurs est un véritable et très dan^reux empoisonnement. Les macaroni et les crèmea aromatisées par lea feuilles do lauriei>€erise ou laurier-amande, contiennent du cyanure hydrique; aussi ces produits sont-ils dangereux lorsqu'ils sont pris en trop graude quantité.
Tous les individus ne sont pas également impressionnés par le cyanure bydriqne. Il en est qui trouvent agréables des préparations qui peuvent en empoisonner d'antres d'une manière grave.
Le contrepoison du cyanure hydrique est l'ammoniaque , qui le tnmsfonne ci cyanure ammonique, ou le chlore qui le détruit , ou la vapeur des hypo-chlorite. J'ai souvent rappelé à la vie des moiueaux qui paraissaient morts, eo leur tenioi la tèle au-dessus d'une bouteille d'hypo-cblorite de chaux ou de soude dissous.
On a préconisé le cyanure hydrique dans la phthisie pulmonaire. Je l'ai ^ très souvent administrer; mais je suis convaincu qu'il est plus nuisible qu'utile, « que , en général , tout ce qui peut diminuer la vitalité des organes est contraire aux personnes affectées de cette maladie.
Indëpendammeut des cyanures que l'on peut considérer comme simples, il existe des cyanures triples, c'est-à-dire det cyanures composés, que l'on peut regarder comme formés par trois molécules de cyanures simples pénétrées les unes dans i les antres. En outre, ces sortes de cyanures se combinent ub \ facilemen tavec les sesqui*cyanures , et il en résulte des cyanures encore plus compliqua, que nous nommerons cjanxarts 1 œmposés.
Tsiplea eyanorea.
Prussiatei ferrures j cyano^ferrures ^ferro-cxanures. CyFe,iCyA» et CyFe,Cy/k,GyR.
La formule générale des triples cyanures indique que, jus* qu'à ce jour, le fer est nn élément nécessaire à leur constito^ tion ; mais il est probable que les autres sidéroïdes, surtool k nickel et le cobalt, priurraient le remplacer. Les autres cjinures sont à base d'bydrogène, de potassium, de sodium, oo
CTAiioGtei. 653
de calcoïdes, on bien ik renferment deni de ces métaux Ala-f
Quelques chimistes considèrent ces sortes de cyanures comme étant le résultat de la combinaison d'un radical formé de cyanogène et de fer avec les corps indiqués. M. Liebig, qui adopte cette bypotbèse, admet que ce radical a pour fonnule CysFe, et lui donne pour symbole spécial CJjr*
M. Grabam admet que les cyanures triples correspondent à Tacide (^anurique, qui est triple comme eux. Quoi qu'il en soit, le fer, dans ces sortes de composés, ne paraît pas être au même état de combinaison que dans les sels ordinaires, attendu que sa présence ne peut être décelée ni par la potasse, ni par Tammoniaque* ni par le tannin. Toutefois, le défaut d'action de la potasse et de Fammoniaque ne signifie pas grand'chose; car, bien des sels qui se réunissent pour former un composé soluble ne précipitent généralement pas par l'addition de l'une des bases qu'ils renferment. Telle est l'action de Tarnmoniaque , qui ne peut jamais précipiter que la moitié de la base des sels neutres de magnésie, et qui est sans action marquée sur les se}s ammoniaco-magnésiens.
Les triples cyanures portent généralement le nom de cyano^ ferrures ou de ferro- cyanures. Les principaux cyano-ferrures connus sont le cyano-femire hydrique, CyFe. a CyH,.le cyano-ferrure de potassium, CyFe, ^ Cyk, 3 HO, et une espèce de bleu de Prusse. En général, quand on ajoute un ferro-cyanure dissous à un sel métallique également dissous , il se forme un triple cyanure, contenant une molécule de cyanure de fer, contre deux molécules de l'autre cyanure CyFe, a CyA -faXR = CyFe, a CyR + a XA.
Les triples cyanures donnent du cyanure hydrique lorsqu'on les distille après les avoir réduits en poudre et mêlés avec du sulfate hydrique (Y. p. 65o). Le principal caractère de ces composés, lorsqu'ils sont soluble?, est de donner un précipité de bleu de Prusse, quand on y ajoute un sel de fer correspondant au sesqui^oxyde.
GTARrax rxERO-DiHTDRiQUB. CyFc, a CyH. Acide prussique ferrure^ acide hydro-ferrocyanique^ acide ferro^cyanhydrique. Ce composé correspond au cyano-ferrure jaune de potassium ; seulement les deux équivalens de ce métal y sont remplacés par l'hydrogène. U a été découvert par Porrett, qui l'a obtenu
6S4 Q9MMÏDM.
en décomposant k cyanure ferro«bika)ique par le tartnte hydrique : il se forme du tartrate hydro-kalique et du cyanure ferro-dihydrique. En concentrant le produit, et en traitant par l'alcool, on ne dissout que le cyanure. M. Bentelius obtient un produit beaucoup plus pur en décomposant le cyanure ferro-biplombique tenu en suspension dans Teau^par un courant de gaz sulture hydrique : il se forme du sulfure plombique et du cyanure ferro-bibydrique. La liqueur est ensuite filtrée et évaporée dans le vide. Ce composé est eu masse blanche, et présente une cristallisation confuse*, il est soluble dans leau et dans Talcool , devient bleu par son exposition à lair; il se change en cyanure hydrique et en une espèce de bleu de Prusse en faisant bouillir sa dissolution aqueuse*
Cfyanuref eomposéf .
Cyani^ferrures.
3(CyA),Cy3K2.
Dans ces sortes de composés, le corps représenté par A peut être de l'hydrogène pu du potassium , et le métal représenlf par K peut être du fer, du cobalt oa du chrôq^e.
Le premier de ces composés qui a été obtenu est le cyanoferrure rouge de potassium, que l'on prépare en faisant passer un courant de chlore dans la dissolution du cyanure ferrodikali<]ue, jusqu'à ce qu'il ne donne plus de précipité bleu |)ar un sel correspondant au sesqui-oxy de feriique.
On obtient le prétendu acide ferricyanhydrique (Cy^Fes, 3 CyH) en décomposant le ferri«-cyanure de plomb par le sulfure hydrique , comme pour obtenir le cyanure ferro-dibydrique.
Les cyani-ferrures solubles sont caractérisés par un préci* pité bleu , qu'ils donnent par l'addition d'un sel de fer au mi* nimum.
En décomposant le cyanure ferro-dikalî(]ue par on scsquisel de fer ou de chrome , on obtient des composés doat li composition est encore plus compliquée.
3 (CyFe, a CyA) + a Xaï^ = 3 (CyFe), a {C)i,1^x) + 6XA
Les triples cyanures peuvent donc se combiner avec une et avec deux molécules de sesqui-cyAOuri's.
cTAvoci». 655
Voir les cyanures de fer et les cyanures de fer et de potas* siuDy pour compléter cette histoire.
Composés oxygénés du cyanogène.
On ne connaît aucun composé oxygéné du cyanogène à Tétat de liberté , t acide que ton nomme eyaniqtie est un sel Uydrique, En admettant cet acide libre, il peut se dcobler pour produire le prétendu acide fulminique, et se tripler pour former Tacide cjanurique.
Vwààt nommé eyaoique a pour formule CyO, et devrait, par cela même, porter le nom d*acide hypo*cyaneux par comparaison a?ec l'acide hypo-cbloreux ; mais, aucun de ces noms ne devant demeurer dans la science, je lui conserverai celui qu'il porte actuellement pour ne point introduire de trop grands changemeus dans une nomenclature temporaire.
Cy(hA = CyO^AO.
Les cyuattt sont remarquables par la propriété qu'ils ont de te décomposer loos Pinfloeoce des sels bydrtques facides), en ammoniaque qui s*unit a Tacide du sel et en gat otfboniqne qui se dégage. Cette réaction est secondaire; elle est due à la destruction du cyaoate bydrique : aussi est-il probable qu en opérant avec quelques précautions on obtiendrait le cyauale bydrique dans ces sortes de réactions. Après la formation du sel ammonique , les alcalis mettent de Tammoniaque en liberté. Cette réaction, ne pouvant avoir lieu sans Taddition préalable d'un sel hydrique, permet de caractériser nettement les cyanates.
cTAHATi HTDaïQux. — Acîde cyaniqtte, ÇyO^H == C)0,HO z= 537,5. Liquide transparent, incolore, à odeur vive de formiale el d'acétate hydriques, alté* Tant la peau, causant de la douleur, peu stable, et donnant, par sa décomposition spontanée, un corps blanc et solide, isoniérique avec lui et portant le nom de cya* mélide. Sa dissolution aqueuse est également altérable et se décompose en donnant du bi-earbooate ammonique :
C3A2O2H + a HO :^ C304,AzHs.
De U la réaction que les sels Hydriques exercent sur les cyanales. te cyaoate hydrique s'obtient en distillant le cyannrate hydrique et en recueillant le produit dans un récipient étroit et plongé dans la glaoe«
C4AZ2O4 (A2 ou K<2 ou A + R) = C4AZ2O2, (a AO ou 1 11 O ou AO + RO) = Cy204A2 = Cy20aA,A0 ou RO := CyA,CyOjAO.
Les fulminates sont excessivement remarquables par la propriété que la plupart d'entre eux possèdent de détoner par le choc, par la préjience du sulfate hydrique, ou même par de très faibles vibrations : tels sont au moins les fulminates mercurique et argentique.
On obtient des fulminates à deux bases ; ces bases peuvent être la même répétée
656 GRLO&OiBBS.
deux Ibis; nuis cette dernière condition n*a jamais lieu pour les fulninatailcfrlÎDS , car, quand on décompose le fulmîoate argentique par I*bydrate poUnqiie, il en résulte du fulminate argentipotassique, le druxième équiTalrat d'argeoi ne pouTant être éliminé par la potasse. On pourrait peut-être iuférer de là qne ces fulminates ne présentent pas seulement l'isomérie multiple avec les cyanatci; nus que leurs élémeoa sont arranges d'une toute autre manière : un des équivilasutribués à la base faisant partie de Tacidcy comme le fer dans les cyano-femires.Cdi donne pour formule, aux fulminates :
Cy2lt03,AO ou C7!2iK04,A.
I^Les fulminates acides seraient alors de ^itables acides fulminiques, ou plotit
des fulminates hydriques; ils ont pour formules : Cy^ROi^H.
Les fulminates peuvent encore être considérés^ toujours dans la même bjp thèse, comme étant produits par la réunion d'un cyanure avec un cjanite, eniiiniellant CyOs pour formule de Tacide cya nique : CyR + Cy04A.
Les fulminates argentique et mercurique se produisent en faisant réagir vat dissolution très acide d'azotate argentique ou mercurique sur l'alcool. Le fulainate peu sduble se dépose peu-à-peu, à mesure qu'il est produit; il se fonaea outre plusieurs produits parmi lesquels on distingue de l'aldéhyde , de l'éthcr formiqne et de l'étber azoteux. Tous ces produits n'ont probablement pas lira ila-fois et sont dus à des réactions successives. T. iMfulminales argenilqwt ri mereuriquê.
OTAaiUmAVH.
Les cyannrates seront étudiés en même temps que Tacide urique.
■ULTO-GTAlMMÉia.
Sulfure de cyanogène. 1
S2AZC2 = SiCy = 7»5. I
Le sulfo-cyanogène est une poudre d'un jaune éclatant Lorsqu'on le sNiaet à l'action de la chaleur,|il se décomposs en acide sulfo-carbouique, en soufre, vol»- . tils, et en melion plus fixe : 4 S2AZG2 = t CS2 + 4 S + CeAz4. En chaolbst . plus fortement y le melion se décompose lui-même en donnant du cyanogène et de
l'azote dans le rapport de 3 à 4 en volumes : CgAz 4 =: 3 Cy + Az. Le snlfocn^ nogène est insoluble dans l'eau, dans l'alcool et dans l'élhcr hydrique. Ch»^ avec le potassium, il donne du sulfo-cyanure et du sulfo-cyana'e potasuiiues, qui <m>i isomériques : a SaCy + a K = S^CyK + CyS,KS. H se dissout dans le sullnre U* licohydrique, en donnant lieu à un dégagement de sulfure hydrique. Lorsqu'os k | met en contact aTec les solutions alcalines, il donne des produits d'odeur ailis^^ . qui ont sans doute quelque relation avec le mercaptan.
On obtient le sullo-cyanogèoe eu décomposant un sulfo-cyanure par un oanratî de chlore ou par l'azotate hydrique étendu d'eau, en ayant soin de ne point <* employer un excès, car il décompose le sulfo-cyanogène.
CYAK06B5B. SSj
BOUrO-atàMUMMB.
S2A1O2A = CySaA = CySjSl
Les SttUo-cyaaures sol ubles sont très remarquables pr la prupriélé qu'ib oui de coIoriT CD rouge inicnie Ic« dissolutious des sel» de fer corres|)Oiidaut au scsquioxyde. Les sul[»<)'auures aicaliui sout gèoéralemeot solubles dans Teau et même duu lalcool, et supportent une température rouge sans se décomposer. Les sulfo-cjaDurtfl insolubles donnent, par la chaleur, de Tacide sulfc-i»rbooique, des sut- /unes métalliques et du mélam. Chauffés plus fortemcnl , le roélam se décompose eu donnant un mélange de cyanogène et d*azote, comme il a été dit en parlant du sulfo-cyanogène. Chauffés dars le chlore, ils donnent des chlorures métallique^, du rfalorurede soufre, du chloiure de cyanogène solide, du mellun et du sulfo-^yanogèoe sublimé sans altération. Chauffés dans le gaz chlorure hydrique sec , ils douneucdes chlorures métalliques et du sulf»-cyanure hydrique, qui lui-même se décompose rapidement.
SCLFO-CTAXUAE HTORiQUE.— j#ci</e hydrO'Sulfo-c)'Qmfiue ou sulfo^anhydrique, SiCjH r= CyS,US. Ou obtient ce produit en décumposaut ^ par le |ulture hydrique, les sulfo-cyantircs argeutique on plombique tenus en sii>peiisiun daus Teau , ou eu faisant réagir l'iin sur 1 autre le sulfate hydrique dilué et le «ulfu-cyanure de plooib, et en achevant de précipiter le plumb par le sulfure hydrique.
Lesulfo-cyauure hydrique est peu connu. On sait seulement que c'est un liquide iacolore, «cide, peu stable, se décomposant à l'air et par la disiil'ation, colorant ta ruu^e les sels correspondant au sesqui-oxydc de fer. Le chlore et Tazotale hydrique lui enlèvent Thydrogène, et mettent à nu du sullo-cyai:ogène,recontiaissable î son insolubilité et à sa couleur jaune.
Composés formés par les chloroïdes et le cyanogène.
le cyanogène peut s*uuir avec les autres chluroîdes et donner naissance à des produits remarquable*, mais qui, jusqu'à ce jour, &ont restée tans applicatiou^i.
Il y a deux chlorures, un gazeux et \\\\ solide. Lo chlorure gazeux a pour formule CyCl. Il po>sède une odeur vi\e iusupportable. Il est solide à — 18" , il fund ï — xS**, et bout à — ta". Il peut demeurer liquide a + ao<*, sous nue pres>iun de ( atmosphères.
L*eau dissout a5 fois sou volume de ce gaz; l'alcool en dissout luo fois son j)ume. Il est formé de volumes égaux de cyanugène et de chlore non condensés ; >n le produit en faisant réagir le chlore hunrile sur le cyanure do mercure daus 'obscurité. Le chlorure «olide de cyanogène est tnp!e relativement au prcccdeut, vec lequel il présente, par conséquent, l'isomérie multiple^ Il est furaié de \otimes égaux de chlore et de cyanogène condensés au tiers de la somme de leurs oliimes.
Le chlorure d? cyanogène solide est volatil, cristal lisable. Il fond à + x4u% et se jbltute à + 190^. Son poids spëciGque = i, ja ; il possède une odeur de souris. .1 chauffant ce composé au contact de Teau, il se transforme tu cyanuraie hyri<jue. Cette réaction établit la relation qui existe entre ce chlorure et Ut.% cyanuitct ; elle prouve 1 isomérie de ces sortes de composés avec les cyanalt'f*
Il existe un brdmure de cyanogène corri^spoudaut au clilorure simple; il est T. 1. ^ 4a
66o AZOTOÏOBS.
il*ont point encore été isolés. I.«s préparations d*arsenic et d'antimoine sont toujoars vénéneuses lorsqu'elles sont prises à une dose trop élevée.
L*acide arsénieux et l*acide aalimonieux sont dimorphes, et cristallisent en piisnte; rhoniboïdaux ou en ociacdres réguliers; les sulfures correspondans, et celui de bumulb, crisialliseut en prismes rhomboïdaux.
Les phosphates et les arséuiates des mêmes bases, et au même degré de tatimtion, sont parfaitement isomorphes.
Il est ssns doute iuutile d*ajouter que ces corps sont isodynamiques etqulii joneot exactement les mêmes rôles dans les combinaisons.