‹ Traité de chimie générale et expériméntale, avec les applications aux arts a la médecine et à la pharmacie;Chapitre 98 sur 102 · PHOSPHORE · texte numérisé non relu

PHOSPHORE

en y mettant le feu; mais il doit être manié par des mains très habiles. Dans tous les cas, il détruit la peau dans toute son épaisseur, et donne existence à des plaies qui se cicatri* sent fort lentement. Cela est en partie dû à leur profondeur, et à Tacide phosphoriquc qu'elles retiennent. Dans les labora* toires de chimie, le phosphore est employé pour faire presque tous les produits qui le renferment. Lorsqu'on veut l'avoir en poudre, on le fond dans une fiole contenant de l'eau, et on l'agite jusqu'à ce que le phosphore soit solidifié. Il est alors en poudre. Les allumettes allemandes sont des morceaux de bois soufrés comme les allumettes simples, puis enduites d'une pâte conten«mt du chlorate potassique, de la résine et du phosphore en poudre. Quand la pâle est sèche, on la recouvre d'un vernis gommeux pour protéger le phosphore contre l'action de l'air.

Composés de pliosphore et cChydrogene.

Il existe trois composés de phosphore et d*hydrogèue : l'un d'eux est solide, les deux autres sont ^zeux. Leur composition paratt pouvoir être exprimée ainsi :

Phosphure solide d'hydrogène PH.

Hydrogène perpbo«phorc PH-j.

Hydrogène phosphore PH3.

Dans ces trois phosphures , pour une même quantité d'hydrogène, les quantités de phosphore seraient entre elles comme 3: i, 5 : i.

Hydrogène phosphore. — Hydrogène proto-phosphoré.

PH3 = 4a9f8i = 4 volumeii.

Le phosphammoniaque est gazeux et incolore. Il possède une odeur analogue à celle du phosphore; mois plus prononcée. Son poids spécifique varie entre 1,17 cl 1,19. Par le calcul , on trouve qu'il devrait être de i,i85. Il est absorbé complètement par le sulfate de cuivre lorsqu'il est pur s il se combine avec les chloroîdures hydriques, et avec la plupart des chloracides métalliques, comme le fait le gaz ammoniac , avec lequel il présente une grande analogie \ cependant ce gaz est

666 AZOTOÏM8.

très peu soluble dans Peau, qui n'en dissout environ que le quart de son volume. Chauffé au contact du potassium, son volume augmente de moitié , et le gaz n*cst plus que de l'hydrogène pur, le phosphore s'étant uni au métal. Ou arrive au même résultat en faisant passer le gaz sur de la plauure de cuivre chauffée au rouge sombre. Un volume de ce gaz renferme donc un volume et demi d'hydrogène. D'autres expériences établissent qu'il est formé de i volume de vapeur de phos* phore, et de 6 volumes d'hydrogène condensés en 4 volumes*

Le phospb ammoniaque présente des propriétés variables selon son mode d'extraction : ou bien il s'enflamme spontanément à l'air, c'estrà-dire par son simple contact^ ou bien oeU n'a lieu que lorsque Ton y met le feu. Dau# tous les cas, il brûle avec une flamme blanche , répandant une vive lumière, en donnant lieu à une vapeur blanche, et à un dépôt ronge d'oxyde de phosphore sur la paroi du vase.

Quel que soit le ga^, inflammable ou 900, que l'on combine à l'acide chloro-titanique, il peut «^tre chassé de la Combinaison par l'ammoniaque et par l'eau } mais il présente cette singu- Itfité, que le premier est inflammiable IponUuément, et que le second ne l'est point. On sait, en outre, que la présenoe d'une huile volatile empêche le gaz inflammable de s'enflammer au contact de Tair, et que l'acide azotosique , même en très petite quantité, rend inflammable celui qui ne l'est ps; aussi suffit-il d'une baguette légèrement imprégnée de cet acide pour mettre le feu à ce gaz (F, l'accident arrivé à Pelletier, ^nn. de chimie j i<^' série, t. v, p. ajSJ,

Préparation* — On obtient le phosphammoiiiaque en chauffant l'hypo-phosphite OU le pboipMte hydrique : il se produit du pbojipbale hydrique fixe, et du phospl^apmoniaque gazeux

qui se dégage. L'opération peut être faîte dans une petite Oolc à laquelle on a adapté un tube propre k recueillir les gaz.

PHOSFHO&E. 667

Le gaz peut être recueilli sur le mercure ou sur Tean bouillie pour ia priver d'air.

Le gaz ainsi obtenu n'est point inflammable spontanément* On peut eucore se procurer le phospbammooiaque en abandonnant à la lumière solaire le gaz dont il va être question.

vniEOoiaiB wmBrmosraomà,

PHî?

Lorsque Pon ajoute des fragmens de phosphore à une bouillie épaisse d'hydrate de chaux, et que Ton chauffe le mélange dans un appareil semblable au précédent, on obtient un gaz incolore, spontanément inflammable au contact de l'air^ Ce gaz peut être conservé pendant un temps assez long dan^ une obscurité parfaite; mais, sous l'influence de la lumière solaire, et même de la lumière difinse, il laisse déposer une matière solide ^ d'un jaune serin , qui est le phosphure d^hydrogèue^ et il perd la propriété de s'enflammer à Pair. Dans cet état ce gaz est exactement identique avec le phosphammoniaque, non inflammable spontanément.

L'étude des composés d'hydrogène et de phosphore a gran»* dément préoccupé les chimistes. Pendant long-temps on a cni que le gaz obtenu par le procédé qui vient d'être décrit^ et auquel on a donné le nom d'hydrogène perphosphoré, était un gaz particulier; mais depuis que M* H. Rose a démontré quQ le phosphammoniaque pouvait être obtenu avec la propriété de s'enflammer spontanément* on en a conclu que ces deux gaz étaient idenliquef . Cette conséquence n'est point admissible -, car il est impossible qu'un gaz gbpndonne uu produit solide sans changer de nature. Le gaz hydrogène perphosphoré, récemment préparé diffère donc du phospharomoniaque ; il doit être considéré comme un mélange de ce dernier gaz, avec un autre gaz susceptible de se décomposer en phospbammoniaque et en phosphure d'hydrogène sous l'inâusnce de la lumière. Ce gaz est probablement représenté par PHt; car aPHi = PH, +PH.

Le contraire de ce qui vient d'êtra dit ne pourrait être admis qu'autant que l'on démontrerait que le gaz PH, se décompose en hydrogène et en phosphure d'hydrogène sous l'influence dç la Uimii^re; mais cçla n Vst point probable, puisque

668 AZOTÛÏDES.

le gaz PH39 qui est très pur lorsqu'on Tob tient en chauflaDtle phosphite hydrique, ne donne jamais naissance à ce dernier produit, et puis , qu'en outre , le volume du gaz n'augmente pas pendant que le dëpôt se forme. Quoi qu'il en soit, il est évident que l'étude de l'hydrogène perphosphoré laisse encore beaucoup à désirer.

Hjrdrure de phosphore* PU := 4o4»Si,

M. Leverrier ayant examiné le dépôt jaune qui se forme lorsque l'on expose l'hydrogène perphosphoré à la lumière, a trouvé qu'il était formé de phosphore et d'hydrogène, et que sa composition pouvait être représentée par PH.

Le phosphure d'hydrogène est solide, amorphe, jauneserin, plus dense que l'eau, insipide, et possédant une légère odeur de phosphore,* il peut être chauffé jusqu'à i4o à iSo^au contact de l'air sans qu'il s'enflamme. Dans le gaz carbonique, on peut le chauffer jusqu'à 17!)^ sans le détruire^ mais au delà de cette température le phosphore et l'hydrogène se séparent. L'eau le décompose lentement sous l'influence de la lumière solaire : il se forme un acide de phosphore , et il se dégage de l'hydrogène. Lorsque l'eau est bouillante, il donne naissance à de l'otyde de phosphore. Le chlore le transforme en chlorure hydrique et en acide chloro-phosphoreux. L'azotate hydrique concentré l'enflamme sur-le-champ.

En décomposant le phosphure de potassium par l'eau, on obtient une poudre jaune qui est du phosphure hydrique, selon M. Magnus.

Composés de phosphore et d^ oxygène.

On compte généralement quatre composés de phosphore et d'oxygène ;

L*oxycle de phosphore P2O.

L acide hypo-phfûphoreox PO.

L'acide phosphoreux PO).

L'acide phosplioriqtie PO 3.

Il n'y a réellement que trois composés d'oxygène et depbos-

PHOSHRORS. 669

pliore qui soient connus; car Tacide hypo-phosphoroux n'a ctc obtenu jusqu'à pressent qu'à Tctat de combinaison, et le produit qui porte ce nom est un hypo-pliosphite hydrique.

On admettait anciennement Tacide hypo-phosphoriquePÛA; mais comme on n'a encore obtenu ce produit qu'en combinaison avec les élémens de l'eau , il est évident qu'il est un mélange de phosphate et de phosphite hydriques, attendu que les acides chloroïdiques et azotoïdiques de la formule XO4 ne forment point de sels. Voyez acide azotos/çuey page 49O9 et acide chlorosiquej page 6a4- V. aussi p. 3i3, D.

Selon M. Layerrier, il existerait un composé de phosphore et d*oxygène de la formule 3 P05,4PaO =PhOi9. Mais la com position assignée à ce produit n'est pas bien certaine; car les nombres trouvés, 4o d'oxygène dans l'oxyde, pour 1 56 dans l'acide, sont pins rapprochés de 4P05.,5PatO = P44O25 {Ann. de chin etdephys.y tome lxv, page ayS).

PaO = 884,6a.

L'oxyde de phosphore est solide et pulvérulent. Il est probable qu'il présente deux modifications, une jaune et une rouge ; car on connaît un oxyde rouge et un oxyde jaune qui auraient la même composition, selon M. LeveiTier, et de plus même, l'oxyde jaune pourrait être transformé en oxyde rouge par une température d'environ -f- Soo», sans rien perdre ni gagner. Toutefois , comme de Toxyde rouge se produit a la température ordinaire sous l'influence de la lumière, ces faits ont encore besoin d'être étudiés.

Oxyde rouge de phosphore. Cet oxyde se forme lorsqu'on expose le phosphore a la lumière, même sous l'eau. On le produit ainsi en quantité considérable, en faisant passer un courant d'oxygène dans du phosphore tenu en fusion sous l'eau. L'oxygène peut être remplacé par un courant d'air déterminé à l'aide du soufflet d'une lampe à souffler le veire.

Le produit ainsi obtenu est une poudre rouge-sale , qui se trouve mêlée avec du phosphore et de l'acide phosphorique. On enlève ce dernier par des lavages, et on chasse le phosphore par une chaleur modérée ; il est convenable de le traiter ensuite par le n aphte pour enlever les dernières traces de phosphore qu'il peut contenir.

6yO AXOtOfDKS.

Cet oiyàe de phosphore est rouge, Inodore, insipide, plas dense que l'ean. II n'est point lumineux dans rohscurité. Il est insoluble dans Peau , dans l'alcool, dans l'éther hydrique et dans les huiles fixes ou volatiles. Il résiste à la température du meraire bouillant sans se décomposer; mais à une température voisine du rouge , il se partage en phosphore et en acide phosphorique, SPaO^rPOs + pP. Chauffé au contact de l'air, il en absorbe l'oxygëne et se change en entier en acide phospho* rique; chauffé avec le soufre, il se décompose en vers+ ii5,* sans détonation* Le sulfate hydrique ne l'altère point à la tem* pérature ordinaire; à chaud, il y a réaction et production d'acide phosphorique et de gaz sulfureux. L'azotate hydrique et l'acide azotosique l'attaquent et l'enflamment immédiate^ ment. Le chlore agit de même en produisant des acides oxy* phosphorique et chloro-phosphorique.

Le contact du chlorate potassique le fait détoner à froid, n détone aussi avec VaM^tKtepoiaaiiqiie, mais il faut élever un peu la température.

L'oxyde rouge de phosphore ne s'unit point aux alcalis.

Oxyde jaune de phosphore» On prépare cet oxyde en imprégnant du phosphore d'acide chloro-phosphoreux, et l'exposant au contact de l'air dans un matras. Âpres vingt-quatre heures au moins, on lave le phosphore dans Peau, et il se détache une matière qui se dissout dans ce liquide, et le colore en jaune. Cette matière, selon M. Leverrier, est Au phosphate d^oa^rde de pliosphore. En chauffant la liqueur qui le contient, elle se décompose en phosphate hydrique qui se dissout, et en une poudre jaune qui est un hydrate d'oxyde de phosphore. En recueillant cette poudre, et la desséchant dans le vide, il ne reste que de l'oxyde jaune de phosphore. Ce composé possède les propriétés de l'oxyde rouge de phosphore; seulement, lorsqu'on le chauffe vers 3oo°, il se change en ce dernier oxyde; à une température plus élevée , il se décompose en phosphore qui distille en acide phosphorique incolore (i).

L'oxyde jaune de phosphore se combine avec le g.az ammoniac, n s'unit également avec l'ammoniaque , et la potasse et

(i) II eit probable que c'est de l'acide phosphoreux, et non de l'acide phosphorique, qui se produit dam redc circonstance.

la soade ditsoutcs dans Teau. Il prend alors nnt Gooleur nôtres mais sa couleur primitive peut lui être restituée par les sels

hydriques.

On détermine la composition de Toiyde de phosphore en la transformant en phosphate hydrique par lacliou de Taso* tate hydrique aidée de la chaleur. Eu saturant le produit total par une quantité déterminée d'ojcyde de plomby en évaporant la liqueur et la chauffant au rouge pour chasser tous les produits volatils, il ne reste que de Toxyde de plomb et du phosphate de plomb, dont on détermine le poids. Si de ce mélange ou retranche le poids de l'oxyde de plomb employé, la différenée donne le poids deTacide phosphorique formé. En calculant la quantité de phosphore contenue dans cet acide, on a celle qui était contenue dans Toxyde de phosphore, et en retranchant le poids du phosphore de celui de Toxyde employé^ le reste est égal à Toxygène qu'il contient*

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