‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 102 sur 299 · EAUX MINÉRALES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

EAUX MINÉRALES ARTIFICIELLES

L'origine de la préparation des eaux minérales artificielles remonte à plus de deux siècles, puisque, vers Tannée 1627, on voit déjà les auteurs se livrer à la publication de traités spéciaux sur la matière. Mais, comme les idées empiriques de tout le XVII* siècle, et d'une grande partie du xviii** siècle , n'étaient guère faites pour résoudre l'un des plus grands problèmes de la nature, il en résulte que l'imitation des eaux minérales naturelles n'était, par le fait, qu'un assemblage de substances parfois les plus étrangères aux eaux elles-mêmes.

L'époque véritable de la préparation rationnelle des eaïuc minérales artificielles date des premiers travaux qui ont été entrepris pour connaître l'origine, la compositton et les propriétés de lacide carbonique. Ainsi, vers Tannée 1770 , le chimiste suédois Bergmann , se livrant à Tétude de V acide aérien^ qui reçut dans la suite le nom d'acide carbonique, reconnut que ce gaz n'avait de saveur que lorsqu'il était dissous dansTeau. « Devenu plus concentré et moins volatil dans cette combinaison, dit Bergmann, il affecte la langue d'une légère saveur aigrelette, assez agréable : c'est là le véritable esprit dès eaux minérales froides acidulés. C'est par son moyen, et en ajoutant quelques sels dans une juste proportion , qu'on imite parfaitement les eaux de Seltz, de Spa et de Pyrmont. Je fais usage de ces eaux artificielles depuis huit ans, et j'en éprouve les plus heureux effets 1. T>

D'après l'affirmation de Bergmann , la découveite de l'eau gazeuse, employée comme eau médicinale, remonterait au moins à Tannée 1766. Deux années après, pendant Tété de 1768, Priestley ne connaissant pas les expériences de Bergmann, qui, il est vrai de le dire, ne les avait pas encore publiées, ^arri-

1. Bergmann, Opuicules chimiquei ei physiqueSf trad. par M. de Morveau. Dijon, 3780, in-8% roi. 1.

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