‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 103 sur 299 · EAUX MINËRAT.ES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

EAUX MINËRAT.ES ARTIFICIELLES

vait à des résultats à peu près semblables, en saturant de l'eau avec du gaz carbonique provenant d'une cuve en fermentation dans une brasserie.

Pendant de longues années, les eaux minérales artificielles ont occupé une grande place dans la thérapeutique, et la confiance qu'on avait dans leurs propriétés paraissait d'autant plus méritée, qu'une commission nommée par l'Institut avait déclaré en 1799, par Torgane de Vauquelin, que Y art pouvait imiter la nature dans la préparation des eauxminérales artificielles* Mais il faut dire aussi qu'à l'époque où cette commission formulait son opinion, la manière dont on analysait les eaux, en général, était bien différente de celle que nous suivons aujourd'hui : on faisait évaporer les eaux à feu nu ou dans des appareils distillatoires, on recueillait les dépôts successifs qui se formaient, et on concluait à la présence des sels minéraux par la nature des ' produits que l'on séparait les uns des autres au moyen de l'alcool, de réther et des acides faibles : il est certain que s'il eût été donné à Vauquelin d'assister aux progrès ultérieurs de l'hydrologie , il n'eût pas manqué de considérer la synthèse des eaux minérales naturelles comme chimiquement impossible.

Les formules qui ont servi jusqu'à ce jour à préparer les eaux minérales artificielles sont aussi nombreuses que variées parce que chaque fabricant, mettant à profit les travaux les plus récents et les plus autorisés delà chimie bydrologique, faisait subir sans cesse à ces liquides des changements qui avaient pour but de les rapprocher le plus possible des eaux minérales naturelles.

Mais en même temps il était possible de remarquer que, plus on portait d'attention sur les propriétés physiques, chimiques et thérapeutiques des eaux minérales naturelles ; plus les communications des centres de population'avec les locahtés où se trouvent les sources devenaient faciles , moins les eaux minérales artificielles étaient recherchées .

Malgré l'espèce de discrédit dans lequel ces agents médicamenteux tombent chaque jour , quelques auteurs considèrent néanmoins qu'il est encore possible, en s'étayant des analyses hydrologiques récentes, de composer des eaux minérales arti« flcielles, se rapprochant autant que faire se peut des eaux naturelles et appelées à remplacer dans de certaines limites l'usage des

eaux naturelles, soit pour la boisson, soit pour les bains. Tel est le motif qui, malgré une opinion contraire, émanant d'une commission spéciale, a fait inscrire, dans la dernière édition du codex officiel, les formules d'un certain nombre de préparations désignées par lesnomspropres des sources auxquelles on les rattache.

Voici cependant dans quels termes cette commission, nommée par la Société de pharmacie de Paris , pour étudier préalablement la question, avait fait connaître, dans un premier rapport *, le résultat de ses expériences.

L'imitation même approximative des eaux minérales naturelles est-elle possible ?

Pour répondre avec avantage à cette première question, il faut se représenter, au point de vue chimique , une eau minérale naturelle comme une solution de gaz, de sels et de matière organique dont la nature et la proportion varient avec le sol qui la fournit, avec la profondeur du terrain" d'où elle émerge, et enfin selon le*calorique qui a présidé à sa constitution ; mais de quelle nature sont tous ces sels et cette matière organique? Voilà où commence l'incertitude pour l'analyste et même pour le médecin.

Prenons comme exemples les deux grandes classes des eaux bicarbonatées et des eaux sulfurées sodiques.

Dans les premières, la proportion de la soude, de la chaux et de la magnésie est telle, qu'en raison même du grand excès d'acide carbonique, on peut supposer que ces alcalis s'y rencontrent à l'état de bicarbonates, du moins pour la plus grande partie, mais comment interprêter le mode d'union naturelle des autres oxydes avec les autres acides trouvés par l'analyse ? ici, pourvu que l'on tienne compte de la solubilité relative des sels, toutes les hypothèses peuvent être adoptées , et rien ne s'oppose, théoriquement parlant^ à ce qu'une partie de l'acide carbonique, et la totalité des acides sulfurique et chlorhydrique soient combinés avec la soude et la potasse, ou avec la potasse et la magnésie.

Dans les eaux sulfurées sodicjues, comme la proportion des

1. Rapport de la commissioD d'étade chargée d'étudier la question des eaux minérales arlificielles au point de yue de la réyision du Codex, composée de MM. Cbatin, Poggiale et Lefort, rapporteur (Journal de pharmacie et de chimie, 8* série, t. XXXIX. 1861, page 127.)

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principes minéraux et autres est généralement moins grande que dans les eaux bicarbonatées , le même problème se présente, mais hérissé de plus de difficultés. Ainsi, on admet que les eaux sulfurées de la chaîne des Pyrénées renferment du sulfure de sodium, mais les autres bases, telles que la potasse, la chaux et la magnésie peuvent aussi revendiquer des proportions équivalentes de soufre pour se transformer en sulfures de potassium, de calcium et de magnésium.

On le voit donc déjà, rimitation des eaux minérales naturelles en ce qui concerne les principes minéraux dominants, laisse dans l'esprit un premier doute qui va en augmentant à mesure qu*on s'adresse aux matières salines, considérées. peut-être à tort comme secondaires : mais il ne peut en être autrement puisque Tanalyse pratique ne permet pas de découvrir sous quelle forme existent tous les sels dans les eaux minérales, et ensuite parce que chaque opérateur représente à sa manière le résultat qu'il a obtenu.

On peut poser en principe qu'en fait d'eau minérale naturelle, aucune substance n'est indifférente à sa composition, et que vouloir soustraire une seule matière minérale, c'est chercher à modifier les propriétés de cet agent thérapeutique. Mais si l'art était capable de former des eaux minérales de toutes pièces et d'après les données les plus récentes de la chimie, il faudrait encore tenir un compte sérieux, non-seulement de la quantité des sels prédominants, mais encore de toutes les matières que l'analyse décèle dans les sources, soit en proportions très- minimes, soit à l'état de traces; tels sont l'arsenic, l'iode, le brome, le fluor, le cœsium, le rubidium, le manganèse, Falumine, la strontiane, et les acides nitrique et phosphorique. On en a du reste si bien reconnu l'impossibilité, que les formules les plus récentes d'eaux minérales artificielles ne font pas mention de toutes ces substances qui sont cependant douées de propriétés physiologiques caractéristiques.

Il en est de même de la silice et des silicates que toutes les eaux minérales naturelles contiennent en proportions souvent assez considérable et que l'on a peut-être tort de considérer comme inactifs.

Parlerons-nous encore des matières organiques si peu connues maintenant, et que parfois, dans les bains artificiels de

Plombières, par exemple, on remplace par de la gélatine ; mais rien ne rapproche la matière organique azotée et soluble des sources de Plombières avec de la gélatine, qui appartiennent Tune au règne végétal, du moins on le suppose, l'autre au règne animal.

En résumé, disions-nous, donner le nom d'eau minérale arti-* flcielle à une solution de sels minéraux admis beaucoup plus par la théorie que par l'analyse pratique dans les eaux natu-* relies ; c'est vouloir aller au delà de ce que la chimie peut entreprendre; c'est propager en médecine des erreurs qu'il est temps de faire disparaître; c'est enfin faire supposer que les eaux naturelles ne doivent leurs propriétés qu'à la présence et à la quantité de quelques sels particuliers, alors qu'il est re« connu que c'est par l'ensemble des substances minérales et organiques que les sources acquièrent toutes leurs vertus.

Voilà à notre avis toute la question et voilà ce qui nous fait poser en principe que la synthèse des eaux minérales naturelles, même très-approximative, est aussi impossible à réaliser que celle des principes organisés. C'est qu'il s'agit dans cette circonstance de surprendre les secrets de la nature, et malheureusement les moyens que celle-ci emploie ne sont pas* du ressort de ceux que l'homme est appelé à découvrir.

En rayant du langage hydrologique et médical cette expression d'eaux minérales arlificielleSy on est d'abord conséquent avec ce que l'on sait de la constitution et de l'imitation des eaux minérales naturelles, et ensuite on ne laisse plus croire aux malades qu'avec ces substances salines ou gazeuses, ils suppléent à l'usage des eaux naturelles elles-mêmes. Nous ne voyons d'exception à faire que pour l'eau de Sedlitz dont le nom est consacré depuis un temps très-long, et parce que le sulfate de magnésie est vulgairement connu sous le nom de sel de Sedlitz, puis pour les eaux douces sursaturées de gaz carbonique et les eaux ferrugineuses que la simplicité de leur composition place en dehors des eaux minérales artificielles proprement dites.

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Banx ffaseusefl.

On rapporte que l'eau gazeuse simple aurait été préparée en France, pour la première fois, en 1775, par Venel, professeur de médecine à Montpellier, en ajoutant à l'eau ordinaire des corps capables de produire un gaz effervescent , tels que le bicarbonate de soude et Tacide citrique ou tartrique. Mais il est évident que l'histoire de l'acide carbonique était alors trop imparfaite pour faire supposer que Venel se rendait compte de la réaction qui intervenait dans cette circonstance.

La fabrication de l'eau gazeuse simple constitue maintenant une branche d'industrie considérable qui , avec des appareils divers , conduit toujours au même but, c'est«à-dire à dégager l'acide carbonique du carbonate de chaux (marbre blanc, de préférence à la craie) par l'acide chlorhydrique ou par l'acide sulfurique, à faôre subir au gaz des lavages successifs afm de le purifier des matières étrangères qu'il entraîne , et enfin à le dissoudre dans l'eau sous l'influence d'une pression variable mais facile à déterminer.

Dans des cas particuliers, très-rares il est vrai, on recueille dans des gazomètres le gaz carbonique qui se dégage spontanément des sources et on le fait servir ensuite à la préparation de l'eau gazeuse, ainsi que nous venons de le dire. A Saint- Alban, par exemple, le gaz carbonique qui provient des sources est d'une pureté telle que son lavage préalable est à peine nécessaire.

Il serait à désirer que les fabricants d'eau dite de Seltz fussent astreints à donner seulement le nom d'eau gazeuse à Teau sursaturée de gaz carbonique, par ce moyen on arriverait insensiblement à faire disparaître du langage ordinaire l'expression impropre d'eau de Seltz assignée à cette solution.

Bank ferrugineuses.

Depuis très-lontemps on sait que lorsqu'on abandonne du fer métallique très- divisé dans de l'eau gazeuse, il se produit d'abord aux dépens de l'oxygène dissous dans l'eau, une petite quantité d'oxyde de fer ; mais bientôt il y a une décomposition de l'eau, et tandis que de l'hydrogène est mis en Uberté, il se forme du bfcartJonate de proloxyde de fer.

^ilSèviM^^âa^Br la formule d'une eau ''jRi'iS^^?^^^""" qu'un litre d'eau fif rfi|lil$l@lll ^ atmosphères pou- \vmm'^=^i1B W^^^ ^ trente-six heures t'&''&'M^MiStit'<l'^c^nc; mais il con- [tfirâlSCglliC^tnlicn la âoiuUoii de

l'^'l B'H^i^*'^'^'^" ^UJt'le, et que, ffSS^wS/^l^nÇlsée k Taîi, die dépose »^"> J J<ê' jfl/--T--'^= àe fer réduit •■^■SM^râ'S'Ûfc^^^'^ *^ tr^s-prompte :

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EAUX MINÉRALES ARTIFICIELLES ail

ont reconnu l'extraction de tous les sels contenus dans les eaux minérales et avec l'arrangement moléculaire assigné à chacun d*6ux par la nature comme une opération au-dessus de nos moyens ordinaires ; d'une autre part, on peut poser en principe que toute eau minérale qui subit l'action d'une température même modérée, et à plus forte raison une concentration profonde, perd par cela même son caractère d'eau naturelle et ne peut plus être considérée que comme une solution de sels artificiels, puisque le mode de combinaison des acides avec les bases a été complètement interverti par l'évaporation du-liquide et la volatilisation des gaz.

Nous concluons donc de cette observation que les eaux mères et les sels extraits par la chaleur des eaux minérales, malgré leur origine première, ne sont que des produits artificiels.

Les eaux- mères dont la médecine thermale fait assez souvent usage, surtout en Allemagne, sont le plus généralement le résidu de la concentration de certaines eaux très-riches en chlorures afin d*en retirer le chlorure de sodium destiné à la consommation générale.

Les centres principaux où se pratique ce genre d'industrie sont situés à Salins (Jura), et à Nauheim et à Creuznach, en Allemagne, où les eaux mères portent le nom de Mutter-Vaûge i.

La manière dont on obtient les eaux-mères varie suivant le degré de minéralisation de l'eau : voici, d*après M. Gerniain, comment on les prépare à Salins. L'eau salée obtenue de forages artésienç, aux dépens de cours d'eau souterrains qu'alimentent en partie au moins les eaux de pluie venant laver le banc de sel gemme, mais qu'il serait possible, s'ils venaient à manquer, de remplacer par des prises d'eau artificielles, est envoyée directement dans les chaudières, où plusieurs évaporations successives laissent des eaux-mères, dont la plus grande partie est employée à l'extraction de nouveaux sels, tels que les sulfates de soude, dépotasse, de magnésie ; les chlorures de potassium et de magnésium, etc., mais en partie aussi destinées aux usages médicaux.

Sur 100 kilogrammes de sel fabriqués on obtient 10 kil. d'eaux

1. Voyez Dictionnaire des eaux minérales^ art. Creuznach, Nauheim et Salins.

Lkfort, 2* édition. 91

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mères qui, d'après M. Favre, sont composées en grande partie de chlorure de sodium.

A Creuznach, les eaux étant moins saturées de sel que celles de Salins sont d'abord concentrées à Tair libre en leur faisant parcourir des bassina munis de fascines. C*est seulement lorsque le liquide marque de 18 à 22' de concentration qu'il est reçu dans une chaudière, où, par l'ébullition, on le porte au degré nécessaire pour en retirer le sel marin que l'on abandonne au repos afin d^en obtenir des cristaux. La' partie qui refuse de cristalliser constitue Teau-mère composée surtout de chlorure de calcium.

Les eaux mères ont pour caractères généraux d*ôtre jaunes ou brunâtres et de posséder une légère odeur de marée. Leur saveur est acre et très-salée , leur densité varie entre 1,2 à 4,4 suivant la quantité de matériaux qu'elles contiennent.

Les sels minéraux que l'analyse y découvre en quantité la plus considérable , par rapport à ceux qui se trouvent dans les eaux, sont :

Ide sodium, de maffnésiam . .

de clfiam.

de potassium.

-. . j 1 1 1, I de sodium.

Les lodures et les bromures. . ( j . •

I de magnésium.

A côté des eaux mères proprement dites, se placent les bains de mer concentrés introduits depuis quelques années dans la pratique médicale par M. Monde, pharmacien à Nantes.

L'eau de mer, par sa nature spéciale , se prête beaucoup mieux que les eaux minérales proprement dites à une évaporation profonde. En effet, quel que soit le mode de concentration, le sel dominant, le chlorure de sodium et les autres {Mincipes minéraux peuvent se trouver à peu près dans le même état que dans l'eau naturelle.

M. Monde fait évaporer Teau de mer à une température trèsbasse, et, d'après ses calculs, 5 kilogrammes du produit de la concentration saline demi-liquide sont l'équivalent en principes minéraux de 150 litres d'eau de l'Océan. En dissolvant cette quantité de matières salines dans un volume d'eau ordinaire nécessaire pour un bain, on reconstitue 'presque un bain de mer naturel.

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§ IL — Sels extraits des eaux minérales*

Dans certaines circonstances, on fait évaporer les eaux minérales jusqu'à siccité afin d'en faciliter le transport. Ces sels redissous dans l'eau ordinaire servent à préparer des bains minéraux à distance, mais comme pendant la concentration du liquide on a éliminé certains principes que la médecine a intérêt à y conserver, on procède d'une manière différente à leur extraction. Nous citerons, comme exemple, les sels de Vichy qui se préparent de la manière suivante.

Et d'abord on doit se rappeler que les sources de Vichy contiennent en moyenne par litre 88% 24 de sels et de gaz, parmi lesquels le bicarbonate de soude figure pour 4«% 82. Malgré cette faible minéraUsation, comparée à celle des eaux salines qui servent par le môme procédé à la préparation du sel marin, on a pu fabriquer du sel de Vichy au même prix ou à peu près que celui du bicarbonate de soude ordinaire.

Un vaste réservoir occupant la partie supérieure du laboratoire de l'établissement reçoit l'eau des sources de la Grande- Grille, du Parc, de Mesdames, des puits Carré et Chomel.

Deux appareils composés chacun de quatre chaudières en tôle, disposées en gradins de manière à faciliter, suivant la température du liquide, la précipitation et la décantation, permettent d'exécuter deu^ opérations sans discontinuité ni perte de calorique. Au-dessous de ces chaudières règne un foyer qui s'étend dans toute la longueur des appareils.

L'eau minérale arrive directement du réservoir à la chaudière la plus éloignée de la sole du foyer et passe successive* ment dans les chaudières suivantes, en laissant déposer dans chacune d'elles, selon la température que le liquide subit, des sels insolubles parmi lesquels domine le carbonate de chaux. Dans les deux premières chaudières, c'est-à-dire celles qui reçoivent plu$ directement l'action de la chaleur, le liquide est en pleine ébuUition, et on le concentre jusqu'à ce qu'il marque 23 ou 25**, suivant l'état de l'atmosphère.

La solution saline concentrée, éclaircie et encore chaude, se rend à l'aide de tuyaux métalliques dans de vastes cristalii-' soirs placés dans les caves du laboratoire. Elle est abandonnée

à elle-même jusqu'à ce qu'elle refuse de fournir des cristaux ; ceux-ci sont égouttés légèrement, réunis en petites masses et transportés dans la chambre à saturation qui reçoit par sa partie inférieure le gaz carbonique provenant du puits Carré. Pendant cette opération, le carbonate neutre et le sesquicarbonate de soude passent à Tétat de bicarbonate, tandis que Teau d'hydratation de la masse saline s'écoule entraînant avec elle la plus grande partie des sulfates, chlorures, etc., qui ont cristallisé avec les sels sodiques. On porte le sel dans une étuve à air chaud jusqu'à ce qu'il soit complètement sec , et on l'utilise ensuite pour les pastilles et pour les sels pour boissons^ etc., c'est ce que la compagnie fermière désigne sous le nom de sels minéraux naturels de Vichy,

Une analyse de ces sels nous a fourni le résultat suivant , en opérant sur deux échantillons provenant de cristallisations successives et ayant des propriétés physiques différentes : .

NO 1 sel léger. N« t sel loard.

Bicarbonate de soude 77,6873 72,9166

— de potasse 2,9065 2,4427

— de magnésie 0,0662 0,0679

Sulfate de chaux 0,7656 0,8722

— de soude 0,3843 0,1083

Chlorure de sodium 0,6677 1,0405

Silicate de soude 1,1364 1,3815

Peroxyde de fer 0,0011 0,0012

Eau 16,3749 21,1741

Si l'on restitue par le calcul les deux équivalents d'eau appartenant toujours aiï bicarbonate de soude, on voit par ces deux analyses que les sels de Vichy ne sont presque composés que de bicarbonate de soude et qu'ils ont une certaine analogie avec le sel fabriqué sur une grande échelle, tel en un mot que les arts le livrent au commerce . Dans tous les cas, et considérés dans leur ensemble, ils s'éloignent assez de l'eau de Vichy pour qu'on ne puisse leur conserver comme on l'a fait jusqu'à présent, le nom de sels naturels^ puisque c'est par l'artifice qu'on les obtient.

E. Millon avait conseillé de faire évaporer jusqu'à siccité et avec tout le soin possible Teau minérale chlorurée de Bourbonne-les-Bains et de faire servir le produit salin qui en résulte

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