‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 11 sur 299 · COMPOSITION DE L'EAU · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE L'EAU

terminés à l'avance. Dans une de ses expériences dont il rendit compte par une lettre datée de Birmingham le 18 avril 1781 et adressée à Piestley, Warltire annonça qu'en foudroyant par l'étincelle un mélange d*oxygène et d'hydrogène U se précipitai! de Teau sur les parois du vase de métal.

Priestley s'empressa de contrôler les expériences de Warltire, et il vit, en effet, un vaisseau de verre dans lequel il' avait fait détonner un mélange d'oxygène et d'hydrogène, se couvrir de rosée. A son tour, Priestley fit part de son observation à James Watt, son ami, qui lui répondit la lettre suivante datée du 26 avril 1783.

« Quels sont les produits de votre expérience T de Yeau^ de la a lumière^ de la chaleur. Ne sommes-nous pas, dès lors, autoa risés à en conclure que l'eau >est un composé des deux gaz € oxygène et hydrogène, privés d'une partie de leur chaleur lac tente ou élémentaire ; que l'oxygène est de Teau privée de € son hydrogène, mais unie à de la chaleur et à de la lumière a latente ?

c Si la lumière n*est qu'une modification de la chaleur , ou a une simple circonstance de sa manifestation, ou une partie a composante de l'hydrogène, le gaz oxygène sera de l'eau pria vée de son hydrogène, mais unie à de la chaleur latente. »

Est -il possil)le de mieux définir la constitution intime de leau?

La lettre de Watt , avons-nous dit plus haut, est du 26 avril 1783. Elle fut communiquée par Priestley à divers savants de Londres, et remise aussitôt après à sir Joseph Banks, président de la Société royale, pour être lue dans une des séances de ce corps savant , mais cette lecture n'eut lieu qu'au bout d'un an ; néanmoins la lettre resta aux archives de la société, et elle figure dans le 74* volume des Transactions philosophiques^ avec sa véritable date du 26 avril 1783. On l'y trouve fondue , dit Arago auquel nous empruntons ces détails i, dans une lettre de Watt à Deluc, en date du 26 novembre 1783, et distinguée par des guillemets renversés apposés par le secrétaire de la Société royale.

C'est évidemment là un titre de priorité que l'histoire de la

1. François Arago, Notice» biographiques, James Watt, 1854, t. I, p. 456.

chimie ne saurait méconnaître, mais dont on n'a presque jamais tenu compte.

Cavendish frappé des résultats observés par Warltire et par Priestley, et certainement au courant de la conclusion qui en avait été tirée par Watt, répéta les expériences de tous ses compatriotes, et il fut conduit à la même explication que celle donnée par Watt, mais en disant plus positivement c que le c gaz oxygène était de l'eau privée de phlogistique» et le gaz c hydrogène de Teau sursaturée de la même substance hypo* a thétique, et enfin que par la combinaison réciproque de ces € gaz, l'eau reparaissait dans son état primitif. »

Mais il est importafit de dire tout de suite que la conclusion résultant des expériences de Cavendish ne fut communiquée que le 15 janvier 1784 à la Société royale de Londres, alors que tous les physiciens et les chimistes savaient que l'hydrogène en brûlant au contact de l'oxygène produisait de l'eau, et que Lavoisier avait déjà signalé, «n France, que l'eau était un corps composé. On verra tout à l'heure le parti que nous tirerons ^de ces re* marques.

En effet, pendant que Cavendish se livrait à des recherches semblables à celles de Macquer, de Warltire, de Priestley et de Watt, les savants français ne demeuraient pas inactifs.

Dans un mémoire lu à l'Académie des sciences de Paris vers la fin de l'année 1783, (Séance de la rentrée publique de la Saint-Martin 1783] Lavoisier annonça que les premières tentatives qu'il avait faites pour découvrir la nature de l'eau, remontaient à l'année 1776 oul777,c'est*à-dire au moment même oii Macquer observait la production de l'eau pendant la combustion à l'air de l'hydrogène.

Dans ce mémoire, Lavoisier a indiqué qu'il était arrivé le 24 juin 1783 à produire de l'eau de toutes pièces, au moyen de deux caisses pneumatiques dont l'une fournissait de l'hydrogène, et l'autre de l'oxygène en assez grande quantité pour qu'on pût continuer plus longtemps la combustion.

Cette expérience est demeurée célèbre, parce que le lendemain Lavoisier et de Laplace en rendirent compta à TAcadémie des sciences en concluant que l'eau n'est point un élément , mais qu'elle est un composé d'air inflammable (hydrogène) et d'air vital (oxygène).

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