‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 149 sur 299 · ACIDE PHOSPHORIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE PHOSPHORIQUE

Peu de chimistes, avant la publication du travail de Berze lius sur les eaux de Carlsbad, s'étaient préoccupés de re-

Lefort, 2" édition. 28

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chercher l'acide phosphorique dans les eaux. La diversion des phosphates terreux dans les terrains de toute nature taisait pourtant prévoir que, par la désagrégation des roches, par le lessivage des terres, le plus grand nombre des eaux devaient contenir des traces au moins de ces sels. C'est en effet ce qui est avéré.

§ I*'. -« Phosphates dans les eaox doaees«

Continuellement en contact avec du phosphate de chaux répandu en si grande abondance dans T intérieur et sur la surface de notre globe, les eaux douces de sources et courantes sont imprégnées continuellement de phosphates dissous à la faveur de l'acide carbonique Ubre et des bicarbonates. Il est probable que si beaucoup d'analystes n'ont pas pu constater de phosphates dans ces liquides, c'est que les moyens qui servent à découvrir l'acide phosphorique ne sont pas à l'abri de certaines causes d erreur que nous ferons connaître ailleurs.

§ II. — Phosphates daas les eaox minérales.

Les phosphates sont encore l'un des principes constitutifs que les analyses exécutées avec soin signalent dans le plus grand nombre des eaux minérales.

Les études de M. Bouquet ont démontré que toutes les sources de Vichy déversaient du phosphate de soude ^. En considérant les eaux de Vichy comme type, on peut donc dire que presque toutes, sinon la totalité des eaux bicarbonatées sodiques en renferment au moins des traces* Nous avons pu aussi doser les phosphates dans les eaux de Royat, Saint-Nectaire, de Chamalières et de quelques autres appartenant au massif central de la France.

Si on examine la constitution des eaux sulfurées, on tie voit pas généralement figurer de phosphates; néanmoins M. Filhol en a reconnu des traces dans les eaux de Bagnëres*d6-Luchon.

Quant aux eaux sulfatées et chlorurées, les phosphates ont

1. J, p. Boaquei. Histoire chimique des eaux minértdes et Ihermàlee de Vichy, Cûsseit Vaisse, Hautehve et 8aint»Torre, Paris, 1803.

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été quelquefois décelés, maïs le plus souvent en proportion très-minime.

§ III. — Phosphates dans Teao ds mer.

Pour les eaux des mers, soit que le phosphate de chaux ou le phosphate ammoniaco-magnésien dans Teau des rivières, se soit déposé avant d'arriver à sa dernière destination, soit encore que les expérimentateurs n'aient pas dirigé leurs recTierches de ce côté, toujours est-il que dans presque toutes les analyses de Teau de mer on ne voit pas figurer de phosphates. Cependant MM. Mialhe et L. Figuier indiquent le phosphate de magnésie dans l'eau de la Manche prise au Havre. M. Gh. Th. Jackson, de Boston ^ l'a également trouvé dans l'eau des 'mers et à des profondeurs variables. Ce chimiste est arrivé à cet égard à un résultat qui mérite d'être signalé ici. Ainsi, l'eau prise à une profondeur de cent brasses et à la température de — i^ lui a offert des traces seulement d'acide phosphorique, tandis qu'avec de l'eau prise à 450 brasses et à une température de + 6^,6, un gramme de résidu salin a donné 0;06 de cet acide.

On suppose généralement que l'acide phosphorique est com« biné dans les eaux de toute nature avec la chaux, et qu'il est tenu en dissolution à la faveur de l'acide carbonique Ubre, ou avec la soude, l'alumine, etc. : du moins c'est ainsi que les chimistes l'inscrivent dans leurs analyses. Mais il se peut aussi que cet acide ait formé dans les eaux contenant de l'ammoniaquO) du phosphate ammoniaco -magnésien, sel qui a, on le sait^ la plus grande tendance à se produire^ M. Eug. Marchand assure avoir trouvé dans les dépôts vaseut qui existent au sein des mers des petits cristaux de ce seL double >•

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