‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 150 sur 299 · ACIDE BORIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE BORIQUE

La grande quantité d'acide borique que certaines eaux chau' des situées près des volcans ou des lagoni, entraînent à la surface du sol, permettait jusqu'à un certain point de supposer que cette substance pouvait entrer dans la composition des eaux minérales froides ou thermales.

Jusqu'à ces derniers temps, Texistence de Tacide borique dans les eaux naturelles avait plutôt été admise par voie d'induction que par la voie expérimentale; mais, depuis que Henri Rose a fait connaître la réaction de l'acide borique dissous dans l'acide chlorhydrique sur le papier de curcuma, quelques chimistes n'ont pas hésité à le signaler dans leurs analyses. D'autres au contraire ont subordonné sa présence à l'exactitude du procédé de Henri Rose : nous verrons plus loin la réserve de ces derniers être parfaitement fondée*

§ I«'« — - Aoide boricpie dans les eaux douces.

MM. Ernest Barruel et Eug. Marchand ont annoncé qu'ils avaient trouvé l'acide borique, le premier dans l'eau des puits de Paris, et le second dans les eaux de l'arrondissement de Fécamp. M. Eug. Marchand, se basant sur la concomitance du bore avec le silicium dans toutes les formations géologiques, suppose que l'acide borique doit se rencontrer dans toutes les eaux naturelles ^ Les expériences que nous avons faites à cet égard, et en nous entourant des précautions que nous signalons ailleurs, nous autorisent cependant à dire que l'eau de la Seine ne renferme pas d'acide borique.

§ II. — AoMe borlqae dans les s^ns «laéralss* <

L'acide borique a été reconnu par MM. Fresenius et Wil-

1. Eug. Marchand. Dei eatix potàbUi. (Mémoires de TAcadémic de Médecine, 1855, t. XIX.)

AKSENIC . 437

denstein dans les eaux d'Âix-la-^Chapelle et de Wiesbaden; par M. Oppermann dans Veau de Sulizbach; par MM. Béchamp, Bach et Bouis, dans les eaux de Soultzinatt et d'Olette. MM. Bouquet et Filhol pensent aussi qu'il existe dans les eaux de Vichy, mais sous la réserve que le mode opératoire indiqué par Henri Rose est parfaitement exact.

§ IIÎ. — Aolde boriqne dans l*ean de mer.

La recherche de l'acide borique dans Teau des mers n a été Tobjet que d'un très-petit nombre d'expériences jusqu'à ce jour.

En 1860» M. Veatch > a fait connaître que Feau de la mer de la côte de Galifornie était remarquablement riche en borate de soude dont il attribue l'origine aux sources minérales de l'état de Californie, et qui se déversent dans la mer.

M. Veatch aurait en outre constaté que la quantité d'acide borique décroissait à mesure quon avançait vers le nord, si bien qu'on n'en trouvait presque plus au delà de POrégon. Enfin ce phénomène ne parut pas s*étendre bien loin en mer, car on ne trouve déjà plus d'acide borique à trente ou quarante milles de San Francisco, et près des Iles Sandwich.

Page 1