SULFURE
d'arsbnic.
ARSENIC MBTALLIQUB.
Araéniaie
de soude
anhvdre.
Source du Bagnassou . . .
— du Grand-Bain. . .
— des Fièvres ....
— de la Rotonde . . .
Un arséniate existe dans Teau minérale de la Bourboule et non un arsénite, car si on traite directemeut l'eau minérale par Thydrogène sulfuré sans addition d'acide sulfureux, on n'obtient pas de précipité de sulfite arsénieux.
Il existe en Afrique, dans la régence de Tunis, une source thermale, dite de Bou^Chater, encore plus arsenicale que celle de la Bourboule : ainsi, d*après une analyse exécutée au laboratoire de l'administration des mines, 1 litre de cette eau renfermerait 0«%i06 d'acide arsénique représenté par 0»^^684d*a^séniates de potasse et de soude, sur un total de 0e%9689 de sels, ce qui ferait plus d'un sixième de leur pgids.
En même temps que nous allons parler de là forme sous laquelle l'arsenic existe dans les eaux minérales, nous allons dire quelques mots de son origine.
Peu de chimistes ont cherché à résoudre ces deux problèmes; seul, H. Blondeaiiy de Rodez, a avancé que l'arsenic de l'eau de Gransac était le produit de l'oxydation des pyrites qui subissent une Combustion lente sous l'action des volcans situés dans cette partie de la France.
Il semble hors de doute que c'est partie aux pyrites martiales, partie à certains minéraux oxydés que les eaux qui les traversent doivent la petite proportion d'arsenic qu'elles con-
1. ÀnnaUi de la Société d'hydrologie médicale de Paris, 1862-1863, t. I.V, p. 63<
tiennent. Une observation de M. Blondeau vient confirmer celte hypothèse : ainsi, il a trouvé que le sédiment de la fontaine du Par, à Ghaudes-Aigues (Cantal)^ était une pyrite arsenicale composée de :
Soufre 33,5
Fer 41,0
Arsenic S5,5
Ce bisulfure de fer arsenical n'est pas, comme on pourrait le penser, le résultat d'une production particulière pendant le mouvement ascensionnel de Teau, mais bien un véritable produit de déjection, car Veau de Ghaudes-Aigues^ du moins la source du Par, contient à peine des traces de sulfure alcalin.
Si, comme le dit M. Fiihol, tous les minéraux ferrugineux ne sont point arsenicaux, on ne peut nier aussi que sur beaucoup de points les minéralogistes ont reconnu la présence d'espèces minérales comme le mispickel, Tarsénio-sidérite, la sidéritine,' dans lesquelles Tarsenic est combiné en quantité plus ou moins considérable. De son côté, M. Daubrée a signalé la présence de l'arsenic, et même de Tantimoine, dans les combustibles minéraux et dans les diverses roches qui constituent notre sol sur beaucoup de points. C'est donc ainsi que Ton peut expliquer la grande diffusion de Tarsenic dans les eaux minérales, et jusque dans les vapeurs qui s'en dégagent spontanément ou artiiiciellement.
Relativement à la forme sous laquelle ce métalloïde arrive à la surface du sol, on s*est livré à plusieurs hypothèses que nous allons faire connaître.
Dans Torigine, M. Tripier supposait, ainsi que nous Tavons déjà dit, que l'arsenic formait djins l'eau d'Hamman-mes-Koutin de l'arséniate de chaux et de strontiane. Plus tard on l'inscrivit sous le nom d'arséniate de fer, de soude et de chaux. EnGn, dans le doute, quelques chimistes se sont contentés de le signaler sous le nom d'arsenic.
Il est à supposer que dans la grande majorité des cas Tarsenic n'arrive pas au griffon des sources sous le même état que lorsqu'il est au contact de l'eau dans le sein de la terre. S'il a pour origine une pyrite, il subit de la part des divers agents et
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da milieu dans lequel il se trouve des changemeuts particuliers qui doivent le faire pas3er soit à l'état d'acide arsénieux, &oit à l'état d'acide arsénique combiné aux alcalis. Mais au contact de Tair les éléments se modifient le plus ordinairement, d'où il résulte de l'arsénite ou de Tarséniate de fer qui imprègnent toujours les dépôts ocracés abandonnés sur le sol ou sur les parois des réservoirs.
M. Fresenius a cherché particulièrement à découvrir la forme sous laquelle Tarsenic se rencontrait dans l'une des sources de Wiesbaden i ; voici pour cela les expériences qu'il a faites : 100 grammes de dépôt dissous dans l'acide chlorhydrique et soumis à l'hydrogène sulfuré ont donné, au bout de quelques heures, un dépôt jaune qu'on a lavé et qu'on a traité ensuite avec une lessive de soude caustique étendue. La dissolution, bouillie avec du nitrate de bismuth basique, puis filtrée et aiguisée d'acide nitrique, fut additionnée de nitrate d'argent; après avoir fiitré, on a ajouté avec beaucoup de précaution de l'ammoniaque, et on à obtenu de nouveau un beau précipité d'arséniate d'argent.
M. Will, de son côté, a corroboré les résultats de M. Fresenius par Texpérience suivante : le produit du traitement de ce dépôt par une lessive de potasse fut neutralisé par l'acide chlorhydrique; puis, la liqueur additionnée de sulfate de magnésie, dé sel ammoniac et d'ammoniaque, on obtint un précipité considérable d'arséniate ammoniaco-magnésien ; le liquide surnageant ne se troubla ensuite ni par l'hydrogène sulfuré, ni par le perchlorure d'or.
C'est également à l'état d'acide arsénique combiné avec la soude que Thenard a signalé l'arsenic dans les eaux du Mont- Dore, de Saint-Nectaire, de Royat et de la Bourboule (Puy-de- Dôme).
Les recherches de MM. Fresenius et Will seraient des plus concluantes si, au lieu d'opérer avec le dépôt naturel des eaux, ces savants avaient pris l'eau minérale elle-même; mais tout le monde sait que les arsénites, surtout à* base métallique, se convertissent facilement en arséniates au contact de l'air et des corps avides d'oxygène. Tel est, par exemple, l'avis de
1. Fresenius. Annalêt der chemie und pharmaeief Band.- LXXV, p. J79. Annuaire de chimie de MUlofi et ReUet. Paris, 1851, t. VII, p. Î43.
M. Levol. Ce chimiste, répétant les expériences de MM. Fresenius et Will, est arrivé à un résultat qui lui fait supposer que Tacide arsénique est le produit de Toxydation de l'acide arsônieux par le bioxyde de manganèse formé aux dépens de Toxygône de l'air sur Thydrate manganeux qui accompagne le plus souvent le fer. Ainsi, en mélangeant du sulfate manganeux avec de l'acide arsénieux et en leur faisant subir la série d'opéra* tiens indiquées par M. Will, M. Levol a pu obtenir de l'arséniate ammoniaco-magnésien insoluble : or, on n'ignore pas que l'adde arsénieux ne donne lieu à aucun précipité semblable. La question ne nous semble donc pas résolue, quant à présent.
En ce qui concerne les eaux sulfurées^ les chimistes, parmi lesquels on remarque Thenard et M. Blondeau, pensent que l'arsenic y est à l'état de sulfure tenu en dissolution à la faveur des autres sulfures alcalins ou terreux ; M. Blondeau ajoute même des chlorures de -potassium et de sodium, et du chlorhydrate d'ammoniaque, comme dans les eaux de Cransac.
MM. Viale et Latini ^ ont annoncé que le gaz qui se dégage des eaux minérales sulfurées de Tivoli contenaient une petite quantité d'hydrogène arsénié mêlé aux acides carbonique et sulfhydrique. Ges chimistes expliquent alors la présence simultanée de l'arsenic et du soufre dans les émanations gazeuses de la manière suivante : le soufîre et l'arsenic existant presque toujours dans les profondeurs de la terre, il est trèsprobable qu'au contact de l'eau ils la décomposent en s'emparant tous deux de son hydrogène, et forment une sorte de gaz composé, que MM. Viale et Latini appellent hydrogène sulfO' arsénié.
L'arsenic ne paraît pas être aussi répandu dans les eaux minérales sulfurées que dans celles des autres classes : ainsi M. Filhol dit n'avoir pu le reconnaître avec certitude dans les eaux des Pyrénées.
Aucune analyse d'eau de mer ne mentionne l'arsenic; cependant M. Daubrée, guidé par la diffusion de ce métalloïde, l'indique comme pouvant faire partie de ce liquide.
1. Viale et I^atini. Journal de pharmacie et de ehimiey S* série, 1858, t. XXXIII, p. 174.
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