CHAPITRE XXI
LITIIINE
Le premier chimiste qui ait mentionné la lithine comme faisant partie des eaux estBerzelius.
L'illustre savant, en faisant l'analyse des eaux de Garlsbad» avait remarqué qu'en mêlant une certaine quantité du résidu salin de cette eau minérale, avec une solution de phosphate d'ammoniaque basique, il se produisait, pendant l'ébullition, un précipité cristallin qu'il prit d'abord pour du phosphate de lithine, mais un examen ultérieur lui démontra que le dépôt était un mélange de carbonate de magnésie. Cependant Berzelius ne tarda pas à reprendre ce sujet, et dans le courant de l'année 1824 il annonça d'une manière formelle que la lithine, découverte alors depuis une dizaine d'années dans son labora-toire par ArCwedson, existait dans l'eau de Carlsbad dans la proportion de 1 { partie pour 1000 grammes d'eau. L'analyse spectrale est venue démontrer, depuis cette époque, l'extrême diffusion de la lithine dans la nature et, partant, dans les eaux.
§ I^'. — Sels de lithine dans les eaaz douces.
Placée par ses propriétés physiques et chimiques entre les alcalis fixes (potasse de soude), et les terres alcalines (chaux et magnésie), la lithine, suivant quelques auteurs, serait trèsrépandue dans les terrains de toutes les formations géologiques; il n'est donc pas étonnant d'après cela que M. Eug. Marchand ait pu annoncer que l'eau des puits de Fécamp, et des eaux des sources et des rivières qui se versent dans la mer, ou dans d'autres rivières, contenaient toujours de la lithine que ce chimiste présente à l'état de chlorure, mais à dose infinitésimale.
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§ II. — Sels de Uthlne dans les eavx minérales.
Dans les eaux minérales, au contraire, l'existence de sols de lithine a été plus souvent signalée que dans les eaux douces. Pour ne citer que quelques exemples, nous dirons qu'en France, MM. Legrip et 0. Henry l'ont retrouvée, il y a longtemps déjà, dans les eaux minérales d'Évaux (Creuse) ; en Suisse on avait également indiqué la présence d*un sel de lithine dans Teau minérale de Weissenburg (canton de Berne).
La dose de sel de lithine que les eaux minérales contiennent est en général peu considérable, par rapport aux autres principes minéralisateurs. Nous devons cependant en excepter la source de Mur-quelle à Bade qui, d'après M. Bunsen, ne contient pas moins de 0«',2952 de chlorure de lithium pour 1000 parties d'eau, et la source thermale de Wheal-Glifford (A.ngleterre) qui a donné 0«',2849 de chlorure de lithium par litre à M. Miller.
§ III. — Sels de Uthlne dans Teaa de mer.
La lithine a été signalée pour la première fois dans l'eau de mer par M. Liebig, à l'occasion d'une analyse de Veau mère de la saline d'Unna. Depuis, d'autres chimistes sont arrivés à ce même résultat avec les eaux mères des Salants.
MM. Kirckhoff et Bunsen ont facilement reconnu le lithium au moyen du spectroscope, dans Teau de mer recueillie dans rOcéan, et dans les fucus repoussés par le Gulf stream sur les côtes d'Ecosse.
On peut donc affirmer aujourd'hui que les sels de Uthium font partie constituante des sels de la mer. M. Grandeau a également trouvé par le même moyen la lithine dansl'eau de l'Océan Atlantique recueillie dans des parages très-éloignés les uns des autres, ainsi que dans l'eau de la mer Morte.
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