‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 160 sur 299 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

STRONTIANE

Avant le travail de Berzelius sur les eaux minérales de Carlsbad, aucun chimiste n'avait soupçonné l'existence de la strontiane dans les eaux naturelles, mais un grand nombre d'analyses sont venues montrer depuis que cette substance était encore assez répandue dans certaines eaux minérales, et le spectroscope s'est chargé du soin de contrôler une partie de ces résultats.

g jer. — Sels de strontiane dajis les eaax doaces.

Ces sels paraissent propres aux eaux douces, les plus chargées de sels de chaux : ainsi MM. Boutron et 0. Henry en ont signalé Texistence dans les eaux de Belleville, de Ménilmontant et de Crépy, près Meaux, à l'état de sulfate, mais en quantité impondérable * .

§ II. •— Sels de strontiane dans les eaux minérales.

Ces sels ont été plus souvent reconnus dans les eaux minérales que dans les eaux douces. Nous citerons comme exemple toutes les sources de Vichy, de Cusset, etc., qui renferment, selon M. Bouquet, du bicarbonate de strontiane en proportion à peu près identique (0,003 à 0,005 pour 1 litre d'eau) : beaucoup de sources plutoniques de l'Auvergne nous en ont offert des quantités appréciables à la balance.

Dans les analyses de beaucoup d'eaux minérales de la Bohème, comme celles de Tœplitz, Carlsbad, Marienbad, Franzensbad notablement sursaturées de gaz carbonique, la strontiane a été représentée par les auteurs à l'état de bicarbonate. Il en est de même des eaux minérales d'Aix-la-Chapelle, suivant les recherches de M. Liebig.

1. Boutron et O. Henry. Analyte chimique det eaiw qui alimtnUnt Ui fon^ taines pubUque$ de Paris, 18iH.

BARYTE 459

Cependant le sulfate de strontiane est encore assez soluble dans l'eau (3V0IÎ à ^^',-y) pour faire supposer qu'une partie de cet oxyde est naturellement combinée avec Tacide sulfurique.

Il est probable que lorsqu on aura mieux étudié la composi* tion des dépôts spontanés des eaux minérales , on arrivera à découvrir la strontiane dans un plus grand nombre de sources. En effet, les combinaisons insolubles qu elle forme avec l'acide sulfurique et l'acide carbonique la placent dans des conditions bien meilleures pour sa séparation des autres matières dans lesquelles elle est engagée. Nous rappellerons, en passant, que c'est seulement avec les dépôts naturels des eaux d'Aix-la-Chapelle que M. Liebig est arrivé à la découvrir. Dans la plupart des incrustations de rAuvergne,on retrouve parmi le carbonate de chaux qui en forme le sel dominant, une petite quantité de sulfate de strontiane.

§ III. — 8«U de strontlano dans Te^a de mer.

Avant la découverte de l'analyse spectrale on ne voyait jamais figurer les sels de strontiane dans les analyses de Teau de mer ; et cependant si on considère que les matières minérales, comme les calcaires neptuniens qui renferment cette terre alcaline, sont encore assez répandus dans la nature, on en conclut aisément à son existence dans les océans, seulement la quantité en est tellement minime qu elle échappe le plus souvent à nos moyens ordinaires d* investigations.

Ce qui vient àl'appui de cette observation, c'est que M. Grandeau a pu constater, par le spectroscope, la présence d*une très-petite quantité de sel de strontiane dans l'eau de la mer Morte, des sels gemmes, des eaux mères des salines et des marais salants ^

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