COBALT ET CUIVRE
L'opinion de M. Walchner, qui mériterait plusieurs confirmations avant d'être acceptée d'une manière certaine, a eu pour résultat de faire rechercher le cuivre dans plusieurs dépôts d'eaux minérales ferrugineuses. C'est ainsi que M. Ghatin a annoncé peu de temps après que les dépôts de la source ferrugineuse carbonatée de Trianon, à Versailles, en renfermaient des traces sensibles ; M. Keller est. arrivé à un résultat identique avec Teau de Bruckenau, en Bavière ; M. Marchand, avec les eaux ferrugineuses de Valmont; M. Will, avec Veau de Rippoldsau qui sourd du gneiss et près de laquelle existe du minerai de cuivre; M. Liebig, dans l'eau d'Aix la Chapelle; M. Fresenius, dans l'eau de Wiesbaden ; M. Filhol avec l'eau de Saint Christau (Basses-Pyrénées), etc. Enfin, suivant les expériences de M. Filhol, toutes les sources de Bagnères-de-Luchon renferment du cuivre qu'il suppose à l'état de sulfure.
Toutes les expériences confirmatives de ces chimistes ont été exécutées, comme nous venons de le dire, avec les dépôts naturels des eaux, et encore la quantité de ce métal est-elle excessivement minime, puisqu'elle ne se traduit que par des millièmes de gramme.
Nous rappellerons à cet égard l'eau minérale de Balaruc (Hérault) qui y d'après M. Béchamp , contient 14 milligrammes de sulfate de cuivre, proportion faible, il est vrai, mais néanmoins suffisante pour qu'elle fasse sentir son action sur l'économie lorsque ces eaux sont employées sans discernement.
M. Béchamp ne parait pas éloigné de croire que le cuivre possède une diffusion très-grande dans la nature, et si réellement il en était ainsi presque toutes les eaux naturelles devraient inscrire les sels de cuivre parmi leurs éléments mineralisateurs.
L'origine du cuivre dans l'eau, et partant dans les dépôts, peut être naturelle ou accidentelle. Dans le premier cas, le métal peut provenir de gttes métallifères particuliers dans le voisinage desquels les sources sont situées ; aussi dans l'analyse de quelques-uns des dépôts voit-on figurer à côté le plomb, l'antimoine et Tétain. Nous citerons comme exemple la source de Levico (Italie) qui, d'après M. Manetti, ne contient pas moins de G»%047 de s^ulfate de cuivre par litre d'eau ;* mais, d'après la constitution du sol, nous pensons que cette source se minera-
lise en partie au milieu des terrains pyriteux qui sont imprégnés de cuivre. En Espagne» il existe égalemenl;. beaucoup de sources que l'on peut qualifier de miru^ et qui renferiinpnt du sulfate de cuivre en proportion presque toxique. Dans le second cas, le.cuivre peut tirer sa source des conduites inétalliqueSr des robinets en laiton servant h raaiônageinent des e^ux. Déjà, on le sait, M- Bouquet a indiqué que le cuivre trouvé par lui dans le dépôt boueux de Teau du puits Carréi à Vichy^ était accidentel et n'avait pas été entraîné d^ profondeurs de la terre par l'eau elle-même.
§ IL — Sels d« evivre dans l'sav de mér. . .
MM. Malaguti, Durocher et Sarzeau ont également annoncé que l'eau de mer était imprégnée de traces de cuivre ; ils sont arrivés à ce résultat en analysant des fucus recueillis dans l'Océan et sur les côtes de Saint-Malo.
M. Piesse a suspendu aux flancs d'un bateau à vapeur qui faisait le trajet de Marseille en Corse et en Sardaigae un sac contenant des clous et de la tournure de fer, et au bout de quelques voyages il a constaté que le fer s'était recouvert de cuivre.
Ou bien le cuivre a été entraîné par les courants d'eau douce qui se rendent à la mer, ou bien il provient des doublages de navires en cuivre ou en laiton, qui s'altèrent avec une si grande rapidité dans l'eau salée, et que les plantes marines absorbent ensuite, de la môme manière que les céréales s'approprient du cuivre, lorsqu'elles ont été chaulées avec le sulfate de cuivre. La seconde de ces hypothèses nous parait la plus vraisemblable.