‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 183 sur 299 · MATIÈRE ORGANIQUE AZOTÉE SQLUBLE · texte numérisé non relu

MATIÈRE ORGANIQUE AZOTÉE SQLUBLE

croit encoi*e qu'elle doit être distinguée de la matière végétoanimale soluble ou concrète que produit la sulfurairo lorsqu'elle se décompose. M. Lambron propose pour cela de lui donner, comme nous l'avons vu, le nom d'hydrose, et de réserver le nom de sulfurose à celle qui résulte de la décomposition de la sulfuraire.

M. Cazin donne, avons-nous dit, le nom de sulfurhydrine à la matière organique azotée soluble des eaux sulfurées, mais il pense qu'il faut faire une distinction entre celle qui provient des eaux sulfurées jaillissant des terrains primitifs, et celle des terrains secondaires et tertiaires.

Dans les eaux des terrains primitifs, la matière organique soluble c constitue avec l'eau un être unique doué d'une sorte de vitalité, prenant naissance en même temps qu'elle, et sous les mêmes actions qui déterminent sa formation , par une association directe et simultanée de leurs éléments. Dans les eaux des terrains secondaires ou modernes, la matière organique soluble est accidentelle, comme leur minéralisation, et, suivant les individualités ; elle provient vraisemblablement soit des actions chimiques complexes qui peuvent se produire à des températures et sous des pressions quelquefois considérables, entre des azotates, des composés ammoniacaux et des minéraux d'origine organique (hydrocarbures, bitumes, lignite, etc.), soit tout simplement de la décomposition, au voisinage de la surface terrestre, des corps organisés récemment ou anciennement privés de vitalité que les eaux pluviales dissolvent en partie et entraînent à travers les couches perméables, soit enfin de toutes ces causes réunies.»

Nous croyons en avoir dit assez pour prouver que si la présence d'une matière organique azotée et soluble dans les eaux minérales ne peut être mise en doute, les expérimentateurs sont loin d'être parfaitement d'accord sur son origine. A cet égard on ne peut en réalité qu'établir des conjectures.

Voyons maintenant les propriétés particulières qu'elle communique aux eaux minérales lorsqu'elle sV trouve en quantité minime ou en quantité notable.

Dans le premier cas, les eaux ne possèdent aucune propriété particulière qui permette de reconnaître de visu l'existence d'une matière organique soluble; c'est seulement, comme nous

Lefort, *• édition. 32

le verrons plus loin, en opérant avec le produit de la concentration que Ton arrive à la déceler d'une manière sinon certaine, du moins très approximative. On remarque cependant que les eaux qui en sont imprégnées, abandonnées à ellesmêmes pendant un certain temps dans des vases fermés, acquièrent une odeur désagréable et sensiblement sulfurée.

Les eaux minérales, au contraire, riches en matière organique azotée soluble, communiquent quelquefois à la peau une onctuosité qui varie suivant la proportion de la substance organique, la température et le degré de minéralisation de l'eau.

Quelle que soit la puissance d'un microscope, on ne parvient jamais à découvrir la plus légère trace de matière organique ; mais si on fait évaporer quelques gouttes d'eau sur une lame de verre et si on examine le résidu à l'aide de cet instrument, on observe un enduit très-mince ayant la plus grande ressemblance avec Talbumine soluble et solidiQée.

Abandonnées à l'air, les eaux, surtout thermales, notablement chargées de matière organique azotée soluble finissent par se troubler sensiblement et par déposer, sous la forme d'un limon qui tapisse le fond, les parois et les canaux servant à leur écoulement, une certaine partie de cette substance, que viennent modifier les agents atmosphériques.

D'après quelques auteurs, ce serait ce premier dépôt qui donnerait naissance aux conferves dont nous parlerons plus loin.

^ III. — Matière organique azotée soloble des eanz de mer.

Quoique les chimistes se soient peu préoccupés de déterminer la nature de la matière organique existant dans Teau des mers, nous croyons cependant pouvoir la considérer comme azotée. Recevant perpétuellement toutes sortes de substances organiques, animales et végétales par ses affluents; dissolvant sans cesse les matières qui se décomposent dans son milieu, on comprend facilement que l'eau qui baigne les plages, et surtout celle encaissée dans les ports, doit être plus chargée de matières organiques que celle qui est au large. N'est-il pas notoire que les ports de la Méditerranée, là où le renouvellement de l'eau n'a pas lieu ou ne s'opère que difficilement, sont plus insalubres

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que ceux de la Manche par exemple, où le flux et le reflux entraînent et dispersent au loin toutes les substanca*^ qui tondent à se corrompre?

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