‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 190 sur 299 · MATIÈRE ORGANISÉE OU CONKKRVKS · texte numérisé non relu

MATIÈRE ORGANISÉE OU CONKKRVKS

3^ L'ef&oacité que peat avoir la lumière pour faciliter l'élaboration des composés azotés par des végétaux verts aussi bi»i que celle de Facide carbonique.

§ IL --- Gonférras des eaux minérales.

Les conditions essentielles pour que les conferves puissent se se développer dans les eaux minérales tiennent :

1^ Â une température donnée ;

â^ A la matière organique et inorganisée ;

3** Aux éléments de Tair.

Comme tous ces états se trouvent réunis dans les eaux minérales thermales, il en résulte que c'est surtout dans ces dernières que les conferves existent en plus grande abondance et se développent avec le plus de rapidité. Mais si elles prennent naissance aussi bien dans les eaux minérales froides que dans les eaux thermales, une température trop élevée nuit complètement à leur génération. Ainsi on a pu voir que lorsque les eaux thermales marquaient plus de 60° G., les espèces végétales ne se formaient pas, et cependant les eaux contiennent bien une matière organique organisante, car si, par une cause ou par une autre, elles viennent à se refroidir, les conferves apparaissent.

La proportion , et la nature des principes minéralisateurs ne paraissent pas avoir d'influence sur leur génération» car on les retrouve aussi bien dans les sources faiblement minéralisées que dans celles qui le sont davantage.

Il est assez digne de remarque que les eaux minérales sulfurées et thermales ont plus que celles des autres classes la propriété de produire des conferves. Dans les premières, les végétaux, avec les caractères qui les distinguent, se développent aisément dans les réservoirs servant à l'aménagement des eaux ; dans les secondes, au contraire, la matière organisée se rencontre le plus souvent sous la forme de plaques verdâtres qui tapissent le bord ou le fond des rigoles servant à leur écoulement; comme elles existent souvent à des distances assez éloignées de la source, on est en droit de supposer que les séminules proviennent autant du sol ou de Tair que de la transformation de la matière organique amorphe.

La formation des conferves est soumise à des anomalies que

les naturalistes n'ont pu encore expliquer. Ainsi, dans l'opinion de la plupart des hydrologistes, et c'est aussi la nôtre, ces substances végétales ne sont que des produits d'une génération aus«i simple que possible, dont la matière organique fait seule les frais. Et cependant ce ne sont pas les eaux minérales les plus chargées de matière organique soluble qui sont le siège d*une plus abondante végétation cryptogamique. Il faut donc encore que des conditions spéciales se trouvent réunies, comme une température quelconque et des matières organiques solubies et amorphes particulières.

Toutes les eaux minérales froides et thermales ne donnent pas lieu à des conferves, circonstance qui ne permet pas de croire, comme le veut M. Filhol, que la matière végétante ait emprunté des sporules aux eaux douces et infiltrées du sol. Avec cette hypothèse, on ne s'expliquerait pas, en effet, pourquoi beaucoup d'eaux ayant et la même température et la même constitution en sont dépourvues. Il y a donc bien, dans celles qui jouissent de ce privilège, une matière organisante soluble qui leur est propre et capable, par suite des conditions que nous avons indiquées précédemment, de produire des végétaux cryptogamiques.

Les conferves des eaux ne subissent qu'en partie la loi qui préside à la génération. Ainsi, pendant que tout le règne végétal semble endormi lorsque la température de Tair s'abaisse, pour se réveiller ensuite lorsque celle-ci s'élève, la matière organisée des eaux thermales n'en continue pas moins à se développer, mais avec moins de vigueur, il est vrai. MM. de Laurès et Becquerel ont vu qu'à Néris, par exemple, il existait pour la conferve thermale une période de l'année (depuis le mois de mai jusqu'au mois de septembre), où la végétation était beaucoup plus active, mais qu'elle ne cessait pas entièrement pendant les autres mois, et cependant la température de l'eau qui les submerge est, comme .partout ailleurs, constamment au même degré i. On ne peut expliquer cette circonstance que par l'intervention des rayons solaires qui facilitent l'organisation de la matière organique soluble et amorphe : 1** en décomposant l'eau, afin qu'elle puisse s'en approprier l'hydrogène

1. De Lauros et Becquerel. Annales de Ja Société d'hydrologie médicale de Paria, 1854, t. 1, p. 205.

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