‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 192 sur 299 · Filhol. Eaux minérales det Pyrénées · texte numérisé non relu

Filhol. Eaux minérales det Pyrénées

MATIKRE ORGANISEE OU OONFERVIùS 511

d'après M. Aubergier, dépendante du principe sulfuré et du contact de la lumière. A Pause (Cauterets), la sulfuraire ne conserve plus sa teinte blanche lorsque le sulfure alcalin a disparu et que les rayons lumineux sont intervenus. Dans la source des Espagnols (Cauterets), les conferves sont blanches parce que l'eau a conservé intact son élément sulfuré, mais dès que, sous l'influence de la lumière et de Tair, l'eau minérale a été modifiée dans sa constitution, les conferves verdissent. De son côté Fontan s'exprime ainsi ^ : « Lorsque les eaux sulfureuses coulent en nappes au soleil, la substance qu'on y observe n'est plus blanche, mais prend un aspect brunâtre. J'avais cru d'abord que cette substance était formée de sulfuraire colorée par les rayons du soleil, mais j'ai vu plus tard que cette substance brunâtre était formée par des osciilaires qui pouvaient bien communiquer à la sulfuraire, qui quelquefois se trouvait mêlée avec elles, la couleur brune qu'elles avaient elles-mêmes. Il est très-remarquable de voir une eau dans laquelle se développe constamment une certaine substance quand elle a été à l'abri des rayons solaires, et une autre substance quand elle est frappée par ces rayons. »

'Le mode d'organisation des conferves a été, de la part de Fontan et de MM. de Laurès et Becquerel, l'objet d'études trèssuivies et exécutées avec beaucoup de soin, mais comme ce sujet rentre plutôt dans le domaine de la botanique cryptogamique, nous n'aurons pas à nous en occuper ici. Nous allons seulement nous borner à signaler les diflérentes hypothèses émises jusqu'à ce jour pour expliquer leur origine première.

Des expérimentateurs ont émis l'opinion que puisque les conferves ne naissaient qu'au contact de l'air, des sporules disséminées dans l'espace venaient se précipiter dans les eaux et y subir, suivant le milieu qui leur convient, toutes les phases de la germination, de la végétation et de la reproduction. Ils s'appuient sur ce que les sporules atmosphériques ne jouissent pas seulement de la propriété de se développer dans les eaux thermales, mais encore sur tous les points où ces germes rencontrent deux conditions indispensables à leur évolution, c'està-dire de l'eau et de la chaleur. Rien n'est plus commun en

1. Fonian. Recherches sur les eaiix minérales de V Allemagne» — Ayinales de chimie et de physique^ 2* série, t. LXXIV, p. 273.

effet que de trouver sur les murs des piscines et des salles d'inhalation des conferves particulières qui, sous l'influence de la température, généralement supérieure à celle de ralmosphère ambiante, et des rayons lumineux et solaires se produisent avec une assez grande rapidité. Mais il reste à démontrer si dans ce dernier cas les conferves ne proviennent pas plutôt de l'évaporation spontanée des eaux : on n'ignore pas que les vapeurs hydro-minérales sont imprégnées, en outre' de quelques-uns des principes salins , de matière organique soluble.

Des auteurs, plus partisans de la présence de matières animales dans le centre de la terre, n'hésitent pas à admettre que ce sont ces substances* qui, à Tétat de débris, ont donné naissance à des végétaux, de la même manière que les principes animaux en voie de décomposition et au contact de Tair, produisent des végétaux cryptogamiques.

On a voulu encore rendre la matière organisée indépendante de toute matière organique soluble. Ainsi, M. Filhol attribue la formation des conferves aux sporules disséminées à la surface du sol. Les semences seraient entraînées dans les entrailles de la terre par les eaux pluviales et seraient ramenées par les eaux minérales sur le sol où elles trouvent alors un milieu propice à leur germination. C'est ainsi qu'on arrive à expliquer, dit M. Filhol, pourquoi la glairine ne se montre qu'à des époques données de Tannée, et pourquoi la source en est intarissable.

M. E. Cazin nous semble parfaitement dans le vrai lorsqu'il dit : f Je ne nie pas que les matières concrètes et la matière en solution ne puissent, en se décomposant après avoir perdu leur espèce de vitalité, se transformer partiellement en une nouvelle substance visqueuse, peut-être gélatiniforme, susceptible d'engendrer et d'alimenter des êtres doués d'organisation rudimentaire, fait déjà signalé par Turpin et Fontan... Je pense même qu'on doit reconnaître à cette nouvelle substance, aussi bien qu'à celle qui provient de la décomposition des individus d'ordres supérieurs, la faculté de donner naissance, dans des circonstances et des milieux favorables, à une foule de productions appartenant à des séries plus ou moins élevées de Téchelle organique, » etc.

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