‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 234 sur 299 · ACIDE SULFURIQUE · texte numérisé non relu

ACIDE SULFURIQUE

L'acide sulfurique est l'un des corps que Ton dose dans les eaux avec le moins de chance d'erreur. Sa présence est trèsfacilement constatée par le chlorure de baryum, qui le précipite tout entier à l'état de sulfate de baryte, insoluble dans l'eau et les acides.

Du volume du dépôt observé par l'analyse qualitative, on juge de la quantité d'eau sur laquelle on est obligé d'opérer pour obtenir un précipité appréciable à la balance. Ainsi, avec les eaux douces, en général, il est indispensable d'agir avec ^ ou 3 litres, qiie l'on réduit au dixième environ, avec addition

d'acide chlorhydrique. Si celui-ci a donné lieu à un léger précipité de silice, on filtre la liqueur; dans le cas contraire on y verse, alors qu'elle est chaude, un léger excès de chlorure de baryum, qui donne lieu immédiatement à du sulfate de baryte, qu'on recueille, lave, sèche, calcine au rouge et pèse. Le poids du sulfate de baryte permet de connaître très-facilement la quantité de l'acide sulfurique uni aux bases.

Un litre d'eau minérale, et quelquefois moins, sufât généralement pour doser l'acide sulfurique qu'elle renferme. Lorsque l'analyse qualitative indique une proportion très-notable de sulfates, on peut se dispenser de faire concentrer l'eau ; on Tacidule par l'acide chlorhydrique et on la précipite telle quelle par le sel de baryte. Quant à celles qui, au contraire, sont trèspeu chargées de sulfates, on agit comme pour les eaux douces.

Les eaux minérales sulfurées seules exigent certaines précautions qu'il est bon de signaler.

Les eaux de cette classe étant généralement peu riches en sulfates, on doit les concentrer au tiers ou au quart de leur volume avant de les traiter par le chlorure de baryum. Mais " comme pendant l'ébuUition les principes sulfurés se convertissent facilement en acide sulfhydrique, en hyposulfites, en sulfites et en sulfates, on prend le soin, avant môme de les chauffer, de les additionner d'acide chlorhydrique, qui s'oppose à l'oxydation des sulfures et qui dégage de l'acide sulfhydrique.

M. Filhol préfère désulfurer préalablement les eaux minérales sulfurées par le nitrate d'argent, et il sépare l'excès du sel d'argent par l'acide chlorhydrique : la liqueur acide est évaporée jusqu'à siccité, et on reprend le résidu par l'eau distillée, pour en isoler le silice. Il ne suffit plus que de traiter le Uquide filtré par le chlorure de baryum pour en précipiter tout l'acide sulfurique.

Quant à l'eau de mer, 2 ou 300 centimètres cubes donnent 1 à 2 grammes de sulfate de baryte, quantité plus que suffisante pour obtenir un résultat très-exact.

Il est important dans le dosage de l'acide sulfurique : 1" de faire la précipitation avec des liqueurs chaudes, sans quoi le sulfate de baryte passe souvent à travers les pores du filtre ; 2° de préférer le chlorure de baryum au nitrate de baryte, qui reste quelquefois interposé dans le précipité ; 3* d'ajouter sur

le précipité de dulfate de baryte placé dans le vase où se fait la calcination quelques gouttes . d*un mélange d'acide nitrique et d'acide sulfurique, afin de brûler complètement le filtre. Sans cette précaution, la cellulose réduit une légère portion du précipité et elle le fait passer partiellement à l'état de sulfure de baryum.

Pour les eaux qui renferment naturellement des acides minéraux libres, comme les eaux provenant directement des volcans, M. Fréd. Wurtz conseille d'opérer ainsi : on délaye dans 1 litre d'eau 08%25 d'amidon et on fait bouillir pendant une demi -heure environ : si le liquide contient soit de l'acide sulfurique, soit de l'acide chlorhydrique h l'état de liberté, l'amidon se transforme en dextrine que l'iode colore en rouge.

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