CHAPITRE XXX
L'analyse spectrale est le moyen le plus sûr de découvrir la strotitiane dans les eaux, mais seulement au point de vue qualitatif.
Pour cela, les dépôts naturels ou les résidus artifidels des eaux sont traités par l'acide chlorhydrique et, après avoir isolé la silice en faisant évaporer le liquide jusqu'à siccité, on reprend le résidu par la plus petite quantité possible d'alcool ; la solution alcoolique abandonnée à elle-même laisse déposer un précipité qu^on lave de nouveau à l'alcool. £n brûlant le petit filtre à l'extrémité d*un fil de platine, on obtient, dit M. Bunsen auquel nous empruntons ce procédé, un spectre qui présente, indépendamment des raies du calcium, les raies du strontium.
Les raies de ce métal sont au nombre de huit, six rouges, une orange et une bleue. La raie orange est accolée à la raie du sodium, mais les plus importantes sont les deux raies rouges situées entre les lettres B et C et la raie bleue placée au milieu des lettres F et C du spectre.
Le spectroscope pennet facilement de reconnaître ~^Té^T^ ^^ milligramme de chlorure de strontium.
On reconnaît encore la strontiane de la manière suivante»
Le dépôt d'eau minérale est séché et traité par l'acide chlorhydrique concentré afin d'en séparer la silice et les matières terreuses qu'il contient. La solution chlorhydrique est neutralisée par l'ammoniaque, précipitée par Toxalate d'ammoniaque, et les oxalates de chaux et de stroiitiane convertis en niUrates» et enfin ces sels sont dissous dans l'eau .
La liqueur est divisée en deux parties : dans la première, neutralisée exactement par l'ammoniaque, on verse une solution saturée de sulfate de chaux; on voit alors appiffidtre, aprèe quelques instants, un dépôt blanc de sulfate de strontiane.
La seconde partie est évaporée à siccité dans une capsule de platine, et sur le résidu on verse de l'alcool concentré que Ton enflamme. La coloration pourpre qu'acquiert l'alcool en brû-
lant indique, d'une manière non douteuse, la présence de la strontiane.
On dose la strontiane par le procédé suivant : et d*abord cet oxyde se rencontre en si petite quantité que, pour obtenir un résultat satisfaisant, il est indispensable d'agir avec plusieurs litres de liquide. Voici le procédé qu on suit habituellement :
On fait évaporer jusqu'à siccilé trois, quatre ou cinq litres de Teau à examiner. Le résidu,. mis en digestion avec l'acide chlorhydrique, abandonne toute la silice qu'il renferme à l'étal gélatineux et. insoluble, La liqueur, filtrée, est additionnée d'un excè^ d'ammoniaque, puis d'oxalate d'ammoniaque, qui précipite des oxalates de chaux et de strontiane. Ces sels, parfaite, temjent lavés et desséchés, sont placés dans un creuset de platine que l'on chauffe au rouge. Lorsque l'action de la chaleur a été assez prolongée, en un mot, lorsque l'acide oxalique a été complètement détruit, il reste une matière grisâtre, composée de chauXy de strontiane et d'une petite quantité de charbon provenant de la décomposition de l'acide oxalique. Ce mélange, délayé dans un peu d'eau, est dissous par l'acide nitrique en quantité strictement nécessaire pour produire des nitrates de chaux el de strontiane neutres. La liqueur, ûltrée, est évaporée avec soin au bain de sable et èi une température douce, jusqu'à ce que toute Feau d'interposition et la plus grande partie de Teaa de combinaison aient été éliminées. Dès que la matière est an consistance pâteuse, on la met dans un flacon bouché à rémeri et contenant de l'alcool absolu, additionné de son volume d'éther sulfurique. Ce liquide dissout tout le nitrate de chaux et laisse le nitrate de strontiane, qu on jette sur un fibre et qu'on lave à pluaiears reprises avec de l'alcool éthéré. On le dicsoat ensuite dans une petite quantité d'eau, et on verse dans la aolalîon qiïelques gonttes d'acide sulfurique. Le sulfate de strontiane, lavé luie ou deux £ois seulement par décantation, est jeté sur im filtre, et chauffé au rouge dans xm creuset de platine. Le poids du résidu indique, par le calcul, la proportion de la strontiane. Cette méthode donne un résultat assez satisEaisant, ai les nitrates de chanx et de strontiane étaient parfaitement neutres, si on a eu le soin d'ajouter un excès d'aleool, et si on a laissé le mélange en digestion pendant plusieurs jours; en l'agitant de temps à autre. En négligeant quelques-
unes de ces précautions on court toutes les chances de doser, avec la strontiane, une notable proportion de chaux.