‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 248 sur 299 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

Par l'analyse spectrale, le baryum est lun des métaux qui offre le moins de sensibilité. Son spectre^ qui est le plus compliqué des spectres des métaux alcalins ou alcaUno-terreux, se distingue par deux raies vertes situées à côté delà lettre E du spectre i, plus intenses que toutes les autres raies du baryum et apparaissant, pour de faibles réactions, avant les autres pour ne disparaître qu'en dernier lieu.

MM. Kirchhoff et Bunsen ont calculé que le spectroscope permettait facilement de reconnaître jrn ^^ milligramme d'un sel de baryte.

On comprend déjà que c'est seulement dans les résidus artificiels, ou mieux dans les dépôts naturels des eaux, que Ton peut rechercher la présence de la baryte. Si on veut faire servir ces matières à l'analyse spectrale, il suffit de les traiter par l'acide chlorhydrique étendu qui laisse un dépôt dans lequel se trouve tout le sulfate de baryte. Ce résidu, purifié le plus possible par des lavages prolongés avec de Teau acidulée, donne la réaction du baryum par sa seule immersion dans la flamme.

Pour reconnaître et pour doser la baryte par la voie exclusivement chimique voici comment on opère.

Les réactifs ordinaires (acide sulfurique, sulfates alcalins) ne pouvant fournir des renseignements précis sur la présence de la baryte dans une eau quelconque, ce n'est qu'en opérant avec une grande quantité de dépôt naturel ou artificiel que Ton peut arriver à un résultat certain.

Cette recherche est également subordonnée à la nature de la combinaison dans laquelle la baryte est engagée. Celle-ci, en

1. Sur la planche représentant les raies de Fraanhofer, la lettre E a été par erreur remplacée par la lettre F suivie de 6.

efiét, ne peut s'y trouver qu'à l'état de carbonate neutre et de sulfate^ l'un et l'autre insolubles dans l'eau.

Dans le premier cas, l'analyse n'offre aucune difficulté : le résidu contenant le carbonate de baryte est traité, comme pour séparer la strontiane, et on obtient du nitrate de baryte qui à l'état neutre est insoluble dans Palcool absolu mélangé d^une petite quantité d'éiher sulfurique. Le précipité, repris par l'eau et la solution décomposée par l'acide sulfurique, donne du sulfate de baryte, que Ton pèse et calcule comme tel pour en déduire le poids de la baryte. Comme le sulfate de baryte peut être confondu avec le sulfate de strontiane, il est indispensable de diviser le résidu en deux parties : Tune que l'on fait digérer avec de l'acide hydro-fluo-silicique afin d'obtenir du silicifluorure de baryum sous la forme d*un précipité transparent, qui ne se dépose bien qu* après un certain temps; l'autre que l'on délaye dans une capsule de porcelaine avec de l'alcool ; si cette seconde portion contient du sulfate de baryte, le véhicule enflammé brûle avec une teinte jaune tirant sur le vert.

Dans le second cas, la baryte existant à l'état de sulfate dans les dépôts naturels des eaux minérales avec de la chaux, de la silice, de l'oxyde de fer, etc., est transformée en sulfure. Pour cela, on fait dessécher parfaitement ces dépôts, on les pulvérise, on les mélange avec du charbon de bois en poudre fine, ou bien on en forme une p&te épaisse avec de l'huile. La matière, placée dans un creuset de Hesse, est chauffée à une température trèsélevée. Le produit de la calcination est délayé dans de l'eau chaude ; on sépare par le filtre la partie insoluble, et la liqueur claire qui s'écoule est versée peu à peu dans une grande quan* tité d'eau fortement acidulée par l'acide chlorhydrique et par quelques gouttes d'acide sulfurique. On obtient ainsi du sulfate de baryte/ tandis que la petite proportion de sulfate de chaux qui s*est également formé reste en solution. Il ne s'agit plus que de recueillir le sulfate de baryte et de le soumettre à l'action de l'acide hydro-fluo-silicique et de l'alcool en combustion pour acquérir la preuve qu'il n'est pas constitué par du sulfate dé strontiane.

Il a encore été donné un autre procédé pour séparer le sulfate de baryte des dépôts naturels, mais que nous croyons inférieur au précédent.

698 ANÂLYSS CfiCMJiQUB

On convertit le soUàte barytique en earboBate de mène base en faisant bouillir avec du carbonate de soude le déf>ôtt piéaiablement traité par ra(âde olitoiiiydric|ae pour en isoler la silice, les niatiôrea terreuses et une grande partie de la cbanz. Après une ébullition de plusieaxs heures, one grande partie da sulfate de baryte s'est conyertie en snlfate de soude et en carbonate de baryte. Le précipité, séparé de hk liquoir^ eat tnâté par l'acide chlorhydrique qui donne diit ddomre ée bflryym. La solutioni de ce sel, neutralisée par rammonla<|iie et additionnée d'OKalate d'ammoniaque^ prodmt des ozalalesde cbana et de baryte, que Ton convertit en nitrates par le moyoi indiqué précédemment. Ces sels, mis en dôgestion avec de l'alcool étbéré, se séparent en nitrate de ckaux, qui se diaaouly et en nitrate de baryte, qui se précipite.

n est très-important, dans ee genre d'analyse^ de lecherohar la strontiane à c6té de la baryte. Nooe attons expoeer lo procédé indiqué par Berzelius, eC qui, d'après cet ajateur» donne la résultat le plus satisfoisanL

La baryte et la stroctiano, séparées à Télat do nattâtes par l'alcool absoltt; sont dissoutes dans l'acide diik>rbydrM|Qe, et ia solution est mise en digestion avec de l'acide silicifluoibydhqoe. Celui-ci dissont la strontiane et précipite, comme noos avons dit, la baryte à l'état de silicifluorure de barynaa ciistallisable en prismes microscopiqaes. La bqaenr contenant la strontiane est additicmnée de quelques gouttes d'acide snlfiirique qui précipite du sulfate de strontiane.

H. Rose isole la baryte de la strontiane en traitant la naélange, à froide par une solution de carbonate d'afnmoniaqoe ou de potasse. On laisse digérer pendant quelque temps, afin que la strontiane se convertisse en carbonate^ tandis que le sulfate de baryte n'est pas attaqué. Le dépdt lavé est ensuite additionné d'acide chlorhydrique, qui décompose seulement le carbonate de strontiane. H. Rose fait remarquer qu'en plaçant le carbonate de potasse ou d'ammoniaque par du bonate de soude on ne transforme pas le sulfate de strontiane en carbonate.

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