TRAVAIL DU LABORATOIRE
§ I*'. -— Détermlnatton de la dansiiè»
Un appareil à densité parfaitement sec à l'intérieur et à l'extérieur est
porté sur le plateau d'une balance. Vide, il pèse 348»",305
€t plein d*eau distillée à 15' 43 610
Le poids de Veau distillée est donc de. . . 9^^305
L'appareil» desséché de nouveau et rempli d*eau minérale ramené également à 15% pèse 9,317
La densité de Teau distillée étant 1000, celle de Teau de Néris est ilouc de 1,0012.
^ IL — Dosage de l*aclde carbonique libre et des oarbonatee.
Les trois flacons dans lesquels nous avons mélangé du chlorure de baryum ammoniacal avec 400 centimètres cubes d'eau minérale sont débouchés les uns après les autres, et le précipité blanc de carbonate et de sulfate de baryte de chacun des vases, est recueilli sur trots filtres séparés ; le dépôt est lavé le plus rapidement et le mieux possible avee de l'eau distillée, en plaçant sur Tentonnotr une lame de verre qui empêche l'absorption de l'acide carbonique ambiant ; on enlève le filtre contenant le précipité encore humide et on le jette dans un vase à pré cipité eontenant de l'acide cblorhydrique étendu. Le carbonate de baryte seol sedieseot; la liqueur acide sert à rincer chacun des vases sur les parois intérieures desquels du carbonate et du sulfate de baryte se sont fixés fortement.
La solution de chlorure de baryum filtrée et chaufl'ée est ensuite additionnée d'un léger excès d'acide sulfùrique qui précipite du sulfate de baryte. Ce sel, recueilli sur un filtre, est lavé jusqu'à ce que les eaux •de lavage en sortent pures , et chaufié au rouge au contact de Tair, dans un creuset de platine taré.
Le poids du sulfate de baryte obtenu dans ces trois opérations, et après en avoir défalqué celui des cendres du filtre, soit 1 milligramme , a été trouvé de :
Première expérience 0,8371
Deuxième — 0;8370
Troisième — 0,8366
Moyenne 0,8369
Pour savoir à combien d'acide carbonique correspond ce poids de sulfate de baryte, on établit la proportion suivante :
J^quiv. du sulfate de baryte. Equiv. de l'ocide carbonique. Quantité trourée.
Comme l'opération a été effectuée avec 400 centimètres cubes d'eau, il ne s'agit plus que de multiplier le poids de l'acide carbonique obtenu par 400 centimètres cubes pour connaître le poids de l'acide carbonique libre et combiné renfermé dans 1 litre.
ZGÔ ANALYSE CHIMIQUK
0,157X X 400 ce. = 0,3928
Eaa miaérftle Acide carboniqae
mise en expérience. pour 1000 ce.
Uq litre d*eaa minérale a donc donné 0,9938 d'acide carboniqae libre et combiné avec les bases alcalines, terreuses et métalliques.
§ IIL :— DoBAffe de 1 oxygène et de Taiote dlssoas.
L'un des flacons contenant l'oxygène et l'azote qui ont été séparés de l'eau minérale par la chaleur, et traités par la potasse pour en absorber l'acide carbonique, est débouché sous le mercure. D'une autre part, on remplit de mercure une éprouvetle graduée en demi-centimètres cubes, et on y fait arriver 50 a GO centimètres cubes du mélange gazeux ; on mesure exactement le volume de celui-ci, en ayant le soin de le noter, ainsi que la température ambiante et la pression barométrique. On ajoute encore une petite quantité de solution de potasse oausti* que, afin de s'assurer si le gaz carbonique a été bien absorbé à la sourue.
Le volume du résidu gazeux, dans lequel on suppose rexistence de l'oxygène et de Vazote, est trailô de la manière suivante : on introduit dans l'éprouvette, une ballo formée de gomme arabique pulvérisée et d'acide pyrogalliquo en solution très- concentrée ; on abandonne le mélange à iui-mémey pendant plusieurs heures , en imprimant à lepiXMivette quelques secousses afln de faciliter l'absorption de Toxygéne, et on voit alors que le pyrogallate de potasse ne fait pas subir de diminution au volume du gaz.
On place l'éprouvette dans la cuve à eau et on lit le nombre de demicentimètres cubes de gaz azote restant.
En réitérant ce genre d'analyse avec le contenu du second flacoa préparé sur les lieux, on arrive aux résultats suivants :
l'REMIBRB EXPÉRIENCE.
Volume du gaz après l'absorption par la potasse 17 cent cubes.
Température ambiante 18 degrés.
Pression barométrique. . . ^ . . .• 759 millimètres.
Eau minérale misé en ébullition l lit,326
Nous commençons par déduire de la pression trouvée la tension du gaz humide à la température de 18» (Voyez le tableau relatif à la tension de la vapeur d'eau) qui est IS'n^jSS. Ce calcul montre que la pression de 759 millimètres n'est plus que de 743'"™,65.
il s'agit maintenant de ramener le volume primitif de l'azote à la pression normale de 700 millimètres. Pour cela, nous établissons la proportion suivante ;
Mais ces 16'^%62 d'azote sont à la température de 18*. On dit alors :
i:XEMPLE D'UNE ANALYSE D'EAU 701
En divisant les iS^'^dS de gaz azote sec, ramené à 0" et à la pression
normale de 760, par le volume de Teau de laquelle il a été retiré, on
obtient le volume exact contenu dans un litre d'eau minérale, soit, 13c%03<
Une seconde expérience exécutée de la même manière a donné. 12,81
Et une troisième 13,18
La moyenne de ces trois analyses est donc de 13 centimètres cubes de gaz azote pour 1 litre' d*eau, et nous constatons l'absence complète de l'oxygène.
§ lY. — Analyse des ^az spontanés.
On folt arriver sous une éprouvette graduée, pleine de mercure, le gaz de l'un des flacons qui a été recueilli à la source même. Après en avoir déterminé avec soin le volume qui est de 75 centimètres cubes, nous y ajoutons une solution concentrée de potasse caustique : après plusieurs agitations, 9 centimètres cubes d'acide carbonique ont été absorbés. Le résidu gazeux est transporté dans une cuve à mercure, et l'on y met une balle d'acide pyrogallique. Après vingt-quatre heures, et en agitant de temps à autre l'éprouvette , la balle n'a pas changé le volume du gaz, d'où nous tirons la conclusion que l'oxygène y fait défaut.
Les 9 centimètres cubes d'acide carbonique représentent, en centièmes, 12,00 p. 100 du gaz spontané. Une seconde expérience, avec un autre flacon de gaz, nous a donné 11,18 p. 100, et enfln une troisième 11,26. La moyenne est de 11,48.
Ainsi le gaz spontané se trouve composé de la manière suivante :
Azote 88,52
Acide carbonique 11,48
§ V. — Dosaflre de l'aolde snlfarlqQe.
Nous faisons évaporer avec soin un litre d'eau minérale transportée dans la bonbonne, jusqu'à 125 centimètres cubes environ, avec une petite quantité d'acide chlor hydrique. On filtre la liqueur, et après l'avoir portée à la température de 60 à 80% nous y versons un excès de chlorure de baryum . Ce sel donne lieu à un précipité qui est recueilli sur un filtre sans plis, lavé, puis chauffé au rouge dans une capsule de platine tarée. Lorsque le papier est entièrement réduit en cendres, nous pesons de nouveau le vase de platine, et nous trouvons qu'il contient 0,629 de sulfate de baryte. D'après les tables de Poggendorff (Voyez sulfate de baryte) j ce poids de sulfate de baryte est l'équivalent de 0,2169 d'acide sulfurique.
Une seconde expérience nous a donné 0,2199
Et une troisième 0,2220
La moyenne est de 0,2196
• § YIi — Acide clilorbydriqae.
Nous mesurons un litre d'eau minérale, nous Tacidulons fortement par Tacide nitrique, et nous y versons un léger excès d'une âissoloiioo de nitrate d'argent. Lorsque le précipité de efalorare^ d'argent b*< rassemblé au fond du vase, ce qui arrire après Tingt-qiuilre nous décantons la plus grande partie du liquide clair, et immis jatooB le reste sur un petit àltre sans plis. Le chlorure d'argent est reeneilli ; nous le. lavone ei nous plaçons le filtre qui le contient entre des feuilles de papier Joseph. Dès qu'il est sec , on détache le chlorure d'argeut que l'on met dans un creuset de platine pesé, et le ûltrc sur le couTercle de ce vase. Le Ûltre est brûlé complètement au rouge, et le creuset avec le chlorure d'argent est seulement chauffé sans le fondre jusqu'à ce qu'il ait perdu toute son eau.
La balance nous indique un poids de 00^,439 de chlorure d'argent. Or, si nous consultons les tables de Poggendorff, nous voyons qu'il connespond à 0,1143 d'acide chlorhydrique.
Une seconde analyse, faite de la môme manière, a donné. . . 0,liiit
Et une troisième 0,iil7
La moyenne est donc de 0,1116
§ VIL — Reoberche de llode et da brome.
L'abondant dépôt blanc que nous avons obtenu à la source, en précipitant par le nitrate d'argent 8 litres d'eau minérale acidulée par l'acide nitrique, est recueilli sur un filtre et lavé. Lorsqu'il est encore humide, on le détache du filtre et on le place dans un ballon avec 4 ou 5 fois son volume d'eau de chlore bien pure. On abandonne le tout pendant quarante-huit heures, en agitant de temps à autre. Pans cette opération, nous avons pour but de décomposer l'iodure et le bromure d'argent par. le chlore, et de produire avec l'excès de ce corps des chlorures d'iode et de brome solubles dans l'eau. La solution filtrée est additionnée d'une très-pelite quantité de potasse à l'alcool très-pure, et surtout reconnue exempte d'iode et de brome, puis évaporée jusqu'à siccité dans lin creuset de platine, et enfin le résidu est calciné. Le mélaDge de chlorure, d'iodure^ et au besoin de bromure de potassium, est dissous dans une petite quantité d'eau dans laquelle on verse un gnumme environ d'éther sulfurique et un peu d'amidon. L'addition de quelques gouttes d'acides sulfurique et nitrique développe tout de suile une coloration bleue très- prononcée avec les grcrfne de fécule qui gagnent le fond' du tube, tandis que l'éther surnageant reste incolore.
Cette opération montre donc l'existence de l'iode et raèsenee d« brome dans les eaux de Néris.
Nous nous sommes encore assuré que cette eau oontenaif de l*fode au moyen des conferves, qui, ainsi que nous l'avons déjà dit, sott»traîent rapidement ce métalloïde à toutes les eaux. Pbor ceto, de« conferves récentes ont été desséchées avec soin à l'étave» réduites en poudre, et on en a fait une pâte à l'aide d'une solutkm de potasse à l'alcool pure au 1/20. La matière est placée dans un creuset de platine et chauîTée à une température Irès-élevèe. On épuise pajr l'eau le résidu
cle la calcination, et la liqueur 'filtrée est évaporée jusqu'à siccité. Les sels sont traités par une petite quantité d'eau distillée qui les dissout presque en totalité. La solution, occupant un très-petit volume, additionnée d'éther sulfurique et d'amidon en grains, et enAn de quelques goutles d'aoidefi eulfurique et nitrique, se colore notablement en bleu. L'iodure d'amidoa ne tarde pas. à se précipiter» et l'éther qui le surnage reste incolore.
Cette eoLpécianca confirme donc la précédente*
§ VIII. — Recherche et doaag^e de la silice et de la oUanz.
Ainsi qne nous l'avons déjà dit, dans le pins grand nombre des analyses on dose la silice, Toxyde de fer, la chaux et la magnésie successivement et avec la même quantité d'eau : mais, pour le cas qui nous occupe, on ne peut séparer l'oxyde de fer et la magnésie qu'en opérant avec plusieurs litres de liquide, ces substances n'y entrant qu'en proportion très-minime. Il ne sera donc question dans ce paragraphe que de la silice et de la chaux.
Pour cela, nous faisons évaporer jusqu'à siccité dans une capsule de porcelaine et avec un mélange d'acide nitrique et d'acide chlorhydrique, ïieux litres d'eau minérale de Néris. Le résidu, après avoir subi une légère calcination qui rend la silice complètement insoluble, est additionné d'une petile quantité d'eau (GO centimètres cubes), contenant la vingtième partie de son poids d'acide chlorhydrique ; on reporte la capsule sur le feu, et lorsque les sels se sont redissous, on jette le liquide sur un filtre. La silice que Ton recueille ainsi est lavée avec de l'eau tièd3, et on la chauffe à une température élevée, dans un creuset de platine taré jusqu'à ce que le filtre soit réduit en cendres.
L'expérience nous indique un poids de 0,2223 qui, divisé par 2, donne pour 1 litre d'eau 0,1111
Une seconde expérience a donné 0,1094
Une troisième expérience a donné ». 0,1145
La moyenne est donc de (les cendres défalquées) 0,1116
Voilà pour la silice.
La première liqueur acide, de laquelle on a séparé la silice par le filtre, est sursaturée d'ammoniaque caustique. Celle-ci donne lieu à un très-léger trouble et, plus tard, à quelques rares flocons d*hydrate de sesquioxyde de fer; on filtre, et dans le liquide clair on ajoute de l'oxalate d'ammoniaque. Par l'addition de ce réactif, il, se précipite de l'oxalate de chaux, que l'on recueille sur un filtre, lave et sèche entre deux feuilles de papier Joseph ; on le place ensuite dans un creuset de platine taré, et on le chauffe au rouge avec quelques gouttes d'acide sulfurique et d'acide nitrique. Lorsque la combustion du filtre est achevée, on obtient un résidu constitué par du sulfate de chaux, pesant (les cendres du filtre défalquées) 0,2890, dont la moitié est 0,1445 pour un litre d'eau.
En consultant la table de Poggendorff (voyez sulfate de chaux), nous trouvons que le poids de ce résidu est l'équivalent de 0,0600 de chaux.
Le second liquide a donné 0,0559
Le troisième liquide a donné • 0,0539
Dont la moyenne est • 0,0606
fOl ANALYSE CHIMIQUE
§ IX. — Oxyde de fer, oxyde de manganèse et magnésie.
12 litres d'eau minérale sont évaporés dans une grande capsule de porcelaine jusqu'à siccilé, avec addition d'acide nitrique et d*acide chlorhydrique, et le résidu est repris par Tacide chlorhydrique étenda d'eau (100 centimètres cubes environ). Le mélange est jeté sur un filtre afin d'en séparer la silice, qu'on lave à l'eau chaude. Dans le liquide filtré, on verse un léger excès d'ammoniaque, qui précipite de l'hydrate de sesquioxyde de fer, que l'on recueille sur un filtre, lave et chaude au rouge dans une capsule de platine.
Dans cette opération nous trouvons, après avoir soustrait 1 milligramme représentant le poids du filtre. O.OâiH
Dont le douzième est 0,0016
Une seconde analyse, avec seulement 10 litres d'eau, nous a
donné 0,023
Le dixième de ce nombre est 0,00:23
La moyenne des deux expériences est donc 0,0019
pour Toxyde de fer à l'état de sesquioxyde.
Nous dissolvons dans l'acide nitrique et l'acide chlorhydrique les deux précipités d'oxydo de fer, et nous y cherchons, par le procédé que nous allons indiquer tout à l'heure, la présence du manganèse, mais le résultat est négatif.
Pour nous assurer encore si le manganèse n'entre pas dans l'eau minérale de Néris, nous brûlons dans un creuset de platine des conferves recueillies dans les bassins de réfrigération. La cendre est chauffée dans un ballon avec de l'acide chlorhydrique concentré qui se colore sensi* blement en jaune.
Le liquide, séparé du précipité de silice, de sable, etc., est additionné d'un excès d'ammoniaque caustique : celle-ci donne lieii à un «bondaot dépôt rougeàtre, qui est recueilli, lavé et plabé alors qu'il est eDcore humide dans du chlorure d'oxyde de sodium. Après une longue ébulUtton, nous remarquons que le liquide surnageant est très-légèrement coloré en rose par du permanganate de soude. La partie insoluble est délayée dans de l'acide acétique cristalUsable étendu de 50 fois son poids d'eau distillée, et alors nous obtenons une solution rouge d'acétate de sesquioxyde de fer, et uu précipité brun noirâtre de bioxyde de manganèse, qui est, ainsi que nous l'avons annoncé, très- peu soluble dans l'acide acétique étendu.
Ce résultat met donc hors de doute la présence de l'oxyde de mangapèse déposé de l'eau minérale avec l'oxyde de fer, etc , dans les conferves : d'où nous concluons à l'existence de cet oxyde dans l'eaa de Néris, mais en proportion impondérable.
Les liquides qui nous ont servi à isoler l'oxyde de fer sont neutralisés par l'ammoniaque, et traités par l'oxalate d'ammoniaque. Ce sel précipite abondamment de l'oxalate de chaux, que nous recueillons et mettons à part afin d'y rechercher plus tard la strontiane. La liqueur filtrée est additionnée de phosphate de soude ; dans le premier moment la réaction paraît nulle, mais après plusieurs heures nous trouvons sur les parois du vase un dépôt cristallin de phosphate ammoniaco-maguésien, qui pst recueilli sur un filtre, lavé avec de l'eau ammoniacale et enfin brûlé au contact de l'air, dans une capsule de platine pesée.
Le premier liquide, provenant de 12 litres d'eau minérale, nous a donné un résidu de pyrophosphate magnésique pesant 0,0478, dont le douzième est, 0,00308.
Or, d'après la table de PoggendorfT (voyez phosphate magnésique) y cette quantité équivaut à, magnésie 0,00145
Avec le second liquide, fourni par 10 litres d'eau, nous avons obtenu en magnésie 0,00160
La moyenne est donc de 0,00157
§ X. — Recherche de la strontiane.
L'oxalate de chaux provenant de l'opération précédente, et mis à part, après avoir été bien lavé et desséché entre des feuilles de papier à filtrer, est détaché du filtre et calciné au rouge dans un creuset de platine. Le résidu est ensuite additionné d'acide nitrique étendu, en ayant le soin de n'en pas mettre un excès. La solution de nitrate de chaux est évaporée au bain de sable, vers 60 ou 80», et lorsqu'elle a pris une consistance de miel très-épais, on place la matière dans un flacon à l'émeri contenant de l'alcool pur à 40'. Après plusieurs jours et en agitant sans cesse, le nitrate de chaux s'est entièrement dissous ; or si le nitrate de strontiane s'était trouvé mélangé avec le sel précédent, il se serait déposé à l'état insoluble. Cette expérience prouve donc que la strontiane ne fait pas partie de l'eau de Néris.
§ XL — Recherche de l'acide flaorhydriqne. •
Voici par quel moyen nous sommes arrivé à constater la présence d'un fluorure dans l'eau minérale de Néris. Quatre litres d'eaii ont été évaporés presque à siceité ; le résidu, additionné d'une petite quantité' d'acide chlorhydrique que nous avions essayé à l'avance, afin de nous assurer qu'il ne contenait pas de l'acide fluorhydrique, a donné, d'une part un précipité de silice, d'autre part une solution légèrement jaunâtre. Celle-ci a- été- sursaturée par l'ammoniaque caustique, qui a déterminé un précipité blanc. Supposant que des traces de fluorure de calcium ou même de fluorure de sodium ont pu rester dans la partie* liquide, nous y versons quelques gouttes d'une solution de carbonate d'ammoniaque qui occasionne un second dépôt. Ce dernier, et le précédent, sont recueillis sur un filtre sans plis et sèches à l'étuve; la poudre est placée dans un creuset de platine et additionnée peu à peu d'acide sulfurique, exempt d'acide fluorhydrique. Dès que tout le carbonate calcaire a été décomposé, nous avons ajouté une nouvelle quantité d'acide sulfurique. D'une autre part, nous avons enduit d'une couche mince de cire blanche une lame de cristal de roche parfaitement nette; nous y avons tracé quelques traits et nous l'avons exposée au-dessus du creuset de platine. La lame a été maintenue à une température toujours très-basse, au moyen d'un morceau de glace, et le creuset a été chauffé peu à peu au bain de sable. Après une demi-heure, l'opération ayant été considérée achevée, nous avons enlevé la lame de cristal de roche et la cire qui y adhérait. Il nous a été facile de reconnaître alors le passage de l'acide fluorhydrique i.
l. Dans notre rapport prv'tenté à la JSociété d'Jijdrologie médicale do
766 ANALYSE OHIMIQCE
§ XII. — Reokerclie et dosage de Ia soude «t de la potasse.
Nous faisons bouillir 2 litres d'eau minérale avec ud excès d*eau de baryte qui précipite tout Tscide carbonique libre et des càrbonatee, et Taclde sulfurique. Le liquide évaporé au quart environ et refroidi es; filtré, et traité par un excès de carbonate d'ammoniaque. On sépare sur un filtre le carbonate de baryte, et la solution ammoniacale est évaporée jusqu'à siccité dans une capsule de platine. On reprend le rési Ju par l'eau, on filtre de nouveau, et dans la liqueur on verse un lég-^r excès d'acide chlorhydrique qui isole la silice. Cette nouvelle solution filtrée, composée de chlorures de sodium et de potassium, est encore évaporée jusqu'à siccité dans un creuset de platine taré et le réaidn est chauffé au rouge.
Le vase porté sur la balance indique un poids de l^^fiSli, comprenant le mélange des chlorures de sodium et de potassium. Le sel mbcte est dissous dans Veau, et la solution filtrée est évaporée au bain à* sable, avec un excès de chlorure de platine. Lorsque le résida est par> fàitement sec on le réduit en poudre et on le met dans un flacon avec de l'alcool concentré. Ce véhicule, après plusieurs jours et en «gîtant de temps à autre, a dissous le chlonire double de platine et de sodium, et laissé sous la forme d'un précipité jaune le chlorure double de phtine et de potassium, que Ton recueille sur un filtre dont on a pris le poids. Après l'avoir lavé avec de l'alcool, on l'expose au bain -marie jusqu'à cç qu*il n'accuse plus de perte à la balance. En défalquant le poids du filtre, on a ainsi celui du chlorure de platine et de potassiimi partant celui de la potasse; en opérant ainsi nous avons trouvé que 3 litres d*eau minérale donnaient en chlorures de sodium et de potassium \,&r,\
Le oblonm double de platine et de potassium pesait. • . « 0,7321
D'après le calcul, ce nombre représente 0,02234 de chlorure de potaâsittA, qui, soustrait du mélange des deux chlorures, laisse pour celui de sodium 1,66W
Or, oomme d'après le calcul (voyez Tables de PoaoENi>ORFF , chlorure de sodium) f le chlorure de sodium représente 0,8870 de soude, et le chlorure de potassium 0,01416 de potasse, il est évident qu*en divisant ces derniers nombres par deux on a le poids des alcalis pour un htre d'esn, «oit :
Soude 0,4428
Potasse. . . . 0,0071
PnriB, et au nom d'une commission désignée à cet effet en 1S50 noas avon> dit n'avoir pu d<? couvrir de traces d'acide fluorhydnque, ou mievx dan fluorure dans les sonrees de Néris. Mais les nouvelles expérience* quo nous avons faites nous autorisent à revenir sur cette opinion.
Tout le succès de cette opération rende, ainm qae nous Tavons tu dvpuis, dans la séparation complète de la silice par le traitement du i^ida salin au moyen de Tacide chlorhydrique. Or, il est pi^ybable que dans nu. premiers essais nous n'avions pas isolé tout cet acide qui avait famé av«-. l'acide fluorhydrique de Tacide silicifluorhydrique, incapable, comme t r. sait, d'attaquer le cristal de roche.
Une seooade analyse exécutée de la môme manière a donné :
Soade. . ^ . • ^ . . . ^ .. . 0,4362 Potasse 0,0064
La moyenne de la soude est donc. 0,4395
Et la moyenne de la potasse « . . 0^0067
§ XUL. — Détermination da poids des résidas salins.
Nous avons dosé la quantité des principes fixes dissous dans l^eau des deux manières difiérentes :
l" A la température ordinaire;
2* A la température de 150*».
1** Dans une capsule de verre très-mince et pesée an 1/2 milligrarame^ nous avons versé à deux reprises 200 centimètres cubes d'eau minérale, et nous Tavons placée dans un appareil dessicateur entretenu avec de l'acide sulfurique très- concentré et de la chaux caustique en morceaux.
L'appareil est abandonné dans un endroit chaud^ et on renouvelle de temps en temps l'acide sulfurique et la chaux. Après quinze jours environ, tout le liquide est évaporé, et il reste dans la capsule une substance grisâtre, composée de carbonates neutre de chaux et de magnésie, de bicarbonates alcalins, de sulfates et de chlorures alcalins, de silice, etc. Lorsque la balance n'accuse plus de perte nous trouvons que la capsule avec le précipité a augmenté de 0^2289.
2289 X S = l'^.H^S povir 1 litre d'eau.
^ Une capsule de platine tarée^ de la contenance de 100 centimôtres cubes environ, est placée sur un bain de sable chauffé à iOOou 110° G^^ on y verse à plusieurs reprises 1 litre d'ean minérale. Un cerceau de bois, recouvert d'une feuille de papier Joseph et que maintient un sup' port, est placé à une distance de 10 à 15 centimètres du bain de saMet et empêche les matières étrangères, qui voltigent dans l'atmosphère, de tomber dans la capsule.
Lorsque Tévaporation est complète, on élève la température du bain de sable jusqu'à 180' G. environ, on porte la capsule à plusieurs reprises sur le plateau de la balance, enfin on la chauffe jusqu'à ce qu'elle reste invariable : arrivé à ce point, nous trouvons que Faugmentation est de 1,1150.
Ce résidu est un peu moins fort que celui obtenu à la température ordinaire, parce que les sels sont à peu près déshydratés, et que les bicarbonates alcalins ont passé à l'état de sesquicarbonates et de carbonates neutres.
% XrV« -^ RMhsrOhe de la matière organique.
Nous Caisons évaporer, presque à siccité, 4 litres d*eau minérale dans une capsule de porcelaine: le résidu, versé dans un creuset de platine, est desséché complètement au bain de sable et à une douce chaleur; on en prélève environ la moitié, que l'on réduit en poudre et que Ton'met
dans un tube fermé à l'une de ses extrémités et long de 10 à 13 centimètres; on y mélange une petite quantité de poudre de Vienne (potasse et chaux caustique) et on chauffe à feu nu, en plaçant à Torifice du tube une bandelette de papier de tournesol irouge. Celui-ci ne tarde pas à être ramené au bleu par suite de l'ammoniaque qui se dégage. Un tube de verre trempé dans l'acide chlorhydrique* mis à la place du papier de tournesol, occasionne des vapeurs blanches de chlorhydrate d'ammoniaque. La seconde partie du résidu du creuset de platnie est chauffée progressivement jusqu'à un^température élevée, on voit qu'elle jaunit, brunit, et elle répand une odeur propre aux matières oJiganiqaes azotées.
L'existence d'une matière organique azotée est donc de toute évidence dans Teau qui nous occupe.
§ XV. — Recherche de l'aolde nitrique.
Nous réduisons en poudre 49^,5 de résidu salin provenant de Tévaporation de plusieurs litres d'eau. La matière, mise dans une capsule de porcelaine, est délayée avec une petite quantité d'acide sulfurique concentré. Lorsque le dégagement d'acide carbonique a cessé, on verse la matière dans un tube long et on y ajoute un gramme de poudre de cuivre métallique que l'on mélange par l'agitation ; en chauffant au )>ain de sable, on ne voit pas de vapeur azotique s'en dégager.
§ XVI. Recherche de l'ammoniaque.
Nous distillons dans une cornue tubulée, munie d'un tube recourbé plongeant dans une éprouvette qui contient une petite quantité d'eau distillée, 2 litres d'eau minérale avec 4 grammes de chaux caustique. On chauffe, et lorsque 25 à 90 centimètres cubes du liquide sont <iistilles, on l'essaye afin d'y découvrir la présence de l'ammoniaque, soit à l'aide du papier rouge de tournesol, qui conserve sa teinte, soit avec quelques gouttes d'une solution de sulfate de cuivre, qui ne prend pas la teinte bleu céleste, appartenant à Tammomure de cuivre. Noua concluons donc à l'absence de l'ammoniaque.
§ XVII. — Rectaerche de la litliine.
Deux litres d'eau minérale sont évaporés jusqu'à siccité avec 10 grammes de carbonate neutre de soude. Le résidu est traité par Teau distillée bouillante, qui laisse la plus grande partie des carbonates terreux indissous. Dans la liqueur filtrée on verse une solution de phosphate de soude et l'on fait concentrer le mélange au bain-marie jusqu'à siccité. Le dépôt repris par l'eau laisse une petite quantité de matière ayant quelque ressemblance avec le phosphate de soude et de lithine, nuis en le traitant par l'acide chlorhydrique concentré, l'ammoniaque et l'acide oxalique, nous trouvons qu'il est constitué par du phosphate d<^ chaux. Une analyse nous a fourni un résultat semblable. Ces expériences nous autorisent donc à dire que la lithine ne fait pas partie de l'eau de Néris ^
1. A l'époque où noup avons exécuté ce travail, la diffusion de la lithine n'était pas encore connue, or, nous pensons que si on examinait au sper-
§ XVIII. •— Raohtrohe de l'aolde phosphoriqae.
4 Utres d'eau minérale sont évaporés jusqu'à siccité avec 4 grammes de carbonate neutre de soude. Le résidu est repris par l'eau tiède qui laisse un dépdt abondant de carbonates de chaux et de magnésie. La partie liquide filtrée, supposée contenir du phosphate de soude , est additionnée d'acide chlorhydrique qui en dégage de l'acide oarboniqae. On fait bouillir, afin de chasser tout cet acide, puis on sature l'acide chlorhydrique par de Tammoniaque qui ne donne lieu à aucun précipité ; enfin, on y verse quelques gouttes d'une solution très-concentrée de chlorure de magnésium qui n'occasionne aucun précipité de phosphate ammoniaco-magnésien.
Avant de conclure définitivement à Tabsence de l'acide phosphorique. nous dissolvons, dans un grand excès d'acide chlorhydrique concentré, 5 grammes de résidu salin provenant de l'évaporation de plusieurs litres d'eau,'et nous y versons quelques gouttes d'une solution de molybdate d'ammoniaque. Par l'ébullition de la liqueur on ne voit pas se développer de coloration jaune. Ce second caractère, joint au précédent, met donc hors de doute que l'eau de Néris ne contient pas d'acide phosphorique.
§ XIX. — Reoberche de l'aolde borique.
Gomme précédemment, nous dissolvons 5 grammes do résidu d'eau minérale dans l'acide chlorhydrique, et nous y plongeons une bandelette de papier jaune de curcuma, qui est séchèe, plongée de nouveau, séchée, et ainsi de suite pendant six fois. Le papier réactif a pris une légère teinte rougeAtre, qui semblerait indiquer la présence de l'acide borique, mais, comme les principes minéraux des eaux se comportent de la même manière, nous saturons Texcès d'acide chlorhydrique par de l'ammoniaque, et nous faisons évaporer jusqu'à siccité. Le résidu est légèrement acidulé par l'acide chlorhydrique el le magma est mis en ébuUition dans un ballon avec de Talcool. Ce liquide filtré, versé dans une capsule et enflammé , brûle à la manière ordinaire, et nous n'y apercevons pas la teinte verte que l'acide borique communique à la flamme de l'alcool ; la réaction ne nous indique donc pas la présence de l'acide borique.
§ XX. — Reoherolie de l'Alumine.
Après avoir constaté l'absence de l'acide borique, nous dissolvons le résidu insoluble dans l'alcool, dans l'acide chlorhydrique étendu. La solution est neutralisée et traitée par le sulfhydrate d'ammoniaque qui ocasionne un très-léger précipité noir : celui-ci est bouilli avec l'acide nitrique jusqu'à complète dissolution, et dans la liqueur on ajoute un excès de potasse caustique à l'alcool , qu'un essai préalable par le çar-
troscope un résidu d'eau de Néris on arriverait à y découvrir facilement cet alcali. Il y aurait également à rechercher par ce même moyen le rubidium et le cœsium.
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bonate d'ammoniaque nous a montré être privée d'alumine; on cbaufTe, on sépare lea flocons d'oxyde ferrique, et on additionne le liquide de carbonate d'ammoniaque qui ne donne lieu à aucun dépôt d'alumine.
§ XXI. — Recherche de rarsenid.
6 grammes de résidu salin de l'eau minérale sont traités à chaud par l'acide sulfUrique pur et concentré. Lorsque les carbonates et la matière organique ont été décomposés, on ajoute de Teau. à la matière, on décante, on lave encore une fois le dépôt et on introduit les deux liquides dans un appareil de Marsh, contenant du zinc. Le gaz hydrogène enflammé et dirigé sur une assiette de porcelaine ne dépose paa de taches arsenicales, même après un quart d'heure et 20 minutes; d'où absence d'arsenic.