‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 32 sur 299 · DIAMBTRKS DBS VÉSICULES DU BROUILLARD DANS LES DIFFÉRENTS · texte numérisé non relu

DIAMBTRKS DBS VÉSICULES DU BROUILLARD DANS LES DIFFÉRENTS

MOIS DB L*ANNÊB.

MiUimètres. Millimètres.

Janvier 0.02752 Juillet 0.01695

Février. 0.03498- Août 0.01402

Mars 0.01997 .S«p^mbre. 0.02244

Avril 0.01917 /''Qcfobre 0.02039

Mai 0.01560 "Novembre 0.02454

Juin 0.01798 Décembre. 0.03490

n EAUX DOUCES

l'équilibre entre Tair et le sol, les brouillards se disséminent et passent à Tétat de vapeur, entraînée ensuite dans les régions célestes par les vents. L'air, toujours saturé de vapeur d'eau, en contact avec le sol plus froid, abandonne son humidité à l'état de vésicules, et cela en quantité proportionnée à la température de la terre, au degré de saturation, à la tranquillité des couches atmosphériques inférieures, et enfin à l'étendue de la masse d'eau qu'elles recouvrent. On ne saurait mieux comparer la production des brouillards qu'à de l'eau amenée au degré de l'ébullition ; la vapeur qui se dégage devient vésiculaire, visible et se condense sur les corps plus froids qu'elle rencontre.

D'après les expériences de M. Boussingault, l'eau des brouillards contient la quantité d'ammoniaque suivante :

Anunoniaqae Eaa en mil- Eaa re^ue dans un litre limètret. litres. d'eaa.

milligr.

Du 26 au 37 octobre, brouillard épais.... 0,35 ' 1,7 5 38

Du 27 au 28 octobre, brouill. pend, la nuit. 0,07 0,4 -7 21

Du 4 noTembre, brouillard pendant le jour. 0,26 1,3 6 18

Du 6 au 7 nov., brouillard pendant le jour. 0,53 1,6 2 56

Du 7 novembre, brouillard pendant Ja nuit. 0,33 1,6 ' 3 80

Du 8 novembre, brouill. dans la matinée. 0,24 1,2 4 56

Du 14 au 16 novembre 0^50 2,5 4 71

M. Boussingault a encore déterminé la quantité d'ammo * niaque et d'acide nitrique contenus dans Teau des brouillards, et il a vu que celte dernière était plus chargée d'ammoniaque que Teau de pluie. Des brouillards remarquables par leur opacité, leur odeur et par leur persistance étaient imprégnés depuis 50 jusqu'à 138 milligrammes d'ammoniaque. Les brouillards épais paraissent aussi très-riches en acide nitrique, puisque, d'après le môme observateur, un litre d'eau, recueillie à Paris, ne contenait pas moins de 10"', 11 d acide nitrique, équivalent à IS»*», 3 de nitrate d'ammoniaque. Tout le monde sait que pour constater l'acidité des brouillards si épais de la ville de Londres, Darcet attachait à son chapeau une cocarde de papier bleu de tournesol ; puis il vaquait à ses affaires dans la cité; lorsqu'il rentrait chez lui la cocarde était toujours rouge.

Lorsque les brouillards sont très-épais, ils occasionnent, pour

la respiration, un état de gène qui est encore aggravé par une odeur spéciale qu'ils répandent parfois. L'attention des chimistes a été depuis longtemps attirée sur la nature des substances qui peuvent ainsi communiquer à ces masses d*eau vésiculaire une odeur désagréable, ce qui leur a valu le nom de brouillards puants; mais les résultats obtenus jusqu'à ce jour sont loin d*ètre concluants. Â Paris, les brouillards possèdent, à certaines époques, une saveur acre, une odeur prononcée de bitume dans laquelle on a cru percevoir l'odeur propre aux composés oxygénés de l'azote. Â en juger par ce qui se passe dans le voisinage des marais, les brouillards ont sans doute soustrait aux eaux stagnantes quelques-uns de leurs principes en voie de décomposition que les vents transportent au loin et en rasant la surface de la terre. D'après le docteur Payn i, les cas nombreux de fièvre que Von observe parmi les habitants de la plaine de la Mitidja ont pour cause les brouillards saturés de miasmes et de vapeurs fournies par les nombreux cours d'eau fangeux qui traversent cette localité.

§ 1X1. — Serein.

Quant au serein, qui apparaît toujours peu d'instants après le coucher de soleil; en été ou dans le commencement de l'automne et à la fin des journées chaudes, il se forme par le rayonnement et la condensation subséquente d'un léger voile de vapeur vésiculaire répandu dans les couches élevées de l'atmosphère, de manière à ne pas altérer considérablement la teinte azurée du ciel. (Melloni.)

c n y a tout lieu de croire, dit M. Gh. Martins, que l'air est alors saturé d'humidité jusqu'à une certaine élévation, et que la portion supérieure de cette vapeur diaphane se transforme, à cause du froid qui domine dans les hautes régions de l'air, en vapeur vésiculaire. Ces vésicules, assez rares et assez uniformément répandues pour ne produire qu'une légère teinte de blanc qui ne change pas notablement la couleur propre de l'atmosphère, perdraient donc, avec les derniers rayons du soleil couchant, la chaleur qui répare les pertes dues à leur

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