SOURCES D'EAU DOUCE
qualité que celles des terrains calcaires ; que les eaux qui prcyviennent directement des courants souterrains très-profonds, ont un débit et une température à peu près uniformes, quel que soit Tétat de la saison ; en&n que^ celles qui reçoivent, à des profondeurs moindres et ^ à travers les fissures et les exca« vations de la terre, les eaux atmosphériques, n'ont jamais un volume constant et une température invariable.
Plusieurs sources d'eau douce jouissent de la propriété de fournir de l'eau par intermittence ; ce phénomène ^ l'un des plus intéressants au point de vue de la physique hydrologique, recevra tout le développement qu'il mérite dans le paragraphe suivant.
Chargées de gaz carbonique qui maintient quelques-uns de leurs sels à Tétat de bicarbonates , certaines eaux de sources, émanant principalement de roches granitiques, laissent au parlais une saveur particulière, agréable, que Ton ne rencontre pas dans les eaux courantes. Cette propriété, jointe à une aéra-^ tion suffisante, à une grande fraîcheur, à Tabsence de matières organiques, et enfin à une extrême limpidité» les rend trèspropres à Tusage de la boisson ; aussi les hommes et les animaux les préfèrent-ils à toutes les autres ; on les range parmi les eaux potables au premier degré. Mais à côté il en existe d autres dont l'emploi n'est pas sans inconvénient, en ce qu'elles ne sont pas suffisamment aérées, puis en ce qu'elles renferment des proportions très-notables de matières terreuses qui leur communiquent une saveur fade, comme urineuse ; ce sont les eaux qui jaillissent des terrains modernes, perméables et crétacés. Le moyen de les rendre potables consiste à les fake circuler à Tair libre ou dans les canaux disposés ad hoc. Là; elles al )sorbent les éléments de l'air, et elles se dépouillent d'une grande partie de leurs sels terreux ; beaucoup de fontaines publiques des villes ne sont alimentées que par des eaux de cette nature.
En s^évaporant lentement à l'air libre, ou en circulant dans les canaux, toutes les eaux de sources, ou à peu près, déposent des GODorétions de carbonate de chattx mélangé à quelques autres sels, et sur lesquelles nous auronâ l'occasion de revenir en parlant des dépôts naturels.
Les eaux de sources émanant des terrains granitiques sonjt
.toi^oors reaiarqa4Jbile9 par ]à petite qoiiAtiitô d^ vaU^ri^s mifiéralesi qu'elles ti^IMaeat9a€liB80lutioB.
§ T^ «^ Intermittence Ses sonrceff d^eat» donoes et d'eanx
aulnérâleè.
Les pbénom^es que nous aUons faire coanakre se produisant sous rinduenoe des mêmes causes, aussi bien dans les ^uçcj^ d'eaux douces que dans les souirces d'eaox nûnéraleSt nous aT^ns diX réunir celles^ dans le même paragraphe.
Suivant la quantité de gaz qu'elles entraînent avec elle^, la pression qu'elles subissent dans les profondeurs de la t<^rre, et reofin la position et le volume des courants souterrains > les ^sources tfint douces que minérales sourdent avec lenteur^ ti;aBjquillem^&t ou avec impétuosité.
Les eaux douces , cbarriant peu ou pas de gax libre, n'accusent leur sortie dans l'état ordinaire que par la coq^^ce de leur niveau^ quel que soit l'écoulement au dehors : elles n'augmentent de volume que lorsque les eaux atmosphériques y ont accès. Dans les sources minérales et principalement thermales» les choses ont lieu d'une manière un peu différente : moins sujettes que les premières aux infiltrations, elles ont toujours, à moins de captages insufQsants, un niveau permanent à toutes les époques de l'année. Ensuite, la présence des sources d'eaux minérales se reconnaît presque toujours à des dégagements gazeux qui ont lieu non-seulement dans ces réservoirs naturels, mais encore dans toutes les parties du sol qui les environne .: aussi lorsqu'elles sont situées près des cours d'eau, il n'est pas rare de voir. dans le lit de ces derniers, se dégager des bulles gazeuses.
Le gaz apparaît tantôt sous la forme de perles brillantes, comme argentées, du volume le plus variable, et qui viennent crever à la surface du liquide par intermittences : tantôt, et s'il est très-abondant, la source semble en ébuUition, tout w plus peul-ùa entrevoir une intermittetioe d'uxie seconde entre chaque dégagement*
Mais 1} nY a pas que les gac^qui jouissent de cette propriétét l'ean elle^nôme est dans ce cas. Citons quelques exemi^es avant de chercher à expliquer les causes du ph#K>mènfe cpiî nous Mc«pe en ce mement
SOUlKaSS D'EAUX DOUCES ^
La 3out*ce k plus célèbre et la plus connue est la fontaine de Fontestorbe, située dans la oommunedeB^esla (Âriége). Depuis le mois de juin jusqu'au mois d'octobre, elle est intermittant^; oia^ |i. ïè^pqnp^m plwQs et.de }a fonte des neiges, elle reprend son cours régulier* Paodmit qu'elle est intermittente, elle coule pendant un quart d'heure, reste au repos pendant tnris quarts d'heure pout* couler de nouveau et ainsi de suite.
Dans le Gard, entre Sauve et Quissac, se trouve la fontaine deFbrttsanche, qui a deux écoulements réguliers pendant vingtcinq heur^ et deux int^inittences dans le même temps.
D'après FabfoéParamelle, auquel nous empruntons ces détails 1, ii existe dans le département du Lot, à la Mothe-Gassel et à CKgonzac, deux fontaines qui coulent, la première depuis dix heures du matin jusqu'à tixn^ heures du soir, et la seconde avec plus d'abondance vers dix heures du soir jusqu'à cinq beores du matin.
La fontaine intermittente de Haute-Combe , située à deux heures d*Aix, de l'autre côté du lac du Bourget , est non moins remarquable que les précédentes. Lorsque l'eau est sur le point de coûter , elle s'annonce par un bruit sourd et Icnntain, qui ressemble à celui de l'eau soumise à l'ébullition dans un vase de métal : elle appâtait subitement sous la forme de gros bouillons, qui cessent peu de temps après.
Les relations existant entre les réservoirs qui donnent lieu à ce phétiomèné et les eiux terrestres sont de la plus grande évidence ; ainsi, on observe que les intermittences de la fontaine de Haute-Combe, jamais parfaitement régulières, varient avec les saisons. En temps de pluie et en hiver, elles sont plus fréquentes et se montrent sépt^à huit fois dans une heure : en ' été et h la suite des grandies sécheresses, non-seulement elles deviennent plu-^ rares, mais encore la fontaine cesse découler.
bansto'ttes les fontaines que nous venons de nommer, Tintermittence, iorsqu*eUe est à sa un, est accusée seulement par les eaux qaî ooulént en plus grande abondance, mais avec tes sources minérales le phénomène devient plus intéressant.
Kous «avons déjà ({ue, ddâs Tmltuence d'une pression inté- • riènre très-grunde, certaines sources -minérales jailHssentt une
1« Paramelle, L*art de découvrir les sources, 2* édition.
hauteur prodigieuse. Les {dus refflar<|nbles eont celleB <i|ii'on désigne eees le noaa de Geyser ou Gefsir, rituées en Jriaade. Le grand Geyser s'élàve à nne hauteur de 30 à 56 mèlres, «vec un diamètre de 3 roètfes A ea base et e^épaneoil en gerJM à son sommet. Cette souffce^^onAla teaiipémtarB i^lmipae moiiidre de lOQo G» et non gazeuse» possède une hiterauttenee de deax heures, et, diaque fois qu'elle cesse, Téruption slamionoepar un bruit que l'on a comparé à une décharge d'artillerie lointaine.
Plus près de nous, à Viehy, la source de Vaisse est interinfttente. D'après ce que nous avons été à même de voir, la source possède une intermittence d'une heure à peu près, et chaque éruption est précédée d'un abondant dégagement de gaz carbonique, qui s'annonce par un bruit souri. L'eau apparaît alors et jaillit pendant six à sept minutes sous la fonne d'un jet de Ja grosseur du petit doigt et qui s'élève jusqu'à 3 mètres. On a calculé qu'il s'écoulait dans ce faible espace de tempe fdu» de ^,000 litres d'eau minérale; insensiblement l'écoulement diminue, jusqu'à ce qu'il ait complètement cessé, pour reparaître une heure après.
La source minérale du Soolensprudel, à Kissingen S possède des intermittenoes de dix-sept à vingt-quatre minutes en général. Lorsque le phénomène est sur le point de se produire, on voit l'eau s'agiter et bouillonner d'une manière progressive pendant trente à quarante minutes. Â ce moment le jet eist k eon maximum d'élévation, puis il diminue peu à peu, et enfin ia source rentre dans un calme complet.
Un exen^^le frappant de la connexion qui existe entre les eaux douces courantes et les eaux de sources se montre enool€ dans cette station. Ainsi, Tintermittence de la source du Soolensprudel est sous la dépendance du niveau de la rivière de la Saale, dans le voysmage de laquelle elle est fdacée. Lorsque la rivière est sous l'influence des crues, l'intermittence dimiaiie.
A côté 4os sources intermittantes se placent celles qui prouvent périodiquement une intumescence, en un mot qui sont intercalaires, et dont les effets tiennent sans doute aux mômeri causes que pour les premières. Dans le Jura, à six kilomètres de Pontarlier et sur le bord de la route de cette ville à Lau<-
1. A, Rotureau, Dm principales eaux minéraUt de V Europe, ia-S*, Paris^
SOUBCES B^EAUX DOUCES ^7
Wl»Qt»ieti:ouve']a fiontaine Rande, qui angnientd de v<>lume peodAnl tjms^ mioizIaEi et dinmue pendœt le mtaie temps, de aorte que pendant ik niiiiate& Teau s'élève et diminue. P*«prè» IfuAroetaet^^atiteur^ «tte observation; il sort, pendant riataififiBeencAde la fontaine^ «ne assez grande quantité de ga£ earlMMiâqne des entratUes de la terre, qui dcmne à l'eau rapparenee /f on bouiltoBnwtant : pendant la période de l'abai^Bement, tout dégagement gioeux cesse ; comme pour les sources intefmittentes^ si l'on prête Tor^Ue auprès d-une ouvertare particulière et à une petite distance de la fontaine, on entend un bouillonnement souterrain très-considérable, leqœl dure tout le temps de l'intumescence ; pendant la période d'à • baîssement au contraire, on n'entend aucun bruit.
Le phénomène de l'intermittence des sources, tant douces que minérales, a été interprété de différentes manières. Ainsi, qu^ques aoleinrs ont cru voir là un exemple des communications qui s'établissent entre les eaux de la mer et les eaux souterraines. Pendant les marées basses, Teau souterraine, poursuivant le cours qui lui est dévolu par les configurations du sol, reviendrait en quelque sorte sur elle-même d'où résulterût pour les sources le temps de repos. Aux marées hautes, au contraire, les eaux douces, refoulées dans les terres par les eaax marines, s'écouleraient partout où elles trouvent une ouverture Ubre.
Une autre opinion, et la plus accréditée, veut que l'intérieur de la terre, dans ses parties les plus élevées, soit rempli de lai^gee excavations ou réservoirs d'eau qui communiquent par des crevasses courbes, faisant l'office de siphons, avec d'autres réservoirs placés au-dessous des premiers. Les eaux, s'inflltrant à travers les terres, viennent d'abord remplir les bassins supérieurs, où à un niveau donné, elles s'engagent dans les canaux on siphons, et vieiment se déverser dans d'antres bassins inférieurs qiû donnent lieu aux mêmes phénomènes .
Lorsque les réservoirs supérieurs, par suite d'un écoulement préoédent, ne contiennent pas assez de liquide pour venir ga gner la partie supérieure du siphon naturel, tout écoulement est anéanti ; de là temps de repos. Mais si, au contraire, le ré-
1. Oatrochet, AnnaiUt de chimie et de Physique, t. XXXIX, p. 127. ISiB. LxroRT, 2* édition. 7
** "^' ^iS^îphon se remplisse
iftif assigne sa pesanteur,
►û'à un certain point ■^nons de âécrire.
""■";i^çi)||»raterrain E,
! rend Éê qu'elle s'accumule, __ J.i^ranche du siphon B.
|§^fiâ£c«J§oorcé, toute l'eau du " '^n C dans le résarroir
— J ''^iSl^Tfi^^^^ ^il^i I'bau c^sse de t fl^^^^^^^Sid^ï de liquide ait rempli iT iî^S93ilisCfea^EéS>ur" les réservoirs in-
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nigt du résorvoir et des
SOURCS;S( D'JEAUX DOUCES . m
conduits sipboïdes, dans riaténeiir d'usé montagne avoisinaate, par exemple. À moins d'admettre que les tubes communiquant ensemble peuvent venir de distances considérables, tout jaillissement devient impossible si le niveau de la source est supérieur à celui du sol. Pour expliquer cette anomalie^ quelques savants ont imaginé de faire intervenir : 1^ la vapeur aqueuse fournie par la chaleur centrale de la terre, 2^ le gaz carbonique provenant de la décomposition des cait)onates natoreto.
La vapeur d*eau» par la pression qu'elle subit; F^cide carbonique» pv.sea. extrême expansion; et l'eau qu'ils entraînent, mtianjp^s ensemble, tendent à s'écbappe^r de leur contenait avec force et impétuosité, et eniretieiwent le jailUssement tant que le gaz carbonique est en gisuid excès. Mais si eelui^i vient i diminuer, l'eau ne pouvant plus monter k la surface du sol, prend une autre direction, et alors tout phénomène disparait juequ'aa moment où une nouvelle aocunKidation de gae,;faisant pression , permettra au liquide de jaillir.
Cette théorie serait, à notre avis, parfaitement exacte si teujours le gaz carbonique faisait partie des eaux jaillissantes et. intermittentes, comme cela a lieu à Vichy et dans quelques antres localités ; mais on sait que très*60uvent il fait cemplétemaot défaut. Le grand Geyser ne déverse que de l'eau en vapeur «t de Teau minérale sans gaz carbonique ; elle contient seules ment par litre S^^^ 4M de gaz aulfbydrique, d'après IL Desiskûzeaux.
On pourrait maintenant se demander si la vapeur aqueuse soumise à une pression excessive ne serait pas capable» avec Teau elle-même, de produire ce phénomène ; mais s'il en était aiasi, toutes les sources jaillissantes et intermittentes seraient thermales, or c*est ce qui n'a pas lieu. A part Teaa du grand Geyeer, qui est à la température de 100^ CLp presque toutes les «niros sont fÎDoides. .
Là, comme dans une foule de phénomèves qui m passent sous BOB yeuXy avouons donc notre impuissance et laissons axt tempe le soin de résoudre des problèmes qui jusqu'à ce jour n'ont ^abouti qu'à, des hypothèses plue ou moins vaguer
W) KAUX DOUCES