FILTRATION ET CIJ^RIFICATION DES EAUX
apportés en France comme à l'étranger le problème si simple en apparence ne se trouve pas complètement résolu , du moins partout, c'est que sous l'influence des grandes crues, des eaux envahissent quelquefois les galeries et s'écoulent ensuite entraînant avec elles des matières en suspension ; d'autre part, pendant la température élevée de l'été, il se développe à l'intérieur des
galeries et des bassins filtrants des végétaux cryptogamiques qui ont pour effets de communiquer aux eaux une odeur et une saveur légèrement désagréables.
La seconde manière de filtrer Jes eaux repose sur la propriété que possèdent certains corps de se- laisser traverser rapidement par l'eau et de s'opposer au passage des matières insolubles que le liquide entraine. Nous allons prendre comme modèle la clarification de l'eau de la Seine , qui a été surtout l'objet d'un grand nombre d'entreprises de cette nature, en nous attachant seulement aux principaux systèmes qui ont le mieux réussi.
En 1805, un nommé Happey établit à Paris, sur le quai des Célestins, le premier appareil de filtrage de l'eau au moyen du .charbon i, du sable et des rognures d'épongé.
Cet établissement, disparu aujourd'hui, se composait de caisses ayant la forme de prismes, qui contenaient à. leur partie inférieure une couche épaisse de charbon de bois, placée entre deux couches de sable, et le tout était recouvert, à la partie supérieure, d'une couche d'épongés, que l'on enlevait de temps à autre afin de les nettoyer.
L'eau traversait ces caisses de haut en bas, et elle coulait en pluie dans un réservoir inférieur de manière à reprendre à Tatmosphère les gaz dont elle s'était dépouillée pendant sa filtration : un robinet placé au bas du réservoir servait ensuite à la distribution, qui se faisait dans la ville au moyen de vastes tonneaux fermés.
Plus tard, en 1835, apparut le filtre Fonvielle qui eut une assez grande réputation, mais de courte durée, parce que l'usage en fit bientôt connaître les inconvénients.
Il se composait de couches superposées d'épongés, do cailloux de rivière^ de zinc, de limaille de fer et de charbon. Sur
^ 1. L'osage trôs-ancien de jeter dans loé puits et len citernes les charbons provenant du feu de la Saint-Jean, n'avait pas d'autre objet que de purifier les eaux destinées à la boisson.
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ce fillrè, tombait à ciel ouvert un courant d*eau qui le traversait en Sescendant et s'échappait définitivement, après la filtration, par un robinet placé au bas de Tappareil.
Plus tard, Fonvielle modifia ce système en substituant les hautes pressions et les filtres fermés aux pressions basses et aux filtres ouverts ; et au nettoyage par la filtration en retour, il ajouta le nettoyage par Faction simultanée de plusieurs aourants d'eau qui, pénétrant dans la masse du filtre, dans des directions diverses, entraînaient rapidement les matières insolubles déposées dans le filtre.
Dans le môme temps que Fonvielle perfectionnait son procédé de filtration des eaux potables, Souchon se livrait à des expériences semblables, et il reconnaissait que leô déchets du peigUage des laines, les débris provenant de la teinte des étofies, qu on appelle pour cela laines tontiases, clarifiaient par£adtement les eaux et à peu de frais : nn établissement spécial, qui a disparu maintenant, fut créé sur le pont Notre-Dame, et Tusage apprit, par la suite, que le filtre Souchon remportait de beaucoup sur tous les autres.
Le principal mérite de ce procédé, reposant en grande partie sur la manière de rendre la laine imputrescible, en la recouvrant d'une couche de tannate de fer, nous allons décrire la série d'opérations que Souchon a indiquées.
La laine tontisse lavée est plongée pendant 5 à 6 heures dans un bain fait avec :
Eau de javelle 1 litre.
Carbonate de soude. ..... 260 gram.
Eau 25 à 30 litres.
On élève la température jusqu'à 50 à €0 degrés, et on lave; la laine est ensuite plongée pendant cinq heures dans un bain bouillant qui a la composition suivante :
Alun 350 gram.
Créme de tartre 30 —
Eau 12 litres.
A la sortie du bain d*alun, la laine reste exposée à Ybît pendant quelques heures ; ensuite on la fait bouillir pendant deux heures avec une infusion de noix de galles, ainsi préparée :
Noix de galles 200 gram.
Eau bouillante 10 litres.