‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 75 sur 299 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Tant que les procédés analytiques n'ont pas permis d'apprécier avec exactitude la somme des principes minôralisateurs des eaux en général, on regardait comme eaux minérales toutes celles qui, par le gaz qu'elles émettent, par la nature'spéciale de leurs composants, enfin par Tusage qu'on en faisait, s'éloignaient des eaux douces. Plus tard la balance, en indiquant les proportions de ces substances, est venue confirmer cette première manière de voir. Mais la découverte d'eaux considérées et utilisées alors comme minérales, et ne contenant pas une quantité plus forte de matières salines que beaucoup d'eaux douces, n'était pas faite pour simplifier la question. Toutes les eaux qui se montrent à la surface du sol, a-t-on dit, tiennent en 'dissolution des agents minéralisateurs ; or, à quelle limite doit-on s'arrêter pour distinguer une eau douce d'une eau minérale? Pour résoudre cet important problème, on a alors proposé d'abandonner le mot de minérale^ qui n'était plus l'expression de la vérité, et de lui substituer le mot de médicinalcj qui indiquait tout de suite l'emploi en même temps que la constitution particulière de l'eau. Malgré les efforts tentés par quelques auteurs, l'usage a adopté et le temps a consacré le nom d'eau douce pour représenter les eaux usilées en boisson, dans l'économie domestique, etc., et celui d'eaux minérales, pour celles douées de propriétés médicamenteuses.

Nous croyons que la distinction à établir entre les eaux douces et les eaux minérales peut être basée tout à la fois sur les

propriétés physiques, chimiques et médicales : ainsi, nous appellerons eaux fàinérales fautes celles qui^ par leur température ou par la qiMtntité et la naiure spéciale de leurs principes salins et gazeux^ sont oupenvent être employées comme agents médicamenteux. Cette nouvelle définition mérite que nous nops y arrêtions un instant, parée qu'elle nous semble la âéule qui satisfasse la médecine et la chimie.

Si, comme on le dit souvent, certaines eaux dites minérales ne sont pas plus, et quelquefois même, sont moins minéralisées que beaucoup d*eaux douces, telles que les eaux des puits de Paris, elles possèdent toujours une température supérieure à celle de Tair afnbiant. Citons comme exemple Teau thermale de Néris, en France, qui renferme moitié moins de principes flbies que' les e^ux douces de Belleville, mais dont la température marque 52" ; les eaux de Wildbad-Gastein, en Allemagne, sont aussi peu minéralisées que les eaux douces de meilleure qualité, mais leur température est bien supérieure à celle de lair ambiant. Sous ce premier rapport, notre définition ne se trouve donc pas en défaut.

Il existe encore quelques eaux minérales, sulfatées calciques, ayant la même température que les eaux douces courantes pendant l'été, et de plus la même quantité de substances salines. Mais celles-ci diffèrent des premières par la nature toute spéciale des principes qui les minéralisent. Or, chimiquement et médicalement parlant, personne ne sera tenté de mettre sur la même ligne les eaux froides de Contrexéville et de f^ougues avec les eaux douces de puits ou de rivières.

 côté des eaux minérales ou médicinales proprement dites se placent diverses sources qui sont considérées tout à la fois comme agents médicamenteux et comme boisson d'agrément, suivant leur mode d'emploi. Ces eaux sont alors désignées sous le nom d'eau minérale de table; pour réunir cette qualité, elles doivent être très-limpides, froides, et n'avoir aucune odeur ni aucune saveur désagréables : au point de vue chimique, les eaux minérales de table appartiennent à la classe des bicarbonatées sodiques ou mixtes faibles. Telles sont, en France, les eaux si importantes de Saint-Galmier et de Saint- Alban ; mais si on réfléchit qu'elles sont très-chargées de gaz carbonique, et qu'elles sont minéralisées d'une manière diffé-

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no KAUX MINÉRALES

rente qae les eaux douces, on voit tout de suite qu'on ne doit pas les séparer des eaux minérales proprement dites ; c'est du reste ainsi que l'expérience et la raison les acceptent.

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