‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 76 sur 299 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

L'étude des eaux minérales, tant au point de vue chimique, naturel que médical, serait entourée des plus grandes difficultés, si l'on ne cherchait à en former des classes distinctes.

Ce sujet, l'un des plus difficiles qu'il soit possible d'imaginer, a toujours vivement préoccupé les hommes spéciaux ; et, malgré les nombreux écrits des auteurs anciens et modernes, on n'est pas arrivé à Téclaircir de manière à ne soulever aucune objection.

bans l'origine, la première classification adoptée a été basée sur la différence de température des eaux avec celle de l'air ambiant. On eh avait formé trois classes distinctes, sous les noms de froides^ tièdes et thermales,

Pline en a fait quatre classes se rapportant à leur nature spéciale : 1* sulfureuses ^ 2<> alumineuses^S^ salines^ 4* hitumineiÂses et acides. Cette classification a été acceptée par Yitruve, sauf les eaux salines qu'il range parmi les alumineuses.

En 1758 Charles Leroy a divisé les eaux minérales en trois classes : \^eaux salines^ 2^ eaux martiales^ 3® eaïuc sulfureuses.

L'ouvrage de cet auteur n'a été traduit en français qu'en 1 771 , et presque dans le même temps, Monnet a publié son Traité des eaux minérales (1768) , dans lequel les eaux sont divisées en trois classes : 1° eaux sulfureuses^ 2® eaïuc alcalinesy 3" eav^x ferrugineuses. Cette dernière classe est encore subdivisée en vUrioli" ques et en nonvitrioliques.

Dans l'intervalle des publications de Leroy et de Monnet» et même plus tard, plusieurs auteurs ont encore indiqué des classifications particulières. Voici, par exemple, celle de Raulin ^

1. Raulin. Traité analytique dei eaux minérales en général^ t. I, p. 18. Pari», 1770.

- thermales sulfureuses.

I / martiales

Eaux minérales.. [ froides acidulés. ) nîlreuses.

i j salines.

\ ' \ aigrelettes.

Nous devons citer encore Bergmann S qui en fait quatre classes, sous les noms de :

1* Eaux minérales hydrosulfureuses.

2® — acidulés.

3° — ferrugineuses acidulés.

4« — salines.

Il nous faut arriver jusqu'à Duchannoy ^ pour trouver enfin une classificatiou en rapport avec les principes minéralisateurs essentiels et les propriétés physiques des eaux. Ce praticien en forme onze classes : 1^ gazeuses^ 2^ alcalinesy 3° terrevsesy 4i^ ferrugineuses^ subdivisées en vUrioliques^ non salines^ gazeuses et non gazeuses j 5® thermales simples^ 6^ thermales spiritueuses f 1^ savonneuses^ 8° sulfureuses^ 9*^ martiales sulfureuses. 10<> bitumineuses^ il<* salines.

Deux ans plus tard, Fourcroy ^ réduisit les classes de Duchannoy à neuf; ce sont : l' les eaux acidulés froides^ 2<» acidulés chaud^is^ Z^ sulfuriques salines^ 4^ muriatiques salines^ 5* sulfureuses simples, 6* sulfureuses gazeuses^ T ferrugineuses simples^ 8" ferrugineuses acidulés, 9" sulfuriques ferrugineuses.

Mais, peu à peu, l'analyse chimique devient une science sur l'exactitude de laquelle on peut plus compter : des corps nouveaux apparaissent, et enfin les eaux minérales sont mieux appréciées dans leur constitution. Sur ces entrefaites, Bouillon- Lagrange ^ fait paraître le premier ouvrage qui résume toutes les notions acquises, jusqu'à ce jour, sur les eaux. Ce chimiste adopte complètement la classification de Bergmann, et il pense que toutes les eaux minérales peuvent être considérées comnrie :

1. Bergmann. Dissertation sur les eaux minérales froides et artificielles, Dijon, 1780.

%. Duchannoy. Essai sur Vart d'imiter les eaux minérales, ou De la con naissance des eaux minérales et de la manière de se les procurer, etc., p. H76, in-lî. Paris, 1780.

3. Fourcroj. Leçons élémentaires d'histoire naturelle et de chimie, leç. XLIIl. Paris, 1782.

4. Bouillon- Lagrange. Essai sur les eaux minérales naturelles et artificielles, p. 33, in-8*. Paris, 1810.

212 EAUX MINÉRALKS

1» Gazeuses ou acidulée.

2» Salines.

S* Sulfureuses.

4* Ferrugineuses.

La découverte de Fiode fait supposer à Alibert qu'il convient de faire une classe distincte sous le nom d'eaux iodurées.

Osann ^ en établit sept classes, divisées en vingt-sept genres» que nous allons indiquer, parce qu'elles résument en peu de mots la composition de toutes les eaux minérales, ensuite parce que cette classification a joui jadis d*un certain crédit en Allemagne.

I Ferrugineuses salines; ^ ferrugineuses alcalino* salines ; — ferrugineuses alcalino-terreuses. — Eaax vitrioliques ; — ferrugineuses terreuses ; — Eaux alumineuses.

(Sulfureuses alcalino*muriaiiques ; — sulfureuses alcalino-salines; — sulfureuses salino-terreuses ; — sulfureuses salino-ferrugiDeuses.

n^ „ ... / Alcalino-terreuses: — alcaline -salines; — alcade* *Eaux alcalines I i- • ^

I hno-muriaiiques.

4* Eaux amères ..|

5« Eaux magnésiennes. I Alcaline- m agnésiennes ; magnésiennes terreuses.

c„ „ ,. I Eaux de sel marin; — eaux salines : — salino-fer-

6o Eaux salines < ,. , i- '

1 rugineuses; — salino-alcahnes.

Alcaiino-muriatiqnes; terreuses muriatiques; — alcaline- salines; — acidulo-terreuses ; — alcali no- terreuses; — acidulo -ferrugineuses.

70 Eaux acidulés,

M. Chenu ^ a fait connaître à son tour un classement qui comprend sept classes et quatorze genres, avec l'indication des principales substances minéralisantes.

Jusque-là, on le voit, aucun point de départ bien précis n'a servi de guide pour classer les eaux minérales : tantôt les auteurs prennent pour base les acides, tantôt les oxydes prédominants. Les rédacteurs de V Annuaire des eaux de la France ont pensé qu'il était plus logique d'établir des classes par les acides et des genres par les bases : en voici le tableau tel qu'il a été imprimé dans cet ouvrage.

1. Osann. Physikal. méd. Darstellung der hekannten HeUqueUen der vorMii'' glicher Lander Europas. Berlin, 1829.

2. Chenu. B8$ai pratique sur V action thérapeutique de$ eauxminéraXeMf p! 24. Pans, 1840.

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